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Mon Jardin et ma Maison - - /pt Dpotfjmt Nouveautés -

Les plantes mé­di­ter­ra­néennes s’aven­turent au-des­sus des haies qui pro­tègent les es­pèces vi­vaces du vent ma­rin

n jar­din là où il ne de­vrait pas y avoir

de jar­din. C’est ce que l’on peut lire dans un guide tou­ris­tique an­glais au su­jet d’Arun­dell, si­tué sur la côte nord de Cor­nouailles, entre deux caps lar­ge­ment ex­po­sés aux vents sa­lés. Et pour­tant quel jar­din ! Il fau­drait même em­ployer le plu­riel tant les com­po­si­tions s’en­chaînent, avec de vraies sur­prises car il est qua­si im­pos­sible d’avoir une vue d’en­semble des 4 000 m2 de ter­rain. Quand le re­gard s’échappe vers l’ho­ri­zon, c’est pour aper­ce­voir la mer, toute proche. La ba­lade donne à dé­cou­vrir un clas­sique jar­din an­glais de cottage, dé­jà sur­pre­nant par l’abon­dance des flo­rai­sons et des couleurs, puis un spec­ta­cu­laire jar­din exo­tique lui aus­si plan­té avec den­si­té. Suivent une am­biance mé­di­ter­ra­néenne qui in­vite au re­pos, un jar­din de gra­viers et un pe­tit plan d’eau au­quel on accède en che­mi­nant par­mi les fou­gères et autres plantes d’ombre.

Di­ver­si­té d'am­biances

Très vite, on s’in­ter­roge : comment est-il pos­sible de réunir au­tant de plantes d’ori­gines si dif­fé­rentes, en au­tant de ta­bleaux va­riés et avec au­tant de contraintes cli­ma­tiques ? Le couple de jar­di­niers, Da­vid et Bren­da, met en avant la pa­tience, avec un flegme bri­tan­nique tein­té d’un gé­né­reux sou­rire comme si tout était fa­cile. « Il faut tou­jours pré­pa­rer le ter­rain mi­nu­tieu­se­ment, en l’en­ri­chis­sant de com­post bien mûr. Et, avant d’ins­tal­ler vos es­pèces fa­vo­rites, don­nez-vous deux à trois ans et consa­crez-vous à la plan­ta­tion de haies pro­tec­trices. Elles for­me­ront un

Des élé­ments de dé­co­ra­tion, en bois ou en pierre, se glissent dans la vé­gé­ta­tion et animent les mas­sifs

bel écrin qui évi­te­ra aux autres plantes de griller sous l’as­saut des em­bruns ». Ici, le jar­din est en­ca­dré d’une haute haie d’Olea­ria tra­ver­sii, taillée à trois mètres. À l’in­té­rieur du jar­din, ont été plan­tées des haies plus basses d’Elaea­gnus eb­bin­gei et d’Euo­ny­mus ja­po­ni­ca, tous deux per­sis­tants. Après quelques plan­ta­tions ha­sar­deuses, Da­vid a ob­ser­vé que la plu­part des plantes ori­gi­naires de Nou­velle-Zé­lande se plai­saient bien, en par­ti­cu­lier les cor­dy­lines et les phor­miums. « Une fois que les haies ont ac­quis leur ma­tu­ri­té, tout a été plus simple, pour­suit Bren­da. Les plantes sont sous haute sur­veillance la pre­mière an­née, du­rant la­quelle nous ne né­gli­geons pas les ar­ro­sages. Mais en­suite, tout le monde se dé­brouille seul. » Bien évi­dem­ment, il ne faut pas oublier le sé­ca­teur qui éli­mi­ne­ra les fleurs fa­nées, la bi­nette qui écar­te­ra les herbes in­dé­si­rables… et l’oeil aver­ti du jar­di­nier qui rec­ti­fie l’équi­libre entre les plantes, ajoute une pointe de cou­leur ou un élé­ment de dé­co­ra­tion : des souches de bois comme des to­tems, des po­te­ries dé­bor­dant de fleurs aux couleurs vives ou des jarres vides…

Le jar­din sec

À cô­té de ce foi­son­ne­ment vé­gé­tal se cache un jar­din sur gra­viers, qui fait écho au pay­sage maritime dé­pouillé. C’est un en­droit ins­pi­ré des réa­li­sa­tions de la pay­sa­giste an­glaise Beth Chat­to, dans la pure tra­di­tion des jar­dins secs ex­po­sés en plein so­leil, avec une belle pa­lette de plantes ré­sis­tantes (ciste, thym, ail d’or­ne­ment, phlo­mis…). Un havre de paix au coeur d’un exo­tisme luxu­riant.

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