Les tra­vaux à en­tre­prendre

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Dif­fé­rentes op­tions s’offrent à vous si vous vous lan­cez dans un pro­jet de ré­no­va­tion éner­gé­tique. Nous vous pré­sen­tons ici les trois prin­ci­pales, par ordre d’im­por­tance : l’iso­la­tion, la ven­ti­la­tion et le chauf­fage. L’idéal, pour les ha­bi­ta­tions les plus éner­gi­vores, est de cu­mu­ler ces tra­vaux. Si vous les ef­fec­tuez en plu­sieurs fois, res­pec­tez cet ordre. Afin de dé­ter­mi­ner le de­gré de ré­no­va­tion né­ces­saire pour votre bien, il est re­com­man­dé de com­men­cer, a mi­ni­ma, par la réa­li­sa­tion d’un « diag­nos­tic de per­for­mance éner­gé­tique ».

LE DIAG­NOS­TIC DE PER­FOR­MANCE ÉNER­GÉ­TIQUE Me­su­rer l’état de l’exis­tant

Im­po­sé lors de la vente ou de la mise en lo­ca­tion, le diag­nos­tic de per­for­mance éner­gé­tique (DPE) porte à la fois sur les consom­ma­tions d’éner­gie et sur les émis­sions de gaz à ef­fet de serre du lo­ge­ment. Sa classe éner­gé­tique, no­tée de Aà G (du plus au moins per­for­mant, c’est « l’éti­quette éner­gé­tique ») est éta­blie sur la base de ce do­cu­ment. Sur le papier, le DPE est le moins dé­taillé des au­dits dé­diés à la per­for­mance éner­gé­tique car il n’est pas as­sor­ti de pré­co­ni­sa­tions. Dans les faits, les diag­nos­ti­ciens l’ac­com­pagnent sou­vent de conseils de tra­vaux. En gé­né­ral, et en de­hors de cer­tains cas comme les ha­bi­ta­tions clas­sées mo­nu­ments his­to­riques, le DPE suf­fit à dé­ter­mi­ner le ni­veau de ré­ha­bi­li­ta­tion à pré­voir. En outre, il est éco­no­mique : ex­cep­té lors­qu’il est obli­ga­toire, le DPE est éli­gible au cré­dit d’im­pôt pour la tran­si­tion éner­gé­tique (Cite, voir p. 59), vous pour­rez donc ré­duire votre im­pôt sur le re­ve­nu de 30 % du mon­tant de la fac­ture (de 100 à 200 eu­ros se­lon l’an­cien­ne­té du bien).

En sa­voir plus : an­nuaire des diag­nos­ti­queurs cer­ti­fiés : Diag nos ti­queurs. ap­pli­ca­tion. de vel op pe­ment-du­rable.gouv.fr/in­dex.ac­tion

L’ISO­LA­TION La prio­ri­té des prio­ri­tés

C’est, sans conteste, l’in­ter­ven­tion la plus ef­fi­cace pour amé­lio­rer la consom­ma­tion éner­gé­tique de son lo­ge­ment. Et pour cause : mal iso­lés, les murs, le toit et le plan­cher peuvent re­pré­sen­ter à eux trois jus­qu’à 80 % des dé­per­di­tions ther­miques d’un ha­bi­tat ! « Au­jourd’hui, la ma­jo­ri­té des tra­vaux me­nés par les par­ti­cu­liers concerne le chan­ge­ment des fe­nêtres », ex­plique An­toine Bi­neau, in­gé­nieur ther­mique chez Izi­gloo, pla­te­forme spé­cia­li­sée dans le con­seil en ré­no­va­tion de l’ha­bi­tat. « Or, ce n’est pas for­cé­ment le plus ef­fi­cace : en réa­li­té, les ou­vrants ne sont res­pon­sables que de 10 à 15 % des dé­per­di­tions. » Mieux pro­té­gé, votre in­té­rieur se­ra mieux chauf­fé l’hi­ver, et plus frais l’été. Dans l’en­semble, ce sont des tra­vaux oné­reux, et il ne faut pas hé­si­ter à faire ap­pel aux dif­fé­rentes sub­ven­tions. L’iso­la­tion de la toi­ture, – celle ci re­pré­sente 25 à 30 % des pertes de cha­leur à elle seule –, est coû­teuse mais très utile : comp­tez 15 000 eu­ros en moyenne pour la cou­ver­ture d’une mai­son in­di­vi­duelle. Celle des combles amé­na­gés va­rie entre 20 et 50 eu­ros le mètre car­ré si elle est réa­li­sée à l’in­té­rieur du bâ­ti­ment, et entre 50 et 100 eu­ros le mètre car­ré par l’ex­té­rieur. Grâce à des aides de l’Etat, les tra­vaux des combles per­dus (dont la dis­po­si­tion rend im­pos­sible tout amé­na­ge­ment) res­tent, pour leur part, très ac­ces­sibles, à en­vi­ron 6 eu­ros le mètre car­ré (voir p. 60). Quant aux murs, l’iso­la­tion ther­mique par l’ex­té­rieur (ITE) se­ra plus chère que sa ver­sion par l’in­té­rieur ; comp­tez de 140 à 200 eu­ros le mètre car­ré pour la pre­mière tech­nique, contre la moi­tié pour la se­conde. Plus per­for­mante, l’ITE n’est, en re­vanche, pas adap­tée à tous les types de fa­çades.

LA VEN­TI­LA­TION In­dis­so­ciable de l’iso­la­tion

C’est l’ef­fet per­vers d’une bonne iso­la­tion : sans ven­ti­la­tion, l’air ne cir­cule pas, ou très peu, dans le lo­ge­ment. Si vous vous conten­tez d’iso­ler sans ven­ti­ler, vos tra­vaux se­ront contre­pro­duc­tifs. « La qua­li­té de votre air in­té­rieur se dé­gra­de­ra puis­qu’il s’éva­cue­ra moins,

tout comme l’hu­mi­di­té », pré­vient An­toine Bi­neau. Ici, ce n’est pas tant l’im­pact sur la fac­ture éner­gé­tique qui est en jeu que la sa­lu­bri­té de l’ha­bi­tat. A terme, la mau­vaise qua­li­té de l’air est né­faste pour la san­té : pro­blèmes res­pi­ra­toires, ma­la­dies pul­mo­naires et car­diaques peuvent en dé­cou­ler. Une ven­ti­la­tion est donc un pas­sage obli­gé si vous iso­lez. Op­tez pour une ven­ti­la­tion mé­ca­nique contrô­lée (VMC), conçue pour re­nou­ve­ler l’air sans re­je­ter trop de ca­lo­ries, afin de ne pas re­froi­dir le lo­ge­ment et d’aug­men­ter les be­soins de chauf­fage. Il existe deux sortes de VMC : la simple flux et la double flux. Le prin­cipe est en­fan­tin : il re­pose sur un mo­teur, en gé­né­ral pla­cé dans les combles, qui as­pire l’air in­té­rieur vers l’ex­té­rieur par l’in­ter­mé­diaire d’un ré­seau de conduits d’air. Le bud­get moyen d’un tel équi­pe­ment avoi­sine les 1 500 eu­ros. La VMC double flux, beau­coup plus cher (à par­tir de 3 500 eu­ros et jus­qu’à 8 000 eu­ros), ap­plique le même prin­cipe mais as­sure un meilleur re­nou­vel­le­ment de l’air car elle as­pire éga­le­ment l’air ex­té­rieur vers l’in­té­rieur, qu’elle pré­chauffe en hi­ver et ra­fraî­chit en été. Un équi­pe­ment qui per­met de ga­gner beau­coup en confort, mais qui, compte te­nu du prix, reste un mar­ché de niche du sec­teur de l’im­mo­bi­lier ré­si­den­tiel.

LE CHAUF­FAGE Place au sur-me­sure

Si votre home sweet home est bien iso­lé, équi­pé de double vi­trage et ven­ti­lé, il ne vous reste plus qu’à re­nou­ve­ler votre ins­tal­la­tion de chauf­fage. En la ma­tière, vous avez le choix : les in­dus­triels ont re­dou­blé d’ef­forts ces der­nières an­nées pour pro­po­ser des équi­pe­ments in­no­vants, ali­men­tés par toutes les sources d’éner­gies pos­sible, cer­taines pou­vant même se com­bi­ner. Il y en a pour tous les goûts et à tous les prix. Le pre­mier cri­tère est ce­lui du com­bus­tible. Pour le gaz et le fioul, les chau­dières à conden­sa­tion sont les plus per­for­mantes. Ces sys­tèmes ré­cu­pèrent de la cha­leur conte­nue dans les fu­mées avant que celles-ci ne soient éva­cuées

par l’ex­té­rieur. « Dans un lo­ge­ment bien iso­lé, ils peuvent en­gen­drer 20 à 30 %

d’éco­no­mies d’éner­gie », as­sure An­toine Bi­neau. Les prix va­rient de 2 000 eu­ros à 6 000 eu­ros se­lon l’éner­gie uti­li­sée et la puis­sance de la chau­dière. Ces dis­po­si­tifs existent aus­si avec du com­bus­tible bois sous forme de gra­nu­lés mais ils sont beau­coup plus oné­reux (de 10 000 à 15 000 eu­ros). Autres ins­tal­la­tions per­for­mantes, mais très chères : les pompes à cha­leur (PAC), qui uti­lisent de l’éner­gie re­nou­ve­lable en ré­cu­pé­rant la cha­leur conte­nue dans l’air, la terre ou l’eau pour la trans­fé­rer à l’in­té­rieur du lo­ge­ment, ga­ran­tissent d’im­por­tantes éco­no­mies. Les PAC doivent être com­bi­nées avec un chauf­fage d’ap­point car elles ne sont pas en me­sure d’as­su­rer un ren­de­ment suf­fi­sant toute l’an­née, quand les tem­pé­ra­tures ex­té­rieures sont trop froides, no­tam­ment. Tou­te­fois, une pompe à cha­leur vous four­ni­ra plus de la moi­tié des be­soins éner­gé­tiques de votre lo­ge­ment.

Me­su­rer la consom­ma­tion d’éner­gie : simple et peu coû­teux avec le diag­nos­tic de per­for­mance éner­gé­tique.

Les chau­dières uti­li­sant des gra­nu­lés de bois sont coû­teuses à l’achat mais éco­nomes.

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