MXS 56’’ DE RC GADGETZ / LIN­DIN­GER

Un vol­ti­geur pour la nuit !

Modèle Magazine - - SOMMAIRE - Texte : Yann Moin­drot Pho­tos : Cé­cile Moin­drot

Cette marque RC Gadgetz est qua­si­ment in­con­nue en France. Elle est ap­pa­rem­ment d’ori­gine amé­ri­caine mais la fa­bri­ca­tion se fait bien sûr en Asie.

Le pa­ri de cette marque est am­bi­tieux : pro­po­ser un vol­ti­geur lé­ger ayant une bonne ri­gi­di­té (grâce à l’os­sa­ture en bois) et sans doute une bonne ré­sis­tance aux chocs (grâce à l’EPP). RC Gadgetz n’hé­site éga­le­ment pas à dire que ce mo­dèle pro­cure l es mêmes sen­sa­tions qu’un VGM de 2,20 m…

L’autre op­tion prise par l a marque, ris­quée car elle donne un prix de vente as­sez éle­vé, est de mon­ter des équi­pe­ments haut de gamme : ser­vos cou­pleux et ra­pides, mo­teur très puis­sant et contrô­leur spé­ci­fi­que­ment dé­ve­lop­pé. La dé­co­ra­tion est très tra­vaillée et plu­sieurs cou­leurs sont pro­po­sées.

En­fin, la gamme ne com­prend que deux mo­dèles : l e MXS du pré­sent es­sai et un Slick 560. Tous les deux sont dé­cli­nés dans l a même taille, à sa­voir une en­ver­gure de 1,45 m (soit 56 pouces).

INHABITUEL !

Le fu­se­lage est consti­tué d’une os­sa­ture en CTP et, dans une moindre me­sure, de bal­sa. Cette os­sa­ture est en­tiè­re­ment re­cou­verte de Dé­pron (ou du moins une marque si­mi­laire) de 3 mm d’épais­seur : la struc­ture ob­te­nue est ain­si ri­gide et lé­gère. Le sup­port de train est en­cas­tré dans le fu­se­lage, c’est plus jo­li que si le fa­bri­cant s’était conten­té de le mettre à fleur en des­sous. Dé­tail amu­sant, il faut écar­ter un peu la mousse, puis in­sé­rer la lame du train. Cette lame se­ra fixée par deux vis M3 (ne pas ou­blier de mettre du frein fi­let). Le four­reau de clé d’ailes est en plas­tique et les trous pour les vis de capot mo­teur sont dé­jà faits. La bulle est fa­bri­quée en Dé­pron et main­te­nue au fu­se­lage grâce à des ai­mants.

Tout est dé­jà mon­té : le mo­teur et son contrô­leur, les ban­deaux de leds, l e ser­vo de dé­rive et ses câbles al­ler-re­tour, l e ser­vo de pro­fon­deur et sa com­mande… Les chapes à boule des com­mandes sont d’ex­cel­lente qua­li­té, sans jeu.

La construc­tion des ailes est en­core plus in­ha­bi­tuelle. Du bord d’at­taque au lon­ge­ron, on trouve une âme pleine en EPP. Le bord d’at­taque est éga­le­ment ren­for­cé par un jonc car­bone de sec­tion car­rée. Le four­reau de clé est en fibre de verre et il y a un lon­ge­ron consti­tué de deux joncs car­bone de sec­tion car­rée, et ap­pa­rem­ment de CTP. Der­rière ce lon­ge­ron, on trouve une struc­ture avec des ner­vures ajou­rées en CTP. Le bord de fuite de l’aile et le bord d’at­taque des ai­le­rons sont consti­tués d’EPP. L’ar­ti­cu­la­tion est réa­li­sée avec des char­nières souples tis­sées, dé­jà col­lées. Le ser­vo est en place (vis­sé sur des pla­tines en CTP), tout comme sa com­mande et son gui­gnol en fibre. Les leds pour l’éclai­rage sont bien sûr ins­tal­lées en usine.

Pas d’en­toi­lage pour re­cou­vrir tout ça, mais du Dé­pron de 3 mm à l’ex­tra­dos et à l’in­tra­dos. Du coup, le bord de fuite des ai­le­rons est épais: 6 mm. Au sau­mon, il y a une ner­vure en mousse avec deux petits in­serts en CTP, pour pou­voir y vis­ser les cloi­sons d’ailes. La ner­vure d’em­plan­ture est en bal­sa et la fixa­tion au fu­se­lage se fait avec un bel écrou mo­le­té en alu.

Ri­gides et so­lides, les cloi­sons d’ailes sont en bois tan­dis que les sau­mons amo­vibles sont en mousse, avec une ner­vure en CTP.

Le sta­bi­li­sa­teur est li­vré d’une pièce. Il a une âme en CTP et est re­cou­vert de Dé­pron. Le gui­gnol en époxy est en place, col­lé sur un renfort en CTP. Les char­nières souples tis­sées sont dé­jà col­lées et les chan­freins per­mettent des dé­bat­te­ments éle­vés (65°). Au

centre, on trouve une prise pour bran­cher le ban­deau de leds qui est in­té­gré. La dé­rive est du même aca­bit mais il n’y a pas d’éclai­rage.

La dé­co­ra­tion semble faite par im­pres­sion et est très fine, très jo­lie. Mais elle semble aus­si un peu fra- gile à l’abra­sion. Sur mon mo­dèle en sor­tie de boîte, il y a dé­jà quelques rayures.

Le capot mo­teur est en plas­tique (c’est plus lé­ger que de la fibre de verre). La pein­ture mate est su­perbe. Le train est li­vré as­sem­blé. Il est en car­bone et les ca­ré- nages de roues sont en fibre de verre (peints en mat). Les roues en mousse lé­gère, de 55 mm de dia­mètre, sont dé­jà ins­tal­lées. L’hé­lice li­vrée est une co­pie de APC, en 14x7. Le cône d’hé­lice est four­ni, il a une em­base en alu et est de type ven­ti­lé. Il est de très bonne qua­li­té.

Cô­té ac­ces­soires, on trouve un sup­port d’ac­cu en CTP, du vel­cro au­to­col­lant, deux sangles vel­cro, des pa­lon­niers de ser­vo en plas­tique, la vis­se­rie (il y a même une clé plate pour ser­rer l’hé­lice…), deux ral­longes de ser­vos et une ral­longe pour connec­ter les leds.

La no­tice est en an­glais avec des pe­tites pho­tos en noir et blanc, qui ne sont pas très vi­sibles. Mais le tra­vail res­tant à faire est fa­cile…

Cô­té équi­pe­ments d’ori­gine, les ser­vos (HV 4810) sont des mo­dèles nu­mé­riques à pi­gnons mé­tal. Ce sont a prio­ri des for­mats 15 g. Ils sont très puis­sants pour leur taille avec 3,5 kg cm, tout en étant ex­trê­me­ment ra­pides (0,09 s an­non­cé, sans doute pour un angle de 60°). Ces per­for­mances sont ob­te­nues avec une ten­sion de 8 V, ce qui est inhabituel. Ils sont mu­nis d’ori­gine de grands pa­lon­niers en alu.

Le contrô­leur a été dé­ve­lop­pé spé­ci­fi­que­ment pour la marque car il est mu­ni d’un cir­cuit Bec qui sort du 8 V et un cou­rant éle­vé de 5 A. Il fonc­tionne de 2S à 6S et sup­porte 60 A (80 A pen­dant 10 s). Il est équi­pé d’ori­gine d’une prise T-Dean et il y a une prise de type ser­vo pour ali­men­ter les leds. At­ten­tion, il vous faut un ré­cep­teur qui ac­cepte la ten­sion du Bec (8V).

Le mo­teur a été spé­cia­le­ment dé­ve­lop­pé par RC Gadgetz. C’est un X3120 (dia­mètre 38 mm et 30 mm de long), avec un kV de 1 100 tr/V. Il peut fonc­tion­ner avec un LiPo 3S et une hé­lice 14 x 7, ou un LiPo 4S 2200 mAh et une hé­lice 13 x 6,5. La puis­sance sup­por­tée en conti­nu est de 944 W. Le fa­bri­cant in­dique que la so­lu­tion 3S est sa pré­fé­rée.

Tous ces élé­ments res­pirent la qua­li­té, mais j’au­rais ap­pré­cié de trou­ver des housses de pro­tec­tion pour les ailes et l’em­pen­nage…

MON­TAGE

Pour les cloi­sons d’ailes, j’ai dû re­per­cer les trous dans les in­serts aux sau­mons pour que les vis ne forcent pas trop. Pour leur mon­tage, il faut mettre les pe­tites fausses ner­vures en plas­tique four­nies, les cloi­sons (en ne ser­rant pas les vis à fond), ren­trer les sau­mons dans les rai­nures, puis ser­rer les vis à fond. C’est as­sez fa­cile à faire, mais ça l’au­rait été en­core plus s’il y avait des guides (tubes en plas­tique) pour le tour­ne­vis dans le sau­mon.

On passe au sta­bi­li­sa­teur qui est fixé par deux vis M3 sur le fu­se­lage. Bien vu, ces vis M3 sont gui­dées d’ori­gine dans des petits tubes en plas­tique. Il faut bran­cher la prise des leds, ren­trer dé­li­ca­te­ment le sta­bi­li­sa­teur et le vis­ser. On teste les leds pour voir si tout fonc­tionne, et on colle la pe­tite pièce qui vient bou­cher le trou de pas­sage. Sur mon mo­dèle, j’ai dû re­cou­per (sur le fu­se­lage) les dé­ga­ge­ments pour le pas­sage de la gou­verne de pro­fon­deur, afin d’as­su­rer un maxi­mum de dé­bat­te­ment. La com­mande est fixée, puis on colle les char­nières de la dé­rive. Les câbles al­ler-re­tour sont vis­sés sur les gui­gnols de la dé­rive, je n’ai même pas eu à ré­gler leur lon­gueur (cor­recte d’ori­gine). La rou­lette de queue est connectée à la dé­rive.

Pour la fixa­tion du capot mo­teur, les trous sont pré-per­cés et ap­pa­rem­ment dé­jà en­duits de cya­no fluide. Mais ils sont trop durs pour mettre les vis et j’ai dû re­per­cer à 1,7 mm. Dom­mage, avec les trous dé­jà faits, il y a pas mal de jour entre le flasque de cône et le capot.

Autre pe­tit sou­ci, la bulle est as­sez dure à ren­trer dans le capot. J’ai mis une pe­tite bande de scotch cris­tal pour pro­té­ger la sur­face en con­tact avec le capot, pour ne pas râ­per la dé­co­ra­tion.

Le ré­cep­teur est ins­tal­lé sur du vel­cro, juste de­vant la clé d’ailes. Bien vu, les pe­tites ral­longes de 8 cm four­nies sont idéales pour connec­ter les fils des ai­le­rons.

Pour le centrage à 105 mm du B. A (un tout pe­tit peu der­rière le mi­lieu de la clé d’ailes), l’ac­cu LiPo 3S 2 200 mAh doit être ins­tal­lé tout à l’avant. Du coup, j’ai uti­li­sé la boîte en CTP four­nie (dont il n’est pas fait men­tion dans la no­tice) pour ins­tal­ler l’ac­cu. Il est fixé avec du vel­cro au­to­col­lant dans cette boîte, puis la boîte est ren­trée dans le fu­se­lage (im­mo­bi­li­sée à l’avant grâce à un er­got qui rentre dans la cloi­son mo­teur, et à l’ar­rière avec une vis ny­lon).

CÔ­TÉ MESURES

Les l eds consomment en­vi­ron 2,3 A. Si vous vo­lez de jour, dé­bran­chez-les, c’est tou­jours ça de ga­gné en au­to­no­mie…

Au sol, avec un LiPo 3S 2 200 mAh 50C et l’hé­lice 14x7, la consom­ma­tion du mo­teur est de 73 A et la puis­sance de 780 W.

Avec un LiPo 4S 2650 mAh 30C et l’hé­lice 13 x 6,5 re­com­man­dée, on ex­plose le pla­fond : 107 A et 1 400 W. C’est beau­coup trop et même si en vol, ces va­leurs des­cendent de 10 % en­vi­ron, on risque de griller mo­teur et contrô­leur. J’ai mon­té une hé­lice APC E 12 x 6 et on re­vient à des va­leurs rai­son­nables : 76,5 A et 1 033 W.

Le poids est as­sez faible vu la taille du mo­dèle : 1 722 g avec un LiPo 3S 2200 mAh, et 1810 g avec un LiPo 4S 2650 mAh.

À l’usage, par deux fois, la bulle s’est dé­ta­chée en vol dans l es fi­gures né­ga­tives vio­lentes. J’ai ajou­té deux petits ai­mants à l’ar­rière, sur le haut de la bulle, pour ré­soudre ce point.

Dom­mage, l es pi­gnons des ser­vos ont un peu de jeu…

PAS MAL

Contrai­re­ment à ce qu’an­nonce le fa­bri­cant, le fee­ling de pilotage n’est pas ce­lui d’un VGM de 2,20 m mais est clas­sique pour la taille de cet avion. Le mi­racle n’existe pas… Ce point mis à part, la qua­li­té de fa­bri­ca­tion est ex­cel­lente et ce MXS montre un su­perbe po­ten­tiel en vol 3D, avec des gou­vernes mor­dantes et une mo­to­ri­sa­tion très puis­sante. De nuit, les leds as­surent une vi­si­bi­li­té tout sim­ple­ment ex­cel­lente. Bi­lan po­si­tif donc !

Ce MXS 56” de la marque RC Gadgetz a une concep­tion ori­gi­nale qui lui as­sure une faible masse. Il est en outre équi­pé d’ori­gine pour le vol de nuit…

Une des spé­ci­fi­ci­tés de ce vol­ti­geur, ce sont bien sûr ses leds ins­tal­lées d’ori­gine et qui as­surent un éclai­rage par­fait pour le vol de nuit.

Le pré­mon­tage en usine as­sure un temps mi­ni­mum pas­sé à l’ate­lier.

La dé­co­ra­tion, im­pri­mée sur la mousse de type Dé­pron qui re­couvre tout le mo­dèle, est très tra­vaillée et su­perbe. Mais elle est as­sez fra­gile à l’abra­sion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.