« Ce­la fait for­cé­ment mal à la tête »

GAË­TAN GER­MAIN - Ar­rière de Gre­noble C’EST AU LEN­DE­MAIN DU MATCH NUL CONCÉ­DÉ PAR LES SIENS, MAR­QUÉ PAR 11 POINTS ÉGARÉS AU PIED DONT UNE DER­NIÈRE PÉ­NA­LI­TÉ SUR LA SI­RÈNE, QUE LE BU­TEUR ALPIN A BIEN VOU­LU RE­VE­NIR À FROID SUR SA DÉ­CEP­TION. TOUT EN SPOR­TI­VI­TÉ

Midi Olympique - - Top 14 9e Journée - Pro­pos re­cueillis par Ni­co­las ZANARDI ni­co­las.zanardi@mi­di-olym­pique.fr

Con­cer­nant le FCG et vous, les fins de match se suivent et se res­semblent ces der­nières se­maines. Ou presque…

C’est vrai qu’en l’es­pace de huit jours, l’as­cen­seur émo­tion­nel a été énorme, et le sen­ti­ment glo­bal est fi­na­le­ment mi­ti­gé. À Agen, on ne réa­lise pas un très bon match et on par­vient en toute fin de match à ac­cro­cher un match nul qui n’était pas trop mé­ri­té. Et contre Cler­mont, c’est l’in­verse : on s’en­voie pen­dant 80 mi­nutes, on pro­pose un vo­lume de jeu in­té­res­sant, on s’ar­rache pour al­ler cher­cher la balle de match et cette fois, elle ne passe pas, alors qu’une vic­toire au­rait sem­blé mé­ri­tée… C’est comme ça, c’est le lot du bu­teur. Ce­la fait for­cé­ment mal à la tête, mais il faut as­su­mer et se re­le­ver.

Un bu­teur sait sou­vent au mo­ment de la frappe si son coup de pied va être réus­si ou pas. De l’in­té­rieur, com­ment avez-vous vé­cu cette der­nière pé­na­li­té, ve­nue heur­ter le po­teau ?

La pé­na­li­té est loin­taine, et j’ai le sen­ti­ment de bien la frap­per. Lorsque je le tra­verse, le bal­lon sort bien du pied. En re­vanche, je ne mets pas as­sez d’ef­fet gauche-droite et la tra­jec­toire ne rentre pas as­sez. Elle touche le po­teau, il ne s’en est fal­lu que de quelques cen­ti­mètres. Mais j’ai as­sez peu de re­grets sur le coup de pied en lui-même.

La si­rène de la 80e a re­ten­ti juste au mo­ment où vous avez en­clen­ché votre course d’élan. Un fac­teur per­tur­bant ?

Je l’ai en­ten­due, bien sûr. Mais j’avais re­gar­dé le chro­no­mètre avant de me pré­pa­rer, donc je l’avais obli­ga­toi­re­ment in­té­grée dans ma rou­tine. Comme on a une mi­nute pour ta­per, je sa­vais qu’au bout de qua­rante se­condes elle al­lait son­ner. Je ne peux pas dire que ce­la m’a dé­ran­gé.

Au fi­nal, ne re­gret­tez-vous pas da­van­tage vos trois échecs de la pre­mière pé­riode, sur des pé­na­li­tés pro­ba­ble­ment moins dif­fi­ciles ?

C’est ça… En pre­mière mi-temps, il y a un ou deux coups de pied que j’ai mal né­go­ciés. Mais c’est le lot du bu­teur : si je marque celle de la fin, on ou­blie tout, et c’est for­cé­ment celle-là qui me reste en tête ce ma­tin. À Agen, ce­la m’a sou­ri. Pas contre Cler­mont. C’est re­gret­table parce qu’au vu du match, on a le sen­ti­ment

de perdre deux points. Mais le tir au but est un éter­nel re­com­men­ce­ment. Ce qui compte, c’est de se mon­trer le plus ré­gu­lier non pas sur un match ou deux, mais sur l’en­semble de la sai­son.

Beau­coup de joueurs ont été sur­pris par la pe­louse et ont glis­sé. En tant que bu­teur, ce­la at-il aus­si été votre cas ?

C’est vrai que le ter­rain était très glis­sant, et ce­la a sur­pris pas mal de monde. En gé­né­ral, la pe­louse du stade des Alpes est as­sez sa­blon­neuse et stable, et là, elle était beau­coup plus grasse. Il y a eu beau­coup de glis­sades, no­tam­ment moi en cher­chant une pé­nal­touche. C’est vrai que sur les ap­puis, ce­la m’a un peu gê­né, mais je ne veux pas non plus me ca­cher der­rière cette ex­cuse. De toute fa­çon, je ne suis pas du tout du genre à me prendre la tête au su­jet des tirs au but, dans l’échec comme dans la réus­site.

L’ul­time pa­ra­doxe étant qu’au-de­là de vos échecs au pied, vous avez pro­ba­ble­ment réus­si l’un de vos meilleurs matchs avec le FCG, no­tam­ment en contre-at­taque…

Oui, pa­ra­doxa­le­ment, je me suis ré­ga­lé dans le jeu, et c’est pour ce­la que le sen­ti­ment fi­nal est d’au­tant plus mi­ti­gé. L’équipe a réa­li­sé de belles sé­quences, a en­voyé du jeu, c’est dom­mage qu’elle ne soit pas plus ré­com­pen­sée. On a vu que lors­qu’on se met­tait dans les bonnes dis­po­si­tions, on pou­vait col­lec­ti­ve­ment mettre en dan­ger n’im­porte qui. À Agen nous avions eu cette frus­tra­tion, car nous nous étions pré­pa­rés toute la se­maine en nous di­sant que les condi­tions al­laient être mau­vaises et qu’il ne fau­drait sur­tout pas jouer. Au fi­nal, il avait fait beau temps, et nous n’avions pas su nous adap­ter. Là, on a bien vu que nous étions plus dan­ge­reux lors­qu’on pro­duit du jeu, même contre le lea­der du Top 14. On doit en prendre dé­fi­ni­ti­ve­ment conscience, et avoir en­core plus confiance en nous.

À ce su­jet, vous étiez l’un des rares à vou­loir cher­cher la pé­nal­touche plu­tôt que ren­trer aux ves­tiaires, sur la der­nière pé­na­li­té ac­cor­dée au FCG juste avant la mi-temps.

C’était un peu frus­trant, parce que je sen­tais que l’équipe était dans une bonne dy­na­mique et que si je trou­vais une touche dans les trente mètres de Cler­mont, il y avait peut-être moyen d’al­ler cher­cher une der­nière pé­na­li­té sur un bal­lon por­té. Mais comme on sor­tait d’une grosse sé­quence de dé­fense, nos lea­ders de jeu de­vant ont pré­fé­ré ren­trer aux ves­tiaires. Je les ai écou­tés…

Au ni­veau stra­té­gique, sur les sor­ties de camp, vous n’avez ja­mais été ser­vi par Théo Na­nette alors que vous étiez pour­tant sys­té­ma­ti­que­ment pla­cé dans l’axe des rucks. Pour­quoi ?

De­puis le dé­but de la sai­son, on es­saie de pri­vi­lé­gier les sor­ties de camp par le 9 parce que dans ces cas de fi­gure, le joueur pla­cé en pro­fon­deur peut se trou­ver sous pres­sion de la dé­fense. Jus­qu’alors, nous nous étions plu­tôt bien dé­brouillés. Mais c’est vrai que les Cler­mon­tois nous ont un peu per­tur­bés en ta­pant les ren­vois sur leur droite, et donc sur le mau­vais pied de nos de­mis de mê­lée. C’est quelque chose dont on a par­lé avant et après le match et qu’il fau­dra amé­lio­rer à l’ave­nir, car c’est vrai que nous n’avons pas été très per­for­mants sur nos sor­ties de camp.

Gaë­tan Ger­main au­rait pu être le hé­ros gre­no­blois en ins­cri­vant la der­nière pé­na­li­té. Pho­to Icon Sport

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