Tout sa­voir sur le mé­tier de po­li­cier

Mon Quotidien - - PLAYBAC PRESS -

a ren­du hom­mage, mar­di, aux 3 po­li­ciers (dont un gar­dien de la paix, l’un des mé­tiers de la po­lice) tués par les ter­ro­ristes les 7 et 8 jan­vier. Mon Quo­ti­dien a ren­con­tré des po­li­ciers qui ont par­lé de leur mé­tier. • En­traî­ne­ments. « Pour être gar­dien de la paix, il faut réus­sir un concours après le bac. Après, on passe 1 an dans une école en in­ter­nat. On y ap­prend les lois, pour sa­voir ce qu’on a le droit de faire ou pas au tra­vail. On prend des cours de sport (boxe, course à pied, au­to­dé­fense...). Et on s’en­traîne à ré­agir à toutes les si­tua­tions : contrôles d’iden­ti­té, vols, dis­putes fa­mi­liales, agres­sions, co­lis sus­pects... Nos pro­fes­seurs (des po­li­ciers) jouent les rôles des vic­times ou des agres­seurs. On a aus­si des en­traî­ne­ments dans des com­mis­sa­riats. Ain­si, on ap­prend les bons ré­flexes à avoir quand on tra­vaille­ra dans la rue, plus tard. » • 13 ans. « C’est un mé­tier où l’on bouge, et où l’on est de­hors. On ne fait ja­mais la même chose d’un jour à l’autre, et on est en contact avec les gens. J’ai tou­jours vou­lu être au ser­vice des autres, dès l’âge de 13 ans. » • Rôle. « Sur l’écus­son de notre uni­forme, il est écrit “As­sis­ter, ser­vir, pro­té­ger”. On est là pour ré­pondre aux ap­pels de se­cours, pour rendre ser­vice, pour ai­der les gens en dé­tresse. Nos mis­sions sont va­riées. On pa­trouille pour trou­ver les hors-la-loi (tra­fi­quants de drogue, agres­seurs, vo­leurs...) dans les zones à risque. On in­ter­vient lors d’ac­ci­dents de la route avec des vic­times. On fait aus­si la cir­cu­la­tion... Et puis, il y a des mis­sions spé­ciales, comme avec le plan Vi­gi­pi­rate. On sur­veille des bâ­ti­ments comme les écoles, les lieux re­li­gieux... » • Équi­pe­ment. « On porte un gi­let pare-balles lé­ger (4 kg) et un pis­to­let. On est équi­pés d’armes non mor­telles pour maî­tri­ser les gens : un ton­fa (bâton), une ma­traque et, par­fois, une bombe de gaz qui pique les yeux. Pour por­ter un pis­to­let élec­trique Ta­ser, il faut avoir ap­pris à s’en ser­vir et re­ce­voir une au­to­ri­sa­tion spé­ciale. Avec le plan Vi­gi­pi­rate Alerte at­ten­tat, notre gi­let pa­re­balles est plus épais et lourd (de 10 à 12 kg). Un fu­sil-mi­trailleur est pré­sent sur chaque lieu à sur­veiller. On nous a conseillé de gar­der notre gi­let et notre arme, même quand on n’est pas en ser­vice, car on est des cibles. » • Droit de ti­rer. « On a des règles strictes pour sa­voir quand uti­li­ser notre arme. On n’a le droit de ti­rer que lorsque la vie de quel­qu’un ou la nôtre est di­rec­te­ment me­na­cée. C’est ce qu’on ap­pelle la lé­gi­time dé­fense. Par exemple, on ne tire pas si l’agres­seur ne pointe pas son arme sur nous ou sur une vic­time. On est stres­sés quand on doit uti­li­ser notre pis­to­let, car on se de­mande tou­jours ce qu’on a le droit de faire ou pas. Et, sur le ter­rain, c’est dif­fi­cile de prendre le temps de ré­flé­chir et de se de­man­der si on est dans un cas de lé­gi­time dé­fense ou non. On a peur de prendre la se­conde de ré­flexion de trop. Elle risque de nous coû­ter la vie. » • Dan­gers. « Les évé­ne­ments de Char­lie Heb­do nous ont fait froid dans le dos. On a été très émus après la mort des po­li­ciers de­vant les lo­caux du jour­nal. On se dit que ce­la au­rait pu être nous. Mais on est contents de tra­vailler mal­gré tout, car c’est dans ces mo­ments­là qu’on se sent le plus utiles. On est sur le pied de guerre, on est prêts à ré­agir, même si on est conscients des risques et des dan­gers liés à notre mé­tier. On va faire plus at­ten­tion, mais on ne va pas de­ve­nir pa­ra­noïaques pour au­tant. »

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