TRA­JEC­TOIRE

Épi­sode 1 : Les bonnes bases

Modèle Magazine - - SOMMAIRE - Une ru­brique pra­tique de Pierre Al­ban

Les bonnes bases de ré­glage

Voi­ci une nou­velle ru­brique dédiée aux pla­neurs et à leurs mo­to­ri­sa­tions. Cette ru­brique, avec le ré­dac’ chef, nous l’avons vou­lue dans l’es­prit de celle que j’ai ani­mée dans la re­vue Loo­ping il y a bien long­temps. Elle était dé­jà in­ti­tu­lée « Tra­jec­toire », et on m’en parle en­core...

Plus de vingt-cinq ans de pra­tique des grandes plumes élec­triques, des di­zaines d’ar­ticles sur tous sup­ports, da­van­tage en­core de pla­neurs es­sayés, pour une consta­ta­tion : le fos­sé se creuse de plus en plus entre le monde très res­treint des pla­neu­ristes de haut ni­veau (F3x, GPR, GPS…) et le vé­li­vole en de­ve­nir, un peu per­du dans son club, en tout cas souvent i so­lé dans sa pra­tique.

AF­FI­NER ET SE PERFECTIONNER, ÉTAPE PAR ÉTAPE

Da­van­tage que de simples dos­siers tech­niques, avec des as­tuces et beau­coup d’in­fos sur les ma­té­riels, le but est de vous ame­ner à suivre avec moi une nou­velle tra­jec­toire dans votre pra­tique du pla­neur. Ce ne se­ra pas que vir­tuel, car l’ob­jec­tif est de vous ac­com­pa­gner avec votre propre ma­chine, pour j uger par vous­même des pro­grès ef­fec­tués. Ain­si va-t-on suivre une pro­gres­sion lo­gique, mois par mois.

L’idée, c’est qu’il ne ser­vi­rait à rien de mettre en avant des tech­niques de pi­lo­tages et de ré­glages un peu évo­luées, si ce­la n’est pas con­crè­te­ment ap­pli­cable à vous et à votre ma­té­riel. Nous al­lons donc com­men­cer par faire évo­luer votre propre ma­té­riel et vos ha­bi­tudes, car il n’est pas de bon ou­vrier avec de mau­vais ou­tils.

Il vous fau­dra réel­le­ment mettre en pra­tique ce­la, sans sau­ter d’étape. Comme nous au­rons un mois entre chaque étape, vous au­rez le temps de mettre en ap­pli­ca­tion. D’avance, par­don­nez-moi d’être un peu pé­remp­toire, c’est pour être utile et trans­mettre ce que j’ai ap­pris au cours des an­nées… Ce qui va suivre au fil des mois à ve­nir a de­man­dé beau­coup d’at­ten­tion et de tra­vail pré­cis, pour vous ai­der dans une pro­gres­sion lo­gique. Aus­si, suivre du fond de la classe et « s’ins­pi­rer » de cette ru­brique, n’est pas vrai­ment une bonne idée.

FAIRE SIMPLE, C’EST PAR­FOIS COM­PLI­QUÉ !

Le but ? Ce n’est pas de se faire des noeuds au cer­veau (ni aux ser­vos), mais bien au contraire d’ar­ri­ver à la fin à ce que tout soit simple : que votre pla­neur vole comme dans un rêve, qu’il aille où vous vou­lez et qu’il vous té­lé­phone ce qu’il y a de mieux pour lui. D’au­tant que vous sau­rez le mettre dans la confi­gu­ra­tion op­ti­male, cor­res­pon­dante à l’ins­tant « T ».

Mé­ta­pho­rons : si vous vou­lez pro­gres­ser en rallye au­to­mo­bile, vous n’al­lez pas char­ger le train avant, mettre des pneus pour­ris, des sus­pen­sions mortes, etc. Ce n’est pas com­pli­qué, mais tout ce­la se règle au mil­li­mètre.

En pla­neur, c’est pa­reil. Sans pour au­tant vou­loir faire de la com­pé­ti­tion, le but se­ra d’être ef­fi­cace mais simple. Pour ce­la, il va fal­loir se mettre en si­tua­tion d’ap­pré­cier chaque mil­li­mètre de vos ré­glages. Ne vous in­quié­tez pas, si vous me sui­vez et que vous don­nez la pa­role à votre pla­neur, il vous ex­pli­que­ra ! Pour que ce soit simple en vol et ef­fi­cace, il fau­dra par­fois l’être un peu moins en ate­lier, car c’est souvent dans le dé­tail que tout se joue, on est jus­te­ment là pour ça !

Si vous avez des ques­tions d’in­té­rêt com­mun, avec le ré­dac’ chef, nous vous gar­de­rons une pe­tite place dans la re­vue pour y ré­pondre. Pour me joindre : pier­real­ba­nae­ro­mo­del@gmail.com (Pierre Al­ban Ae­ro­mo­del)

JOUONS LE JEU

Pour com­men­cer, il va vous fal­loir choi­sir le­quel de vos pla­neurs va vous ser­vir à suivre cette pro­gres­sion. Si vous n’en avez qu’un à vo­lets, ce se­ra ce­lui-là. Si vous n’en avez au­cun à vo­let, ce­la li­mi­te­ra un peu, mais vous pour­rez de toute fa­çon par­ti­ci­per et le faire évo­luer. On pren­dra le plus po­ly­va­lent ou le plus ra­pide, c’est se­lon. Si vous avez un pla­neur à re­mettre en état et à mo­der­ni­ser, n’hé­si­tez pas, c’est le can­di­dat idéal ! Un So­lius ou, mieux, un He­ron ou un Fun­ray (de Mul­ti­plex) peuvent ser­vir de co­bayes, mais une ma­chine un peu plus grande et un peu plus fine se­ra da­van­tage dé­mons­tra­tive. L’idéal se­rait un 3,50 / 4 mètres. À la li­mite, plu­tôt que d’ache­ter main­te­nant un nou­veau pla­neur, pre­nez ce­lui que vous avez sous la main, car il est pro­bable qu’à la suite de ces dos­siers, vos exi­gences soient bien dif­fé­rentes.

ÊTRE MÉ­CA­NI­QUE­MENT LO­GIQUE, C’EST LA BASE

En pre­mier lieu, on va op­ti­mi­ser l’ins­tal­la­tion ra­dio de votre pla­neur, prin­ci­pa­le­ment dans les ailes. Puis, nous évo­que­rons la ges­tion des « cro­cos » (aé­ro­freins dits « cro­co­diles », ac­tion qui consiste à bais­ser les vo­lets et re­le­ver les ai­le­rons pour frei­ner le pla­neur). Le but de l’opé­ra­tion est mul­tiple : • Ob­te­nir le maxi­mum de dé­bat­te­ments là où on en a be­soin, sans en « gâ­cher » là où ce­la ne sert pas. • Tout ce­la sans jeu et avec un re­tour au neutre par­fait. C’est-àdire que les vo­lets de cour­bure doivent dé­battre beau­coup vers le bas et très peu vers le haut. Quant aux ai­le­rons, ils doivent agir beau­coup vers le haut, et tout de même suf­fi­sam­ment vers le bas.

Ob­te­nir des ser­vos une ci­né­ma­tique co­hé­rente et sans jeu, avoir des gou­vernes qui dé­battent cor­rec­te­ment, ce­la fait par­tie des bases sans les­quelles il ne se­rait pos­sible d’al­ler plus loin. On ne pour­ra ni pro­fi­ter, ni même ten­ter d’es­sayer cer­taines fi­nesses de ré­glage et de pi­lo­tage, que nous abor­de­rons plus tard, si nous ne par­tons pas sur une base la plus par­faite pos­sible.

En ef­fet, il ne faut par­fois pas grand-chose pour pas­ser du pire au meilleur, ou in­ver­se­ment !

Le but étant d’être utile et de vous faire pro­fi­ter de mon ex­pé­rience, j’es­père sin­cè­re­ment que vous al­lez vous pré­ci­pi­tez sur l’heu­reux élu pour ap­pli­quer ces concepts. At­ten­dez-vous à ne plus re­con­naître votre pla­neur (ce

n’est pas une tour­nure de phrase, c’est réel).

LES SER­VOS

Si les ser­vos équi­pant votre pla­neur n’ont qu’un faible jeu, ça ira, mais si la tête de ser­vo bouge dans son lo­ge­ment, on ne pour­ra ab­so­lu­ment rien faire de bon. Si vous vou­lez en pro­fi­ter pour re­faire tout ça à neuf, alors on pren­dra plu­tôt des ser­vos HV comme cer­tains KST, ou ac­cep­tant au mi­ni­mum le 6,6 V comme les Hy­pe­rion DS 095FMD (ces der­niers sont pro­gram­mables, ce qui nous se­ra très utile en­suite). Le but du 6,6 V ou du HV est d’ali­men­ter le pla­neur de fa­çon sûre et mo­derne. Ce se­ra l’ob­jet d’un pro­chain nu­mé­ro : si votre pla­neur est élec­trique, on peut op­ter pour des 6,6 V LiFePo4, mais si c’est pour un pla­neur pur ou bien une grosse bête élec­trique, le HV est bien plus lo­gique

AR­TI­CU­LA­TION DES GOU­VERNES ET GUI­GNOLS

Com­men­çons par une évi­dence. Sur votre gou­verne, l’ar­ti­cu­la­tion de celle-ci doit se trou­ver sur la face op­po­sée à votre gui­gnol, ce­ci afin d’éloi­gner au plus pos­sible l’axe d’ar­ti­cu­la­tion de la gou­verne de la tringle de com­mande. Pour­quoi ? Avec un bras de le­vier long sur la gou­verne, le ser­vo for­ce­ra moins et se­ra plus pré­cis. Dans le cas où votre gui­gnol se­ra du même cô­té que la char­nière, non seule­ment vous au­rez très peu de dé­bat­te­ment, mais aus­si beau­coup de jeu. Ce mon­tage « à l’en­vers » est donc non seule­ment in­ef­fi­cace mais, en plus, dan­ge­reux.

En­suite, je ne suis pas par­ti­san de po­si­tion­ner le gui­gnol de fa­çon très dé­por­tée sur la gou­verne, que ce soit pour les vo­lets ou les ai­le­rons, nous ver­rons pour­quoi plus loin. En tout état de cause, si on peut ra­me­ner l’axe de la chape au plus près de la ligne ver­ti­cale pas­sant par l’axe d’ar­ti­cu­la­tion, ce se­ra mieux. Ce n’est pas tou­jours pos­sible, mais moins on s’en éloi­gne­ra, mieux ça vau­dra.

UN BRAS DE SER­VO LE PLUS COURT POS­SIBLE

Le nerf de la guerre est ici. Plus la chape se­ra éloi­gnée de l’axe du ser­vo, moins l e ser­vo au­ra de force, moins il se­ra pré­cis et plus il consom­me­ra. In­ver­se­ment, plus on se­ra proche de l’axe de ser­vo, plus grande se­ra la pré­ci­sion et les ef­forts moindres. L’in­con­vé­nient est que l’ on dis­pose de moins de dé­bat­te­ment. Si on pou­vait uti­li­ser le pre­mier trou du bras de ser­vo, ce se­rait l ’idéal. Mal­heu­reu­se­ment, ce­la obli­ge­rait à avoir un pa­lon­nier trop court cô­té gou­verne, ce qui est à ré­ser­ver à cer­taines ma­chines en fibre. Si l e pre­mier trou du bras de ser­vo est souvent trop court, le troi­sième est trop loin. Pour ma part, je consi­dère l’usage du troi­sième trou comme un échec dans une belle i ns­tal­la­tion ra­dio, en tout cas sur un pla­neur. Pour­tant il ai­de­rait bien, ce troi­sième trou, et le qua­trième ap­porte pas mal de so­lu­tions, oui mais aus­si des pro­blèmes de force et de pré­ci­sion.

Reste donc le deuxième trou : là j e vous ac­corde qu’il faut sa­cré­ment ru­ser pour que tout se passe bien, car c’est un peu court. Mais c’est pos­sible, et donc on a tout à ga­gner à tra­vailler sur ce che­min-là.

Voi­ci com­ment : dès lors que l’on uti­lise un bras de ser­vo court, il va fal­loir ex­ploi­ter toute la course du ser­vo. On ne doit se ser­vir des li­mites de fin de course de la ra­dio uni­que­ment pour af­fi­ner les sy­mé­tries entre les gou­vernes gauche et droite, mais ja­mais pour bri­der les dé­bat­te­ments. Si on est ame­né à le faire, c’est que l’ins­tal­la­tion ra­dio est per­fec­tible.

Avant de fixer vos ser­vos, vous al­lez : • pla­cer donc la tête de ser­vo cô­té bord d’at­taque ; • ré­gler les neutres à zé­ro sur la ra­dio ; • pla­cer le bras de ser­vo bien verticalement pour les ai­le­rons ; • pour les vo­lets, dé­ca­ler juste d’un cran vers le bord d’at­taque.

Pour fixer l es ser­vos dans l es ailes, on peut uti­li­ser un cadre de ser­vo adap­té, c’est l a so­lu­tion riche et pra­tique. C’est beau et pour chan­ger un ser­vo, ça se fait avec trois vis. À la re­vente, c’est aus­si ap­pré­cié. Pour col­ler l e cadre, en­tou­rez le ser­vo de film ali­men­taire et vis­sez-le sur son cadre, c’est im­por­tant, si­non ça pour­rait dé­for­mer l a peau de l’aile. Une fois le ser­vo fil­mé et fixé sur son cadre, on uti­li­se­ra de la colle UHU End Fest. Cette colle est très ré­sis­tante, mais je vous sug­gère de pe­ser les deux com­po­sants à la balance de pré­ci­sion, car elle est plus sen­sible que d’autres aux écarts de mé­lange.

Sans cadre, avec le même col­lage, on pro­té­ge­ra les ser­vos avec de la gaine ther­mo­ré­tracc­table, qui elle, se­ra col­lée in si­tu. Dans les deux cas, les sup­ports doivent être pré­pa­rés sé­rieu­se­ment : pon­cer au gros grain, puis rayer au cut­ter et en­fin dé­grais­sez à l’alcool.

UTI­LI­SER TOUTE LA COURSE DU SER­VO

Ser­vos en place, donc, nous sommes d’ac­cord que l’on a be­soin d’un peu de dif­fé­ren­tiel aux

ai­le­rons et de dé­bat­te­ment très for­te­ment asy­mé­trique aux vo­lets. À ce stade, les trin­gle­ries n’existent pas en­core, donc on ne s’en oc­cupe pas. Pre­nez votre ra­dio main­te­nant et dé­ca­lez les neutres vers le bord d’at­taque. De 20 % pour les ser­vos d’ai­le­rons, de 30 à 40 % pour le ser­vo de vo­lets. Ain­si, on uti­li­se­ra toute la course des ser­vos. C’est seule­ment main­te­nant que l’on va adap­ter notre trin­gle­rie.

On ne tou­che­ra donc plus au sub­trim dans la ra­dio, c’est sur le pla­neur que ça se joue. Je n’uti­lise que deux types de tringles, soit en 2,5 mm avec des chapes Mul­ti­plex car c’est de la bonne qua­li­té, si­non en tige fi­le­tée de 3 mm en qua­li­té in­ox si pos­sible (en ma­ga­sin de bri­co­lage).

En­suite, puisque l’on uti­lise le se­cond trou du bras de ser­vo, il est bien évident que la tringle va ve­nir tou­cher l’aile à un mo­ment ou un autre. Il faut donc cou­der cette tige de 10 à 15°, juste ce qu’il faut pour « échap­per » la peau de l’aile.

La so­lu­tion riche, c’est d’uti­li­ser des chapes cou­dées. C’est ab­so­lu­ment gé­nial ! À 5 eu­ros pièce chez Lin­din­ger, c’est cher mais ça vaut vrai­ment la peine. En plus, il fau­dra ra­jou­ter la pe­tite vis pour fixer le tout sur le bras de ser­vo.

Une fois le ser­vo en place, on pla­ce­ra un clip sur les prises pour pré­ve­nir d’un éven­tuel­le­ment ar­ra­che­ment à l’in­té­rieur de l’aile

On va main­te­nant ajus­ter la hau­teur du pa­lon­nier de gou­verne. C’est en ef­fet ici que l’on ajus­te­ra les neutres (via la chape) et les dé­bat­te­ments en fonc­tion du trou choi­si sur le pa­lon­nier de vo­let ou

d’ai­le­ron. Ain­si, on ob­tient de grands dé­bat­te­ments pour les cro­co­diles/ai­le­rons et une très grande pré­ci­sion pour les vo­lets de cour­bures, puisque ça se joue ici entre - 2 et + 4 mm au maxi­mum. (+ vers le bas)

VÉRIFICATION GÉ­NÉ­RALE

C’est main­te­nant que l’on va bran­cher le ré­cep­teur et, voie par voie, ré­gler la li­mite de chaque ser­vo, afin d’être cer­tain qu’au­cun ne force nulle part. Pour en être bien sûr, on pour­ra bran­cher un pe­tit am­père-mètre chi­nois pour dé­tec­ter une éven­tuelle con­som­ma­tion anor­male, en par­ti­cu­lier quand on braque les gou­vernes à fond. Nous ne ré­glons pas ici les dé­bat­te­ments du pla­neur, nous gé­rons les li­mites que les ser­vos ne doivent pas dé­pas­ser, afin de les pro­té­ger et de vé­ri­fier que chaque paire de ser­vos pro­cure bien le même dé­bat­te­ment maxi­mum. Si ce n’est pas le cas, il va fal­loir trou­ver pour­quoi il y a une dif­fé- rence et y re­mé­dier mé­ca­ni­que­ment, pas élec­tro­ni­que­ment (si­non, ça po­se­ra des pro­blèmes avec les mixages). On peut to­lé­rer un 98 % - 103% aux li­mites de chaque ser­vo, c’est d’ailleurs pour ce­la que l’on est là (af­fi­ner), mais en au­cun cas un 70 -120 %. J’in­siste sur le fait que le dé­but de cette opé­ra­tion doit se faire ser­vo par ser­vo, car il est très fa­cile de griller un ser­vo nu­mé­rique s’il vient à for­cer sans qu’on ne le voie de suite.

Pour aug­men­ter en­core un peu les dé­bat­te­ments, on peut uti­li­ser des ser­vos pro­gram­mables de fa­çon à aug­men­ter leur course ex­ploi­table. Il est dif­fi­cile d’al­ler au-de­là de 120° de part et d’autre pour des rai­sons de ci­né­ma­tique dans l’aile, mais ce­la peut ap­por­ter un réel plus.

IL Y A EN­CORE DU JEU !

Ce jeu ré­si­duel que vous voyez pro­vient peut-être du fi­le­tage de la tringle. Pour blo­quer ce­la, on ne met pas de contre-écrou, ça s’ac­croche par­tout : on va plu­tôt uti­li- ser du frein fi­let (par­tout où il y a du fi­le­tage mé­tal/mé­tal). Pre­nez du frein-fi­let « moyen », il n’y a pas de hautes vi­bra­tions. Si vous avez en­core du jeu, vé­ri­fiez que vos pa­lon­niers sont bien col­lés et re­gar­dez bien si ça ne vient pas non plus de la char­nière de la gou­verne. Il peut être né­ces­saire, sur des ailes en­toi­lées, de chan­ger les scotchs à char­nière, sans ou­blier d’en mettre quatre mor- ceaux à l’in­té­rieur, sur­tout là où se trouve le pa­lon­nier.

RÉ­GLAGES DE PRÉ­CI­SION

Nous avons fait tout ce­la pour ob­te­nir du ser­vo le maxi­mum de couple, une grande pré­ci­sion en même temps que de grands dé­bat­te­ments, ce qui était un peu

an­ti­no­mique au dé­part. Main­te­nant, il faut que tout ce­la soit ri­gou­reu­se­ment sy­mé­trique entre l’aile gauche et l’aile droite. Pour ce­la, on peut se do­ter d’un ou­til ab­so­lu­ment gé­nial, prê­té par un co­pain à qui je ne l’ai ren­du qu’après avoir fait le mien ! Il est sim­ple­ment consti­tué d’un in­ci­den­ce­mètre nu­mé­rique pour hé­li­co­ptère RC et d’une pince à linge… Le gros in­té­rêt, en plus de la pré­ci­sion au 1/10 de de­gré, c’est sur­tout sa mise à zé­ro.

Pla­neur im­mo­bi­li­sé à plat, peu im­porte son in­ci­dence gé­né­rale : en met­tant à zé­ro l’in­ci­den­ce­mètre, on peut di­rec­te­ment com­pa­rer les dé­bat­te­ments d’une gou­verne à l’autre. Ce­la se ré­gle­ra sur les bu­tées maxi à la ra­dio, où on ne de­vrait pas avoir plus de 2-3 % de dé­ca­lage entre la droite et la gauche. Ain­si, votre ton­neau tour­ne­ra de la même fa­çon dans les deux sens ; en spi­rale, le pla­neur se­ra sans sur­prise, mais sur­tout, quand vous sor­ti­rez les « cro­cos », le pla­neur ira droit !

À part l’in­ci­den­ce­mètre (vous le trou­ve­rez fa­ci­le­ment sur in­ter­net), la dif­fi­cul­té est de dé­go­ter la bonne pince à linge ! Car son « ex­tra­dos » doit être plat pour re­ce­voir l’in­ci­den­ce­mètre (en gé­né­ral, il fau­dra un bon coup de cale à pon­cer), mais aus­si, le bord de fuite de la gou­verne doit être te­nu sans jeu. On fe­ra at­ten­tion donc à la forme du fond de la gorge de la pince.

Deux col­liers plas­tique so­li­da­ri­se­ront l’en­semble, puis un pe­tit bout de mousse au­to­col­lante bien pla­cé achè­ve­ra le tout. C’est tel­le­ment bien que je ne sais pas com­ment je fai­sais avant ! Que ce soit ex­pri­mé en de­grés n’est pas tel­le­ment grave, même si les no­tices donnent gé­né­ra­le­ment des in­fos en mil­li­mètres, car le but est ici de vé­ri­fier les par­faites sy­mé­tries de chaque mixage.

RÉ­GLAGES EN PO­SI­TION CRO­CO

Pour qu’elle soit ef­fi­cace, cette fonc­tion doit voir les vo­lets des­cendre d’au moins 35° et les ai­le­rons se le­ver d’au moins 25°. C’est un mi­ni­mum, et souvent pas si fa­cile à at­teindre.

Les vo­lets aug­mentent un peu la por­tance et freinent mais, seuls, ils ne font pas des­cendre ef­fi­ca­ce­ment. Les ai­le­rons re­le­vés aug­mentent énor­mé­ment le taux de chute, mais ne freinent pas du tout. C’est pour ce­la que la com­bi­nai­son des deux est aus­si ef­fi­cace. Et pour l’être, ef­fi­cace, il faut suf­fi­sam­ment de dé­bat­te­ments.

De même, en mode cro­co, manche d’ai­le­rons à fond d’un cô­té, les ai­le­rons doivent pou­voir se l ever en­core un peu quand l’autre re­vient au neutre : c’est le bon ré­glage. Si votre ra­dio per­met le mode « spoi­ler+ » qui coupe le dif­fé­ren­tiel en sor­tant les cro­cos, c’est mieux. L’idéal se­rait aus­si de cou­per le mixage Ai­le­rons > Vo­lets quand on sort les cro­cos, afin que les vo­lets ne fassent pas ai­le­rons quand on sort les freins. J’en suis d’ailleurs ve­nu à sup­pri­mer pure- ment et sim­ple­ment ce mixage qui de­vient in­utile quand on a beau­coup de dé­bat­te­ments aux ai­le­rons. De plus les vo­lets uti­li­sés en ai­le­rons sont peu ef­fi­caces et souvent mal uti­li­sés, il vaut bien mieux que les ai­le­rons dé­battent da­van­tage et lais­ser les vo­lets tran­quilles. Con­cer­nant les autres dé­bat­te­ments, nous y re­vien­drons plus tard, pour l’ins­tant, on n’y touche pas : du mo­ment que les maxi sont sy­mé­triques, c’est le prin­ci­pal.

CRO­COS + AÉ­RO­FREINS

Sur cer­tains grands pla­neurs, vous pou­vez dis­po­ser d’aé­ro­freins (AF) à lames en plus de 4 vo­lets, voire d’aé­ro­freins + 6 vo­lets ! Com­ment gé­rer ce­la ? Sur mes pla­neurs « du di­manche », je couple tout sim­ple­ment les AF et les vo­lets de cour­bure. Il n’est plus utile dans ce cas que les ai­le­rons se re­lèvent beau­coup. Ain­si, ces der­niers gardent leur fonc­tion de ges­tion du rou­lis, mais en étant juste un peu re­le­vés (2 mm), ils aug­mentent ar­ti­fi­ciel­le­ment le vrillage de l’aile, re­tar­dant ain­si le dé­cro­chage.

Pour peau­fi­ner le mixage AF / vo­lets, on peut tra­vailler l es courbes, de fa­çon à d’abord des­cendre un peu vo­lets sur un pre­mier quart de manche. En­suite, leur courbe s’apla­tit un peu pour que les AF à lames se lèvent sur les deux autres quarts du manche, et en­fin, sur le der­nier quart, les vo­lets fi­nissent de des­cendre à fond. Le but est de tou­jours gar­der de l’hy­per­sus­ten­ta­tion grâce aux vo­lets, puis de gé­rer le taux de chute aux AF, et en­fin, si on a vrai­ment be­soin, on peut des­cendre les vo­lets à fond (pas­sant dans le der­nier quart de manche, les vo­lets de 25 à 45 °).

Ce qui est im­por­tant, c’est de ne ja­mais to­ta­le­ment ren­trer les vo­lets, qui pri­ve­raient bru­ta­le­ment le pla­neur de son hy­per­sus­ten­ta­tion : il pour­rait alors dé­cro­cher bru­ta­le­ment près du sol…

Quand il y a six vo­lets + AF, pour les grosses maquettes par exemple, j’uti­lise les vo­lets in­té­rieurs et in­ter­mé­diaires avec un in­ter 3 po­si­tions pour les des­cendre en­semble. Avec 6 vo­lets et sans AF (comme sur le Chil­li tes­té le mois der­nier), les vo­lets in­té­rieurs des­cendent, les vo­lets in­ter­mé­diaires montent, les ai­le­rons ne par­ti­cipent pas au mixage.

OÙ PLA­CER LES CRO­COS SUR LA RA­DIO ?

Nous di­sions donc que les freins de­vaient avoir du dé­bat­te­ment pour être ef­fi­caces. En co­rol­laire, cette ef­fi­ca­ci­té se doit d’être gé­rée. C’est pour ce­la que la fonc­tion cro­co doit im­pé­ra­ti­ve­ment être gé­rée par la voie dite des gaz. Je sais que ce n’est pas fa­cile pour cer­tains, mais de toutes fa­çons, il fau­dra bien y ve­nir, car mettre les cro­cos sur un in­ter, c’est la cer­ti­tude un jour ou l’autre de cas­ser le pla­neur.

Avoir des freins très ef­fi­caces per­met de ré­gu­ler pour s’adap­ter à toutes les cir­cons­tances et à tous les ter­rains, tout en conti­nuant à gé­rer une éven­tuelle ra­fale de vent. Ça peut se dis­cu­ter pour ne faire vo­ler qu’un pla­neur calme sur une grande plaine... jus­qu’au jour où l’on de­vra à la fois don­ner un coup d’ai­le­ron et aug­men­ter ou di­mi­nuer les freins. Donc le manche des gaz DOIT être at­tri­bué aux cro­cos ou/et AF

ALORS, OÙ PLA­CER LES GAZ ?

On ne doit pas lâ­cher les manches pour ac­ti­ver le mo­teur. Si vous êtes droi­tier, vous lan­cez le pla­neur de la main droite, donc vous al­lez pla­cer l’in­ter­rup­teur mo­teur à l’in­dex gauche, pour ac­ti­ver le mo­teur en sé­cu­ri­té au der­nier mo­ment.

Si vous pi­lo­tez pouces des­sus,

pour un droi­tier, met­tez votre pouce gauche sur le manche et re­gar­dez où ar­rive votre in­dex. Y a-t-il un élé­ment de com­mande à l’en­droit où tombe na­tu­rel­le­ment votre in­dex ? C’est à cet en­droit que doit se trou­ver votre com­mande mo­teur. Vous ne de­vez pas à avoir à cher­cher cette com­mande, vous de­vez n’avoir qu’à ap­puyer là où se trouve votre in­dex, c’est tout. Pour ce­la, les ra­dios Mul­ti­plex Royal SX ont une er­go­no­mie sans équi­valent, avec des in­ters sur la tranche). Si mal­heu­reu­se­ment au­cun in­ter ne tombe sous votre in­dex, il va fal­loir en mettre un !

Si vous vo­lez en mode pu­pitre, c’est peut-être le mo­ment de vous of­frir un in­ter bout de manche, tou­jours sur le cô­té gauche pour un droi­tier.

La der­nière so­lu­tion est celle que j’uti­lise sur ma Mul­ti­plex Pro­fi TX (pu­pitre) dans la me­sure où cette ra­dio sert ex­clu­si­ve­ment à mes pla­neurs. Il faut re­mettre le res­sort sur le manche des gaz, tout en conser­vant un lé­ger cran­tage. Le même manche sert alors pour le mo­teur et les AF. En pous­sant vers l’avant, on ac­tive le mo­teur, en ti­rant on sort les freins. Il n’y a pas plus ins­tinc­tif et na­tu­rel. Au ni­veau pro­gram­ma­tion, on s’en sort en gé­rant la course des ser­vos qui ne doivent être ac­tifs que sur la de­mi-course qui nous in­té­resse.

QUEL TYPE DE COM­MANDE MO­TEUR ?

L’im­por­tant est que la com­mande soit en per­ma­nence sous votre doigt. Le moins pra­tique, c’est le cur­seur. L’in­ter 3 po­si­tions n’est pas si na­tu­rel en vol, d’au­tant que la po­si­tion in­ter­mé­diaire ne sert à rien. Mais si ce sont ces com­mandes-là qui tombent sous l’in­dex, on fe­ra avec. L’in­ter à deux po­si­tions est en fait le plus pra­tique. Pour ne pas fa­ti­guer in­uti­le­ment le ma­té­riel par une mise en puis­sance bru­tale, il suf­fit juste de pro­gram­mer une tem­po­ri­sa­tion sur les gaz pour ob­te­nir un dé­mar­rage pro­gres­sif. Si votre mo­teur est en di­rect, un dé­lai de 0,9 à 1 se­conde est bien. Avec un ré­duc­teur, 1,4 sec est une bonne va­leur. C’est donc le temps qu’il faut pour pas­ser les gaz de -100 % à + 100 %. Pas de tem­po­ri­sa­tion en re­vanche quand on coupe le mo­teur. Bien en­ten­du, il fau­dra conser­ver l’in­ter de sé­cu­ri­té mo­teur, ap­pe­lé aus­si par­fois « ar­rêt d’ur­gence ». Cet in­ter doit être i mmé­dia­te­ment ac­ti­vé dès lors que le mo­dèle est au sol.

Si vous dé­si­rez pla­cer un in­ter 2 P sur votre ra­dio, je vous sug­gère soit d’ache­ter un in­ter avec le câ­blage adap­té à votre ra­dio, soit plus sim­ple­ment de dé­pla­cer un in­ter qui ne sert pas ! Un pe­tit trou au dia­mètre de l’in­ter et vous voi­là avec votre com­mande mo­teur ac­ces­sible en per­ma­nence. C’est le genre de pe­tite mo­di­fi­ca­tion qui vous change la vie. En pla­neur pur, ce même in­ter vous ser­vi­ra pour le lar­gage du câble de re­mor­quage. Là aus­si, il faut pou­voir faire ça fa­ci­le­ment.

VOUS HÉ­SI­TEZ À FAIRE LA MODIF ?

Les freins comme l e mo­teur doivent être ac­ces­sibles fa­ci­le­ment et en per­ma­nence, c’est une ques­tion de sé­cu­ri­té. D’au­tant que vous al­lez prendre goût à uti­li­ser votre pla­neur à son meilleur po­ten­tiel, puis à dé­cou­vrir des ma­chines plus per­for­mantes. Car n’ou­bliez pas que votre pla­neur ac­tuel, ain­si que vos pro­chains, se­ront plus fa­ciles à pi­lo­ter, plus sains et beau­coup plus pré­vi­sibles. Pour ce­la, l’ou­til doit être fi­ne­ment ré­glé, ce que nous al­lons faire. Mais vous aus­si, il vous faut prendre de meilleures ha­bi­tudes. Au dé­but, vous hé­si­te­rez par­fois, mais vous al­lez très vite prendre le pli, tant ce que je vous pro­pose est lo­gique et ins­tinc­tif. Mal pla­cer ces com­mandes est une source de crash très im­por­tante, sans par­ler du stress et de l’in­con­fort à tâ­ton­ner pour cher­cher une com­mande.

LE MOIS PRO­CHAIN

Il me tarde d’abor­der les tech­niques de pi­lo­tage, il fau­dra at­tendre un peu en­core car on me pose beau­coup de ques­tions sur les ma­té­riels à uti­li­ser dans l’équi­pe­ment des pla­neurs et de leurs pé­ri­phé­riques. Il y a là aus­si de bonnes ha­bi­tudes à prendre et des ma­té­riels in­con­tour­nables, dont cer­tains in­croya­ble­ment peu connus. Comme vous al­lez le dé­cou­vrir, on passe souvent son temps et son ar­gent à com­pli­quer les choses de­puis des fon­da­tions in­stables, au lieu de faire simple, lo­gique et fiable de­puis le dé­but. Ren­dez-vous dans un mois !

Quand on est iso­lé, il est dif­fi­cile d’ap­pli­quer con­crè­te­ment les bé­né­fices d’un ré­glage fin…

L’exemple ty­pique et souvent ren­con­tré de ce qu’il ne faut pas faire : grands bras de ser­vos et dé­bat­te­ments li­mi­tés élec­tro­ni­que­ment. Il faut faire l’in­verse ! De plus, l’axe du ser­vo est ici mon­té du mau­vais cô­té, obli­geant d’au­tant plus à uti­li­ser un grand bras de ser­vo pour ne pas bu­ter sur le cof­frage de l’aile.

Ap­pli­cables aus­si bien sur une mousse que sur une ma­chine d’ex­cep­tion, Pierre Al­ban vous ré­vèle ses se­crets dans cette nou­velle ru­brique…

Le pa­lon­nier de gou­verne doit obli­ga­toi­re­ment se trou­ver sur la face op­po­sée de l’ar­ti­cu­la­tion, l’axe de la chape étant à la ver­ti­cale de l’axe d’ar­ti­cu­la­tion.

Cet ac­cu Lion ali­mente di­rec­te­ment en 8,2 V le ré­cep­teur et des ser­vos HV.

La colle UHU End Fest est vrai­ment idéale pour ce genre de tra­vaux, c’est aus­si le genre de dé­tail qui fait la dif­fé­rence. At­tendre 12 h avant de ma­ni­pu­ler.

Em­bal­lé dans du film ali­men­taire, le ser­vo est en­suite vis­sé sur son cadre, puis col­lé avec son axe bien en face du gui­gnol de gou­verne.

Des deux cô­tés, il faut pon­cer aux gros grains, rayer au cut­ter, puis dé­grais­ser à l’alcool les sur­faces avant de col­ler.

Un ac­cu de ré­cep­tion LiFePo4 ali­mente en di­rect les ser­vos ac­cep­tant le 6,6 V.

Clip ou gaine ther­mo ré­trac­table évitent que les prises ne se dé­branchent dans l’aile.

Chape à ro­tule sur le se­cond trou, tige fi­le­tée de 3 mm et cou­dée : tout est fait pour uti­li­ser au maxi­mum la course du ser­vo.

Un must : la chape cou­dée, chère, mais ab­so­lu­ment par­faite pour notre usage.

Des ser­vos pro­gram­mables sont une so­lu­tion idéale pour aug­men­ter le dé­bat­te­ment avec de pe­tits bras de ser­vos (ici, des Hy­pé­rion).

Avec six vo­lets dans les ailes, on peut avoir des cro­cos ef­fi­caces et gar­der en­core les ai­le­rons pour le contrôle to­tal du rou­lis. RU­BRIQUE Épi­sode 1 : Les bonnes bases

Pla­neur dans la main droite, in­dex gauche sur la com­mande mo­teur. Cette der­nière est im­mé­dia­te­ment et spon­ta­né­ment ac­ces­sible, c’est une ques­tion de sé­cu­ri­té.

Sur une ra­dio pu­pitre, l’in­ter en bout de manche est la so­lu­tion idéale pour com­man­der le mo­teur. Comme ici, on peut éga­le­ment uti­li­ser le manche avec le mo­teur sur la de­mi-course su­pé­rieure, et la sor­tie des AF sur la de­mi-course in­fé­rieure. Au mi­lieu, bien en­ten­du, tout est à zé­ro !

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