RA­DIAL RO­CKET BLACK HORSE MO­DEL DE Un ra­cer au look ré­tro

ES­SAI Ra­dial Ro­cket de Black Horse Mo­del Il n’est pas tou­jours fa­cile de trou­ver un mo­dèle sor­tant des sen­tiers bat­tus mais ce Ra­dial Ro­cket, au des­sin et à la dé­co­ra­tion de ra­cer ré­tro, m’a tout de suite sé­duit. Dès le pre­mier re­gard, il ins­pire la vites

Modèle Magazine - - LA UNE - Texte :Yann Bon­net Pho­tos :Yann Moin­drot

Le Ra­dial Ro­cket re­pro­duit ici cor­res­pond à la ver­sion TD du mo­dèle réel, re­con­nais­sable à son train fixe conven­tion­nel (une autre ver­sion du gran­deur existe en train tri­cycle ré­trac­table). Il s’agit d’un avion de vol­tige bi­place de 7,8 m d’en­ver­gure, équi­pé d’un mo­teur en étoile 9 cy­lindres dé­ve­lop­pant jus­qu’à 400 ch. Son look ré­tro d’avion de course cache en fait une cel­lule de concep­tion mo­derne.

Le gros car­ton dé­voile le fu­se­lage, puis les ailes, le gros ca­pot, et en­fin l’em­pen­nage et le vo­let de dé­rive. Le tout est par­fai­te­ment ca­lé et pro­té­gé, au­cune marque ou dé­gra­da­tion n’est à dé­plo­rer.

UN KIT VRAI­MENT COM­PLET

On trouve la clé d’aile en alu, le train com­plet, un buste de pi­lote et le cône d’hé­lice. Des sa­chets re­groupent tout l’ac­cas­tillage né­ces­saire aux com­mandes, avec les trappes de puits de ser­vos et la vis­se­rie, rien ne manque. Le kit étant pré­vu pour une mo­to­ri­sa­tion ther­mique ou élec­trique au choix, nous trou­ve­rons toutes les pièces né­ces­saires aux deux confi­gu­ra­tions. Il y a donc un sup­port mo­teur spé­cif ique à chaque mo­tor isa­tion et un ré­ser­voir équi­pé pour la ver­sion fonc­tion­nant au mé­tha­nol. La construc­tion est tra­di­tion­nelle, en struc­ture bois en­toi­lée en Ora­co­ver par­fai­te­ment po­sé. La dé­co­ra­tion rouge et noire est bien exé­cu­tée, tant au ni­veau des élé­ments en­toi­lés que des pièces peintes. Les larges kar­mans cô­té bord de fuite sont très bien réa­li­sés. Le com­par­ti­ment mo­teur, bien que peu vi­sible, est dé­jà peint en gris. C’est classe et sur­tout, ce­la pro­té­ge­ra le bois des pro­jec­tions de car­bu­rant en ver-

sion ther­mique. La bulle file jus­qu’au ca­pot mo­teur, tant mieux sur­tout pour l’ac­cès en ver­sion élec­tr ique, l’ac­cu pla­cé vers l’avant se­ra plus fa­cile à mettre en place. Elle est en­ga­gée vers l’avant par deux pattes, et ver­rouillée par un pe­tit l evier sur l’ar­rière.

L a voi­lure est i nté­gra­le­ment blanche et les ailes sont mu­nies de vo­lets, un équi­pe­ment sû­re­ment né­ces­saire pour ra­len­tir la bête. Le pro­fil asy­mé­trique est re­la­ti­ve­ment épais (39 mm pour une corde de 250 mm à l’em­plan­ture) et la sur­face semble faible, presque sous-di­men­sion­née par rap­port au fu­se­lage. L’em­plan­ture de chaque aile pos­sède une patte fen­due en alu per­met­tant le ver­rouillage dans le fu­se­lage par des vis BTR. Les char­nières souples en fibre sont dé­jà en place et col­lées sur les gou­vernes, mais j’ap­pré­cie moyen­ne­ment ce col­lage par­tiel­le­ment réa­li­sé : une char­nière dé­jà bien im­pré­gnée de colle sé­chée est moins pro­pice à ab­sor­ber par ca­pil­la­ri­té l’ajout de colle lors de la mise en place fi­nale. Quand c’est pos­sible, je pré­fère réa­li­ser le col­lage des deux par­ties de la char­nière en une unique opé­ra­tion. La clé d’aile est un tube d’alu de 385 mm de long et 19 mm de dia­mètre, rien à craindre de ce cô­té. Elle se­ra gui­dée par des four­reaux en car­ton, dans l es ailes comme dans le fu­se­lage.

Le ca­pot mo­teur est une belle pièce en fibre de verre. En re­vanche,les quatre pièces consti­tuant les ca­ré­nages de train sont en plas­tique, ils se­ront donc plus fra­giles. Le train en CAP de 5 mm de sec­tion semble bien di­men­sion­né et ri­gide, es­sen­tiel pour ne pas dé­gra­der trop ra­pi­de­ment les ca­pots, pièces sen­sibles à la qua­li­té de la piste sur nos

mo­dèles ré­duits. Les roues de 65 mm de dia­mètre sont très lé­gères et mu­nies de pneus cran­tés. La rou­lette de queue est di­rec­tion­nelle et sus­pen­due. L’em­pen­nage d’une seule pièce est de type pro­fil planche, il se­ra col­lé, donc non dé­mon­table. À cette échelle, ce n’est pas trop pro­blé­ma­tique pour le trans­port et ou le sto­ckage.

UN BREF PAS­SAGE À L’ATE­LIER

Quelques courtes soi­rées de tra­vail, en comp­tant les temps de col­lage, suf­fisent pour pré­sen­ter le mo­dèle sur la piste le week-end sui­vant. Pré­fé­rant réa­li­ser l’en­semble des col­lages avant le mon­tage, je com­mence le tra­vail sur les ailes par la mise en place des gou­vernes. Comme évo­qué dans la des­crip­tion, il reste à ter­mi­ner le col­lage des char­nières. Pour mettre toutes les chances de mon cô­té, j’ai fait un per­çage au centre des fentes ac­cueillant les ar­ti­cu­la­tions, pour fa­ci­li­ter la pé­né­tra­tion de la cya­no fluide. Dans la même op­tique, j’in­jecte la colle en po­si­tion­nant l’aile sur la tranche, la gra­vi­té fa­vo­ri­se­ra l’im­pré­gna­tion. Pen­dant que j’y suis, je colle tout de suite et de la même fa­çon les vo­lets de pro­fon­deur. Pour conti­nuer dans les col­lages, je pré­pare l’em­pla­ce­ment de l’em­pen­nage sur le fu­se­lage, en ou­vrant soi­gneu­se­ment l’en­toi­lage au fer à sou­der plu­tôt qu’au cut­ter. Le sta­bi­li­sa­teur est in­sé­ré par l’ar­rière, on le po­si­tion­ne­ra en vé­ri­fiant la par­faite sy­mé­trie dans tous les axes avec les ailes, c’est im­por­tant pour les fu­tures qua­li­tés de vol. D’ori­gine, au­cune re­touche n’est né­ces­saire sur mon exem­plaire. En­suite, on marque la jonc­tion fu­se­lage sur em­pen­nage cô­té in­tra­dos et ex­tra­dos, avant d’in­ci­ser et re­ti­rer l’en­toi­lage sur la par­tie cen­trale pour un col­lage bois sur bois. La fixa­tion est réa­li­sée à l’époxy 30 mi­nutes.

Pen­dant que la colle époxy est sor­tie, je re­prends les ailes pour col­ler les quatre gui­gnols d’ai­le­rons et de vo­lets. Il faut préa­la­ble­ment re­cher­cher les fentes pré­pa­rées sous l’en­toi­lage. Pe­tite mise en garde sur les vo­lets, les fentes sont dou­blées et il faut bien vé­ri­fier dans quel sens les ser­vos vont être mon­tés, afin de pré­pa­rer le bon em­pla­ce­ment. Les gui­gnols en époxy sont pon­cés à leur base pour fa­vo­ri­ser l’adhé­sion, et in­sé­rés après ajout de colle sur les deux par­ties. Même opé­ra­tion pour les gui­gnols des deux gou- vernes de pro­fon­deur et la dé­rive. Pour en fi­nir (presque) avec la colle, je mets en place et fixe la dé­rive à la cya­no, ar­ti­cu­lée en­core par des char­nières souples.

Le mon­tage se pour­suit sur les ailes par le vis­sage des quatre ser­vos sur leur trappe res­pec­tive, après dé­coupe de l’en­toi­lage en ob­long pour les pas­sages des bras de com­mande. On rac­corde et on sé­cu­rise les ral­longes avant de ti­rer le câ­blage jus­qu’à l’em­plan­ture grâce aux fi­celles pré­vues. Les ser­vos sont in­sé­rés dans les puits et chaque trappe fer­mée par quatre vis de 2 mm. J’ai re­te­nu des ser­vos Dy­mond DS 5100 MG di­gi­taux, en for­mat stan­dard avec 9,8 kg.cm de couple sous 6 V, lar­ge­ment suf­fi­sants pour ac­tion­ner les pe­tites gou­vernes. Reste à mon­ter chaque com­mande d’ai­le­rons et de vo­lets à par­tir de l’ac­cas­tillage li­vré. Il s’agit de CAP fi­le­tée pour re­ce­voir une chape mé­tal­lique. L’autre ex­tré­mi­té se­ra rac­cour­cie et pliée à 90°, pour re­joindre le trou ex­té­rieur du gui­gnol, sé­cu­ri­sé par une fixa­tion ra­pide en ny­lon.

Pour fi­na­li­ser les ailes, pas­sons au mon­tage du train prin­ci­pal. Chaque train en CAP est ren­tré dans le per­çage et les rai­nures pré­vues sous chaque aile, avant d’être im­mo­bi­li­sé par deux pattes mé­tal­liques et quatre vis. Les pan­ta­lons de train, consti­tués cha­cun d’une em­base et d’un ca­pot de roue, sont en­fi­lés sur les CAP avant de mon­ter les roues. Il faut main­te­nant trou­ver le po­si­tion­ne­ment exact de l’em­base et du ca­pot au­tour de chaque train. Pas d’autres moyens que de tâ­ton­ner avant d’im­mo­bi­li­ser les pièces au scotch pour per­cer les em­pla­ce­ments des vis. J’ai en­suite ajou­té une touche de pein­ture blanche sur les têtes de vis pour les rendre plus dis­crètes.

Mal­heu­reu­se­ment, après trois at­ter­ris­sages, le train a ra­pi­de­ment pris du jeu et les roues sont ve­nues tou­cher l’ar­rière de leur lo­ge­ment. Après dé­mon­tage, je constate que le bois s’est écra­sé au­tour des em­pla­ce­ments de la CAP du train. J’au­rai dû im­bi­ber au préa­lable ces par­ties de cya­no fluide pour les dur­cir. Pour rat­tra­per le jeu après coup, j’ai en­duit ces em­pla­ce­ments de colle époxy, avant d’y in­sé­rer les CAP du train pro­té­gés de film ali­men­taire. Ce­la per­met­tra un dé­mon­tage ul­té­rieur, tout en of­frant un

mon­tage ser­ré. Une fois la colle dur­cie, je coupe l’ex­cé­dent de film au ras et re­monte les ca­pots. De­puis cette ré­pa­ra­tion, ce­la n’a plus bou­gé.

EN VER­SION ÉLEC­TRIQUE

J’ai re­te­nu la ver­sion élec­trique, grâce à son coût au­jourd’hui rai­son­nable dans ce ga­ba­rit, et pour la fa­ci­li­té de sa mise en oeuvre. La no­tice n’aide pas beau­coup à choi­sir le ma­té­riel adap­té, elle re­com­mande sim­ple­ment une puis­sance entre 1 000 et 1 800 W, un kV de 800 et un ESC de 60 A. Au ca­ta­logue Dy­mond, j’ai choi­si le mo­teur bru­sh­less GTX-5052 de 1 300 W en LiPo 6S, pour un kV de 410. Il en­traîne nor­ma­le­ment une hé­lice 15 x 8. La consom­ma­tion est don­née pour 57 A maxi­mum, je sur­di­men­sionne par sé­cu­ri­té avec un contrô­leur de 80 A de la même marque.

Le mo­teur est vis­sé sur la pla­tine bois spé­ci­fique au mo­teur élec­trique, puis l’en­semble est pré­sen­té sur le nez grâce aux longues vis et co­lon­nettes four­nies. An­ti-couple et pi­queur sont don­nés d’ori­gine par la ca­bane. Je monte l’ac­cou­ple­ment d’hé­lice et l’em­base du cône, puis pré­sente le ca­pot mo­teur main­te­nu pro­vi­soi­re­ment au scotch : le cen­trage de l’axe est cor­rect mais il dé­passe trop. J’ai dû rac­cour­cir les co­lon­nettes de 10 mm pour ob­te­nir un ali­gne­ment par­fait avec l’avant du ca­pot, im­por­tant pour le look fi­nal. Le contrô­leur se­ra fixé sur le cô­té droit du com­par­ti­ment mo­teur, ce­la li­mite la lon­gueur du câ­blage et fa­vo­rise une cer­taine ven­ti­la­tion. En­suite, les em­pla­ce­ments pour les quatre vis du ca­pot peuvent être re­pé­rés et per­cés dans le fu­se­lage, en pre­nant soin d’ali­gner par­fai­te­ment les dé­co­ra­tions.

Pas­sons à l’in­té­rieur, avec la fixa­tion des deux der­niers ser­vos. On pas­se­ra trois com­mandes en CAP dans les gaines en place, deux pour les vo­lets de pro­fon­deur et une pour la dé­rive. Les gui­gnols re­çoivent le même mon­tage que sur les ailes avec les chapes mé­tal. Puis on re­lie­ra les deux com­mandes de pro­fon­deur sur un do­mi­no, pour fi­nir avec une unique CAP sur le ser­vo dé­dié. Ces com­mandes sont aus­si à rac­cour­cir et à plier à 90°, pour s’en­ga­ger sur les le­viers des ser­vos. Le ré­cep­teur trou­ve­ra fa­ci­le­ment une place, tan­dis que l’ac­cu de pro­pul­sion se­ra main­te­nu par du vel­cro et sé­cu­ri­sé par une sangle.

La rou­lette de queue est pré­sen­tée puis vis­sée, et l’ac­cou­ple­ment col­lé sous la dé­rive. Le pi­lote peut en­fin prendre place dans le cock­pit, fixé par vis plu­tôt que col­lé dans mon cas. La ver­rière est vis­sée elle aus­si, une touche de pein­ture blanche sur les têtes de vis les fait presque dis­pa­raître. Les au­to­col­lants se ré­sument aux nu­mé­ros de course, à po­ser sur les flancs du fu­se­lage et sur une aile. Hé­lice et cône achèvent le mon­tage, après avoir pro­cé­dé aux ré­glages des dé­bat­te­ments conseillés par la no­tice.

Vé­ri­fions l e cen­trage, conseillé par l a no­tice à 95 mm du B.A. Dans mon cas, il est trop avant de 10 mm avec l’ac­cu 6S de 5 000 mAh pour­tant im­plan­té le plus en ar­rière pos­sible. Un ac­cu plus lé­ger de 4 000 mAh cor­rige un peu le cen­trage, mais je dois tout de même ajou­ter 35 g de plomb à l’ex­tré­mi­té ar­rière du fu­se­lage.

Le de­vis poids, don­né entre 3 000 et 3 200 g, est dé­pas­sé. Mon mo­dèle en ordre de vol sort à 3 410 g, avec pour­tant un équi­pe­ment res­pec­tant les pré­co­ni­sa­tions. La charge alaire est éle­vée, comme le lais­saient pen­ser les pe­tites ailes, me don­nant quelques craintes sur les qua­li­tés de vol… On ver­ra !

UNE GUEULE D’EN­FER

Le Ra­dial Ro­cket en jette une fois mon­té sur le ter­rain et son look ré­tro sé­duit et donne en­vie de le voir à l’oeuvre. Si les vols ne sont pas en­nuyeux, on s’at­ten­dait à un peu plus de sen­sa­tion, au vu des ca­rac­té­ris­tiques de la bête et de la mo­to­ri­sa­tion 6S. Grâce à sa qua­li­té de construc­tion et ses bonnes qua­li­tés de vol, il ac­cep­te­rait sans bron­cher un sur­plus de watts, mais gare au cen­trage en cas de mo­to­ri­sa­tion plus lourde. Même s’il s’avère plu­tôt sage et pas vi­cieux, il n’est pas à mettre dans les mains d’un dé­bu­tant. Il fau­dra gar­der en tête l a forte charge alaire et sa­voir gé­rer l a phase d’at­ter­ris­sage un peu dé­li­cate.

Au fi­nal, un avion sym­pa et qui a une vraie « gueule » !

Cette belle se­mi-ma­quette de 1,41 m est li­vrée pré­mon­tée et se­ra mo­to­ri­sée en ther­mique ou en élec­trique. Ce kit ARTF est construit en bois en­toi­lé en Ora­co­ver et li­vré sans équi­pe­ment.

Le kit est vrai­ment com­plet. On trouve en ef­fet des sup­ports mo­teurs spé­ci­fiques aux deux mo­to­ri­sa­tions, ain­si qu’un ré­ser­voir équi­pé. Il ne fau­dra que quelques heures de tra­vail pour rendre opé­ra­tion­nel l’en­gin.

Le mo­dèle est peu en­com­brant, les ailes étant fa­ci­le­ment dé­mon­tables. Seul le train fixe so­li­daire des ailes rend leur sto­ckage un peu gê­nant.

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