FLITZ 2 DE AE­RO­MO­DE­LIS

Au som­met de l’as­cen­dance

Modèle Magazine - - ÉDITO - Texte : Laurent Du­cros & Pierre Meu­nier Pho­tos : Laurent Du­cros & Franck Le­vey

La ca­té­go­rie F3K hante mes nuits de­puis long­temps. Et si j’ai fran­chi le pas de­puis plu­sieurs mois, c’est grâce à Pierre Meu­nier, cham­pion de France de la dis­ci­pline et vice-cham­pion du monde par équipe. Éga­le­ment Y ou tu beur émé­rite, il m’a ai­dé à pas­ser du vir­tuel au réel.

Pierre n’est pas avare de conseils et m’a ou­vert les yeux sur cette dis­ci­pline spor­tive par ex­cel­lence. Certes, il nous pré­sente des ma­chines haut de gamme, mais il est éga­le­ment un ex­cellent pé­da­gogue. Toutes ses vi­déos sont lu­diques et par­ti­cu­liè­re­ment ef­fi­caces. D’ailleurs, c’est en les re­gar­dant in­las­sa­ble­ment que j’en suis ar­ri­vé à la conclu­sion que le Flitz 2 pou­vait être le pla­neur par­fait pour dé­bu­ter dans la dis­ci­pline. Al­lez sur la page Youtube de Pierre, où vous pour­rez y dé­cou­vrir des di­zaines de vi­déos : https://ti­nyurl. com/y8ejhvtd

LA COM­PÉ­TI­TION COMME MO­TEUR TECH­NO­LO­GIQUE

Il existe un cer­tain nombre de pla­neurs tout car­bone dans le monde fer­mé du F3K. C’est un tra­vail d’ar­ti­sans pas­sion­nés, et les ta­rifs sont éle­vés, mais ce­la reste rai­son­nable compte te­nu de la qua­li­té des pro­duits. Il faut ain­si se tour­ner vers la Li­tua­nie, fief de la construc­tion des pla­neurs tout plas­tique, où An­drey La­kov­lev fait par­tie des maîtres au sens noble du terme. S’il existe dif­fé­rentes ver­sions (light et ren­for­cées), j’ai op­té pour la ver­sion stan­dard qui per­met de sor­tir le Fl­titz à 240 g maxi en o rdre de vol. Un pla­neur d’1,50 m aus­si lé­ger est un ex­ploit que seuls les meilleurs ar­ti­sans peuvent réa­li­ser. Il existe même des Flitz à 150 g, des poids plumes qui, pour le coup, sont plus fra­giles et ré­ser­vés aux ini­tiés. Pour pas­ser com­mande vous pou­vez vous rendre à cette adresse : https:// www.ae­ro­mo­de­lis.lt

LE KIT

La qua­li­té des mou­lages du Flitz est tout sim­ple­ment hal­lu­ci­nante au re­gard de la masse et de la ri­gi­di­té de l’en­semble. Les ma­té­riaux font par­tie des meilleurs du mar­ché, à sa­voir du Ro­ha­cell pour les noyaux et du car­bone TeX­treme à 60 g/m2 pour les ailes. Le Ro­ha­cell est une mousse dense et lé­gère uti­li­sée dans l’in­dus­trie aé­ro­nau­tique gran­deur, qui offre une ri­gi­di­té in­com­pa­rable. Quand vous sai­sis­sez les ailes, le sen­ti­ment de lé­gè­re­té peut lais­ser pen­ser qu’elles sont gon­flées à l’hé­lium ! Elles sont en un seul mor­ceau, même s’il existe une ver­sion dé­mon­table en deux par­ties (une ten­dance qui se confirme pour fa­ci­li­ter le trans­port).

Le fu­se­lage est li­vré avec le sup­port de sta­bi­li­sa­teur col­lé, ce se­ra un équer­rage de moins à faire. La poutre de queue est en car­bone et la par­tie avant en kev­lar, le tout étant par­ti­cu­liè­re­ment ri­gide. Le sta­bi­li­sa­teur est mou­lé sur des noyaux en Ro­ha­cell et semble, tout comme l es ailes, so­lide et très lé­ger. Il faut comp­ter une di­zaine de grammes pour l’en­semble.

Bien en­ten­du, il fau­dra être soi­gneux dans le mon­tage ou pen­dant les ma­ni­pu­la­tions pour évi­ter de les mar­quer.

On trouve l es ac­ces­soires comme les gui­gnols en car­bone, les trin­gle­ries en CAP et le PEG éga­le­ment en car­bone. Pour fi­nir, la vis­se­rie et l es connec­teurs élec­triques sont li­vrés pour une con­nexion ra­pide des ser­vos vers le ré­cep­teur.

LE MON­TAGE

Un mo­dé­liste ex­pé­ri­men­té ne ren­con­tre­ra pas de dif­fi­cul­tés dès lors qu’il est soi­gneux. Le tra­vail sur les ailes se dé­com­pose en deux étapes : l’ins­tal­la­tion des com­mandes d’ai­le­ron et le PEG.

Pour les ai­le­rons, il faut en pre­mier lieu creu­ser les puits de ser­vos, sans sou­cis par­ti­cu­liers car l’em­preinte est réa­li­sée. Il faut tout de même pro­té­ger la peau au­tour de la dé­coupe. Le Ro­ha­cell est une mousse qui se dé­coupe très bien au cut­ter, il faut seule­ment être pru­dent quand on ap­proche de la peau à l’ex­tra­dos pour ne pas la mar­quer. Une fois la ma­tière re­ti­rée (l’aile fait 8 mm d’épais­seur à cet en­droit), vous dé­cou­vri­rez deux puits, l’un vers la com­mande d’ai­le­ron, l’autre vers les connexions.

Pour po­si­tion­ner les gui­gnols, une équerre est la bien­ve­nue. Le col­lage se fait en­suite à la colle époxy mé­lan­gée avec de la poudre de car­bone, fai­sant of­fice de mi­cro­bal­lon. La sor­tie de la CAP se fait de l’in­tra­dos vers l’ex­tra­dos : en la pous­sant, on dé­cou­vri­ra le pas­sage des com­mandes. Il suf­fit alors de dé­cou­per la peau et de fa­çon­ner la sor­tie avec une lime. Cette com­mande dite en « top drive » est réa­li­sée en CAP de 12/10. Je vous conseille d’en ache­ter en plus car, pour réa­li­ser des com­mandes propres, il m’a fal­lu m’y re­prendre à plu­sieurs fois. L’idée est de lais­ser les vo­lets bra­qués vers le bas de 7 mm, ser­vos au neutre. Ain­si

l’am­pli­tude se­ra plus im­por­tante vers l e bas, en fonc­tion vo­lets d’at­ter­ris­sage. Le plus im­por­tant est d’ob­te­nir deux com­mandes d’ai­le­ron iden­tiques, même s’il est tou­jours pos­sible de les ajus­ter in­dé­pen­dam­ment par la suite.

Il faut fixer les deux ser­vos dans le puits. Je ne suis ja­mais par­ti­san de réa­li­ser les col­lages à même la mousse ou la peau. J’ai donc des­si­né un cadre pour chaque ser­vo avec un lo­gi­ciel 3D (Fu­sion 360). Im­pri­més en PLA, ils ne pèsent que 1,2 g cha­cun. Le ser­vo est pro­té­gé par de l’adhé­sif de type bande de mas­quage pour pein­ture, puis di­rec­te­ment col­lé dans le cadre. Des caches en car­bone viennent fer­mer chaque puits de ser­vo.

Les pas­sages de câbles sont dé­jà frai­sés, mais il est in­dis­pen­sable de re­ti­rer la prise pour le pas­sage des câbles. Je n’ai pas en­core pris la dé­ci­sion de col­ler le connec­teur ra­pide pour les ser­vos, comme pré­co­ni­sé, ils sont pour le mo­ment re­liés au ré­cep­teur par des ral­longes clas­siques.

LE PEG

C’est le té­ton qui per­met de lan­cer le pla­neur avec une ro­ta­tion du corps. L’ef­fi­ca­ci­té est re­dou­table, et ce mode de lan­cer per­met d’at­teindre des hau­teurs de 80 m. Les pre­miers PEG étaient de simples ba­guettes rondes en bois dur, et par la suite des tubes car­bone. Les fa­bri­cants ont ré­cem­ment fait un gros tra­vail d’er­go­no­mie sur cette pièce maî­tresse en F3K. Le Flitz ne dé­roge pas à la règle, avec un PEG par­ti­cu­liè­re­ment tra­vaillé. Il est col­lé sur une pla­tine en car­bone, elle-même in­sé­rée dans l’aile.

Avant de com­men­cer à per­cer l’aile, il faut bien en­ten­du te­nir compte du fait que vous soyez droi­tier ou gau­cher. La pre­mière étape consiste à prendre les cotes et à les re­por­ter sur un adhé­sif de mas­quage, avant d’ou­vrir le sau­mon pour y in­sé­rer la pla­tine. Oui, vous avez bien lu, cette dé­li­cate étape est in­dis­pen­sable, Dre­mel en main et li me plate pour ajou­rer cette par­tie. Avec un peu de soin, ce­la se passe bien, mais il faut ad­mettre que dé­cou­per une telle pièce tient du sa­cri­lège.

En­suite, une CAP pliée à l’équerre à son ex­tré­mi­té per­met­tra de re­ti­rer le Ro­ha­cell afin de lais­ser la place pour la pla­tine. Il faut faire plu­sieurs es­sais pour ajus­ter l a po­si­tion de la pla­tine, voire la li­mer par en­droits afin qu’elle s’in­sère sans dé­for­mer la peau en car­bone. J’ai fait quelques pe­tites en­coches afin que la ré­sine adhère par­fai­te­ment au­tour de la pièce. Une as­tuce est d’uti­li­ser un fil afin d’ex­traire la pièce une fois dans le sau­mon.

La deuxième étape consiste à frai­ser le pas­sage du PEG dans la peau, aus­si bien à l’ex­tra­dos qu’à l’in­tra­dos (pla­tine en place). Il est pos­sible de frai­ser un peu plus large pour faire ce que l’on ap­pelle un point dur. La ré­sine est mé­lan­gée avec du mi­cro­bal­lon et de la poudre de car­bone. Ce mé­lange est en­suite in­jec­té via une douille en plas­tique ou une se­ringue, ma pré­fé­rence étant pour la deuxième so­lu­tion car il est dif­fi­cile de voir quelle est la quan­ti­té de ré­sine en­voyée avec une douille. Compte te­nu des ef­forts en jeu lors des lan­cers à ré­pé­ti­tion, seule la ré­sine offre un ré­sul­tat pro­bant, la colle époxy étant à ré­ser­ver pour les autres élé­ments du mon­tage. Une fois la pla­tine in­sé­rée et le PEG en place, il faut at­tendre 24 heures pour que le tout po­ly­mé­rise.

LE FU­SE­LAGE

Mal­gré une grande ri­gi­di­té, il fau­dra gar­der à l’es­prit que ces pièces sont as­sez fra­giles aux chocs. La dé­rive est à col­ler sur le tube de queue mais, avant ce­la, il faut mon­ter ce que l’on ap­pelle des res­sorts. Pour ga­gner du poids, en lieu et place de CAP, on uti­lise des res­sorts et un unique câble en trac­tion pour com­man­der les gou­vernes.

L’ef­fet res­sort est ef­fi­cace s’ils sont cor­rec­te­ment mon­tés. Il faut plier la gou­verne et ins­tal­ler chaque res­sort en l’en­fon­çant dans la peau, sans per­cer le tis­su. Je re­com­mande de mon­ter deux res­sorts par gou­verne, car je n’en avais po­sé qu’un pour la dé­rive, et j’ai tout de suite vu que la mise en vi­rage n’était pas as­sez mor­dante. Pour les main­te­nir en place sans qu’ils ne tra­versent la peau, il existe plu­sieurs so­lu­tions : soit per­cer le Ro­ha­cell et y col­ler des tubes très fins en plas­tique (pour y lo­ger en­suite la CAP), soit main­te­nir le res­sort par un point de colle type cya­no. Le Ro­ha­cell étant com­pa­tible avec ce type de colle, j’ai op­té pour cette der­nière so­lu­tion. Les deux ser­vos de pro­fon­deur et de di­rec­tion sont ins­tal­lés à l’avant sur une pla­tine. Celle four­nie par Ae­ro­mo­de­lis se­ra dé­cou­pée se­lon

Il faut com­men­cer par faire quelques lan­cers type ja­ve­lot pour ré­gler les trims. La fi­nesse est tout sim­ple­ment in­croyable : sur un simple lan­cer, il est pos­sible de faire deux, voire trois tours, le Flitz ne semble ja­mais vou­loir se po­ser. Les trims ré­glés, on peut pas­ser au lan­cer à pro­pre­ment par­ler.

Quand on re­garde les meilleurs pi­lotes, on se de­mande comment ils ar­rivent à lan­cer à 50 m d’al­ti­tude, voire plus… La tech­nique de lan­cer en ro­ta­tion n’est pas si na­tu­relle mais, comme vous le ver­rez, c’est tout sim­ple­ment re­dou­table. La tech­nique de Pierre Meu­nier est à suivre et à re­pro­duire, il la pré­sente sur sa chaîne Youtube à tra­vers une vi­déo di­dac­tique. Une pré­pa­ra­tion phy­sique est né­ces­saire, a mi­ni­ma un échauf­fe­ment…

L’in­dex sur l’in­ter­rup­teur, le lan­cer se fait en sou­plesse, sans for­cer. Les bras, le mou­ve­ment du bas­sin et le jeu de jambes per­mettent de créer un ef­fet res­sort pour ob­te­nir l’ef­fet dé­si­ré : c’est plus fa­cile à dire qu’à faire, mais le ré­sul­tat est im­mé­diat. Le Flitz 2 monte sous 80° pour at­teindre sa hau­teur de vol. On peut par ailleurs an­ti­ci­per la phase de tran­si­tion en pous­sant fran­che­ment sur la pro­fon­deur, ce­la per­met d’en­gran­ger un peu d’éner­gie pour une tran­si­tion éven­tuelle. La sen­sa­tion de pi­lo­tage est celle d’un pla­neur plus lourd car, n’ou­blions pas que nous sommes à moins de 250 g, ce qui est très faible au re­gard de la sur­face. Le Flitz2 a un com­por­te­ment très neutre, néan­moins j’ai beau­coup d’ex­po sur tous les axes pour avoir un pi­lo­tage plus souple. Le F3K est une dis­ci­pline où les nerfs peuvent être mis à rude épreuve, l’ex­po sert à cor­ri­ger le sur-pi­lo­tage. Pour le centrage, j’avais pré­vu un peu de marge en cou­lant quelques grammes de plomb dans le nez, mais je les ai re­ti­rés par la suite.

Outre ses ca­pa­ci­tés voi­lières, le Flitz passe toute la vol­tige de base. Sur un simple lan­cer, on peut en­chaî­ner ton­neaux, boucles et vi­rages ser­rés, même le vol dos tient très bien mal­gré les 6,5° de di­èdre. Après plu­sieurs séances, on se prend vite au jeu de lan­cer et de faire un ton­neau dans la mon­tée. En ef­fet, la vi­tesse après la ro­ta­tion du corps est de l’ordre de 100 km/h (four­chette basse), ce qui per­met de se faire plai­sir.

Sans plomb à 240 g, le Flitz n’a pas peur du vent et vous se­rez sur­pris de voir à quel point il peut ren­trer de loin face au vent. La res­ti­tu­tion suite à un ba­din jouf­flu n’est en re­vanche pas son genre, et on s’éloigne du prin­cipe de la dis­ci­pline. L’idée est de ba­layer le maxi­mum de ter­rain pour en­rou­ler une as­cen­dance, c’est ce­la qu’il fait très bien. Le temps de vol sur un lan­cer nor­mal (entre 40 et 50 m d’al­ti­tude) per­met de vo­ler 1min 30 par temps neutre, sans as­cen­dances. Au­tant dire qu’avec quelques pompes, il est pos­sible de vo­ler plu­sieurs mi­nutes. Vo­ler avec un F3K comme le Flitz est ad­dic­tif, on dé­couvre les per­for­mances du pla­neur tout en es­sayant de lan­cer mieux et plus haut. L’ob­ser­va­tion est la clé de la réus­site pour chas­ser le ther­mique. Il faut sen­tir la masse d’air pour que vous puis­siez en­rou­ler ra­pi­de­ment. Le Flitz marque les ther­miques de ma­nière dé­mons­tra­tive, en haus­sant la queue ou en bat­tant de l’aile. Il y a de nom­breux moyens de gé­rer son vol en fonc­tion des pro­fils, mais dans un pre­mier temps, j’ai re­te­nu trois modes sur un in­ter­rup­teur à troi po­si­tions (vi­tesse, croi­sière et ther­mique). L’émet­teur DX9 et sa syn­thèse vo­cale per­mettent de bas­cu­ler d’un mode à l’autre sans se trom­per. Le mode vi­tesse per­met de tran­si­ter entre deux zones à faible ren­de­ment, alors que le mode ther­mique est par­fait pour ex­plo­rer une zone por­teuse, voire pour spi­ra­ler. En­fin, le mode croi­sière per­met de vo­ler dans la meilleure plage de la po­laire. Un pro­fil est op­ti­mi­sé pour vo­ler en lisse, néan­moins il peut être né­ces­saire de vo­ler vite pour évi­ter une dé­gueu­lante, par exemple en re­le­vant de 2 mm pour ac­cé­lé­rer fran­che­ment.

Pour en­rou­ler près du sol, on uti­lise le snap­flap, un mode de vol as­so­ciant si­mul­ta­né­ment vo­let de cour­bure et pro­fon­deur. La fonc­tion est ac­ti­vée en mode mixage sur une courbe 3 ou 5 points. Le gros avan­tage du snap­flap est de pou­voir en­rou­ler à basse vi­tesse des pompes proches du sol. En ef­fet, mal­gré les hau­teurs de dé­part entre 40 à 50 m, la dif­fi­cul­té du F3K est d’ac­cro­cher une as­cen­dance qui n’est pas très large à sa base. Le snap­flap fait alors toute la dif­fé­rence, en per­met­tant au Flitz de s’as­seoir dans l’as­cen­dance près du sol. Le Ro­ha­cell est plu­tôt dense, mais des marques peuvent ap­pa­raître si la pres­sion est trop forte. J’en ai fait l’ex­pé­rience en fai­sant un rat­tra­pé « lou­pé ». Dé­sor­mais, si je sou­haite rat­tra­per le Flitz en vol, je le sai­sis par l’ogive. Les com­pé­ti­teurs re­lancent di­rec­te­ment en at­tra­pant le PEG, un autre monde qui de­mande de nom­breuses heures de pra­tique… Les vo­lets en mode at­ter­ris­sage sont puis­sants. La pente per­met de vi­ser la cible à chaque vol, la com­mande d’aé­ro­frein se fait avec le manche de gaz, et est as­so­ciée à une courbe en 3 points.

LE FLITZ 2 À LA MON­TAGNE

Par­tir en va­cances avec un pla­neur est tou­jours un di­lemme. Trop pe­tit, son do­maine de vol l’est souvent tout au­tant, trop grand, et il faut sa­cri­fier les seaux et les pelles… Pour évi­ter la crise fa­mi­liale, j’ai pris l’op­tion d’em­me­ner le Flitz dans les ba­gages. Le pro­blème est bel et bien le trans­port, car un pla­neur tout car­bone est très sen­sible aux ma­nu­ten­tions. J’ai donc réa­li­sé une caisse en bois pour le pro­té­ger.

Si un F3K vole en plaine, il n’y a au­cune rai­son qu’il ne vole pas à la mon­tagne ? Au­tant vous dire qu’il se dé­fend dans tous les do­maines de vol, et la mon­tagne n’y fait pas ex­cep­tion. Il n’a ja­mais été aus­si fa­cile de « tâ­ter » la pente en fai­sant un lan­cer clas­sique, les 40 à 50 m d’al­ti­tude font toute la dif­fé­rence. S’il vole plus ra­pi­de­ment du fait de l’al­ti­tude, il marque toutes les pompes : une as­cen­dance et on le voit ac­cé­lé­rer. À l’in­verse, la moindre dé­gueu­lante est mar­quée par une queue basse, ce­la de­vient un jeu d’en­fant d’en­rou­ler le moindre ther­mique. Les heures de vol s’en­chaînent, al­ter­nant ran­don­née en vol et vol­tige tous azi­muts. La sen­sa­tion aux com­mandes est celle d’un pla­neur plus grand. Il se pose dans la main sans sou­cis, peu im­porte que la pente soit grande ou exi­guë. Les va­cances au­ront ain­si fait le bon­heur des pe­tits et des grands, une conclu­sion des plus heu­reuses !

le po­si­tion­ne­ment des ser­vos, mais je ne l’uti­lise pas. J’ai pris l’ha­bi­tude de des­si­ner les pla­tines et autres ac­ces­soires en 3D, afin de les im­pri­mer en PLA. Mal­gré un poids ma­jo­ré de 20 %, l’ins­tal­la­tion est ajus­table et on peut sur­tout créer toutes sortes de formes. Dans le cas de cette pla­tine, il a été pos­sible de pré­for­mer les trous de fixa­tion des ser­vos, ain­si que ceux du bal­last. Des ren­forts ont même été créés afin de rendre la pla­tine plus ri­gide. Et pour ex­traire cette pla­tine, il suf­fi­rait de prendre un dé­ca­peur ther­mique pour chauf­fer quelques ins­tants le PLA afin qu’il se dé­forme.

Des ser­vos Dy­mond D47 ou des KST X08 passent. J’ai op­té pour ces der­niers qui sont une ré­fé­rence dans le mi­lieu F3K, avec un jeu dans les com­mandes par­fai­te­ment maî­tri­sé. La hau­teur sous l’ogive est très faible, au point qu’il m’a fal­lu prendre les pa­lon­niers les plus bas pos­sible afin que tout rentre. Pour les com­mandes, le fa­bri­cant livre un câble d’acier de 0,3 mm. D’un poids lé­gè­re­ment su­pé­rieur à du Dy­ne­ma, il offre une ré­sis­tance sans pa­reille. La dé­coupe se fait avec un disque mon­té sur une Dre­mel. Les deux câbles sont blo­qués par des bagues à ser­tir, on en trouve fa­ci­le­ment dans les ma­ga­sins de loi­sirs créa­tifs. Il faut po­si­tion­ner cor­rec­te­ment la pla­tine pour gar­der de la place pour l’ac­cu et le ré­cep­teur.

La dé­rive est col­lée sur le tube de queue, en soi­gnant son équer­rage. Mon­ter le Flitz de­mande un peu de soin, mais c’est la ran­çon d’un vol sans his­toire. Étant gau­cher, j’ai pla­cé le gui­gnol à l’ex­té­rieur du PEG (fente de gou­verne cô­té gui­gnol). Pour réa­li­ser le pas­sage du câble de di­rec­tion, il faut uti­li­ser la Dre­mel et frai­ser un pas­sage de 15 mm pour 0,5 mm de hau­teur der­rière la pro­fon­deur. En­fin, il faut pré­sen­ter l’ogive en l’orien­tant cor­rec­te­ment, car elle a un sens bien pré­cis sur le Flitz 2.

ÉQUI­PE­MENT ET RÉ­GLAGES

Toutes les ra­dios pro­gram­mables fe­ront l’af­faire, même si une syn­thèse vo­cale est un vrai plus. En ef­fet, du­rant un même vol, vous al­lez être ame­né à chan­ger ré­gu­liè­re­ment les phases de vol (ther­mique, vi­tesse). La seule dif­fi­cul­té se­ra de trou­ver un ré­cep­teur suf­fi-

sam­ment com­pact pour lo­ger à l’avant du fu­se­lage.

L’ac­cu de ré­cep­tion est soit un LiPo 2S si votre ré­cep­teur et vos ser­vos l’ac­ceptent, soit un LiPo 1S. Dans mon cas, j’ai op­té pour un ac­cu 1S 600 mAh de marque Tat­tu, une ré­fé­rence dans le do­maine des LiPo. Pos­sé­dant un émet­teur Spek­trum DX9, j’ai choi­si un ré­cep­teur Hy­pé­rion 6 voies « Di­ver­si­ty » qui fonc­tionne très bien tout en étant vrai­ment com­pact.

Un pla­neur F3K de­mande un peu de temps pour bien in­té­grer toutes les sub­ti­li­tés de la dis­ci­pline. Les don­nées du fa­bri­cant sont une bonne base de ré­fé­rence pour le centrage, et les dé­bat­te­ments pré­co­ni­sés sont adop­tés avec 50 % d’ex­po­nen­tiel par­tout.

Si la plage de centrage est as­sez éten­due, entre 68 à 70 mm, il vaut mieux op­ter pour un centrage plu­tôt avant pour les pre­miers vols. La place étant comp­tée dans le fu­se­lage, j’ai dé­ci­dé de faire un moule en plâtre dans le­quel ont été fon­dus quelques grammes de plomb.

Pour faire le moule, un gobelet contient le mé­lange de plâtre à prise ra­pide, puis on se sert du nez du pla­neur en­ve­lop­pé dans du film ali­men­taire. Le plomb fon­du dans ce moule ira en­suite se lo­ger pré­ci­sé­ment dans le mu­seau. Un simple mor­ceau de mousse per­met de le ca­ler dans la pointe avant.

Pre­set : voi­là un an­gli­cisme bien connu des pra­ti­quants de la dis­ci­pline. Le Pre­set consiste à dé­fi­nir un ni­veau de dé­bat­te­ment pour la pro­fon­deur et les vo­lets sur une très courte pé­riode, à sa­voir le lan­cer. L’idéal est d’avoir un in­ter­rup­teur à re­tour sur cette com­mande, néan­moins un in­ter­rup­teur à une po­si­tion fait aus­si l’af­faire. Un mixage per­met de ré­gler la pro­fon­deur à ca­brer et les vo­lets avec 2 mm vers le haut. Ain­si, une fois lan­cé, le Flitz part sous une forte pente avec de la vi­tesse. Ce Pre­set per­met d’op­ti­mi­ser la mon­tée sous forte pente.

CONCLU­SION

Le F3K est la dis­ci­pline spor­tive par ex­cel­lence, al­liant tech­ni­ci­té, exi­gence et maî­trise du vol à voile. Si vous ne sa­vez pas quoi faire après vos jour­nées de tra­vail, lorsque les ther­miques sont en­core là, fran­chis­sez le pas ! Le Flitz 2 est l’un des meilleurs F3K du mar­ché, au­tant dire que c’est un sans-faute.

Ce Flitz 2 a une géo­mé­trie clas­sique pour un lan­cer main per­for­mant, avec une en­ver­gure de 1,5m.

Cette ma­chine de com­pé­ti­tion offre bien sûr des per­for­mances de haut ni­veau. Il est aus­si pos­sible de pas­ser un peu de vol­tige…

Pour un lan­cer ef­fi­cace, la ro­ta­tion doit être tra­vaillée. Un saut ra­pide pen­dant la ro­ta­tion sur 360° le rend plus puis­sant, per­met­tant d’at­teindre une al­ti­tude de 50 m.

Di­èdre consé­quent, dé­rive dé­pas­sant lar­ge­ment en des­sous pour as­su­rer une bonne tra­jec­toire lors du lan­cer… Le Flitz 2 est clas­sique mais fait par­tie des meilleures ma­chines de la ca­té­go­rie.

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