Pla­ce­ments fi­nan­ciers

La fin de l’an­née risque d’être com­pli­quée pour les in­ves­tis­seurs en Bourse. Les gé­rants craignent de nom­breux aléas.

Mieux Vivre Votre Argent - - Contents - AU­DREY SPY

Les gé­rants d’ac­tifs na­viguent à vue sur les mar­chés fi­nan­ciers. De leur propre aveu, il est très dif­fi­cile d’an­ti­ci­per les ten­dances bour­sières et d’éla­bo­rer une al­lo­ca­tion d’ac­tifs pour les pro­chains mois. Certes, les fon­da­men­taux éco­no­miques sont bons : le Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal (FMI) pré­voit tou­jours une crois­sance mon­diale proche de 4% cette an­née. Mais le contexte géo­po­li­tique est pe­sant. En pre­mier lieu, la guerre com­mer­ciale lan­cée par Do­nald Trump sus­cite des in­quié­tudes. Si, à l’heure ac­tuelle, les Etats-Unis ont ac­té la taxa­tion de 110 mil­liards de dol­lars de biens im­por­tés, dont la moi­tié en pro­ve­nance de Chine, à terme, le to­tal des me­sures pro­tec­tion­nistes pour­rait at­teindre 800 mil­liards de dol­lars. De quoi dé­sta­bi­li­ser l’éco­no­mie mon­diale.

La zone eu­ro de nou­veau dans la tour­mente

De même, le re­tour de l’in­fla­tion et d’une dy­na­mique de crois­sance dé­pas­sant les pré­vi­sions aux Etats-Unis pour­rait in­ci­ter la Ré­serve fé­dé­rale amé­ri­caine à re­le­ver plus for­te­ment que pré­vu ses taux d’in­té­rêt, une si­tua­tion pré­oc­cu­pante pour les mar­chés obli­ga­taires, ain­si que pour les Bourses des pays émer­gents. En­fin, la so­li­di­té de la zone eu­ro, dé­jà mise à mal par le Brexit – au­cun ac­cord de sor­tie du Royaume-Uni de l’Union eu­ro­péenne n’a pour le mo­ment été trou­vé –, est de nou­veau ébran­lée par l’Ita­lie. La coa­li­tion au pou­voir ne par­vient pas à s’en­tendre sur le pro­jet de bud­get na­tio­nal, que le gou­ver­ne­ment doit re­mettre le 15 oc­tobre à la Com­mis­sion eu­ro­péenne.

Ces in­cer­ti­tudes, source de vo­la­ti­li­té, ne fa­ci­litent pas la dé­tec­tion des grandes ten­dances à ve­nir sur les mar­chés, d’au­tant que les gé­rants ont dé­jà été sur­pris par les orien­ta­tions bour­sières de­puis le dé­but de l’an­née. Alors que tous pa­riaient sur un re­bond des ac­tions eu­ro­péennes en 2018, les ac­tions amé­ri­caines ont une fois de plus do­mi­né. Sur les huit pre­miers mois de l’an­née, elles ont rap­por­té 9,7%, soit le meilleur pa­ri der­rière le pé­trole (+15,5%). Les ac­tions de la zone eu­ro af­fichent seule­ment une pro­gres­sion de 0,3% sur la pé­riode. Une per­for­mance proche de zé­ro, comme celle de la plu­part des mar­chés obli­ga­taires. En de­hors des titres de l’Etat es­pa­gnol, qui ont rap­por­té 2% de­puis le dé­but de l’an­née, les autres em­prunts en zone eu­ro étaient peu por­teurs: 0% pour les obli­ga­tions sou­ve­raines ou à haut ren­de­ment (high yield),

- 0,3% pour les obli­ga­tions d’en­tre­prise. Des ré­sul­tats dé­ce­vants, mais pas aus­si mau­vais que le cours de l’or qui a per­du 8,8% ou les in­dices des ac­tions émer­gentes qui ont dé­cro­ché de 7,2% entre le 1er jan­vier et le 31 août.

Un re­bond des Bourses eu­ro­péennes at­ten­du

Les mar­chés conti­nue­ront-ils d’évo­luer dans ce sens les pro­chains mois ? Si les gé­rants s’ac­cordent à dire qu’il vaut mieux évi­ter d’in­ves­tir ac­tuel­le­ment dans des obli­ga­tions, no­tam­ment sur le long terme, compte te­nu de la pers­pec­tive de la re­mon­tée des taux, leur avis est moins tran­ché sur les ac­tions. De nom­breux ges­tion­naires, comme Pic­tet et M&G IM, conti­nuent de pa­rier sur le po­ten­tiel de re­bond des va­leurs eu­ro­péennes, tan­dis que d’autres, tel que Od­do BHF AM, penchent dé­sor­mais sur une pour­suite de la hausse des so­cié­tés amé­ri­caines. Les ana­lystes an­ti­cipent une crois­sance des bé­né­fices de ces der­nières alors qu’ils com­mencent à ré­vi­ser à la baisse les ré­sul­tats 2018 pour les en­tre­prises eu­ro­péennes. Mais les ni­veaux de va­lo­ri­sa­tion des titres eu­ro­péens sont re­de­ve­nus beau­coup plus at­trac­tifs.

Dans les mois à ve­nir, les ac­tions amé­ri­caines de­vraient donc gar­der l’avan­tage, mais les ac­tions eu­ro­péennes pour­raient se ré­vé­ler sur une plus longue pé­riode. Même constat pour les ac­tions ja­po­naises. En re­vanche, pru­dence sur les mar­chés émer­gents qui pour­raient en­core se contrac­ter. Un seul mot d’ordre : res­tez in­ves­ti mais soyez vi­gi­lant dans votre sé­lec­tion d’ac­tifs !

Les me­sures pro­tec­tion­nistes prises par les Etats-Unis pour­raient à terme concer­ner 800 mil­liards de dol­lars de biens im­por­tés

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