HAWK DE AIR­TECH

Grand ama­teur de vol à voile RC, j’ai été sé­duit par le look et la fi­ni­tion du Hawk. Ce mi­ni-pla­neur à vo­ca­tion lan­cé main est com­mer­cia­li­sé par Air­tech, qui dis­tri­bue cou­ram­ment les pro­duits ve­nus d’Ukraine, et no­tam­ment deV­la­di­mir’s Mo­del, fa­bri­cant rép

Modèle Magazine - - SOMMAIRE - Texte & pho­tos : Ch­ris­tophe Ro­court

Un lan­cé main sé­dui­sant

Ne pra­ti­quant pas as­si­dû­ment l a dis­ci­pline du lan­cé main, je cher­chais un mo­dèle fa­cile à lan­cer et ca­pable de réa­li­ser des temps de vol ré­gu­liers su­pé­rieurs à l a mi­nute. La faible masse et l es ca­pa­ci­tés ob­ser­vées sur les vi­déos ont gui­dé mon choix. Le Hawk offre la pos­si­bi­li­té à cha­cun de pou­voir goû­ter aux j oies du SAL (lan­cé par le sau­mon), tant en loi­sir que pour dé­cou­vrir la dis­ci­pline F3k, et ce pour un coût mo­dé­ré.

UN KIT SU­PER­BE­MENT FA­BRI­QUÉ

Le co­lis est net­te­ment plus im­po­sant que son conte­nant, afin d’as­su­rer une sé­cu­ri­té maxi­male vis-à-vis des aléas du trans­port. À l’in­té­rieur, le nombre de pièces est res­treint, et tout est im­pec­ca­ble­ment ran­gé au centre de l’em­bal­lage, dans des housses en mousse im­mo­bi­li­sées à l’adhé­sif.

Air­tech n’an­nonce pas le Hawk comme un pro­duit de Vla­di­mir’s Mo­del. Ce­pen­dant, pour qui connaît les réa­li­sa­tions de ce fa­bri­cant, ce mi­ni-pla­neur ne peut re­nier ses gênes. Et pour cause, Air­tech a tra­vaillé pour Vla­di­mir’s Mo­del, et of­fi­cie en pa­ral­lèle avec son consen­te­ment.

Les ailes sont mou­lées sur un noyau de Ro­ha­cell, avec deux fins tis­sus croisés de car­bone uni­di­rec­tion­nel. Elles ac­cusent le poids mo­dique de 57,4 g, ce qui est sur­pre­nant de lé­gè­re­té. Le di­èdre to­tal de 10° de­vrait ap­por­te­rune bonne sta­bi­li­té en rou­lis. L’ar­ti­cu­la­tion des ai­le­rons est réa­li­sée à l’in­tra­dos, pour ob­te­nir un fort dé­bat­te­ment vers l e bas en mode aé­ro­freins. La fente d’ex­tra­dos, très dis­crète, per­met le dé­bat­te­ment né­ces­saire en né­ga­tif. Le pas­sage des vis de fixa­tion est pré­sent au centre, et la dé­co­ra­tion est réa­li­sée dans le moule. Le fu­se­lage est su­per­be­ment réa­li­sé en car­bone, de sec­tion ovoïde dans le plan ho­ri­zon­tal. Le com­par­ti­ment ré­cep­tion, fer­mé par une ver­rière mou­lée en tis­su de verre, est suf­fi­sam­ment lo­geable pour évi­ter d’avoir à char­cu­ter la cel­lule. L’as­sise de la voilure re­prend le V du di­èdre et est équi­pée des fi­le­tages des vis de fixa­tion. Le sup­port du sta­bi­li­sa­teur est confié à une pièce rap­por­tée, éga­le­ment mu­nie de fi­le­tage de fixa­tion. Il est col­lé d’ori­gine sur le des­sous, à l’ex­tré­mi­té ar­rière de l a poutre, et l e pas­sage de l a com­mande de pro­fon­deur y est frai­sé.

L’em­pen­nage est mou­lé avec le même tis­su que la voilure, et re­çoit une mèche de car­bone sur chaque face en guise de lon­ge­ron. Le sta­bi­li­sa­teur à vo­let ne pèse que 3 g, avec l e pas­sage des vis de fixa­tion dé­jà réa­li­sé. L’ar­ti­cu­la­tion des vo­lets mo­biles fonc­tionne comme l es ai­le­rons. À mi-hau­teur de son bord d’at­taque, la dé­rive de 3,5 g est pour­vue d’une em­preinte mou­lée ve­nant s’em­boî­ter sur la poutre du fu­se­lage. Les em­pla­ce­ments où doivent s’im­plan­ter l es gui­gnols sont re­pé­rés par un fin mar­quage.

Le kit contient tout l’ac­cas­tillage per­met­tant de me­ner à bien le mon­tage du pla­neur. On y trouve les res­sorts de rap­pel dé­jà pliés des gou­vernes d’em­pen­nages, ain­si que le fil d’acier pour réa­li­ser les com­mandes. Un mor­ceau de gaine en ny­lon gui­de­ra les CAP de 0,8 mm char­gées d’ac­tion­ner l es ai­le­rons. Une pla­tine de ré­cep­tion en époxy de 0,6 mm d’épais­seur et quatre gui­gnols du même mé­tal sont pré­sents. On ter­mine avec la vis­se­rie à tête frai­sée au pas mé­trique et le PEG de lan­ce­ment à po­ser si on des­tine le Hawk à une uti­li­sa­tion SAL. La no­tice, à té­lé­char­ger sur le site du dis­tri­bu­teur, four­nit toutes les étapes de mon­tage et les ré­glages du mo­dèle.

UNE JOUR­NÉE À L’ATE­LIER

C’est glo­ba­le­ment le temps qu’il faut pour que notre Hawk se re­trouve en état de vol. Le tra­vail de­mande une bonne dose de pa­tience et beau­coup de mi­nu­tie, le plus long se si­tuant sur le fu­se­lage. Il fau­dra avant tout sé­lec­tion­ner du ma­té­riel de taille mi­cro pour les ser­vos et l’ac­cu.

On com­mence par l’em­pen­nage, en po­sant le res­sort de rap­pel pour que le vo­let mo­bile se dé­place au­to­ma­ti­que­ment du cô­té op­po­sé à la fente d’ar­ti­cu­la­tion. Les gui­gnols sont en­suite col­lés aux em­pla­ce­ments re­pé­rés. Ce­lui de pro­fon­deur reste ou­vert au ni­veau du point d’at­tache du câble, pour pou­voir éven­tuel­le­ment dé­mon­ter le sta­bi­li­sa­teur.

Je vous conseille de ma­ni­pu­ler les ailes avec pré­cau­tion pen­dant le tra­vail, puisque c’est là qu’elles ont le plus de chance d’être mar­quées. Il y a sim­ple­ment à po­ser le PEG (té­ton de lan­ce­ment) dans le sau­mon gauche ou droite,

se­lon les ha­bi­tudes du lan­ceur. Pour ce faire, un frai­sage est réa­li­sé à en­vi­ron 15 mm de la fente d’ar­ti­cu­la­tion. À l’aide d’une fine CAP pliée en U à son ex­tré­mi­té, la mousse du noyau se­ra ôtée avec soin sur la lon­gueur né­ces­saire à l’en­fon­ce­ment du PEG. Puis, la sur­face de col­lage se­ra mar­quée avec un pa­pier abra­sif as­sez gros de type 80, et la fixa­tion se fe­ra à la colle époxy 30 min. Après un mon­tage à blanc, les gui­gnols se­ront po­sés dans l’axe des com­mandes sor­tant du fu­se­lage.

Tra­vaillons sur le fu­se­lage, en ou­vrant des pas­sages de 2 x 30 mm pour les guides de com­mandes d’ai­le­rons. Ils se po­si­tionnent juste sous la ligne mé­diane du fu­se­lage, à en­vi­ron 7 mm sous l’as­sise des ailes. Pour le pas­sage du câble de com­mande de di­rec­tion, une pe­tite fente de 20 mm est à frai­ser juste en avant de la dé­rive, du cô­té droit pour les droi­tiers (et in­ver­se­ment pour les gau­chers).

Le reste se passe sur la pla­tine, qui est à équi­per en­tiè­re­ment avant de tout en­trer dans le com­par­ti­ment ré­cep­tion. La lar­geur d’ori­gine de cette pla­tine fait qu’elle ne re­pose pas to­ta­le­ment sur le fond du com­par­ti­ment, et en fonc­tion de l’épais­seur des ser­vos, on pour­ra la pon­cer pour lui per­mettre de des­cendre d’un mil­li­mètre. Les boî­tiers de ser­vos sont en­tou­rés d’un adhé­sif trans­pa­rent et mon­tés l’un sur l’autre pour for­mer deux pe­tits cubes. Les plus en avant com­mandent l’em­pen­nage, ceux de l’ar­rière les ai­le­rons. Ils sont sim­ple­ment main­te­nus par une goutte de cya­no.

Le ré­cep­teur dé­bar­ras­sé de son boî­tier se­ra im­mo­bi­li­sé der­rière, en lais­sant l’es­pace né­ces­saire aux bran­che­ments des connexions. L’em­pla­ce­ment de la pla­tine se­ra re­pé­ré dans le fuse- lage, pour per­mettre d’en­trer et sor­tir l’ac­cu de ré­cep­tion. Les com­mandes d’ai­le­rons en CAP se­ront cou­dées en Z et po­sées sur les pa­lon­niers, puis les câbles de com­mandes se­ront cou­pés à bonne lon­gueur et pas­sés dans le fu­se­lage. Ce­lui de pro­fon­deur est mon­té du gui­gnol vers le ser­vo, puis­qu’il n’est plus ac­ces­sible en­suite par l’ar­rière. Ce­lui de di­rec­tion se­ra at­ta­ché en pre­mier au pa­lon­nier de ser­vo, sur le trou le plus éloi­gné de l’axe pour un dé­bat­te­ment maxi­mum, et se­ra fixé cô­té gou­verne après la mise en place de la dé­rive. Le vo­let de di­rec­tion est main­te­nu dans l’axe avec un adhé­sif pen­dant cette opé­ra­tion.

Une im­mo­bi­li­sa­tion à blanc de l’en­semble de ré­cep­tion per­met­tra de ré­gler la bonne lon­gueur des com­mandes, et le pliage des CAP d’ai­le­rons se­ra éga­le­ment réa­li­sé. Un simple pliage en L suf­fit, car les CAP sont en ap­pui sur les gui­gnols et ne peuvent en sor­tir seules. Le col­lage des gaines de gui­dage et de la dé­rive ne se­ra ef­fec­tué qu’en tout der­nier, une fois la pla­tine dé­fi­ni­ti­ve­ment im­mo­bi­li­sée. Après avoir vé­ri­fié la bonne géo­mé­trie avec le

RÉ­CEP­TION ET RÉ­GLAGES

Air­tech pré­co­nise des ser­vos Graup­ner pos­sé­dant un bon rap­port qua­li­té/prix. Ce­pen­dant, j’ai op­té pour des Dy­mond D47, qui jouissent d’une ex­cel­lente ré­pu­ta­tion de fia­bi­li­té et de re­tour au neutre. Ils sont aus­si plus fins de 0,5 mm, ce qui per­met de ga­gner 1 mm en hau­teur dans le cas de notre mon­tage. Ain­si la ver­rière n’est pas gê­née lors de la fer­me­ture, car ce­la li­bère de la place pour le pas­sage des fils.

Un ré­cep­teur 8 voies FrS­ky V8 FR dé­bar­ras­sé de son boî­tier est main­te­nu sur l’ar­rière de la pla­tine, avec de l’adhé­sif. Dans un pre­mier temps, j’ai uti­li­sé un ac­cu LiPo 1S 500 mAh mais il est trop lourd avec 14,5 g. Il se­ra rem­pla­cé par un mo­dèle de 360 mAh, ad­di­tion­né de 3 g de lest. Ain­si, avec un to­tal de 13,5 g, j’ai ob­te­nu le cen­trage à 51,3 mm du bord d’at­taque qui semble le mieux conve­nir après es­sais. Le Hawk reste alors 5 g en des­sous du poids in­di­qué, avec 130 g af­fi­chés sur la balance élec­tro­nique de cen­trage.

Les dé­bat­te­ments de base four­nis par la no­tice se­ront af­fi­nés en fonc­tion des sen­sa­tions de cha­cun. Un émet­teur pos­sé­dant des phases de vol est re­quis pour ti­rer le meilleur du Hawk. Ain­si, trois phases prin­ci­pales sont né­ces­saires en mode SAL mais, pour une uti­li­sa­tion uni­que­ment à la pente, on ou­blie­ra celle du lan­cer.

IL VAUT LE COUP

Voi­ci un pe­tit mo­dèle bien né dont le ta­rif ne me semble pas dis­pen­dieux au re­gard de ses qua­li­tés. Mal­gré son faible poids, cette pe­tite ma­chine pos­sède un vrai tem­pé­ra­ment et des pres­ta­tions aé­ro­dy­na­miques dignes d’un plus grand. Grâce à son pro­fil étu­dié, il pour­ra évo­luer jus­qu’à 10 km/h de vent sans sou­ci. En plaine ou à la pente, il sau­ra sa­tis­faire son pro­prié­taire et as­sou­vir sa soif de vol. Ce pe­tit lan­cé main est main­te­nant de toutes mes sor­ties, sans avoir à être dé­mon­té dans la ma­jo­ri­té des cas. sta­bi­li­sa­teur, la fixa­tion de la dé­rive se fait avec une pointe de cya­no fluide.

Avec seule­ment 1 m d’en­ver­gure, ce pla­neur prend si peu de place qu’il sor­ti­ra très ré­gu­liè­re­ment, souvent sans même de­voir le dé­mon­ter. Ven­du par Air­tech, le Hawk est un pe­tit lan­cé main de 1 m d’en­ver­gure soi­gneu­se­ment construit en car­bone. Il per­met de s’adon­ner à la dis­ci­pline mais pas seule­ment, et peut à l’oc­ca­sion être je­té à la pente.

La dé­co­ra­tion jaune fluo tranche fran­che­ment sur la struc­ture car­bone. Un vrai pe­tit bi­jou !

Les dé­bat­te­ments des ai­le­rons uti­li­sés en vo­lets sont im­por­tants et freinent ef­fi­ca­ce­ment les 130 g du Hawk.

Le Hawk est une très bonne ma­chine pour dé­cou­vrir la ca­té­go­rie F3k (lan­cé main) et au­to­rise quelques fa­cé­ties, étant à l’aise pour vol­ti­ger un peu…

À la fin du vol, le jeu est de faire re­ve­nir le Hawk dans la main afin de re­par­tir le plus vite pos­sible…

Le lan­cer par le sau­mon re­quiert un cer­tain coup de main, mais aus­si des ré­glages adap­tés, pour des mon­tées à une tren­taine de mètres d’al­ti­tude.

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