Tri­ga­no

LA VA­LEUR DU MOIS

Mieux Vivre Votre Argent - - SOMMAIRE - Frédéric Bé­riot

Est-il en­core rai­son­nable de s’in­té­res­ser au titre de ce lea­der eu­ro­péen de la fa­bri­ca­tion de vé­hi­cules de loi­sirs ? En­chaî­nant les re­cords his­to­riques, l’ac­tion pré­sente dé­jà un par­cours très im­pres­sion­nant de­puis le dé­but de l’an­née (voir en­ca­dré) et af­fiche des ni­veaux de va­lo­ri­sa­tion a prio­ri éle­vés, avec des mul­tiples de 19 et 15,8 fois les pro­fits at­ten­dus pour cette an­née et pour 2018. Mais ces ra­tios doivent s’ap­pré­cier au re­gard des taux de crois­sance es­pé­rés des ré­sul­tats (+ 31,3 % cette an­née et + 20,2 % en 2018) et du ca­rac­tère ver­tueux du bu­si­ness mo­del mis en place par la fa­mille Feuillet, prin­ci­pal ac­tion­naire de cette très belle so­cié­té avec 57,8 % du ca­pi­tal. Si bien que le po­ten­tiel de la va­leur pa­raît loin d’être épui­sé.

Mar­ché por­teur. Même après trois an­nées de forte crois­sance des im­ma­tri­cu­la­tions de cam­ping-cars en Eu­rope, seg­ment sur le­quel le groupe réa­lise près de 70 % de son chiffre d’af­faires, l’ac­ti­vi­té conti­nue de bé­né­fi­cier d’une ex­cel­lente vi­si­bi­li­té. L’en­vi­ron­ne­ment éco­no­mique s’amé­liore, les taux d’in­té­rêt res­tent com­pé­ti­tifs, les stocks des conces­sion­naires sont bas et la concur­rence des vé­hi­cules d’oc­ca­sion est faible. De quoi an­ti­ci­per, pour le pré­sident de Tri­ga­no, François Feuillet, une crois­sance de près de 10 % par an de ce mar­ché sur les trois pro­chaines an­nées. Autre ca­ta­ly­seur : le groupe de­vrait sur­per­for­mer son sec­teur grâce à une po­li­tique de prise de parts de mar­ché qui a fait ses preuves sur une in­dus­trie de vo­lume où la hausse du chiffre d’af­faires per­met d’ab­sor­ber plus fa­ci­le­ment la struc­ture de coûts et de faire le­vier sur les ré­sul­tats. Crois­sance ex­terne. En vue de ré­pondre à la forte de­mande des con­som­ma­teurs, un ef­fort d’in­ves­tis­se­ment im­por tant de près de 60 mil­lions d’eu­ros, dé­ployé sur la pé­riode 2016-2018, vise à ac­croître en­core les ca­pa­ci­tés de pro­duc­tion. Pa­ral­lè­le­ment, la crois­sance ex­terne re­pré­sente un axe fort de la stra­té­gie pour mi­ser sur l’ef­fet de taille. Après s’être re­struc­tu­ré en pro­fon­deur pen­dant la crise fi­nan­cière entre 2008 et 2013, le groupe a dé­ve­lop­pé un réel sa­voir-faire en ma­tière d’ac­qui­si­tions (les ita­liens SEA en 2013 et Ri­mor en 2015 et, au dé­but de cette an­née, la mon­tée à 76 % au ca­pi­tal du bri­tan­nique Au­to-Slee­pers et le ra­chat d’Adria). Troi­sième ac­teur eu­ro­péen, avec un chiffre d’af­faires de 350 mil­lions, le concur­rent slo­vène Adria va per­mettre à Tri­ga­no de fran­chir une étape im­por tante dans son dé­ve­lop­pe­ment. Do­té dé­sor­mais d’une part de mar­ché es­ti­mée à 30 % en Eu­rope, le groupe y conforte son lea­der­ship et dis­tance le numéro deux du sec­teur, l’al­le­mand Hy­mer. L’am­bi­tion de Tri­ga­no à moyen terme est d’avoir la main mise sur 40 % du seg­ment du cam­ping­car et de vi­ser une marge opé­ra­tion­nelle cou­rante en haut de cycle com­prise entre 8 et 10 % pour l’en­semble du groupe (contre 7,6 % en 2016). Der­nier atout : la ca­pa­ci­té à gé­né­rer d’im­por­tants flux nets de tré­so­re­rie (35,3 mil­lions l’an der­nier) per­met au groupe de rem­bour­ser ra­pi­de­ment ses opé­ra­tions de crois­sance ex­terne et de dis­po­ser d’un so­lide bi­lan, le plus sou­vent vierge de dettes. At­ten­tion tou­te­fois à l’ex­po­si­tion de Tri­ga­no à la Grande-Bre­tagne (12 %), sus­cep­tible d’être fra­gi­li­sée par le Brexit.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.