Ba­vure po­li­cière : d’où vient le mot « ba­vure » ?

Mon Quotidien - - LA QUESTION - En­tre­tien réa­li­sé par R. Botte

Usines. « Au XVIIIe (18e) siècle, le mot “ba­vure” était un mot tech­nique dans les usines. Quand une pièce mou­lée avait une par­tie qui dé­gou­li­nait du moule, on di­sait qu’elle avait une ba­vure. Quand on avait une pièce im­pec­cable entre les mains, on di­sait qu’elle était “sans ba­vure”. C’est de­ve­nu une ex­pres­sion pour dire que quelque chose était im­pec­cable. Plus tard, vers la moi­tié du XXe (20e) siècle, on a uti­li­sé le mot “ba­vure” pour dé­si­gner une er­reur grave. Ce­la s’est ap­pli­qué à la po­lice, mais aus­si au monde de l’en­tre­prise (quand quel­qu’un a fait quelque chose de grave). » Bé­bés. « Si on re­monte en­core plus loin, le sens du mot ba­vure a beau­coup chan­gé. À l’ori­gine, il vient du la­tin “ba­ba”. Ce mot dé­si­gnait les bé­bés qui par­laient en ba­vant (comme “areuh”). Entre le XVe (15e) et le XVIIIe (18e) siècle, “ba­ba” est de­ve­nu le mot “bave”, tou­jours pour dé­si­gner une ma­nière de par­ler. C’est pour ce­la qu’on dit “la bave du cra­paud” pour évo­quer des pa­roles mé­chantes. Pe­tit à pe­tit, on a uti­li­sé le mot bave pour dé­si­gner la sa­live abon­dante des bé­bés quand ils parlent. Cette ma­tière qui dé­borde de la bouche a en­suite don­né le mot ba­vure dans les usines. La boucle est bou­clée ! » Quelle est la suite de l’ex­pres­sion : « La bave du cra­paud n’at­teint pas... ?

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