QUARANTIÈMES RUGISSANTS

MÊME AMOINDRIS PAR LES BLES­SURES, LES SUS­PEN­SIONS ET L’AB­SENCE DE LEURS CINQ IN­TER­NA­TIO­NAUX FRAN­ÇAIS, LES STA­DISTES ONT EN­CORE TROU­VÉ LES RES­SOURCES POUR LI­VRER UNE DÉ­MONS­TRA­TION OF­FEN­SIVE. ET AIN­SI RÉ­PONDRE AUX IN­TER­RO­GA­TIONS SUR LA PRO­FON­DEUR DE LEUR EF

Midi Olympique - - La Une - Par Jé­ré­my FA­DAT je­re­my.fa­dat@mi­di-olym­pique.fr

EN SURCLASSANT BOR­DEAUX (40-0), LE STADE TOU­LOU­SAIN S’EST OF­FERT SA CIN­QUIÈME VIC­TOIRE CONSÉ­CU­TIVE ET S’INS­TALLE À LA DEUXIÈME PLACE DU TOP 14.

C’était la grande in­con­nue du dé­but de sai­son tou­lou­sain. Cette équipe était tou­jours aus­si en­thou­sias­mante et sé­dui­sante que la sai­son der­nière. Mais jus­qu’à quel point ? Son manque de constance, ma­té­ria­li­sé par des fins de match fan­to­ma­tiques contre La Ro­chelle, le Ra­cing ou Castres — quand, après avoir me­né de dix-neuf points, les Sta­distes s’étaient in­cli­nés — avait po­sé la ques­tion de la pro­fon­deur du groupe. Ce der­nier, bour­ré de ta­lents et de pro­messes, était-il as­sez riche pour sur­mon­ter les échéances na­tio­nale et eu­ro­péenne ? La ré­ponse n’a pas seule­ment été ser­vie sa­me­di, au coeur d’une dé­mons­tra­tion face à Bor­deaux-Bègles. Ces ré­centes se­maines, les Tou­lou­sains ont im­pres­sion­né mal­gré les han­di­caps. Jus­qu’à ali­gner cinq suc­cès de rang, toutes com­pé­ti­tions confon­dues, alors qu’entre bles­sures et sus­pen­sions, ils étaient pri­vés de Baille, Poin­tud, Al­de­ghe­ri, Gray, Fa’asa­lele, Ga­lan, Cros, Kai­no, Fouys­sac et consorts… Sa­me­di, il fal­lait en­core se pas­ser des cinq in­ter­na­tio­naux fran­çais re­te­nus pour les tests de no­vembre (Mar­chand, Be­zy, Du­pont, Hu­get, Mé­dard). Et voi­là com­ment la ré­cep­tion des Gi­ron­dins avait tout du match piège. « Nous avions dé­jà été ras­su­rés du­rant la Coupe d’Eu­rope en bat­tant no­tam­ment le Leins­ter avec de nom­breux ab­sents, avoue l’en­traî­neur Ré­gis Sonnes. C’était très fort pour la confiance de notre col­lec­tif. Au­jourd’hui, on confirme qu’on a une pro­fon­deur, un groupe puis­sant et consis­tant, avec un tra­vail de fond ef­fi­cace. » Ef­fec­ti­ve­ment, les jeunes Ve­rhae­ghe, Cas­tets et To­lo­fua ou le re­van­chard Gui­toune avaient pro­fi­té des ab­sences pour s’im­po­ser. Le staff contraint de pui­ser en­core dans les res­sources, il n’en fal­lait pas da­van­tage pour ai­gui­ser les âmes de com­pé­ti­teurs. Celle de l’ai­lier Ar­thur Bonneval, qui cé­lé­brait sa qua­trième ti­tu­la­ri­sa­tion de la sai­son, était dé­cu­plée : « J’ai en­ten­du que le match se­rait dif­fi­cile parce qu’il nous man­quait cinq in­ter­na­tio­naux… Je fais par­tie de ceux qui les ont rem­pla­cés et notre ob­jec­tif était de faire le tra­vail. À l’aile, il y a beau­coup joueurs.Yoann et Max sont avec l’équipe de France, Ches­lin part avec les Spring­boks. Quand on me donne l’oc­ca­sion, j’es­saye de mar­quer des es­sais et d’ai­der l’équipe. » Et c’est lui qui s’est of­fert son deuxième dou­blé de l’exer­cice pour lan­cer les fes­ti­vi­tés. « Ça fait du bien », re­con­naît-il.

SONNES : « UNE FORME D’ÉMU­LA­TION »

En pleine re­cons­truc­tion de­puis trois ans, ce club est dé­sor­mais re­ve­nu sur le de­vant de la scène. Mais, pour y res­ter, il a be­soin de pas­ser ces pé­riodes fra­giles — dont les dou­blons — sans en­combre. C’est pour­quoi il a mi­sé sur un re­cru­te­ment ci­blé et sur la qua­li­té de son centre de for­ma­tion. Mais l’uti­li­sa­tion ré­pé­tée de cer­tains cadres, au­tant que le manque d’ap­port du banc de touche lors des pre­mières jour­nées, avait ins­til­lé le doute sur les res­sources réelles du Stade tou­lou­sain. Ces der­niers temps, les « ré­ser­vistes » ont pour­tant su prendre leurs res­pon­sa­bi­li­tés, à l’image d’un Louis-Be­noît Ma­daule rayon­nant sa­me­di, d’un Maks Van Dyl impérial ou de Pierre Pa­gès, dé­bar­qué de Fé­dé­rale 1 cet été, qui a ren­du une co­pie plus que propre à la mê­lée. « Je pro­fite des sé­lec­tions de « Seb » et An­toine mais n’ai trop le droit à l’er­reur, vu leur très bon dé­but de sai­son, as­sure-t-il. Ce­la met un peu de pres­sion sur les épaules et ma crainte était qu’on ne va­lide pas la bonne dy­na­mique ac­tuelle. » Am­pu­té ou pas, ce groupe avance. « Nous avions à coeur de mon­trer que le Stade tou­lou­sain, c’est certes des in­ter­na­tio­naux, mais sur­tout une équipe qui vit bien avec de su­per mecs, note Fran­çois Cros. Même si on en­lève nos joueurs par­tis en équipes de France, ceux qui res­tent au club sont ta­len­tueux et ont la même en­vie de tout don­ner pour ce maillot. Nous sommes très fiers de voir les jeunes qui prennent le re­lais. » Ce qui pro­met quelques casse-tête pour les en­traî­neurs à l’ave­nir. « Ce­la va sû­re­ment nous po­ser des pro­blèmes ra­pi­de­ment mais tant mieux, sou­rit Sonnes. Il fau­dra l’ex­pli­quer mais ce­la ap­porte une forme d’ému­la­tion et per­met aus­si d’avoir de la qua­li­té au ni­veau des en­traî­ne­ments. C’est ce qui nous fait pro­gres­ser. » Et Bonneval de pro­mettre, en guise de pré­sage : « Quand le Stade tou­lou­sain a ga­gné des titres, c’est quand il y a eu le plus de concur­rence ici. À nous de faire pa­reil et d’al­ler loin. »

Pho­to Mi­di Olym­pique - Pa­trick De­re­wia­ny

Pho­to Mi­di Olym­pique - Pa­trick De­re­wia­ny

Au­teur du cin­quième es­sai du Stade tou­lou­sain sa­me­di soir, Ro­main Nta­mack peut avoir le sou­rire : lui et les siens ont rou­lé sur l’UBB et confirment leur su­perbe dé­but de sai­son.

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