Les amou­reux d’ ibi­za Nord

— C’est à l’ex­trê me nord d’ibi­za, la ré­gion la plus sau­vage et re­cu­lée de l’île, lieu de pré­di­lec­tion des hip­pies dans les an­nées 1970, que Ro­ze­ma­ri­jn de Witte et Pierre Tra­ver­sier ont ou­vert l’hô­tel Los Ena­mo­ra­dos. Un lieu in­car­né, éton­nant, àl’i mage d

Milk Decoration - - Sommaire - TEXTE: MARIE FAR MAN–PHO­TOS: K ARE L BAL AS

Roze ma­ri­jn et Pierre, couple de chi­neurs in­vé­té­rés.

Il y a en­vi­ron une di­zaine d’an­nées, Roze ma­ri­jn et Pier­re­tombent sousle char me du nord d’ibi­za oùils ont u n coup de c oeur pour une fin­ca tra­di­tion­nelle. Ce coin de pa­ra­dis de­vien­dra­la terre d’adop­tion de ce Pa­ri­sien, an­cien spor­tif re­con­ver­ti dans l’im­mo­bi­lier, et de safe m me hol­lan­daise, pa­tron ne de presse. Le nord del’île réf ute­tous les cli­chés etles a prio­ri quel’on peut avoir­su­ri­bi­za. Les­cha mps d’a man­diers bor­dés de mu­rets en pierres sèches,les pe­tits che mins de­terre,les pa­no­ra mas dé­ser­tiques,les criques sau­va­gesre m - pla­centles plages pri­vées bon­dées etles pu­bli­ci­tés de boîtes de nuit ; on croise da ns cette par­tie de l’île da­va ntage d’ad­dicts au yo­ga et àla mé­di­ta­tion que de club­bers. La­sé­ré­ni­té et­la puis­sance de­la­lu mière confèrent au nord del’île une au­rain­co mpa­rable. “Nous avon­sé­té sé­duits par­la dou­ceur, l’ac­cueil de­si­bi­cen­cos et­la po­pu­la­tion hé­té­ro­clite vi­vant ài­bi­za”, ex plique Pierre. Il ne ma nquait plus au couple qu’u n beau pro­jet. Ai mant re­ce­voir et prendre soin de­leurs hôtes, ils dé­cident d’ou­vrir u n hô­tel bap­ti­sé Los Ena mo­ra­nos(les a mou­reux) sans ex­pé­rience ni bu­si­ness plan bien fi­ce­lé, mais por­tés par leur in­tui­tion etle dé­sir de créer un­lieu unique, àleu­ri mage.

Qua nd on ar­rive à Por­ti­natx, u n an­cien vil­lage de pê­cheurs trans­for­mé dansles an­nées 1970 en pe­tite sta­tion bal­néaire po­pu­laire, rien ne­laisse pré - sa­ger l’exis­tence d’un hô­tel co m me ce­lui de Roze ma­ri­jn et Pierre. Le­tande m a pour­tan­ti m mé­diate ment vule po­ten­tiel de cette pen­sion de­fa mille àl’aban­don avec v ue plon­gea nte sur­la mer etles ro­chers. “On a ma­quillé l’ori­gine et in­jec­té un peu de bo­tox en quelque sorte”, iro­nise

Pierre. En réa­li­té, le couple a in­jec­té une bonne dose de sa fan­tai­sie et de sa créa­ti­vi­té pour trans­for­mer le lieu en pe­tit hô­tel de neuf chambres, im­pré­gné de­leurs deux per­son­na­li­tés. Le dé­cor est un mé­lange dé­com­plexé de di­verses in­luences: un mix and match d’ar­ti­sa­nat, de­ré­tro, de­folk­lore, de­touches pop, kitch ou rock et de cou­leurs se­ven­ties re­vi­si­tées; un bric-à-brac étu­dié, brilla m ment or­ches­tré par­le­si­ni­tiés. “On trou­vei­ci un mel­ting-pot d’ob­jets col­lec­tion­nés, un as­sem­blage osé de cou­leurs et de nos ma­té­riaux de pré­di­lec­tion comme le ro­tin, le fer oxy­dé, le car­re­lage”, ex­plique Pierre. “Nous ar­pen­tons les vide-gre­niers, les bro - cantes et les puces de Los An­geles, To­kyo ou Pa­ris,sans avoir peur de­sor­tir des­sen­tiers bat­tus ni de l’avant-gar­dis me”, pour­suit-il. Leurs trou­vailles sont pré­sen­tées dans­la bou­tique, sorte de ca­verne d’ Ali ba­ba où l’on entre à condi­tion d’être pieds nus, mais aus­si dansl’hô­tel,les cha mbres et le­res­tau­rant. L’idéei­ci est de vivre avec les meubles etles ob­jets­lete mps de­son sé­jour et de­re­par­tir avec, si on ne peut pluss’en pas­ser. Roze ma­ri­j­net Pierre ont réus­si,sans dou­teins­pi­rés parles bonnes ondes du nord d’ibi­za,le pa­ri de créer dans ce ca­drei­dyl­lique un­lieu­joyeux, sing ulier et bien­veillant. “Roze ma­ri­jn al’ oeil­très aver­ti,tout ce qu’el­le­tou­chese trans­for mee­nor. Nous­so m mes nésle mê me jour,il y a une vraie al­chi mie entre nous, on­se­co mpren­den un­re­gard”, nous­co­nie Pierre. Un hô­tel n’aja mais aus­si bien por­té­son no m.

Vue du pe­tit port de Por­ti­natx. Sur la­ter­rasse sont dis­po­sés des co­quillages vin­tage trou­vés aux puces de Saint- Ouen.

← Mise en scène dans une des cha mbres del’hô­tel. Sous­la ta­pis­se­rie, un­fau­teuil chi­né à L’isle-sur-la- Sorgue. Au sol, un ta­pis ma­ro­cain.

Cé­ra miques, ← faïences, ver­re­ries, la vais­selle du res­tau­rant a été chi­née au cours des dif­fé­rents voyages de Roze ma­ri­jn et Pierre.

→ La­jo­lie pe­tite cour ar­bo­rée de l’hô­tel.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.