Dans ces eaux, le co­rail re­çoit peu de lu­mière !

Mon Quotidien - - À LA UNE - C. H.

Un ré­cif de co­rail, non pas en mer... mais ca­ché dans la boue, à l’em­bou­chure du fleuve Ama­zone (lire p. 2) ! C’est la découverte que viennent de faire des scien­ti­fiques amé­ri­cains et bré­si­liens. « Il s’agit plu­tôt d’une re­dé­cou­verte, pré­cise Bru­no De­le­salle, spé­cia­liste des ré­cifs co­ral­liens. Il y a presque 40 ans, 2 scien­ti­fiques avaient dé­jà ré­vé­lé son exis­tence. » Ce ré­cif s’étend sur en­vi­ron 1 000 km de long et plus de 9 000 km2 (90 fois la taille de Pa­ris), entre le sud de la Guyane (région fran­çaise) et le nord du Bré­sil (Amé­rique). Les scien­ti­fiques ont dé­cou­vert des co­raux, mais aus­si des algues, des étoiles de mer, des éponges...

On as­so­cie sou­vent les co­raux aux eaux chaudes et claires, car la lu­mière est né­ces­saire à la pho­to­syn­thèse des algues qu’ils abritent. Or, ce ré­cif se si­tue à la ren­contre entre l’Ama­zone et l’At­lan­tique : l’eau y est trouble. En­fouis dans la boue, les co­raux re­çoivent peu de lu­mière. Comment ont-ils pu construire un aus­si grand ré­cif ? « D’abord, les co­raux ne sont que l’un des cons­truc­teurs des ré­cifs, pré­cise Bru­no

De­le­salle. Ils sont ai­dés par des algues cal­caires et des éponges. En­suite, ce ré­cif s’est for­mé à une époque où l’Ama­zone n’était pas aus­si boueuse. En­fin, dans les eaux troubles, les co­raux savent pro­duire une sub­stance (le mu­cus) pour ne pas étouf­fer sous la vase. Et les co­raux rem­placent la pho­to­syn­thèse (im­pos­sible dans ces condi­tions) en “pê­chant” le zoo­planc­ton, abon­dant dans les eaux de l’Ama­zone. »

Ce ré­cif s’est for­mé à une époque où l’Ama­zone n’était pas aus­si boueuse

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.