Ces en­fants sont sou­vent en­voyés par leurs pa­rents

Mon Quotidien - - À LA UNE - F. Du­four, sur l’île de Lam­pe­du­sa

Gio­van­na di Be­ne­det­to est hu­ma­ni­taire sur l’île de Lam­pe­du­sa. In­ter­view. Noyés. « Le 10 fé­vrier, un gar­çon de 12 ans est ar­ri­vé de Côte d’Ivoire (Afrique), avec 93 sau­vés en mer, dont 29 sont morts de froid en­suite. Le 14 fé­vrier, un gar­çon de 10 ans est ar­ri­vé du Ma­li (Afrique), je crois, avec 8 res­ca­pés. 330 autres sont morts noyés. » Seuls. « Le plus sou­vent, ces en­fants sont en­voyés par leurs pa­rents, pauvres, pour ve­nir tra­vailler en Eu­rope. But : ob­te­nir de l’ar­gent pour leurs pa­rents mais aus­si rem­bour­ser le voyage. » Té­lé­pho­ner. « À leur ar­ri­vée, ces en­fants de­mandent à té­lé­pho­ner à leur fa­mille. Ils sont cho­qués par le voyage, mais ne pleurent pas. Ils pensent être ar­ri­vés dans un pays riche où ils vont de­ve­nir riches plus tard. Cer­tains rêvent de de­ve­nir cham­pions de foot. On les pré­vient qu’ils ne sont pas au pa­ra­dis. » École. « On ne les ren­voie pas chez eux. Ils ne le veulent pas. Ils ont quit­té des pays pauvres ou en guerre. Ce sont des ré­fu­giés. On leur donne des vê­te­ments, car ils sont trem­pés, une douche et à man­ger. Puis, on leur donne une bro­chure (photo) dans leur langue. Elle ex­plique qu’ils vont ha­bi­ter à 10 ou 12, avec un adulte, dans une ville d’Ita­lie. Et qu’ils n’ont pas le droit de tra­vailler avant d’avoir 16 ans. L’adulte va les en­voyer à l’école (d’abord pour ap­prendre l’ita­lien) et les ai­der comme un pa­rent, mais sans les adop­ter. »

On leur donne des vê­te­ments, car ils sont trem­pés, une douche et à man­ger

Com­bien de ki­lo­mètres sé­parent Mar­seille, en France, et Tri­po­li, en Li­bye ? Hu­ma­ni­taire (ici) : per­sonne qui aide des per­sonnes pauvres, en dif fi­cul­té... Res­ca­pé (ici) : qui a sur vé­cu. Ré­fu­gié : per­sonne ayant quit­té ou fui son pays (pauvre, en guerre…). per­sonne

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.