Met­tez du vert dans votre épargne

Mieux Vivre Votre Argent - - EDITO - En­quête : Bap­tiste Ju­lien Blan­det, Mar­gue­rite du Chaf­faut et Sil­via Si­mao

Sa­voir où pla­cer ses éco­no­mies n’est pas chose ai­sée. C’est en­core plus vrai quand l’on dé­cide d’orien­ter son épargne vers la sau­ve­garde de la pla­nète. Au-de­là de la per­for­mance à at­tendre, la ques­tion ma­jeure est de sa­voir si votre ca­pi­tal fi­nance bel et bien un in­ves­tis­se­ment

Les so­lu­tions ne manquent pas pour que vos pla­ce­ments, tout en fruc­ti­fiant, par­ti­cipent à la pro­tec­tion de la pla­nète. Mais n’in­ves­tis­sez pas les yeux fer­més.

vert. Peut-être faut-il com­men­cer par pré­ci­ser ce que re­couvre cette no­tion ? Ap­puyons-nous sur les dix-sept Ob­jec­tifs de dé­ve­lop­pe­ment du­rable (ODD) adop­tés par l’ONU, à at­teindre d’ici à 2030. Six d’entre eux concernent ef­fec­ti­ve­ment la pro­tec­tion de la pla­nète : l’ac­cès de tous à l’eau et à l’as­sai­nis­se­ment ; l’éner­gie propre

et d’un coût abor­dable ; la consom­ma­tion et la pro­duc­tion res­pon­sables pour ré­duire no­tam­ment les coûts en­vi­ron­ne­men­taux ; la lutte contre les chan­ge­ments cli­ma­tiques ; la conser­va­tion et l’ex­ploi­ta­tion de la vie aqua­tique ; la pré­ser­va­tion des éco­sys­tèmes ter­restres. L’in­ves­tis­se­ment vert est une com­po­sante du dé­ve­lop­pe­ment du­rable, qui vise plus glo­ba­le­ment à éra­di­quer la pau­vre­té et les conflits dans le monde. Pour at­teindre ces ob­jec­tifs, les be­soins de fi­nan­ce­ment sont es­ti­més en rythme an­nuel en mil­liers de mil­liards de dol­lars. S’il y a en­core dix ans, les dé­fis en­vi­ron­ne­men­taux dé­ter­mi­naient peu les dé­ci­sions d’in­ves­tis­se­ment, au­jourd’hui, ils sont en­fin consi­dé­rés comme un risque ma­jeur par les in­ves­tis­seurs. « Le ré­chauf fe­ment cli­ma­tique pour­rait dé­truire jus­qu’à 23 % du PIB mon­dial en 2100. Les as­su­reurs sont dé­jà les pre­miers tou­chés avec les tor­nades, les sé­che­resses et l’aug­men­ta­tion de la fré­quence des évé­ne­ments cli­ma­tiques ex­trêmes », aver­tit Ber­trand Ga­con, di­rec­teur de l’Im­pact Of­fice chez Lom­bard Odier, banque pri­vée suisse. De­puis la mo­bi­li­sa­tion au­tour de la COP21 et l’Ac­cord de Pa­ris si­gné le 12 dé­cembre 2015, la France est à l’avant-garde. Une dy­na­mique confir­mée cette an­née par la mise en oeuvre de l’ar­ticle 173 de la loi relative à la tran­si­tion éner­gé­tique pour la crois­sance verte. Que pré­voit-il ? Il mo­di­fie le Code du com­merce pour im­po­ser aux conseils d’ad­mi­nis­tra­tion de rendre compte « des risques fi­nan­ciers liés aux ef­fets du chan­ge­ment cli­ma­tique et des me­sures que prend l’en­tre­prise pour les ré­duire » (ar­ticle L. 225-37). Ce n’est pas tout. Il change aus­si le Code mo­né­taire et fi­nan­cier pour ame­ner tous les in­ves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels (banques, as­su­rances, ins­ti­tu­tions de pré­voyance, caisses de retraite, éta­blis­se­ments pu­blics…) à in­clure dans leurs rap­ports an­nuels « une in­for­ma­tion sur les mo­da­li­tés de prise en compte, dans leur po­li­tique d’in­ves­tis­se­ment, des cri­tères re­la­tifs au res­pect d’ob­jec­tifs so­ciaux, en­vi­ron­ne­men­taux et de qua­li­té de gou­ver­nance, et sur les moyens mis en oeuvre pour contri­buer à la tran­si­tion éner­gé­tique et éco­lo­gique » (ar­ticle L. 533-22-1). Au­ré­lie Baud­huin gérante de fonds chez Mees­chaert AM, pré­cise : « Les in­ves­tis­seurs doivent éva­luer leur ex­po­si­tion au cli­mat : risques phy­siques, liés à la tran­si­tion éner­gé­tique et à l’adop­tion de nou­velles normes. » Au­tre­ment dit, ils sont ex­po­sés au risque di­rect de pertes in­hé­rent à tout pla­ce­ment et à ce­lui, in­di­rect, de l’im­pact du pro­duit ou ser­vice sur l’en­vi­ron­ne­ment. Par exemple, en ache­tant une obli­ga­tion d’un construc­teur au­to­mo­bile, les in­ves­tis­seurs sont concer­nés à la fois par la pol­lu­tion émise lors de la fa­bri­ca­tion et, plus tard, par celle du vé­hi­cule. Se­lon No­ve­thic, le centre de re­cherche spé­cia­li­sé sur la fi­nance res­pon­sable ba­sé à Pa­ris, près de 840 in­ves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels sont vi­sés par l’ar­ticle 173. Le­quel s’ap­plique éga­le­ment à tous les gé­rants qui de­vront ex­pli­quer, dans leurs rap­ports de ges­tion, com­ment leurs choix d’in­ves­tis­se­ment prennent en compte les en­jeux en­vi­ron­ne­men­taux. Pour un par­ti­cu­lier sen­sible à ces ques­tions mais peu aguer­ri, tout l’en­jeu est de s’as­su­rer de la réa­li­té des me­sures ap­pli­quées par les en­tre­prises. Pour ce faire, sont dis­po­nibles plu­sieurs sources d’éva­lua­tions non ex­haus­tives et en­core im­par­faites : les la­bels (voir en­ca­dré ci-des­sus), les in­dices, par exemple, l’Eu­ro­next Low Car­bon Eu­rope 100 et le Dow Jones Sus­tai­na­bi­li­ty In­dex, ou la no­ta­tion ex­tra-fi­nan­cière (voir p. 93). Si les deux pre­mières sont ac­ces­sibles sans au­cune bar­rière, c’est ra­re­ment le cas pour la no­ta­tion ex­tra­fi­nan­cière. Celle-ci s’ef­fec­tue soit à la de­mande de l’en­tre­prise, soit des ins­ti­tu­tion­nels. Elle est réa­li­sée par des agences, comme Moo­dy’s, Oe­kom Re­search ou Vi­geo. Et ce sont ceux qui sol­li­citent l’éva­lua­tion qui paient pour bé­né­fi­cier de ces in­for­ma­tions. Mais de­puis juillet der­nier, pour les par­ti­cu­liers, il y a Cli­me­trics, pre­mier sys­tème de no­ta­tion de l’im­pact cli­ma­tique des fonds ac­tions. A la ma­noeuvre, l’or­ga­nisme à but non lu­cra­tif Car­bon Dis­clo­sure Pro­ject (CDP) qui gère la plus grande base de don­nées en­vi­ron­ne­men­tales sur les en­tre­prises. Il ne rend pu­blic sur son site In­ter­net que les pro­duits aux­quels il a at­tri­bué les meilleures notes (4 et 5), sur une échelle de 1 à 5 ma­té­ria­li­sée par des feuilles vertes. De quoi faire un pre­mier tri dans une offre de fonds qui ne se contente plus d’un coup de pein­ture pour se ver­dir, mais où les cri­tères éco­lo­giques sont, de gré ou de force, de plus en plus si­gni­fi­ca­tifs dans les ar­bi­trages. Vos op­por­tu­ni­tés d’in­ves­tis­se­ments verts s’en trouvent sin­gu­liè­re­ment élar­gies.

LES LI­VRETS

Pla­ce­ments en­tiè­re­ment sé­cu­ri­sés et li­quides, les li­vrets d’épargne sont la pre­mière marche de votre en­ga­ge­ment pour la pla­nète. Le plus connu : le li­vret de dé­ve­lop­pe­ment du­rable et so­li­daire (LDDS) avec un ren­de­ment équi­valent à ce­lui de votre li­vret A, soit 0,75 % net. Il af­fi­chait des en­cours de plus de 100 mil­liards d’eu­ros en 2016, se­lon la Banque de France. Votre épargne, pla­fon­née à 12 000 eu­ros par li­vret et par per­sonne, est pour par­tie uti­li­sée par la Caisse des dé­pôts et consi­gna­tions afin de fi­nan­cer les pro­jets de dé­ve­lop­pe­ment du­rable (iso­la­tion éner­gé­tique et pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment) des pe­tites et moyennes en­tre­prises. Le LDDS étant ré­gle­men­té, votre pla­ce­ment est ga­ran­ti par l’Etat, et vos in­té­rêts sont exo­né­rés d’im­pôt sur le re­ve­nu et de pré­lè­ve­ments so­ciaux. Ce qui n’est pas le cas des autres li­vrets verts.

A com­men­cer par le li­vret Agir du Cré­dit Coo­pé­ra­tif. Il pro­pose un ren­de­ment de 1 % et vous en re­ver­sez la moi­tié, soit 0,50 %, sous forme de don à l’une des vingt as­so­cia­tions sé­lec­tion­nées, dont six sont en­tiè­re­ment consa­crées aux thé­ma­tiques en­vi­ron­ne­men­tales. Puisque ce pla­ce­ment est fis­ca­li­sé, vous bé­né­fi­ciez d’une ré­duc­tion d’im­pôt de 66 % du mon­tant de votre don. Ajou­tez les 0,50 % res­tants de vos in­té­rêts et votre ren­de­ment s’ap­pro­che­ra ef­fec­ti­ve­ment de ce­lui du li­vret A : 66 % - 0,50 % = 0,33 % + 0,50 % = 0,83 % brut. Autres avan­tages, vous pou­vez ou­vrir jus­qu’à trois li­vrets par per­sonne, et il n’y a au­cun pla­fond. Si vous vou­lez al­ler plus loin, tour­nez-vous vers les li­vrets CODEVair de la Banque Po­pu­laire et du Cré­dit Coo­pé­ra­tif, ou REV 3 du Cré­dit Coo­pé­ra­tif. Ils servent à prê­ter aux en­tre­prises qui sou­haitent réa­li­ser des tra­vaux d’éner­gies du­rables ou dé­ve­lop­per des pro­jets verts, ain­si qu’aux par­ti­cu­liers pour des tra­vaux d’iso­la­tion. Le tout pour un ren­de­ment de 0,25 % brut. « S’il y a 100 mil­lions sur le CODEVair, on s’en­gage à ac­cor­der 100 mil­lions de prêts en­vi­ron­ne­men­taux, sans faire por­ter au­cun risque à

l’épar­gnant », ex­plique Imad Ta­bet, di­rec­teur du mar­ché des par­ti­cu­liers au Cré­dit Coo­pé­ra­tif. Le li­vret REV 3 ré­pond à la même lo­gique, avec un taux de 1 % brut jus­qu’à 1 500 eu­ros et 0,2 % brut au-de­là. Il fi­nance des pro­jets ré­gio­naux dans les Hauts-de­France : éner­gies re­nou­ve­lables, éco­no­mies cir­cu­laires (qui re­pose sur le re­cy­clage des ob­jets, consom­ma­tion sobre des res­sources na­tu­relles)…

LES FONDS

Avec un fonds, vous ap­pré­cie­rez les re­tom­bées de votre pla­ce­ment moins

ra­pi­de­ment qu’avec un li­vret. « Plus d’une cin­quan­taine de fonds thé­ma­tiques sont in­ves­tis dans des ac­ti­vi­tés pré­sen­tant un bé­né­fice en­vi­ron­ne­men­tal en France, constate No­ve­thic. Leurs en­cours ont bon­di de 13,4 % au pre­mier tri­mestre 2017 pour s’éta­blir à 14,8 mil­liards d’eu­ros. » A l’échelle eu­ro­péenne, à la fin de 2016, les pro­duits verts étaient au nombre de 165 et to­ta­li­saient un en­cours de 22 mil­liards d’eu­ros. Contrai­re­ment à un pro­duit clas­sique, votre ho­ri­zon de pla­ce­ment se­ra plus long que les cinq à huit ans gé­né­ra­le­ment re­com­man­dés. « L’épar­gnant s’ins­crit dans un fi­nan­ce­ment dont les dé­ve­lop­pe­ments prennent du temps et portent leurs fruits sur le court terme

mais aus­si sur le long terme », pré­vient Au­ré­lie Baud­huin. Pour les ré­sul­tats les plus tan­gibles sur la pla­nète, il faut ta­bler entre quinze et vingt-cinq ans ! Les fonds en­vi­ron­ne­men­taux ne connaissent un vrai es­sor que de­puis 2015 et la COP21, même si 2007 et 2008 avaient été deux an­nées fastes avec près de 50 fonds créés par an, contre huit en 2016. Où les trou­ver ? Par­mi les sup­ports d’in­ves­tis­se­ment dits thé­ma­tiques : eau, bas car­bone, éner­gie re­nou­ve­lable, in­fra­struc­tures, in­no­va­tion verte… Se­lon No­ve­thic, en 2016, les épar­gnants ont été da­van­tage sen­sibles au thème bas car­bone, puisque le taux de col­lecte de ces fonds a bon­di de 24,8 %, pour at­teindre un en­cours de 714 mil­lions d’eu­ros. Mais le thème lea­der, l’eau, conti­nue d’in­té­res­ser : une col­lecte en crois­sance de + 11,8 % l’an pas­sé

et un en­cours de 7,74 mil­liards d’eu­ros. Il n’est donc pas éton­nant que sur le der­nier po­dium de ce type de fonds, éta­bli par No­ve­thic sur ce cri­tère, on trouve Pic­tet AM por­té par son fonds Pic­tet Wa­ter, BNP Pa­ri­bas AM avec BNP Pa­ri­bas Aqua et Bla­ckRock avec son New Ener­gy. Le pé­ri­mètre de sé­lec­tion des titres étant très res­ser­ré, le risque s’en trouve aug­men­té. D’au­tant plus quand la pé­ren­ni­té de la ren­ta­bi­li­té n’a pas été éprou­vée, « à l’image du solaire dans l’éner­gie re­nou­ve­lable qui re­po­sait pour par­tie sur les sub­ven­tions pu­bliques et dont le mo­dèle éco­no­mique n’avait pas été plei­ne­ment va­li­dé. Cette dé­pen­dance n’existe plus », re­lève Au­ré­lie Baud­huin. Autre ré­serve, des pro­grès doivent être faits en ma­tière de trans­pa­rence. « His­to­ri­que­ment, les fonds verts ont été créés pour in­ves­tir dans des en­tre­prises dont l’ac­ti­vi­té ap­porte une va­leur ajou­tée d’un point de vue en­vi­ron­ne­men­tal, in­dique Do­mi­nique Blanc, di­rec­teur de re­cherche à No­ve­thic. Les plus ri­gou­reux se fixent un seuil mi­ni­mal avec des va­riantes, par exemple l’ex­clu­sion, l’in­clu­sion ou la pers­pec­tive de crois­sance de l’ac­ti­vi­té. Mais la plu­part du temps, très peu d’in­for­ma­tions sont dis­po­nibles et il est im­pos­sible d’éva­luer pré­ci­sé­ment les vo­lumes in­ves­tis dans cha­cun des do­maines concer­nés, sur­tout que l’al­lo­ca­tion thé­ma­tique peut évo­luer dans le temps au gré des ar­bi­trages opé­rés par les so­cié­tés de ges­tion. » Ain­si, dans une étude me­née avec l’Agence de l’en­vi­ron­ne­ment et de la maî­trise de l’éner­gie (Ademe) en dé­but d’an­née, le centre de re­cherche de No­ve­thic avait consta­té que les fonds cli­mat ou éner­gies re­nou­ve­lables mi­saient aus­si sur d’autres thèmes, ce qui n’était pas le cas de ceux in­ves­tis dans l’eau, plus fi­dèles à l’en­ga­ge­ment de ges­tion sug­gé­ré par leur nom.

LES OBLI­GA­TIONS

La pre­mière émis­sion d’obli­ga­tions vertes, com­mu­né­ment ap­pe­lées green

bonds, re­monte à 2007 avec la Banque mon­diale, mais il faut at­tendre 2013 pour voir le rythme et les mon­tants émis de­ve­nir si­gni­fi­ca­tifs, avec une crois­sance an­nuelle moyenne de 154 %. Par­mi les grands sec­teurs qui en sont friands, il y a l’éner­gie re­nou­ve­lable, les in­fra­struc­tures (trans­port vert tout par­ti­cu­liè­re­ment), l’agri­cul­ture, les res­sources en eau et l’en­vi­ron­ne­ment ma­ri­time. Rien que sur l’an­née 2016, se­lon Lom­bard Odier, 90 mil­liards de dol­lars ont été émis par des grandes en­tre­prises, des col­lec­ti­vi­tés lo­cales et des Etats, dont la France. Et cette an­née, il est at­ten­du quelque 250 mil­liards ! Un green bond n’est pas plus ris­qué qu’une obli­ga­tion clas­sique, les per­for­mances sont iden­tiques car il s’agit du même pro­duit, mis à part trois ca­rac­té­ris­tiques propres : « Un im­pact me­su­ré et réel dans la lutte contre le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique ; une trans­pa­rence sur la des­ti­na­tion des fonds à tra­vers un re­por­ting ré­gu­lier qui per­met de sa­voir exac­te­ment où les sommes col­lec­tées se­ront al­louées ; les fonds re­çus ne peuvent pas être uti­li­sés à autre chose que ce pour­quoi ils

ont été le­vés », dé­taille Ber­trand Ga­con. Pas de mau­vaise sur­prise donc, toutes ces obli­ga­tions étant la­bel­li­sées. La dif­fi­cul­té ré­side dans le fait que les pe­tits épar­gnants ne peuvent pas les sous­crire di­rec­te­ment. Heu­reu­se­ment, de­puis le 1er mars 2017, vous pou­vez pro­fi­ter de ce nou­veau type de créances à tra­vers le pre­mier fonds green bonds : LO Funds – Glo­bal Cli­mate Bond (code Isin : LU1490630644), gé­ré par Lom­bard Odier. Il vous per­met de par­ti­ci­per au fi­nan­ce­ment de pro­jets d’inves-

tis­se­ment « cli­mate friend­ly » dès 100 eu­ros. Les 200 mil­lions d’eu­ros de col­lecte se­raient dé­jà dé­pas­sés. No­tez, tou­te­fois, des frais d’en­trée pou­vant at­teindre jus­qu’à 5 % et des frais cou­rants af­fi­chés à 1,07 %. De­puis, huit autres fonds ont vu le jour.

LES AC­TIONS

Si vous avez vrai­ment en­vie de faire bou­ger les choses tout en in­ves­tis­sant di­rec­te­ment en Bourse, ré­com­pen­sez les en­tre­prises qui sont en pleine tran­si­tion vers un com­por­te­ment ver­tueux pour la pla­nète. Avec l’ar­ticle 173 de la loi sur la tran­si­tion éco­lo­gique et éner­gé­tique, toutes les en­tre­prises co­tées peuvent être choi­sies à la fois se­lon leurs ac­ti­vi­tés et leurs dé­ci­sions d’achats. Pour vous ai­der, nous avons sol­li­ci­té trois so­cié­tés de ges­tion afin qu’elle vous livre leur sé­lec­tion sui­vant trois règles : di­ver­si­fi­ca­tion, cli­mat et ex­clu­sion (voir ta­bleau page pré­cé­dente).

LE NON-CO­TÉ

Pour mi­ser en di­rect sur l’éner­gie et/ou l’agri­cul­ture, de­ve­nez ac­tion­naire soit de Fon­cière Terre de Liens, soit d’Ener­gie Par­ta­gée In­ves­tis­se­ment. Leur par­ti­cu­la­ri­té : la­bel­li­sées Fi­nan­sol, ces deux so­cié­tés non co­tées sou­tiennent des pro­jets éco­lo­giques à fort an­crage lo­cal et por­tés par des re­grou­pe­ments (par­ti­cu­liers, col­lec­ti­vi­tés...). Avec Terre de liens, vous par­ti­ci­pez à l’ac­qui­si­tion de terres et de fermes qui se­ront en­suite louées à de jeunes agri­cul­teurs tra­vaillant en bio. Ain­si, 139 ex­ploi­ta­tions ont été fi­nan­cées en 2016. Con­crè­te­ment, vous ache­tez des parts de Fon­cière Terre de Liens, une so­cié­té en com­man­dite par ac­tions (SCA) à ca­pi­tal va­riable. Va­leur uni­taire : 103,50 eu­ros, aux­quels il faut ajou­ter 5 eu­ros de frais (3 eu­ros les an­nées sui­vantes). 30 % du ca­pi­tal est oc­troyé à des in­ves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels, dont la Caisse des dé­pôts. A condi­tion de res­ter in­ves­ti au moins cinq ans, vous avez droit à une ca­rotte fis­cale : une ré­duc­tion d’im­pôt sur le re­ve­nu de 18 % du mon­tant pla­cé, dans la li­mite de 50 000 eu­ros par an pour un cé­li­ba­taire (100 000 eu­ros pour un couple) ou, pour les as­su­jet­tis à l’im­pôt de so­li­da­ri­té sur la fortune (ISF), une ré­duc­tion égale à 50 % de la sous­crip­tion, pla­fon­née à 45 000 eu­ros par an. Pour vi­ser le ren­de­ment, pré­fé­rez les parts d’Ener­gie Par­ta­gée In­ves­tis­se­ment, autre SCA à ca­pi­tal va­riable (va­leur uni­taire : 102 eu­ros, avec 3 % de frais). Cette der­nière, avec votre épargne, fi­nan­ce­ra des pro­jets de tran­si­tion éner­gé­tique en pre­nant des parts au ca­pi­tal des struc­tures. Exemple : dans le parc éo­lien Les Ailes des Crêtes, dans les Ar­dennes, qui couvre la consom­ma­tion an­nuelle d’élec­tri­ci­té de 1 500 foyers. C’est la vente de l’éner­gie pro­duite qui as­sure la ré­mu­né­ra­tion des ac­tion­naires. Le ren­de­ment an­non­cé est de 4 % brut par an avec un ho­ri­zon de pla­ce­ment à dix ans. A titre de com­pa­rai­son, le ren­de­ment 2017 es­ti­mé pour les ac­tions du CAC 40 est de 3,20 %, et de 2,10 % pour le CAC Mid & Small. La so­cié­té vient de re­va­lo­ri­ser le mon­tant no­mi­nal des parts de 2 eu­ros. Non ren­table, elle pré­voit l’équi­libre seule­ment en 2020 avec une col­lecte glo­bale de 25 mil­lions d’eu­ros. D’ailleurs, pour elle comme pour la Fon­cière Terre de Liens, le ca­pi­tal n’est pas ga­ran­ti. Soyez vi­gi­lant.

LES PRO­DUITS DÉ­RI­VÉS

Par­mi les pro­duits dé­ri­vés per­met­tant d’op­ter pour la thé­ma­tique de l’en­vi­ron­ne­ment, il y a des ETF (ou tra­ckers). Mais l’offre est mar­gi­nale. Les ETF verts pè­se­raient 1 % des en­cours et 1,5 % de la col­lecte. « La de­mande va croître, es­time François Millet, res­pon­sable des pro­duits chez Lyxor AM. Nous sen­tons le mar­ché

fré­mir. » Ce sont avant tout les grands ins­ti­tu­tion­nels, les fonds de pen­sion et les fonds de retraite qui jouent un rôle clé en la ma­tière. Grâce à leur ap­pé­tit, de­main l’offre se­ra plus éten­due. En at­ten­dant, vous pou­vez vous orien­ter sur les tra­ckers as­so­ciés à des in­dices, comme ceux au­tour de l’eau, ou ceux in­ves­tis sur les obli­ga­tions vertes. Dans tous les cas, un ETF reste un ETF, avec un risque de perte en ca­pi­tal si l’in­dice ou le sous­ja­cent de ré­fé­rence ne suit pas la ten­dance que vous aviez an­ti­ci­pée. Vous dis­po­sez aus­si des war­rants, ces op­tions d’achat (call) ou de vente

(put) sur les va­leurs vertes co­tées avec une pos­si­bi­li­té d’in­ves­tir plus que votre mise en réa­li­té (ef­fet le­vier). Le risque de perte en ca­pi­tal est en­core plus éle­vé et né­ces­site d’être très aguer­ri aux stra­té­gies bour­sières.

Li­vrets, ac­tions, fonds... L’offre des pro­duits in­té­grant les ac­ti­vi­tés liées à l’en­vi­ron­ne­ment s’élar­git.

L’eau est le thème d’in­ves­tis­se­ment pré­fé­ré des Fran­çais : la col­lecte ne cesse d’aug­men­ter.

Pour sou­te­nir la crois­sance de l’agri­cul­ture bio, ache­tez des terres via une so­cié­té la­bel­li­sée.

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