Mr Blue Sky

Milk Decoration - - SOMMAIRE. - TEXTE : MA­RINE POUDAT

Es­cale en Ca­li­for­nie à la ren­contre de Ra­chel Eh­linS­mith, qui réa­lise des tis­sages de fleurs sé­chées.

— De­puis la Ca­li­for­nie, Ra­chel Eh­lin-Smith in­suffle dans ses créa­tions tis­sées le calme pous­sié­reux du dé­sert en­vi­ron­nant. Elle mêle et dé­mêle les fils et les fleurs. Ar­ti­sane hy­per­ac­tive, elle éla­bore aus­si des tein­tures sin­gu­lières avec, pour seuls in­gré­dients, la na­ture et le temps. — Comment a dé­bu­té l’aven­ture Mr Blue Skye ?

J’ai créé Mr Blue Skye en 2013. J’avais une cape en soie que j’avais teinte à la main, et, dès que je la por­tais, on me de­man­dait d’où elle ve­nait. J’ai donc com­men­cé à en faire d’autres. Mr Blue Skye est la contrac­tion du pré­nom de mon fils, Skye, et du titre d’une de mes chan­sons fa­vo­rites. C’était par­ti d’une blague mais, fi­na­le­ment, c’est le nom idéal. Cette chan­son, très joyeuse, re­flète bien l’es­prit de mes pièces.

L’ar­ti­sa­nat, c’est une pas­sion de tou­jours ?

J’ai tou­jours été créa­tive. Dé­jà, pe­tite, je pen­sais de­ve­nir des­si­na­trice ou car­to­graphe, le voyage et les cartes m’ob­sé­daient vé­ri­ta­ble­ment. Le tis­sage est ar­ri­vé à moi par ha­sard. Ma soeur m’avait pro­po­sé un cours chez Sao­ri à New York pour me dé­tendre. En tou­chant le mé­tier à tis­ser, je me suis sen­tie connec­tée à cet ob­jet. C’était ma vo­ca­tion. Après ce cours, je me suis ins­crite au centre ar­ti­sa­nal à l’uni­ver­si­té de Ca­li­for­nie à San Die­go. J’y ai ap­pris les tech­niques de base du tis­sage et le ma­nie­ment du mé­tier à tis­ser. J’avais dé­jà com­men­cé la tein­ture des an­nées au­pa­ra­vant, c’était donc na­tu­rel pour moi de com­bi­ner les deux pro­cé­dés.

D’où vous vient cette tech­nique de tis­sage flo­ral unique ?

Par­tout où je passe, je col­lec­tionne plantes et fleurs par di­zaines. Il y a quelques mois, j’avais un énorme tas de branches de sé­same sé­ché qui pre­nait beau­coup de place dans mon stu­dio. J’ai com­men­cé à les in­cor­po­rer dans mon tis­sage et le ré­sul­tat m’a plu. Alors, j’ai conti­nué avec des épis de blé, de la bour­rache… J’aime les mé­langes sur­pre­nants. Mes tis­sages flo­raux sont faits de soie sau­vage, de fleurs et de crin de che­val, ce­la donne un co­lo­ris vrai­ment na­tu­rel et apai­sant.

Ou créez-vous ?

J’ai un stu­dio à Lit­tle Ita­ly, à San Die­go. Il est ac­co­lé à un pe­tit pa­tio où je fais toutes mes tein­tures. Il y a une pe­tite cui­sine qui me sert de sto­ckage et où je fais mes me­sures et mes mé­langes. La plu­part de mes idées viennent quand je laisse mon es­prit va­ga­bon­der… J’aime me le­ver tôt et tis­ser un peu avant le ré­veil de mon fils, c’est ma mé­di­ta­tion ma­ti­nale. Je m’ins­pire énor­mé­ment du dé­sert. Le pay­sage y est tout en de­mi-tons et, chaque soir, le cou­cher de soleil rose et bleu prend des airs de barbe à pa­pa. Je viens juste d’ache­ter un ter­rain à Won­der Val­ley, où je pré­vois de construire un pe­tit stu­dio. Il n’y a rien d’autre que la terre, le ciel et le calme au­tour. Chaque fois que j’y vais, j’ai en­vie de po­ser mon mé­tier à tis­ser sur cette énorme par­celle et d’ac­cro­cher le cou­cher de soleil à mon tis­sage.

“J’aime me le­ver tôt et tis­ser un peu avant le ré­veil de mon fils, c’est ma mé­di­ta­tion ma­ti­nale.”

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