« Il a fal­lu que j’ac­cepte le fait d’être or­phe­line »

Mon Quotidien - - À LA UNE - M. Bel­lée

Ra­chel Je­di­nak est de re­li­gion juive. Elle avait 5 ans quand la Se­conde Guerre mon­diale (1939-1945) a com­men­cé. Fin fé­vrier, elle a ra­con­té son his­toire à 141 CM2, au Mé­mo­rial de Caen (Cal­va­dos). Elle a été ca­chée par des nour­rices et elle est de­ve­nue or­phe­line. « J’ai per­du 17 per­sonnes de ma fa­mille, dont mes pa­rents. Mon père a été en­fer­mé du­rant 13 mois, dès 1941 dans un camp en France. Puis il a été dé­por­té à Au­sch­witz (lire p. 2). » « J’ai per­du ma mère lors de la rafle du Vél’d’Hiv. » Les 16 et 17 juillet 1942, la po­lice fran­çaise a ar­rê­té 13 000 Juifs (dont plus de 4 000 en­fants) et elle les a re­grou­pés dans une salle de sport. But : les en­voyer dans un camp de la mort en Po­logne. « Ma mère sa­vait qu’il al­lait y avoir une rafle, se sou­vient Ra­chel, qui a au­jourd’hui 80 ans. Elle nous a ca­chées, ma soeur et moi, chez mes grands-pa­rents. Mais la concierge nous a dé­non­cées. On a été ar­rê­tées et em­me­nées dans un ci­né­ma aban­don­né. Ma­man vou­lait nous faire fuir. Un moyen : l’is­sue de se­cours. Je n’avais que 8 ans, j’avais peur et je n’ai pas vou­lu lâ­cher sa main... alors elle m’a gi­flée. Cette gifle m’a sau­vé la vie, car elle m’a obli­gée à la lâ­cher, puis, avec ma soeur, nous avons pu nous en­fuir. Ma mère a été en­suite dé­por­tée à Au­sch­witz. »

La gifle de ma mère m’a sau­vé la vie !

« J’ai long­temps es­pé­ré re­voir mes pa­rents. À la fin de la guerre, je suis al­lée avec une pho­to de mes pa­rents de­man­der aux dé­por­tés qui avaient sur­vé­cu s’ils les avaient vus. Sans suc­cès. Il a fal­lu que j’ac­cepte le fait d’être or­phe­line. » Comment s’ap­pelle la re­li­gion des juifs ?

Les élèves de CM2 face à Ra­chel Je­di­nak, au Mé­mo­rial de Caen (Cal­va­dos).

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.