La ga­le­rie s’ex­porte en cam­pagne.

— À quelques tours de roue de la fron­tière fran­co-es­pa­gnole, l’Em­pordà, pro­vince de Gé­rone, est au­jourd’hui la vil­lé­gia­ture fa­vo­rite des es­thètes bar­ce­lo­nais. Un front de mer et sur­tout une cam­pagne agri­cole où s’égrènent une mul­ti­tude de vil­lages mé­dié­va

Milk Decoration - - Evasion | Arty -

En dix ans, Pa­lau de Ca­sa­vells est de­ve­nu le ren­dez-vous vous in­con­tour­nable des amou­reux d’art contem­po­rain et de mo­bi­lier rus­tique d’au­tre­fois… Dans les an­ciens ate­liers du peintre Ma­no­lo Bal­les­te­ros, Mi­quel Al­zue­ta a trou­vé dans ces es­paces mo­nu­men­taux voû­tés em­preints de poé­sie et de charme, un lieu idéal pour faire abou­tir son se­cond pro­jet de ga­le­rie. Pour cet amou­reux de Jean Prou­vé, Le Cor­bu­sier et Charlotte Per­riand, qu’il ex­pose gé­né­reu­se­ment dans son adresse bar­ce­lo­naise, Pa­lau de Ca­sa­vells illustre à la per­fec­tion l’os­mose qu’il se plaît à dé­fendre, entre art contem­po­rain, mo­bi­lier an­cien et de­si­gn mo­derne.

Un banc en bois cen­te­naire, une ar­moire de ferme, une ré­édi­tion de fau­teuils si­gnés An­to­ni Gaudí, jouent avec les grandes toiles d’ar­tistes re­con­nus comme Ma­no­lo Bal­les­te­ros ou Ma­no­lo Sier­ra, ou en passe de l’être, comme Guim Tió. “Je ne suis pas Axel Ver­voordt, que je consi­dère comme mon maître, mais j’aime pré­sen­ter à Pa­lau de Ca­sa­vells des pièces simples de la vie quo­ti­dienne trou­vées en Suède, en Bel­gique ou en Ca­ta­logne, même si c’est de plus en plus dif­fi­cile. Je com­mence à m’in­té­res­ser aux États-Unis, à l’Arts & Crafts des an­nées 1920-1930, et bien sûr au mo­bi­lier Sha­ker, qui dans son grand dé­pouille­ment, est à l’image de ma phi­lo­so­phie de l’es­sen­tiel.”

Parce qu’ici, on est à la cam­pagne et qu’on doit y res­ter, c’est cet es­prit que Thaïs Bo­ti­nas, la di­rec­trice de la ga­le­rie, s’em­ploie à in­suf­fler dans ses scé­no­gra­phies, à la re­cherche d’un équi­libre aus­si bien es­thé­tique que créa­tif. Il n’est pas vrai­ment ques­tion d’art concep­tuel ou de happening éphé­mère, mais plu­tôt de mettre en avant une créa­ti­vi­té à fort po­ten­tiel d’ave­nir. Ain­si, chaque an­née, un fleu­riste de La Bis­bal, com­mune voi­sine, participe à la mise en place des ex­po­si­tions – comme un arbre bleu qui signe cette sai­son – l’idée de Mi­quel étant d’in­té­grer la na­ture à son en­vi­ron­ne­ment ar­tis­tique.

L’an­née pro­chaine, Pa­lau de Ca­sa­vells ac­cueille­ra l’ex­po­si­tion “Pi­cas­so”, dont la scé­no­gra­phie se­ra aus­si in­at­ten­due qu’ori­gi­nale. Nul doute que la qua­li­té se­ra de mise tant la quête d’es­sen­tiel de Mi­quel Al­zue­ta vise à pri­vi­lé­gier l’unique dans l’ex­cel­lence, et rien d’autre… — Galeria Mi­quel Al­zue­ta, Car­rer San­ta Llú­cia 1, Ca­sa­vells 17121, Es­pagne, galeriamiquelalzueta.es De­puis le 29 oc­tobre 2016, ex­po­si­tion “Co­co Dávez”

TEXTE : DO­MI­NIQUE HOMS-VAIL­HÉ – PHOTOS : KA­REL BA­LAS

La bâ­tisse est un an­cien pa­lais mé­dié­val, un vé­ri­table écrin pour les oeuvres d’art.

← Thaïs Bo­ti­nas as­sise à l’ombre de l’arbre bleu de Jor­di Vi­là. Sculp­ture mo­bile de Pa­ra­doxe.

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