Un vrai STOL

Modèle Magazine - - ESSAI -

EN VOL

Au vu de la géo­mé­trie glo­bale de l’avion as­so­ciée à une charge alaire peu éle­vée, on peut s’at­tendre à un vol fa­cile, et c’est ef­fec­ti­ve­ment le cas. Les pre­miers es­sais se sont dé­rou­lés sur une piste en herbe ton­due, c’est la vo­ca­tion du King­fi­sher et ce­la pré­serve les roues de l’usure sur le bi­tume. Le taxiage est fa­cile avec une rou­lette de queue juste ef­fi­cace comme il faut, et la puis­sance bien pré­sente du mo­teur.

En lisse (c’est-à-dire sans les vo­lets), le King­fi­sher de­mande entre la moi­tié et les trois quarts des gaz avant de dé­col­ler sur une pe­tite sol­li­ci­ta­tion de la pro­fon­deur. La te­nue d’axe est fa­cile et ne de­mande que peu de cor­rec­tion car l’an­ti­couple du mo­teur est bien adap­té. On peut en­suite vo­ler en pa­lier à mi-gaz. Avec les ré­glages re­te­nus, les gou­vernes sont suf­fi­sam­ment ré­ac­tives mais douces et bien dé­cou­plées. Les virages sont très jo­lis en ac­com­pa­gnant à la dé­rive. Les tours de ter­rain se suc­cèdent pour se faire plai­sir avec un avion très réa­liste, et le mo­deste pi­lote avion que je suis est ra­pi­de­ment à l’aise avec cette ma­chine.

Le test en pi­qué à 45° montre que le cen­trage à 65 mm est par­fait, car l’avion ne re­monte pas trop vite. Quant au dé­cro­chage, il ar­rive seule­ment en fin de course de la pro­fon­deur à ca­brer avec les dé­bat­te­ments adop­tés. L’avion part alors soit en vi­rage en­ga­gé, soit en vrille, mais le re­cen­trage des manches ra­mène de suite à un vol nor­mal : plu­tôt sé­cu­ri­sant et sans sur­prise.

Le pre­mier cran de vo­lets est idéal pour le dé­col­lage, qui se rac­cour­cit net­te­ment. On peut vo­ler ain­si très len­te­ment en jouant sur les gaz. Le deuxième cran de vo­lets freine bien l’avion, et on peut vo­ler dans ce cas dans un tout pe­tit es­pace au­tour de soi, tou­jours en ajus­tant les gaz. Au dé­col­lage dans cette confi­gu­ra­tion de vo­let, la puis­sance dis­po­nible per­met de s’af­fran­chir du sol en à peine plus que la lon­gueur du fu­se­lage : un vrai STOL ce King­fi­sher !

Dès qu’on pousse les gaz, l’ap­pa­reil ac­cé­lère fran­che­ment et la puis­sance per­met des mon­tées sous un angle très fort, ou de tour­ner des boucles d’un beau dia­mètre. Le ren­ver­se­ment est fa­cile, car la dé­rive est très ef­fi­cace. Pour ex­ploi­ter da­van­tage les ca­pa­ci­tés de cet avion, j’ai confié les manches à un ami vol­ti­geur. Le King­fi­sher passe toute la vol­tige aca­dé­mique de ma­nière cou­lée, du vol dos sans grande cor­rec­tion à pi­quer aux ton­neaux à fa­cettes de toutes sortes. À no­ter que la struc­ture ne bouge pas se­lon les fac­teurs de charge, les ailes sont so­lides avec leur lon­ge­ron car­bone et les hau­bans.

À l’at­ter­ris­sage sans les vo­lets, le King­fi­sher al­longe beau­coup car il plane plu­tôt bien. Mais le but n’est pas là, les vo­lets étant pré­sents pour frei­ner et rac­cour­cir le po­ser. En po­si­tion deuxième cran, le plan de des­cente peut être fort et l’ar­ron­di per­met un at­ter­ris­sage sur quelques mètres. On constate que la vi­tesse ne di­mi­nue pas énor­mé­ment dans le plan de des­cente, comme ce se­rait le cas si les vo­lets étaient à fente, ou s’ils pou­vaient bra­quer en­core plus. Tou­te­fois, avec les va­leurs possibles, on peut dire que le King­fi­sher est aus­si STOL à l’at­ter­ris­sage.

Un ac­cu LiPo 3S 2200 mAh per­met une du­rée de vol de 7 à 8 min se­lon la ges­tion des gaz, il fau­dra des 2 800 mAh pour at­teindre les 10 min. Je n’ai pas tes­té la ver­sion hy­dra­vion et skis, le kit com­plé­men­taire n’étant pas en­core dis­po­nible chez les dé­taillants au mo­ment de l’es­sai. Si­non, la ver­sion FPV avec le ca­pot spé­ci­fique li­vré d’ori­gine ne pose au­cun pro­blème. J’ai ain­si pu vo­ler « à l’in­té­rieur » du King­fi­sher, c’est bluf­fant de réa­lisme.

Avec les vo­lets à fond et toute la puis­sance dis­po­nible, il peut dé­col­ler en moins d’un mètre : sur­pre­nant !

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