Mas pro­ven­çal

À l’abri der­rière des bos­quets taillés et des arbres fruitiers de­ve­nus om­brelles, se dé­voile une an­cienne ferme de 250 mètres car­rés en­tiè­re­ment re­pen­sée pour de­ve­nir le lieu de vil­lé­gia­ture rê­vé d’un couple et de ses trois en­fants. Un es­pace de quié­tude

Milk Decoration - - SOMMAIRE. - TEXTE : MA­RINE POUDAT - PHO­TOS : ANDERS HVIID

Une an­cienne ferme de­ve­nue mai­son de va­cances fa­mi­liale à Saint-Ré­myde-Pro­vence.

Cer­clé de ver­dure buis­son­nante, le mas de Ré­gis, Mo­nique et leurs trois en­fants s’ouvre lar­ge­ment sur l’ex­té­rieur avec ses fe­nêtres d’ate­lier lon­gi­lignes et ses portes vi­trées. At­ti­rée par le soleil clé­ment et la vé­gé­ta­tion four­nie du pays pro­ven­çal, cette fa­mille stras­bour­geoise a choi­si Saint-Ré­my-de-Pro­vence pour éta­blir sa mai­son de va­cances. Cet écrin ver­doyant de deux hec­tares, par­se­mé de fi­guiers et d’oli­viers, sait ap­pré­cier la lu­mi­no­si­té des 300 jours de soleil par an. Mais il en connaît aus­si les écueils et offre une ter­rasse om­bra­gée et une grande pis­cine pour pa­rer aux en­vo­lées de cha­leur et de tem­pé­ra­ture. L’idéal pour pas­ser trois mois de pa­resse par an, loin des agen­das dé­bor­dés de leur vie à Stras­bourg. “Nous rem­plis­sons nos jour­nées de vi­rées à vé­lo jus­qu’au mar­ché lo­cal ou de vi­sites des villes alen­tour, comme Arles ou Aix-en-Pro­vence. Par­fois, même, nous fai­sons dé­mar­rer la Mé­ha­ri vin­tage et pre­nons la route pour la mer, vers les ca­lanques bien cachées de Mar­seille”, ra­conte Mo­nique.

Dans cette mai­son de ferme de la fin du XVIIIe siècle, les es­paces sont bai- gnés de lu­mière pro­ven­çale ; celle-ci entre pour s’étendre né­gli­gem­ment sur les sols de bé­ton lisse. Bien qu’elle ait été ré­no­vée par les ar­chi­tectes de V8­de­si­gners, de Frög Ar­chi­tec­ture, en col­la­bo­ra­tion avec Cé­dric Dar­tois, la mai­son n’a pas re­nié ses ori­gines et conserve les traces de son pas­sé fer­mier. Là, une poutre lais­sée brute tra­verse le haut pla­fond. Ici, les vieilles pierres de la fa­çade s’af­fichent avec fier­té.

À l’in­té­rieur, ce sont les pas­sions de cha­cun qui parlent dans l’aménagement du lieu : la pho­to­gra­phie pour Ré­gis, qui ex­pose ses propres Po­la­roid, et l’art contem­po­rain pour Mo­nique, as­si­due d’ex­po­si­tions. Mo­bi­lier et ob­jets de dé­co­ra­tion ont été choi­sis avec soin, pour leur sin­gu­la­ri­té et leur pré­sence, com­po­sant un dé­cor évident, mé­lange de pièces vin­tage, de sou­ve­nirs de voyages, de clas­siques scan­di­naves, de cé­ra­miques lo­cales et de créa­tions contem­po­raines. Ain­si, du Hans Wa­gner cô­toie du Jean Prou­vé et du Arne Ja­cob­sen, aux cô­tés de pièces si­gnées Jas­per Mor­ri­son, Mul­ler Van Se­ve­ren ou en­core Pa­tri­cia Ur­quio­la. Une lan­terne rap­por­tée d’Inde, une li­tho­gra­phie de Pierre Sou­lages, des cous­sins Ca­ra­vane… fa­çonnent une mai­son d’été fa­cile à vivre. Sur la table de la salle à man­ger trône un vase éton­nant qui rap­pelle la sub­ti­li­té des fonds ma­rins ; il a été trou­vé chez Jeanne Bayol, dé­co­ra­trice lo­cale dont la ra­vis­sante bou­tique est un pas­sage obli­gé si vous êtes dans le coin. Les ma­tières, tout comme les cou­leurs choi­sies, se veulent au­then­tiques et mi­ni­males. Mé­tal et bois se donnent la ré­plique jusque dans la grande cui­sine, où les meubles fonc­tion­nels du spé­cia­liste da­nois Vipp, en acier noir, tranchent avec une cré­dence gra­phique im­ma­cu­lée. Seuls le mo­bi­lier et la dé­co­ra­tion ap­portent une touche de cou­leur à la pa­lette sobre de cet in­té­rieur du Sud. Mai­son se­con­daire où les ob­jets sont po­sés et non mis en scène, comme un havre de spon­ta­néi­té et de non­cha­lance.

Bien que ré­no­vée par des ar­chi­tectes, la mai­son n’a pas re­nié ses ori­gines et conserve les traces de son pas­sé fer­mier.

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