Joe NALL FLY La dé­me­sure à l’amé­ri­caine !

À l’heure où nous al­lons im­pri­mer ce nu­mé­ro, au­ra lieu le plus grand évé­ne­ment aé­ro­mo­dé­liste dans le monde: la ren­contre Joe Nall qui se dé­roule chaque an­née aux USA. Re­tour sur la der­nière édi­tion, his­toire de dé­cou­vrir cet évé­ne­ment hors normes!

Modèle Magazine - - LA UNE - Texte et pho­tos : Do­na­tas Paužuo­lis / Rus­sell Reel

Des éten­dues de plu­sieurs mil­liers de m², huit ter­rains d’évo­lu­tion, des vols qua­si­ment 24 heures sur 24, des di­zaines de marques et d’ex­po­sants, des mil­liers de spec­ta­teurs : bien­ve­nue à Joe Nall ! Comme tou­jours, c’est sur l’aé­ro­drome de Tripe Tree, en Ca­ro­line du Sud, qu’a lieu ce show qui dure huit jours. Oui, vous avez bien lu !

Tous les mo­dé­listes peuvent s’ins­crire et ve­nir vo­ler du­rant la se­maine. Le cam­ping est bien sûr pos­sible sur place.

Joe Nall, c’est la pos­si­bi­li­té de voir les meilleurs pi­lotes au monde, vi­si­ter l es han­gars/ mu­sées abri­tant des avions réels comme un P-51 Mus­tang ou un PT-17, faire ses em­plettes par­mi les di­zaines de re­ven­deurs, voir les hy­dra­vions RC au so­leil cou­chant… En plus du ter­rain de vol prin­ci­pal, du ter­rain ré­ser­vé aux vols 3D, l es deux ré­ser­vés aux vols élec­triques, le lac pour l’hy­dra­vion, l e ter­rain pour l e vol cir­cu­laire et un autre pour les hé­li­co­ptères, on trou­vait aus­si une zone pour l e FPV Ra­cing…

C’est la troi­sième fois que je me rends à cet évé­ne­ment et, comme les fois pré­cé­dentes, les condi­tions mé­téo­ro­lo­giques étaient par­faites. Le for­mat de l’évé­ne­ment est res­té le même : beau­coup de mo­dèles, beau­coup d’amis pi­lotes et d’ex­po­sants, une bonne «bouffe»… Tra­di­tion­nel­le­ment, les marques comme Ex­treme Flight, De­sert Air­craft, Ho­ri­zon Hobby, Castle Créa­tions, Fu­ta­ba, etc., pré­sentent leurs der­nières nou­veau­tés.

Pour vous par­ler cet évé­ne­ment pla­né­taire, j’ai dé­ci­dé de lais­ser la pa­role à quelques per­son­na­li­tés de notre loi­sir :

• Ch­ris Hin­son (so­cié­té Ex­treme Flight R/C) :

«J’ai com­men­cé à as­sis­ter à Joe Nall en 1994, en tant que mo­dé­liste et pas­sion­né d’avions gran-

deur. Le pre­mier Joe Nall était très dif­fé­rent de ceux que nous avons main­te­nant, avec un nombre de par­ti­ci­pants bien moindre qu’au­jourd’hui. Ce­pen­dant, pour l’époque, c’était le plus grand évé­ne­ment aé­ro­mo­dé­liste ja­mais vu. Au cours de ces tout pre­miers Joe Nall, nous avons eu pu voir des « lé­gendes » comme Frank Noll, Mike McCon­ville, Wayne Ul­rey et, bien sûr, M. Pat Hi­cham et son équi­page. C’était un grand hon­neur pour nous d’ap­pro­cher des per­sonnes que nous avions seu­le­ment vu dans les ma­ga­zines RC. Ces pi­lotes par­ta­geaient leurs connais­sances et pre­naient le temps de nous ai­der, c’était in­croyable.

Quand j’ai fon­dé ma propre so­cié­té (Ex­treme Flight R/C), j’ai conti­nué à ob­ser­ver l’évo­lu­tion de l’évé­ne­ment. Vers la fin des an­nées 90, Mr Hart­ness a trou­vé un ter­rain par­fai­te­ment adap­té, qui est tou­jours ce­lui uti­li­sé ac­tuel­le­ment, et l’évé­ne­ment s’est dé­ve­lop­pé d’an­née en an­née.

«Quand nous avons com­men­cé Ex­treme Flight R/C, nous sa­vions que Joe Nall se­rait le lieu idéal pour mon­trer nos pro­duits et in­ter­agir avec la com­mu­nau­té mo­dé­liste. Comme cet évé­ne­ment ras­semble les ama­teurs de RC qui viennent de par­tout dans le monde, il était et est tou­jours très im­por­tant d’y être pré­sent. Les vi­si­teurs rentrent chez eux avec des pho­tos, par­tagent leur ex­pé­rience avec les co­pains. L’an­née sui­vante, ils s’ins­crivent avec leurs amis pour ve­nir vo­ler, et voi­là comment cet évé­ne­ment se dé­ve­loppe.

«D’un point de vue com­mer­cial, c’est une grande op­por­tu­ni­té pour nous de mon­trer nos nou-

veau­tés de­vant plu­sieurs mil­liers de per­sonnes au cours de la se­maine…»

• Dave John­son (so­cié­té De­sert Air­craft) :

«Joe Nall est, à mon avis, le meilleur évé­ne­ment dans le monde pour l’aé­ro­mo­dé­lisme. Peu im­porte que l’on vienne avec un pe­tit mo­dèle en mousse ou avec une ma­gni­fique et grosse ma­quette : tout le monde par­tage la pas­sion de l’avia­tion. En gé­né­ral, l’at­ti­tude des par­ti­ci­pants et l’at­mo­sphère de l’évé­ne­ment sont re­mar­quables. Par exemple si quel­qu’un a un pro­blème quel­conque sur son avion, vous pou­vez être sûr que beau­coup de gens se pro­po­se­ront pour l’ai­der et ré­soudre son pro­blème.»

• Steve Ro­gers (so­cié­té Castle Crea­tions) :

«Joe Nall est un en­droit où beau­coup d’amis ve­nus du monde en­tier se réunissent. Les per­sonnes qui ne se sont gé­né­ra­le­ment pas ren­con­trées tout au long de l’an­née se re­trouvent ici un fois par an, ani­mées par une pas­sion pour leur loi­sir et une ami­tié pro­fonde. C’est juste un en­droit ma­gique.»

- Jase Dus­sia (pi­lote pour Ex­treme Flight R/C)

«Il s’agit de mon sixième Joe Nall, et c’est cer­tai­ne­ment mon évé­ne­ment pré­fé­ré de l’an­née. On y a la chance de voir vo­ler beau­coup d’avions dif­fé­rents. J’aime vrai­ment ce loi­sir qui est très tech­nique et qui me per­met de ren­con­trer beau­coup de gens. Joe Nall est une ex­pé­rience unique et les i ns­tal­la­tions sont in­croyables. Sans y avoir par­ti­ci­pé, il est vrai­ment dif­fi­cile de re­trans­crire ce que si­gni­fie d’être ici. Pour les vi­si­teurs qui viennent de tous les pays, il peut bien sûr y avoir la bar­rière de la langue, mais nous com­pre­nons tous le lan­gage uni­ver­sel de notre loi­sir…»

LES DÉ­MONS­TRA­TIONS

Avec un aus­si grand nombre de pi­lotes pré­sents, im­pos­sible de sa­voir com­bien de vols ont été ef­fec­tués au cours de la se­maine…

Les dé­bu­tants ont eu la chance de faire leur pre­mier vol et d’ap­prendre beau­coup de choses nou­velles au contact de pi­lotes ex­pé­ri­men­tés. Sur la zone de vol 3D, les plus ex­pé­ri­men­tés dé­montrent leurs com­pé­tences avec des mo­dèles très ma­noeu­vrants. Cer­tains vols agres­sifs donnent une bonne dose d’adré­na­line aux spec­ta­teurs et aux pi­lotes… Mais à vou­loir tu­toyer les li­mites, cer­tains les fran­chissent et en payent le prix : plu­sieurs avions ont été dé­truits au cours de la se­maine. Mal­gré des cen­taines de vols in­té­res­sants, les dé­mons­tra­tions du jeu­di, ven­dre­di et sa­me­di sur la prin­ci­pale ligne de vol sont le point culmi­nant de Joe Nall, et la foule pré­sente le sa­me­di était par­ti­cu­liè­re­ment im­por­tante.

PURE DÉ­TENTE

Les par­ti­ci­pants de Joe Nall ont pu as­sis­ter à un évé­ne­ment ex­cep­tion­nel : la construc­tion et les es­sais en vol du plus pe­tit bi­plan au monde (le Stits SA-2A “Sky Ba­by”), re­pro­duit ici en ra­dio­com­man­dé et à l’échelle 1:1. Quelques mots sur le réel : le plan ori­gi­nal a été des­si­né par Ray Stits. Après s’être ins­tal­lé dans l’avion, c’est Bob Starr qui fit le pre­mier en vol le 26 mai 1952. La lon­gueur n’était que de 3 m et l’en­ver­gure de… 2,18 m ! Le mo­teur fait 112 cv et l’avion pe­sait 205 kg à vide. Le mo­dèle ra­dio­com­man­dé a été construit prin­ci­pa­le­ment à par­tir de Dé­pron, de bois et de mousse. La mo­to­ri­sa­tion est ici élec­trique, avec un Double AXI 5330/20 qui est consti­tué de deux bru­sh­less ac­cou­plés en ligne. Après six jours de tra­vail, l’avion était prêt et a pu être tes­té en vol par le très ex­pé­ri­men­té Ja­son Schul­man. Les es­sais ont mon­tré que la puis­sance de la pro­pul­sion était un peu trop faible pour ce mo­dèle im­po­sant et lourd. Mais en étant doux aux manches et avec un faible taux de mon­tée, ça vole !

CONCLU­SION

Joe Nall est un évé­ne­ment spec­ta­cu­laire, ici dé­crit pour une toute pe­tite part. Il est as­sez dif­fi­cile de dé­crire l’at­mo­sphère et le fee­ling res­sen­ti après cet évé­ne­ment.

Pour cette édi­tion, 1715 pi­lotes ont été en­re­gis­trés (l’an­née pré­cé­dente, il y en avait « seu­le­ment » 1 300…), un nou­veau re­cord pour cet évé­ne­ment. Joe Nall est of­fi­ciel­le­ment le plus grand évé­ne­ment RC dans le monde. Plus de 1 000 cam­peurs étaient pré­sents, et il y a eu au to­tal 13 300 vi­si­teurs…

Joe Nall, c’est le plus grand évé­ne­ment aé­ro­mo­dé­liste de l’an­née, et c’est aux USA que ça se passe !

Le lac dans l’en­ceinte de l’aé­ro­drome per­met de faire vo­ler des hy­dra­vions. No­tez les quatre « pi­lot sta­tions”; li­mi­tant le nombre de vols si­mul­ta­nés.

Une vue aé­rienne de l’aé­ro­drome uti­li­sé pour l’évé­ne­ment : la place ne manque pas…

Il y a eu quelques crashs de jet du­rant la se­maine, avec des dé­parts d’in­cen­die à la clé…

Une vue aé­rienne du ter­rain de vol prin­ci­pal (il y a huit ter­rains dis­tincts, ré­par­tis en fonc­tion des ca­té­go­ries).

Beau­coup, beau­coup, beau­coup de mo­dèles pré­sents…

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