Des mo­tifs lé­gi­ti­mant le li­cen­cie­ment d’un em­ployé à do­mi­cile

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De­puis main­te­nant plus d’un an nous ne sommes pas sa­tis­faits du tra­vail de notre em­ployée de mai­son. Nous vou­drions nous en sé­pa­rer mais il pa­raît que c’est as­sez dif­fi­cile car il faut in­vo­quer un mo­tif suf­fi­sam­ment cré­dible pour évi­ter des pour­suites pour li­cen­cie­ment in­jus­ti­fié. Pou­vez-vous nous en dire plus?

Guillaume P., 64210 Gué­tha­ry

■ Comme pour tout li­cen­cie­ment, il faut un mo­tif lé­gi­time et sé­rieux.

Il est ré­gi par la conven­tion col­lec­tive des sa­la­riés du par­ti­cu­lier em­ployeur. Vous pou­vez in­vo­quer des mo­tifs liés au sa­la­rié dans le cour­rier la convo­quant à un en­tre­tien préa­lable. Ce peut être l’in­suf­fi­sance pro­fes­sion­nelle ou des ar­rêts ma­la­die per­tur­bant de fa­çon im­por­tante votre vie fa­mi­liale. Sont ain­si consi­dé­rés comme lé­gi­times les li­cen­cie­ments pour aban­don de poste, ab­sences et re­tards in­jus­ti­fiés, com­por­te­ment agres­sif, vols. Se­lon la gra­vi­té des faits, le sa­la­rié au­ra ou non droit à un préa­vis et à une in­dem­ni­té de li­cen­cie­ment. Par exemple, a pu être li­cen­ciée pour faute grave, donc sans préa­vis et in­dem­ni­tés, une nour­rice qui re­fu­sait d’in­di­quer le lieu de la pro­me­nade et les cir­cons­tances de l’ac­ci­dent de l’en­fant dont elle avait la garde (cour d’ap­pel de Douai, 27 fé­vrier 2004, no 98-9138). Vous pou­vez aus­si fon­der votre li­cen­cie­ment sur des rai­sons liées à votre si­tua­tion. Au­cune contes­ta­tion ne se­ra pos­sible en cas de: chan­ge­ment dans votre si­tua­tion fa­mi­liale (dé­cès, di­vorce, sé­pa­ra­tion) ou pro­fes­sion­nelle (chô­mage, di­mi­nu­tion im­por­tante des re­ve­nus); dé­mé­na­ge­ment; mo­di­fi­ca­tion de votre or­ga­ni­sa­tion do­mes­tique. Ain­si, la sup­pres­sion de l’em­ploi de femme de mé­nage pour re­cru­ter une garde d’en­fant fai­sant ac­ces­soi­re­ment le mé­nage est pos­sible (cour d‘ap­pel de Gre­noble, 19 fé­vrier 2001, no 98-2671). En re­vanche, le rem­pla­ce­ment d’une femme de mé­nage par une jeune fille au pair pour de simples conve­nances per­son­nelles est fau­tif (cour d‘ap­pel de Gre­noble, 16 fé­vrier 2005, no 03-1710). Lorsque vous in­vo­quez des mo­tifs per­son­nels ou fi­nan­ciers, vous de­vez pro­duire des élé­ments vé­ri­fiables les étayant. En leur ab­sence, le li­cen­cie­ment se­ra sans cause réelle et sé­rieuse.

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