Ça veut dire quoi, exac­te­ment, « Je suis Char­lie » ?

Mon Quotidien - - LA QUESTION - En­tre­tien réa­li­sé par R. Botte

Li­ber­té. « Ça veut dire “Je dé­fends la li­ber­té d’ex­pres­sion”, “Je dé­fends la li­ber­té de pen­ser”. » Idée. « Le 7 jan­vier, quand les ter­ro­ristes ont at­ta­qué Char­lie Heb­do, j’étais en réunion. Au dé­but, sur Twit­ter, les in­for­ma­tions étaient confuses (in­cer­taines). Les mes­sages de déses­poir se mul­ti­pliaient. J’ai re­gar­dé le lo­go de Char­lie Heb­do et j’ai eu l’idée de cette phrase. C’est dur à ex­pli­quer. Je me suis sou­ve­nu de beau­coup de choses. Mes cours d’his­toire : en 1963, le pré­sident amé­ri­cain John F. Ken­ne­dy a dit : “Ich bin ein Ber­li­ner” (“Je suis un Ber­li­nois”) pour dire qu’il com­pre­nait la souf­france des ha­bi­tants de Ber­lin, en Al­le­magne, à cette époque (lire n° 5 424). J’ai re­pen­sé à l’ac­tua­li­té plus ré­cente : après les at­ten­tats du 11 sep­tembre 2001 à New York, on di­sait : “On est tous amé­ri­cains”, pour pen­ser à eux. Il y a aus­si le livre Où est Char­lie ? que je lis à mon fils. “Je suis Char­lie” est un mé­lange de tout ça. J’ai mis cette phrase sur Twit­ter sans ima­gi­ner qu’elle se­rait au­tant re­prise. » Unis. « Je suis tou­ché que tant de gens soient unis der­rière ces mots. Ce­la dé­passe les 12 morts de Char­lie Heb­do. Ces mots sont pour les 17 per­sonnes tuées dans les dif­fé­rents at­ten­tats. » Com­ment s’ap­pelle un jour­nal qui pa­raît 1 fois par se­maine ?

Des per­sonnes te­nant des pan­neaux «Je suis Char­lie», le 10 jan­vier, à Tou­lon (Var).

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