JOIE DE VIVRE

LES LOT-ET-GA­RON­NAIS SONT AL­LÉS CHER­CHER LEUR PRE­MIER POINT À L’EX­TÉ­RIEUR. L’AM­BIANCE DU GROUPE N’Y EST SANS DOUTE PAS ÉTRAN­GÈRE.

Midi Olympique - - Top 14 9e Journée - A. Bé.

On au­rait dit des vain­queurs. Sa­me­di, après le match, dans le ves­tiaire, les Age­nais avaient mon­té le son de l’en­ceinte qui cra­chait des mé­lo­dies en­traî­nantes, et ils riaient. Heu­reux de fê­ter le pre­mier point à l’ex­té­rieur de la sai­son, ar­ra­ché à trois mi­nutes de la fin par un es­sai de Clé­ment La­porte, trans­for­mé par Léo Ber­deu. Avant de s’ar­rê­ter sur la route du re­tour à Bor­deaux, pour une soi­rée pré­vue pour la fin du bloc, les joueurs du SUA avaient lan­cé les hos­ti­li­tés. Et ça sem­blait plaire à leur ma­na­ger Mau­ri­cio Reg­giar­do. « Tu joues comme tu vis », phi­lo­so­phait l’Ar­gen­tin, avant d’étayer son pro­pos. « Quand il y a du plai­sir dans la se­maine, les mecs, ils prennent le sac, ils ont la ba­nane, ils sont contents de ve­nir à l’en­traî­ne­ment. Et après, ça se trans­met dans le match. »

Dé­bar­qué à une qua­ran­taine avec l’en­semble de l’ef­fec­tif, le SUA a donc en­tre­pris un tra­vail sur les têtes et les vi­sages — les rendre ra­dieux — qui paye. Me­nés 33 à 22 à la 73e mi­nute, les Age­nais n’étaient pas dans les clous du bo­nus dé­fen­sif. Ils sont al­lés le cher­cher. Ont-ils été pous­sés par l’am­biance ré­gnant dans le groupe ? Sans au­cun doute pour le trois-quarts centre Ju­lien Hé­ri­teau. « Cette se­maine, on a par­lé de fo­lie, c’était le maître mot. Ce n’était pas dé­ten­du, c’était juste concen­tré. On a es­sayé d’être un peu plus fou que ce qu’on fai­sait et j’es­père que ça s’est vu. On a mis plus de fo­lie dans notre jeu et ça nous a per­mis de prendre un point. »

Pour le voir, les Ro­che­lais l’ont vu et même payé sur l’en­tame de match. Sur un grou­pé pé­né­trant age­nais, l’ar­bitre Tho­mas Cha­ra­bas sanc­tion­nait le deuxième ligne ro­che­lais Ro­main Sa­zy d’un car­ton jaune pour avoir vou­lu l’écrou­ler et son équipe d’un es­sai de pé­na­li­té. Sur la deuxième pé­riode, le SUA main­te­nait ses vel­léi­tés mais se re­trou­vait à une di­zaine de points avant la fin que l’on sait. « On a été trop pé­na­li­sé sur les mauls et aus­si dans

le jeu, re­gret­tait Ju­lien Hé­ri­teau. En pre­mière mi-temps, on prend neuf pé­na­li­tés, on nous le dit à la pause mais ça fait beau­coup. On est sous pres­sion quand on vient dans notre camp et ça ex­plique pour­quoi on ne gagne pas. »

TOUR­NÉS VERS LE MÊME OB­JEC­TIF

Pour Mau­ri­cio Reg­giar­do, ce match et ce bo­nus dé­fen­sif dé­cro­ché à La Ro­chelle pour­rait en­fin mar­quer que la page de son dé­part est tour­née. « Cha­cun a ran­gé ses pe­tites his­toires per­son­nelles, son ave­nir dans le rug­by, au club ou ailleurs, es­time le fu­tur ma­na­ger de Castres. On se re­trouve tous sur le même ob­jec­tif qui est de lais­ser le club en Top 14. Des joueurs vont par­tir, d’autres vont res­ter. Moi j’es­saye aus­si d’en faire plus, d’ame­ner cette fo­lie dans le groupe. Je suis un grand dé­con­neur dans la vie. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas sé­rieux ou exi­geant mais avec un groupe jeune, je crois qu’il faut de la joie de vivre. Je crois que les joueurs se sont ren­du compte de la re­la­tion entre le staff et le pré­sident, nous sommes sou­dés. Ce point est im­por­tant pour nous, je suis fier des joueurs. » Mal­gré le son de l’en­ceinte, l’hom­mage au­ra été en­ten­du.

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