Le gen­darme qui a ti­ré sur l’un des ter­ro­ristes ra­conte

Mon Quotidien - - PLAYBAC PRESS -

ar­rivent à l’im­pri­me­rie de Dam­mar­ti­nen-Goële (Seine-et-Marne) (lire n° 5 478). Les frères Koua­chi viennent de prendre 1 per­sonne en otage. L’un de ces gen­darmes a ra­con­té sur Eu­rope 1 et sur France 2 sa « ren­contre » avec les tueurs de Char­lie Heb­do. Ré­cit. « On coupe la si­rène pour ar­ri­ver sans faire de bruit. On voit d’abord le vé­hi­cule vo­lé. Puis, je vois un homme dans l’im­pri­me­rie qui me fait com­prendre que des hommes ar­més sont à l’in­té­rieur. J’aper­çois l’un des 2 frères, qui nous fait des signes. Je sais qu’ils sont lour­de­ment ar­més et que notre voi­ture ne va pas as­su­rer notre pro­tec­tion. Der­rière nous, il n’y a que des champs. Je peux cou­rir, mais je risque de me prendre une balle dans le dos. Donc on sort du vé­hi­cule. Je me mets sur l’un des cô­tés de l’im­pri­me­rie pour ne pas être vu, et ma col­lègue avance plus loin. En 10 se­condes, l’un des 2 frères est des­cen­du, a ti­ré sans s’ar­rê­ter sur notre voi­ture. À ce mo­ment-là, je l’ai dans le vi­seur de mon arme. Quand il me voit, il se tourne et tire. Il est à 4 m de mon pis­to­let... Je fais pa­reil. Il est tou­ché à la gorge et s’écroule, bles­sé. Ces 10 se­condes m’ont pa­ru une éter­ni­té. Beau­coup de choses me sont pas­sées dans la tête. L’image du po­li­cier abat­tu de sang-froid près du jour­nal Char­lie Heb­do m’a mar­qué et éner­vé. Je pou­vais faire la même chose au tueur. Mais il y a des règles à res­pec­ter dans mon mé­tier. Avant de re­par­tir, j’ai cre­vé un pneu de leur voi­ture, pour les ra­len­tir s’ils s’en­fuyaient. »

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