NOÉ DU­CHAU­FOUR-LA­WRANCE De­si­gner

Ha­bi­té par l’hé­ri­tage de l’Art nou­veau, le de­si­gner Noé Du­chau­fourLa­wrance est, de­puis tou­jours, gui­dé par la na­ture. Ses créa­tions prennent des formes or­ga­niques et sen­suelles, et mettent en éveil les sens de leurs uti­li­sa­teurs. Ne se fixant au­cune bar­ri

Milk Decoration - - Inspiration | Itw 3.0 - — noe­du­chau­four­la­wrance.com

Se­lon vous, qu’est-ce que la mo­der­ni­té dans le do­maine de la créa­tion ?

La mo­der­ni­té, c’est le re­nou­vel­le­ment avec l’ac­qui­si­tion de la connais­sance. Certes, pour un de­si­gner, il faut tâ­cher de ne pas se ré­pé­ter mais sans non plus cher­cher la nou­veau­té à tout prix. Je trouve dom­mage la quête per­ma­nente de nou­veau­té, le fait de vou­loir sur­prendre pour sur­prendre. Se­lon moi, il faut plu­tôt se dis­tin­guer par rap­port à ce que l’on a dé­jà fait. Les choses que l’on a ac­quises, les ra­cines de nos gestes vont ve­nir se gref­fer à de nou­veaux élé­ments : la dé­cou­verte d’un ar­tiste, la vi­sion d’un beau pay­sage ou la ren­contre d’une per­sonne ins­pi­rante… C’est ce qui va faire évo­luer notre tra­vail. D’au­tant plus que la nou­veau­té peut vite de­ve­nir ob­so­lète. Je di­rais que la mo­der­ni­té n’est pas une his­toire de mode, c’est du per­fec­tion­ne­ment, de l’en­ri­chis­se­ment et une quête de bon sens dans son es­pace temps.

Vous dé­fi­nis­sez-vous comme un de­si­gner mo­derne ?

Si, par mo­derne, on en­tend ce­lui qui cherche à s’amé­lio­rer à chaque étape, alors oui, pour­quoi pas. Si c’est plu­tôt ce­lui qui cherche à ame­ner de la nou­veau­té pour se dis­tin­guer, se dif­fé­ren­cier à chaque sai­son, alors ça ne m’in­té­resse pas. Di­sons que je peux l’être, à par­tir du mo­ment où je cherche le re­nou­vel­le­ment dans la conti­nui­té.

Vos créa­tions évo­luent-elles au rythme des avan­cées tech­niques et tech­no­lo­giques ?

Toutes les avan­cées tech­no­lo­giques m’in­té­ressent. Mais je ne les uti­lise que si elles ont du sens dans un pro- jet ou un in­té­rêt dans un contexte don­né. Par exemple, l’im­pres­sion 3D me fas­cine car il y a une mul­ti­tude de pos­si­bi­li­tés et je vais l’uti­li­ser comme un ou­til pour mes ma­quettes. La ma­chine doit être au ser­vice de l’homme, pour lui fa­ci­li­ter certaines tâches. De plus, il y a in­té­rêt s’il y a pé­ren­ni­té, on ne doit pas l’uti­li­ser juste pour dire : “Tu as vu, cet objet est gé­nial parce que je l’ai fait en im­pres­sion 3D…”

En re­vanche, tra­vailler sur l’ar­ti­sa­nat nu­mé­rique comme le fait Un­fold, par exemple – qui crée des ob­jets en cé­ra­mique au moyen d’une im­pri­mante 3D –, ça c’est gé­nial. Ils réus­sissent à mixer les sa­voir-faire et les ou­tils tech­no­lo­giques pour pro­po­ser une hy­bri­da­tion.

Si vous de­viez in­ven­ter un ou­til du fu­tur, ce se­rait quoi ?

L’ou­til, je ne sais pas ; j’ai­me­rais plu­tôt in­ven­ter un objet qui se ré­gé­nère par lui-même pour contrer la désué­tude. De la même ma­nière que la pa­tine d’un cuir se fait au fur et à me­sure du temps qui passe, il fau­drait pou­voir contrô­ler le vieillis­se­ment des choses et faire en sorte qu’elles puissent être ré­pa­rables in­tel­li­gem­ment, voire même se ré­pa­rer elles-mêmes.

J’ai­me­rais tra­vailler sur un objet qui in­tè­gre­rait de la tech­no­lo­gie, de la tech­nique, tout en ayant cette di­men­sion de non- ob­so­les­cence pour jus­te­ment faire en sorte que la tech­no­lo­gie ne tue pas l’objet. C’est ça qui est in­té­res­sant : que la tech­no­lo­gie em­bar­quée dans l’objet le serve pour pro­lon­ger sa du­rée de vie.

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