DES « BIG MEN » DANS L’OEIL DE L’EU­RO

Mondial Basket - - French Time -

SLE 8 DÉ­CEMBRE, L’ÉQUIPE DE FRANCE A DÉ­COU­VERT SON GROUPE DE QUA­LI­FI­CA­TION À L’EU­RO 2015 (MONT­PEL­LIER). LES BLEUS AVAIENT UN OEIL CHEZ MI­CKEY POUR CE TI­RAGE AU SORT MAIS TOUS SONT AU TUR­BIN DANS LEUR FRAN­CHISE NBA POUR DÉ­CRO­CHER UNE PLACE EN SÉ­LEC­TION. COMME PRÉ­VU, ÇA SE BOUS­CULE DANS LE JEU IN­TÉ­RIEUR. RE­VUE D’EF­FEC­TIF.

ep­tembre 2014. La France vient de dé­cro­cher une mé­daille de bronze his­to­rique en Coupe du monde. Vincent Col­let, le sé­lec­tion­neur na­tio­nal, dresse le bi­lan, évi­dem­ment po­si­tif. Une ques­tion ar­rive alors en guise de conclu­sion. Elle concerne le jeu in­té­rieur des Bleus pour l’Eu­ro 2015. « Est-ce que vous sou­hai­tez le retour de Joa­kim Noah en équipe de France ? » Coach Col­let com­mence par ces mots : « Ça fait 4 ans que chaque été, on change d’in­té­rieur par la force des choses. J’ai­me­rais plus de sta­bi­li­té mais les choses sont ain­si. » Vincent Col­let rap­pe­lait aus­si pour­quoi il était im­por­tant d’avoir Joa­kim Noah, meilleur dé­fen­seur NBA de la sai­son 2013-14 et mé­daillé d’ar­gent lors de l’Eu­ro 2011 en Li­tua­nie, en sé­lec­tion : « Il a vrai­ment pas­sé un cap en at­taque et ça, c’est nou­veau. Il pos­sède un tir à 2-3 m qu’il n’avait pas avant. » Le dé­bat était lan­cé, sa­chant que les Bleus ve­naient d’ob­te­nir une troi­sième mé­daille en quatre ans avec Jof­frey Lau­vergne et Ru­dy Go­bert comme pi­vots, un an après avoir ali­gné Alexis Ajin­ça à ce poste pour l’Eu­ro en Slo­vé­nie (titre à la clé), avec Jo­han Pe­tro comme back-up. La sai­son NBA 2014-15 bat son plein. Les ob­jec­tifs de Noah ne sont pas ceux de Go­bert ou Ajin­ça - « Jooks » vise le titre NBA - mais tous ont in­té­rêt à car­bu­rer pour ré­pondre aux at­tentes de Vincent Col­let et es­pé­rer faire par­tie de la plus belle des aven­tures : l’Eu­ro 2015 en France puis les Jeux Olym­piques 2016 à Rio. Si on consi­dère que Florent Pie­trus (Nancy) et Jof­frey Lau­vergne oc­cu­pe­ront le poste de power for­ward en al­ter­nance avec Bo­ris Diaw, il reste trois places pour com­plé­ter le front­court. Pour six joueurs NBA ! To­ny Par­ker n’a pas de pré­fé­rence. Il veut sim­ple­ment le meilleur jeu in­té­rieur pos­sible pour vi­ser un deuxième titre de cham­pion d’Eu­rope consé­cu­tif. A la mai­son, de­vant son pu­blic. Am­bi­tion lé­gi­time, évo­quée à deux re­prises sur RMC Sport (une fois dans son émis­sion, une autre fois dans le « Mos­ca­to show »). « On veut avoir la meilleure ra­quette de l’his­toire du basket fran­çais avec Ru­dy Go­bert, Alexis Ajin­ça et Joa­kim Noah. » Les dés sont-ils je­tés ? Dans l’ab­so­lu, oui. Il y au­ra le tra­di­tion­nel « Oui, mais… » avec les pé­pins phy­siques et les hu­meurs des uns et des autres. Mais le choix de TP - qui n’est pas for­cé­ment ce­lui du coach - re­pose à la fois sur le ta­lent des joueurs, leur ex­pé­rience et leurs af­fi­ni­tés avec le groupe France. Noah a le ta­lent, Go­bert est un pros­pect en de­ve­nir. Ajin­ça ? Si on ou­blie son ab­sence en Es­pagne (sa femme Court­ney at­ten­dait un pe­tit Car­ter et il a pré­fé­ré res­ter à ses cô­tés), il était un élé­ment ma­jeur de l’équipe sa­crée cham­pionne d’Eu­rope 2013. Tou­jours à l’écoute de To­ny Par­ker et du staff, Ajin­ça avait mar­qué des points en s’in­té­grant par­fai­te­ment.

« Je ne me consi­dère pas in­fé­rieur à un autre in­té­rieur en équipe de France »

KE­VIN SÉ­RA­PHIN (WASHINGTON) Ron­ny Tu­riaf a l’oeil du vieux sage. Ren­con­tré à Brook­lyn, lors d’un af­fron­te­ment entre les Nets et les Wolves, le Mar­ti­ni­quais don­nait plu­tôt l’im­pres­sion de re­gar­der dans le ré­tro. Même s’il ajou­tait avec le sou­rire : « Qui sait ? On ne peut ja­mais pré­sa­ger de rien avec l’équipe de France. » Ron­ny a suf­fi­sam­ment dé­cro­ché son té­lé­phone pour ra­meu­ter les troupes, quand il ne fai­sait pas bon al­ler chez les Bleus, pour ne pas rac­cro­cher quand on l’ap­pelle. Mais dans l’en­tou­rage des Bleus comme dans le staff, son nom n’est plus avan­cé. Ce n’est pas son dé­but de sai­son NBA à Min­ne­so­ta (2 matches dans l’ombre de Ni­ko­la Pe­ko­vic et Gor­gui Dieng) qui plaide pour un retour. A 31 ans, il a d’autres at­tentes et d’autres envies quand ar­rive l’été. Ian Man­hin­mi, bles­sé avant le dé­but de la Coupe du monde, garde l’équipe de France dans un coin de sa tête. Il avait fait une croix sur la sé­lec­tion, faute de temps de jeu. La pé­nu­rie au poste 5 dé­ga­geait son ho­ri­zon et il es­pé­rait pro­fi­ter de ce Mon­dial pour faire re­mon­ter sa cote en sé­lec­tion. Retour à la case dé­part. Dans une équipe d’In­dia­na dé­ci­mée par les bles­sures, le back-up de Roy Hib­bert a ga­gné 2 minutes de temps jeu par rap­port à 2013-14 (18 mn). Il rap­porte 5 points (64.6%) et 5.4 re­bonds. Pro­blème : les Pa­cers ne sont même pas playof­fables dans la Confé­rence Est… Son double-double le 22 no­vembre contre Phoe­nix (12 pts-10 rbds, plus 3 ints) était une belle sur­prise. Ian re­nou­velle ra­re­ment la per­for­mance. Une convo­ca­tion en équipe de France passe par ce type de pres­ta­tions. C’est seule­ment à ce prix qu’il re­vien­dra dans la course à l’Eu­ro. Ke­vin Sé­ra­phin vient de fê­ter ses 25 ans. Sa jeu­nesse est un atout mais ses deux der­nières ab­sences en Bleu sont un han­di­cap. Autre dif­fi­cul­té : son coach à Washington, Ran­dy Witt­man, lui de­mande un tra­vail spé­ci­fique au re­bond pour ali­men­ter les gâ­chettes John Wall et Brad­ley Beal. L’en­traî­neur des Wi­zards a d’abord uti­li­sé Drew Goo­den en back-up de la paire Nene Hi­la­rio-Mar­cin Gor­tat avant de don­ner du temps de jeu à Sé­ra­phin puis à Kris Hum­phries qui, lui, est un gros re­bon­deur. Après un mois de com­pé­ti­tion, Coach Witt­man avait fait le tour de ses in­té­rieurs, même si DeJuan Blair n’avait si­gné que trois ap­pa­ri­tions. Sé­ra­phin sait que la marge de ma­noeuvre est étroite dans la ca­pi­tale fé­dé­rale avec six in­té­rieurs Quand on lui rap­pelle qu’un retour en sé­lec­tion dé­pend

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