« Pol­luer l’air de la voi­ture est scan­da­leux »

Mon Quotidien - - À LA UNE - C. H.

Dans son plan an­ti­ta­bac an­non­cé fin sep­tembre, la mi­nistre de la San­té sou­haite in­ter­dire de fu­mer en voi­ture en pré­sence d’en­fants de moins de 12 ans. Elle veut ain­si pro­té­ger les jeunes du ta­ba­gisme pas­sif, mais aus­si évi­ter de les en­cou­ra­ger à fu­mer plus tard. L’avis du pro­fes­seur Ber­trand Daut­zen­berg, pneu­mo­logue à l’hô­pi­tal de la Pi­tiéSal­pê­trière, à Pa­ris. Dan­ge­reux. « Quand une per­sonne fume en voi­ture, 1 mil­liard de par­ti­cules (“pous­sières” in­vi­sibles) vont di­rec­te­ment dans ses pou­mons et 5 mil­liards sont re­je­tées dans l’air ! Fra­giles. « Plus les en­fants sont jeunes, plus ils sont fra­giles, car ils ont des pe­tits pou­mons. Les bé­bés n’ont pas non plus de “filtres” dans le nez, qui est donc com­plè­te­ment “ou­vert” :

Au­jourd’hui, qui cri­tique la cein­ture de sé­cu­ri­té ?

Ces par­ti­cules flottent très long­temps dans l’air. C’est plus dan­ge­reux de fu­mer en voi­ture que dans une mai­son, car l’air reste très pol­lué, même fe­nêtres ou­vertes. » Li­ber­tés. « Cette loi pose le pro­blème des li­ber­tés de cha­cun dans un es­pace pri­vé. Mais, au­jourd’hui, qui cri­tique la cein­ture de sé­cu­ri­té ? Pol­luer l’air d’un en­fant au nom de la li­ber­té me pa­raît bien plus scan­da­leux ! » les par­ti­cules entrent en­core plus di­rec­te­ment dans leurs pou­mons. Autre pro­blème : fu­mer de­vant un en­fant ba­na­lise le geste. L’en­fant a alors da­van­tage de risques de fu­mer plus tard. Et, plus on com­mence à fu­mer tôt, plus on risque d’at­tra­per des ma­la­dies, no­tam­ment res­pi­ra­toires. » Comment ap­pelle-t-on la per­sonne qui tient un bu­reau de ta­bac ? Ta­ba­gisme pas­sif : fait de res­pi­rer la fu­mée de ci­ga­rette d’un fu­meur. Pneu­mo­logue : mé­de­cin spé­cia­liste des pou­mons. Ba­na­li­ser (ici) : rendre ba­nal, nor­mal.

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