Le bio, vache à lait de la grande dis­tri­bu­tion ?

Mieux Vivre Votre Argent - - SOMMAIRE - Sil­via Si­mao

La consom­ma­tion de pro­duits ali­men­taires is­sus de l’agri­cul­ture bio­lo­gique ne cesse de pro­gres­ser en France, se­lon l’Agence BIO : + 21,7 % de crois­sance sur un an en 2016. Par­mi les bé­né­fi­ciaires de cet en­goue­ment, la grande dis­tri­bu­tion est au pre­mier rang. Et pour cause, se­lon l’as­so­cia­tion de consom­ma­teurs UFC-Que Choi­sir, les prix des fruits et lé­gumes bio dans les su­per et hy­per­mar­chés sont en moyenne 79 % plus chers que leurs équi­va­lents conven­tion­nels. Un écart d’au­tant plus mar­quant que les ta­rifs de ces der­niers ont bais­sé cet été (voir en­ca­dré). L’as­so­cia­tion s’in­surge contre les marges brutes pra­ti­quées par le sec­teur. Sur un pa­nier bio de 660 eu­ros, soit la consom­ma­tion moyenne an­nuelle d’un mé­nage, la grande dis­tri­bu­tion réa­lise 304 eu­ros de marge brute (dif­fé­rence entre le prix de vente et le prix d’achat), contre 169 eu­ros pour le même pa­nier pro­ve­nant de l’agri­cul­ture clas­sique. Soit 135 eu­ros de «sur­marge».

Cha­cun son mode de cal­cul. Pour les pro­fes­sion­nels mis en cause, ces conclu­sions sont « to­ta­le­ment par­tiales et ne re­flètent pas la réa­li­té du mar­ché », avance la Fé­dé­ra­tion du com­merce et de la dis­tri­bu­tion. Elle dé­nonce des ap­proxi­ma­tions mé­tho­do­lo­giques : la marge brute d’un pa- nier doit être rap­por­tée à son prix to­tal. De plus, l’étude de l’UFC ne prend pas en compte les frais de trans­port, les coûts in­ter­mé­diaires de dis­tri­bu­tion… Fi­na­le­ment, pa­nier bio ou conven­tion­nel, le taux de marge brute se­rait iden­tique. Soit 46 % dans les deux cas.

Outre les ta­rifs pro­hi­bi­tifs non jus­ti­fiés, L’UFC dé­nonce une offre bio in­di­gente en su­per­mar­ché.

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