10 ques­tions à po­ser avant de choi­sir son contrat

Mieux Vivre Votre Argent - - Votre Argent Assurance Vie -

Lors de la sous­crip­tion d’une as­su­rance vie, votre in­ter­lo­cu­teur est cen­sé – c’est la loi – vous ques­tion­ner sur votre si­tua­tion, vos ob­jec­tifs, votre sen­si­bi­li­té au risque,etc.Très­bien.Mais­vous,que­pour­riez-vous­de­man­der à votre conseiller ? Dé­jà, ga­gnez du temps en cou­pant court à son laïus sur les mille et un avan­tages de l’as­su­rance vie. Cette ap­proche gé­né­rique ne vous di­ra rien sur la qua­li­té propre au pro­duit qu’il vous sou­met. Pour l’éva­luer, vous pour­riez, bien sûr, prendre le temps de lire ses condi­tions contrac­tuelles. Maisl’exer­ci­ceest­fas­ti­dieux,les­ter­mes­sont­jar­gon­neux,bref, c’est com­pli­qué. Nous vous re­com­man­dons néan­moins cette lec­ture, mais à tête re­po­sée, chez vous, pour va­li­der ou in­fir­mer cer­taines in­for­ma­tions don­nées par votre conseiller, par exemple celles trai­tant des frais du contrat.

Mais, au dé­part, adop­tez plu­tôt une autre stra­té­gie, en po­sant des ques­tions pré­cises et concrètes au pro­fes­sion­nel sur le pro­duit qu’il vous in­vite à sous­crire. Nous en avons ré­per­to­rié dix, dont cer­taines dé­rou­te­ront sans doute votre in­ter­lo­cu­teur, plus une ques­tion bo­nus pour le pous­ser dans ses re­tran­che­ments. Avec nos élé­ments de ré­ponse en tête, vous au­rez de quoi ana­ly­ser ses ré­pliques et, par consé­quent, l’in­té­rêt du contrat pro­po­sé. Une règle : ne re­cu­lez pas, on vous doit des ré­ponses étayées. A dé­faut, pas­sez votre che­min.

1 De­puis com­bien de temps ce contrat est-il com­mer­cia­li­sé?

Cet­te­pre­miè­re­ques­tion­per­met­de­po­ser­le­dé­cor.Anotre époque, la nou­veau­té passe plu­tôt pour at­trayante, mais en as­su­rance vie, est-elle ga­gnante ? Loin de là ! Pour des rai­sons fis­cales, mais aus­si pour épon­ger des frais sur ver­se­ments par­fois im­por­tants, ce pla­ce­ment doit être conser­vé de nom­breuses an­nées, a mi­ni­ma huit ans (même si rien ne vous em­pêche de le clore avant). Au­tant dire que les con­trats doivent bien vieillir, donc évo­luer cor­rec­te­ment, plu­tôt que d’être sup­plan­tés par les der­nières nou­veau­tés.

Or, que constate-t-on ? Que des di­zaines de pro­duits sont lan­cé­scha­quean­née,et­qu’au­tant­sont­fer­més.Vo­tre­con­fiance se por­te­ra a prio­ri sur les con­trats ayant dé­jà fait leurs preuves pen­dant plu­sieurs an­nées (au moins quatre), signe que l’as­su­reur n’est pas en train d’es­sayer de vous four­guer sa der­nière in­no­va­tion à la mode. Si c’est du neuf que l’on vous pro­pose, de­man­dez à votre conseiller pour­quoi il a choi­si de lan­cer un nou­veau pro­duit plu­tôt que de faire évo­luer l’an­cien.

Notre conseil : nos Grands prix an­nuels en at­testent, les meilleurs con­trats du mar­ché ont de la bou­teille (voir n° 433, p36) . Nombre de banques ont ré­cem­ment re­nou­ve­lé leur offre (Caisse d’Epargne, Cré­dit Agri­cole, LCL), sans une réelle amé­lio­ra­tion du conte­nu. Un re­gard sur la po­li­tique com­mer­ciale de l’éta­blis­se­ment per­met d’ap­pré­cier com­ment vous se­rez trai­té dans le temps.

Obli­gez votre conseiller à ar­gu­men­ter sur des points pré­cis et concrets

2 Qu’a rap­por­té le fonds en eu­ros sur les quatre der­nières an­nées?

Quoi qu’en dise votre conseiller, le fonds en eu­ros reste le coeur fi­nan­cier de l’as­su­rance vie (70% des ver­se­ments en 2018, se­lon la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de l’as­su­rance). Lo­gique, car ce sup­port fi­nan­cier ga­ran­tit la va­leur du ca­pi­tal in­ves­ti, net de frais d’en­trée, et brut ou net de frais de ges­tion se­lon les con­trats. La qua­si-to­ta­li­té des con­trats pro­posent un ou plu­sieurs fonds en eu­ros. Mais que va rap­por­ter pré­ci­sé­ment ce­lui in­clus dans l’offre que l’on vous pré­sente ? Un re­père d’abord : en 2017, le taux moyen du mar­ché était de 1,83%, avec des ren­de­ments cou­rant de 0,50 à 3%. Un abîme, donc.

Mais se li­mi­ter à une an­née de ren­de­ment pour­rait être trom­peur : ré­cla­mez les taux nets de frais de ges­tion du contrat sur au moins quatre ans. Et com­pa­rez. Pour 2014-2017, les très bons pro­duits ont rap­por­té près de 13% cu­mu­lés, les moyens, un pe­tit 10%, les mau­vais, moins de 7%. Si le contrat pro­po­sé ne dis­pose pas de cette an­cien­ne­té, ap­pré­ciez alors les ren­de­ments des con­trats si­mi­laires de l’as­su­reur, même s’ils ne sont plus com­mer­cia­li­sés. En­fin, très im­por­tant, de­man­dez si l’ac­cès au fonds en eu­ros est libre ou s’il est condi­tion­né à un in­ves­tis­se­ment en pa­ral­lèle sur des fonds ris­qués.

Notre conseil : une cer­ti­tude, un contrat dont le fonds en eu­ros est mo­ri­bond sur quatre an­nées le res­te­ra. D’où l’im­por­tance de ju­ger les ré­sul­tats sur la du­rée. Vi­sez le haut du pa­nier, même si vous comp­tez di­ver­si­fier votre épargne sur d’autres sup­ports.

3 Quels sont les frais pré­vus dans ce contrat?

Cette ques­tion ne sau­rait sup­por­ter une ré­ponse floue du type « nos frais sont dans la moyenne du mar­ché ». Non, ces charges doivent être énon­cées de ma­nière claire, ce qui vous per­met­tra de ju­ger du coût glo­bal de l’offre pour mieux la com­pa­rer. At­ten­tion, l’as­su­rance vie est une en­ve­loppe aux frais mul­tiples et pe­sants sur la du­rée. D’abord, ceux pris sur vos ver­se­ments, en moyenne de 3% (sur 100 eu­ros ver­sés, vou­sen­lais­sezd’em­blée3).Tou­te­fois,on­trou­ve­sur­le­mar­ché des con­trats sans frais d’en­trée quand d’autres af­fichent 4 ou 5%. En­suite, de­man­dez le taux des frais de ges­tion. Il s’agit de la ponc­tion an­nuelle ap­pli­quée sur votre ca­pi­tal. Que pra­tiquent les as­su­reurs ? En moyenne, 0,70% sur le fonds en eu­ros, et 0,85% sur les uni­tés de compte. Faibles a prio­ri, ces taux se ré­vèlent écra­sants sur la du­rée et viennent gri­gno­ter votre ca­pi­tal. A no­ter : d’autres frais s’ajoutent à ces deux strates mais uni­que­ment si vous uti­li­sez les ser­vices qui leur sont liés (ar­bi­trage, op­tions de ges­tion, ga­ran­ties, etc.).

Notre conseil : payer des frais est nor­mal, mais gare aux ex­cès.Les­fraisd’en­trée­sont­né­go­ciables,mais­si­vou­sob­te­nez un taux au ra­bais, vé­ri­fiez qu’il s’ap­pli­que­ra sur l’en­semble de vos­ver­se­ments,pas­seu­le­ment­le­pre­mier.Les­frais­de­ges­tion, non­né­go­ciables,doi­ven­tê­treé­va­lué­sa­vec­soin.Un­do­cu­ment, le DIC, obli­ga­toi­re­ment four­ni, in­dique les coûts to­taux pour un­mon­tant­ver­sé.Ins­truc­tif,mê­me­si­sa­lec­tu­reest­com­plexe.

4 Ce contrat est-il « in­di­vi­duel » ou « col­lec­tif »?

Ilest­pro­ba­ble­que­cet­te­de­man­dein­tri­gue­vo­tre­con­seiller. La ré­ponse se trouve au dé­but de la no­tice d’in­for­ma­tion ou des condi­tions gé­né­rales, dans la dé­no­mi­na­tion pré­cise du contrat. S’il s’agit d’un pro­duit « in­di­vi­duel », ce­la si­gni­fie que vous le sous­cri­vez di­rec­te­ment au­près de l’as­su­reur, même si c’est un in­ter­mé­diaire qui en réa­lise la vente. Exemple : cer­taines as­su­rances vie du Net sont com­mer­cia­li­sées par des cour­tiers tout en étant « in­di­vi­duelles ». Pour mo­di­fier le contrat de ma­nière sub­stan­tielle, par exemple le ni­veau des frais, l’as­su­reur est alors te­nu de vous faire si­gner un ave­nant. Dans le cas de con­trats dits « col­lec­tifs » ou « de groupe ou­vert », vous n’avez plus la qua­li­té de sous­crip­teur mais d’adhé­rent. C’est un tiers – la banque, une as­so­cia­tion d’as­su­rés (qui peut être lar­ge­ment contrô­lée par la banque ou la com­pa­gnie d’as­su­rances), etc. – qui a sous­crit le contrat au­près de l’as­su­reur. En si­gnant, vous adhé­rez seule­ment au « groupe » (ou à l’as­so­cia­tion). Dès lors, ce der­nier et l’as­su­reur sont libres de mo­di­fier le contrat sans votre ac­cord, sous ré­serve de vous en in­for­mer trois mois avant.

Notre conseil : le contrat in­di­vi­duel est à pri­vi­lé­gier car il est plus ras­su­rant, même si sa ges­tion, plus lourde pour les com­pa­gnies, em­pêche cer­taines évo­lu­tions ra­pides. Pour­tant, la ma­jo­ri­té des con­trats sont col­lec­tifs, ce qui est moins pro­tec­teur pour l’épar­gnant, à l’ex­cep­tion de ceux sous­crits par des as­so­cia­tions au­to­nomes comme l’Afer ou l’Asac. Dans tous les cas, c’est une in­for­ma­tion à connaître.

Vous au­rez da­van­tage de contrôle sur les évo­lu­tions d’un contrat in­di­vi­duel

As­su­rez-vous de l’adé­qua­tion des sup­ports fi­nan­ciers à votre pro­fil

5 Hor­mis le fonds en eu­ros, sur quels types de sup­ports pour­rai-je in­ves­tir ?

Cette fois, votre conseiller va être à son aise : vous lui par­lez en­fin de pla­cer votre argent sur les mar­chés fi­nan­ciers. Dans une as­su­rance vie dite mul­ti­sup­port (c’est le cas de la qua­si-to­ta­li­té des con­trats com­mer­cia­li­sés), on trouve, à cô­té du fonds en eu­ros, plu­sieurs so­lu­tions d’in­ves­tis­se­ment. Leur nom : les uni­tés de compte. Ces der­nières peuvent en­re­gis­trer des per­for­mances né­ga­tives (pas de ga­ran­tie en ca­pi­tal donc), mais en contre­par­tie, si les mar­chés sont fa­vo­rables, elles peuvent rap­por­ter beau­coup plus que le fonds en eu­ros, en par­ti­cu­lier pour les sup­ports ac­tions.

Se­lon les con­trats, le nombre d’uni­tés de compte dis­po­nible va­rie énor­mé­ment, d’une poi­gnée à plu­sieurs cen­taines. Mais l’es­sen­tiel n’est pas là, il vous faut avoir ac­cès à une pa­lette de fonds per­met­tant une vé­ri­table di­ver­si­fi­ca­tion (dif­fé­rents types d’ac­tifs, zones géo­gra­phiques, sec­teurs d’ac­ti­vi­té, etc.). Bon à sa­voir : les sé­lec­tions d’uni­tés de compte in­cluses dans les con­trats sont lar­ge­ment fonc­tion d’ac­cords ou de par­te­na­riats com­mer­ciaux entre as­su­reurs et so­cié­tés de ges­tion. Bref, vi­gi­lance sur la qua­li­té.

Notre conseil : la per­ti­nence de l’offre n’est pas seule­ment quan­ti­ta­tive. A quoi bon sous­crire un contrat dis­po­sant de plu­sieurs cen­taines de sup­ports si votre in­ten­tion est d’in­ves­tir sur le fonds en eu­ros et deux ou trois fonds en com­plé­ment ? Vi­sez un contrat à votre image. Une quin­zaine de sup­ports en plus du fonds en eu­ros fe­ront l’af­faire pour la ma­jo­ri­té des épar­gnants.

6 Ai-je ac­cès à plu­sieurs gé­rants pour mon épargne?

L’of­fre­de­sup­port­ses­tu­ne­chose (voir ques­tion pré­cé­dente), leur pi­lo­tage, une autre. Qui gère les vé­hi­cules fi­nan­ciers des con­trats ? Pour le ou les fonds en eu­ros, l’as­su­reur du pro­duit s’en charge. Pour les uni­tés de compte, c’est plus com­pli­qué. Dans la ma­jo­ri­té des offres des­ti­nées au grand pu­blic, il s’agi­ra d’une so­cié­té de ges­tion in­terne à la com­pa­gnie d’as­su­rances.

Certes, ces so­cié­tés pro­posent des gammes com­plètes de fonds,re­po­sant­sur­tou­tes­les­zo­nesd’in­ves­tis­se­men­tet­toutes les classes d’ac­tifs. Leurs com­pé­tences ne sont pas à re­mettre en cause, mais est-il sain de confier la to­ta­li­té de votre contrat aux­mainsd’un­seul­grou­pe­fi­nan­cier?Ilexis­teen­pa­ral­lè­ledes contrats­dits­mul­ti­ges­tion­naires,c’est-à-di­re­dans­les­quels­vous trou­ve­rez des sup­ports gé­rés par des so­cié­tés de ges­tion in­dé­pen­dantes de l’as­su­reur. Ce­la vous per­met d’ac­cé­der à des pro­duits conçus par des mai­sons spé­cia­li­sées dans leur do­maine. Il faut aus­si s’in­té­res­ser aux frais de ges­tion in­ternes des fonds (2% en moyenne sur les fonds ac­tions), qui vont alour­dir la fac­ture de votre as­su­rance vie.

Notre conseil : pour des épar­gnants aver­tis, plu­tôt au­to­nomes dans le pi­lo­tage de leur épargne, le choix d’un contrat mul­ti­ges­tion­naire est in­con­tour­nable. Pour les autres ? Il fau­dra re­gar­der de près les per­for­mances des fonds sur les der­nières an­nées – exi­gez-les – et les frais sup­por­tés au pas­sage.

7 Pour­rai-je pi­lo­ter mon contrat sur In­ter­net, par exemple y faire un re­trait ?

At­ten­tion, ter­rain mi­né. Avec cette ques­tion, vous vous in­té­res­sez au ser­vice après-vente (SAV) du contrat. Rares sont les éta­blis­se­ments à mettre ce su­jet en avant. La rai­son ? Beau­coup sont à la traîne. Pour sous­crire un pro­duit, pas de pro­blème : vous pour­rez le faire en ligne, même chez de nom­breux ban­cas­su­reurs, la si­gna­ture élec­tro­nique se ré­pan­dant à toute vi­tesse. Mais après ? Certes, en ré­gime de croi­sière, vos re­la­tions avec l’as­su­reur se­ront li­mi­tées. Ce­pen­dant, les ser­vices de back-of­fice des com­pa­gnies se­ront très im­por­tants pour cer­tains mo­ments clés : ar­bi­trage, re­trait par­tiel, etc.

Pour­rez-vous­pi­lo­ter­vo­tre­con­trat­de­puis­vo­treor­di­na­teur ou votre mo­bile ou fau­dra-t-il chaque fois pas­ser par votre conseiller?Quels­se­ront­les­dé­lais­de­trai­te­ment­pou­run­re­trait avant que les sommes ne soient vi­rées sur votre compte ban­caire ? Ce­la va de trois jours pour les plus ra­pides du mar­ché à un bon mois pour les es­car­gots. A éclair­cir.

Notre conseil : ne né­gli­gez sur­tout pas le SAV de votre pla­ce­ment. Etre au­to­nome grâce à une ges­tion en ligne est un plus évident, no­tam­ment pour des actes clés tels que le ra­chat ou l’ar­bi­trage. Si­non, il se­ra dé­ci­sif d’avoir pour in­ter­lo­cu­teur un cour­tier ou conseiller fi­nan­cier ré­ac­tif qui connaît bien les as­su­reurs pour dé­brouiller les com­pli­ca­tions. A dé­faut, vous vous sen­ti­rez bien seul…

8 Quel est l’as­su­reur de ce contrat? Est-il so­lide ?

Cer­tains di­ront que c’est l’in­ter­ro­ga­tion préa­lable à tout in­ves­tis­se­ment. Et pour cause, seul l’as­su­reur est ga­rant des fonds in­ves­tis dans une as­su­rance vie, en au­cun cas son dis­tri­bu­teur.Se­lonl’Au­to­ri­té­de­con­trô­le­pru­den­tie­let­de­ré­so­lu­tion (ACPR), les com­pa­gnies opé­rant en France se sont adap­tées à l’en­vi­ron­ne­ment de taux obli­ga­taires des der­nières an­nées et sont en bonne san­té. Il faut tou­te­fois res­ter pru­dent. Pour des sommes ron­de­lettes, la di­ver­si­fi­ca­tion reste votre meilleure pro­tec­tion. En cas de faillite d’une com­pa­gnie, la ga­ran­tie pu­bli­qued’in­dem­ni­sa­tio­nestde70000eu­ros­pa­ras­su­ré­tous con­trats confon­dus chez un as­su­reur dé­faillant. Pas­sé cette barre, pen­sez à ré­par­tir votre ca­pi­tal entre dif­fé­rents ac­teurs.

At­ten­tion, un même as­su­reur peut se ca­cher der­rière des dis­tri­bu­teurs aux iden­ti­tés dif­fé­rentes. Ain­si, BPCE Vie gère les con­trats des Banques Po­pu­laires comme ceux des Caisses d’Epargne. Ain­si, Ge­ne­ra­li pi­lote les as­su­rances vie de Bour­so­ra­ma Banque comme d’ING Di­rect. En réa­li­té, vous avez le choix entre une grosse cin­quan­taine de com­pa­gnies, aux­quel­less’ajou­tent­des­so­cié­té­sé­tran­gères(pa­rexem­ple­luxem­bour­geoises) opé­rant sur le ter­ri­toire na­tio­nal.

Notre conseil : vé­ri­fiez tou­jours l’iden­ti­té de l’as­su­reur men­tion­né au contrat. C’est avec lui que vous trai­te­rez si le

dis­tri­bu­teur plie bou­tique ou cesse la com­mer­cia­li­sa­tion du pro­duit. La ma­nière dont une com­pa­gnie traite ses clients sur la­du­réees­tu­nin­di­ca­teur­cru­cial­de­la­con­fian­ceà­luiac­cor­der (voir ques­tion 1).

9 En com­bien de temps se­ra ef­fec­tué un ar­bi­trage et à quel prix?

Tous les con­trats mul­ti­sup­ports per­mettent de mo­di­fier la ré­par­ti­tion de votre épargne entre les dif­fé­rents sup­ports sur les­quels vous avez in­ves­ti. En pra­tique, il fau­dra réa­li­ser un acte d’ar­bi­trage. Com­bien de jours pren­dra l’as­su­reur pour va­li­der votre de­mande ? C’est le pre­mier point à cla­ri­fier avec votre conseiller. Les plus ra­pides ga­ran­tissent un en­re­gis­tre­ment dès le len­de­main si l’ordre est pas­sé avant une cer­taine heure. C’est pos­sible quand l’ar­bi­trage peut être ef­fec­tué di­rec­te­ment de­puis votre es­pace per­son­nel en ligne. Dans la ma­jo­ri­té des cas, les dé­lais se­ront plus longs, une à deux se­maines, le temps que l’in­for­ma­tion re­monte la chaîne de ges­tion de la com­pa­gnie.

Po­sez aus­si la ques­tion du coût. Un ar­bi­trage est, en moyenne, fac­tu­ré 0,50% du mon­tant ar­bi­tré (vous ar­bi­trez 2 000 eu­ros, on vous re­tien­dra 10 eu­ros), avec par­fois des mon­tants plan­chers (par exemple, 20 eu­ros) ou pla­fonds (par exemple, 75 eu­ros). Un cer­tain nombre de con­trats contiennent tou­te­fois un ou plu­sieurs ar­bi­trages gra­tuits par an­née ci­vile.

Notre conseil : tout bon contrat pro­pose a mi­ni­ma un ar­bi­trage an­nuel sans frais. Soyez vi­gi­lant sur les dé­lais, vi­sez une offre qui traite vos ordres en deux à quatre jours pour évi­ter­de­su­bird’im­por­tan­tes­va­ria­tions­de­cours­sur­les­fonds. A dé­faut, vous n’êtes pas à l’abri d’une mau­vaise sur­prise.

Dans as­su­rance vie, il y a le mot… as­su­rance. Pour évi­ter que cette en­ve­loppe ne soit as­si­mi­lée à un pur pla­ce­ment fi­nan­cier (ce qui avait va­lu aux as­su­reurs des dé­boires ju­ri­diques dans les an­nées 2000), les com­pa­gnies gar­nissent leurs pro­duits de di­verses ga­ran­ties de pré­voyance. Des as­su­rances en somme.

La plus ré­pan­due, que ne man­que­ra pas d’évo­quer votre in­ter­lo­cu­teur pour vous in­ci­ter à in­ves­tir sur les uni­tés de compte, s’ap­pelle la ga­ran­tie plan­cher. De quoi s’agit-il ? Si vous dé­cé­diez alors que votre contrat est en moins-va­lue, l’as­su­reur ver­se­rait au mi­ni­mum le ca­pi­tal in­ves­ti, net de frais, au(x) bé­né­fi­ciaire(s). Dans la réa­li­té, cette ga­ran­tie sup­porte des pla­fonds et, sur­tout, s’éteint pas­sé un cer­tain âge. C’est donc une pro­tec­tion mi­ni­ma­liste, dont le coût est as­sez lourd. Ce der­nier peut être in­clus dans les frais de ges­tion ou fac­tu­ré en sus (0,1 à 0,2 point de plus), ou bien en­core payé uni­que­ment si votre ca­pi­tal est en moins-va­lue (ta­rif en fonc­tion de l’âge no­tam­ment). Com­plexe, donc.

Notre conseil : évi­tez les ga­ran­ties op­tion­nelles, coû­teuses et sans grande uti­li­té. Gare au mar­ke­ting sé­dui­sant, du type « le ca­pi­tal se­ra ma­jo­ré en cas de dé­cès ac­ci­den­tel ». Mieux vaut s’as­su­rer en pa­ral­lèle avec un contrat de pré­voyance in­dé­pen­dant. Si l’as­su­rance vie contient d’of­fice une ga­ran­tie plan­cher, son coût ne doit pas por­ter les frais de ges­tion au-de­là de 0,85% par an.

10 Quels sont l’in­té­rêt et le prix de cette as­su­rance plan­cher que vous me van­tez?

Un bon contrat doit of­frir au mi­ni­mum un ar­bi­trage gra­tuit par an

+ La ques­tion bo­nus. Pour­quoi sous­crire votre contrat plu­tôt que ce­lui de l’Afer?

Com­mer­cia­li­sé de­puis 1996, le contrat mul­ti­sup­port de l’Afer est LA ré­fé­rence du mar­ché, adop­tée par plus de 600 000 épar­gnants et pe­sant 38 mil­liards d’eu­ros. Sa qua­li­té est re­con­nue sur la du­rée (cin­quième lors du der­nier Grand prix de Mieux Vivre Votre Argent).

Quelques élé­ments pour le si­tuer : son fonds en eu­ros a rap­por­té 11,79% sur les quatre der­nières an­nées. Les frais sur ver­se­ments sont à 2% sur les fonds en eu­ros, 1% sur les uni­tés de compte. Les frais de ges­tion sont très bas, à 0,48%. Le contrat dis­pose aus­si d’un ar­bi­trage gra­tuit par an, si­non le coût est de 0,20% (pla­fon­né à 50 eu­ros). L’offre fi­nan­cière com­prend une quin­zaine de fonds, mais tous gé­rés par Avi­va In­ves­tors, fi­liale de l’as­su­reur du contrat, un as­pect li­mi­ta­tif. Quant aux ser­vices en ligne, ils sont as­sez in­égaux avec des de­mandes d’ar­bi­trage ou de re­trait en ligne loin d’être sys­té­ma­ti­que­ment pos­sibles.

Notre conseil : votre conseiller connaît for­cé­ment ce contrat. Il va donc de­voir ar­gu­men­ter de ma­nière très fac­tuelle pour dé­mon­trer que son offre est meilleure. Pas ga­gné !

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