On a prou­vé l’ac­tion di­recte des PEE dans le dé­ve­lop­pe­ment de ma­la­dies et de mal­for­ma­tions.

Milk Magazine - - Santé -

Dr Oli­vier Cha­mond. Si l’on évoque un fort lien de cau­sa­li­té, on ne par­vient pas à ce jour à prou­ver une ac­tion di­recte sur l’homme. Pour­quoi ? Parce que toutes les études per­ti­nentes que l’on peut faire sont des études ob­ser­va­tion­nelles : on suit une co­horte de la po­pu­la­tion dans son mode de vie et de consom­ma­tion. Puis, on re­garde s’il y a une ap­pa­ri­tion de pa­tho­lo­gies ou non. Toutes les études que l’on fait dans des la­bo­ra­toires ou dans des tubes à es­sais, c’est bien mais, ce n’est pas la réa­li­té. Dans la vraie vie, il y a ce que l’on res­pire, ce que l’on mange, mais il y a aus­si notre sus­cep­ti­bi­li­té per­son­nelle, in­di­vi­duelle et gé­né­tique. D’où la com­plexi­té de prou­ver l’ac­tion di­recte d’une sub­stance. Néan­moins, nous avons tout de même réus­si à in­ter­dire le bis­phé­nol A dans les bi­be­rons. On parle ici d’un lien cau­sal qui est suf­fi­sam­ment fort pour dire que le bis- phé­nol A et ses dé­ri­vés peuvent avoir une ac­tion né­faste sur les bé­bés. De là à re­ti­rer tous les pro­duits du mar­ché qui contiennent des sol­vants, des lu­bri­fiants et des pes­ti­cides, ce­la re­lè­ve­rait d’une mis­sion im­pos­sible.

Dr Va­lé­rie Fous­sier. On sait qu’il existe de fortes pré­somp­tions quant à l’im­pact des PEE sur les ma­la­dies mé­ta­bo­liques, les troubles de la re­pro­duc­tion, la pu­ber­té pré­coce, les mal­for­ma­tions gé­ni­tales et les can­cers hor­mo­no- dé­pen­dants. Reste à éva­luer leurs rôles pré­cis pour pro­té­ger les po­pu­la­tions fra­giles (femmes en­ceintes et en­fants). Or, cette éva­lua­tion des risques est com­plexe. Les normes sont de ce fait im­pos­sibles à éta­blir car le cadre ré­gle­men­taire est à géo­mé­trie va­riable dans le monde. En l’état, la lé­gis­la­tion ne pro­tège pas la san­té pu­blique.

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