DO­RIS BURKE

Mondial Basket - - Du Basket Et Des Coaches -

MON­DIAL BASKET : Do­ris, ra­con­tez­nous votre ren­contre avec Billy Do­no­van…

Do­ris BURKE : Nous sommes de la même classe uni­ver­si­taire. On est ar­ri­vés en­semble à Pro­vi­dence en 1983 et on est res­tés 4 ans en­semble sur le cam­pus. Billy me­nait le jeu des gars avec Rick Pitino comme coach. Moi, j’étais la point guard des filles.

MB : Quel sou­ve­nir avez-vous de lui ?

D.B. : J’avais un jeu as­sez phy­sique chez les filles et quand on se re­layait à la salle d’en­traî­ne­ment, je le cham­brais en lui di­sant que s’il vou­lait ga­gner le titre NCAA, il de­vait mus­cler son jeu. Je ne crois pas qu’il ap­pré­ciait qu’une fille lui dise ce­la…

MB : Billy est donc res­té 4 ans, comme vous, à Pro­vi­dence mais il a failli par­tir très vite. Estce vrai ?

D.B. : Comme il man­quait de du­re­té en dé­fense, Rick Pitino l’avait mis back-up les deux pre­mières an­nées. Billy avait de­man­dé des ex­pli­ca­tions à Coach Pitino. Il ne com­pre­nait pas pour­quoi il n’était pas star­ter. Tout le monde dans la sec­tion basket était au cou­rant. C’est la rai­son pour la­quelle je le pro­vo­quais un peu car j’étais ti­tu­laire chez les filles.

MB : ll le vi­vait mal ?

D.B. : Ce n’est ja­mais fa­cile d’ac­cep­ter une place de rem­pla­çant, sur­tout quand on est jeune.

MB : Sur­tout s’il vou­lait jouer en NBA ?

D.B. : Oui. Il a été draf­té par Utah en 1987 68e choixau3e tour) et il a joué quelques mois chez les Knicks avec Rick Pitino, en­core, comme coach. Billy vou­lait faire une car­rière de joueur alors que moi, je vou­lais tra­vailler dans les mé­dias té­lé comme re­por­ter. Et ce, dès que je suis ar­ri­vée à l’uni­ver­si­té.

MB : Vous n’êtes pas sur­prise de le re­trou­ver à Ok­la­ho­ma Ci­ty où il prend la suc­ces­sion de Scott Brooks, re­mer­cié après avoir pas­sé 7 ans à la tête de l’équipe ?

D.B. : Pas vrai­ment. L’an der­nier lors des Fi­nales NBA entre San An­to­nio et Mia­mi, il était res­té quelques jours avec les Spurs en Flo­ride. On di­ra qu’il avait fait un stage d’été NBA en 2014 ! (Elle ri­gole)

MB : En 2007, il avait si­gné un contrat avec le Ma­gic d’Or­lan­do avant de se ré­trac­ter et de dé­ci­der de res­ter à Flo­ri­da…

D.B. : Exact. Je pense qu’il n’était pas prêt à faire le grand saut de la NCAA à la NBA. Il sor­tait d’un back-to-back avec les Ga­tors et on lui de­man­dait, à l’étage su­pé­rieur, de re­cons­truire une fran­chise qui n’avait pas de bons ré­sul­tats. C’était sans doute com­pli­qué pour lui à l’époque car il était à la tête d’un pro­gramme qui était le meilleur en col­lege. Il était at­ten­du comme un sau­veur par les di­ri­geants du Ma­gic, sans maî­tri­ser le re­cru­te­ment.

MB : Et main­te­nant, il est prêt, se­lon vous ?

D.B. : Oui, il a la ma­tu­ri­té pour être head coach en NBA dé­sor­mais. Billy ne fait les choses que lors­qu’il se sent prêt à les faire. Dans le fond, il a tou­jours vou­lu être en­traî­neur. C’est Rick Pitino qui lui avait don­né sa pre­mière chance comme as­sis­tant à Ken­tu­cky alors qu’il était tra­der sur le marché de Wall Street après une très brève car­rière de joueur. Il est de­vant un su­per chal­lenge à Ok­la­ho­ma Ci­ty. Je crois en lui.

MB : Vous avez tou­jours été en contact avec Billy ?

D.B. : J’ai com­men­cé par la NCAA, comme Billy. Comme il était cu­rieux sur la NBA, il avait tou­jours des ques­tions à pro­pos de la grande Ligue. On a gar­dé une re­la­tion ami­cale, très sym­pa. On a pas­sé 4 ans en­semble sur le cam­pus puis en NCAA, lors de nos dé­buts res­pec­tifs. Main­te­nant, on se cô­toie­ra en NBA !

MB : Se­rez-vous plus com­plai­sante avec Billy lorsque vous lui ten­drez le mi­cro lors des live té­lé, au bord du ter­rain ?

D.B. : Bonne ques­tion ! (El­le­ré­flé­chit) J’es­père que je res­te­rai im­par­tiale et que je fe­rai comme avec les autres coaches. Ce ne se­ra pas fa­cile, je le re­con­nais…

MB : Vous n’avez ja­mais été ten­tée par le coa­ching, comme Billy ?

D.B. : Je l’ai fait avec des gar­çons de ly­cée, à un mo­ment. Mais j’aime l’ana­lyse tech­nique. J’ai pu en faire lors de la série entre To­ron­to et Washington (0-4) au 1er tour des playoffs.

MB : Une anec­dote sur Billy que l’on ne connaît pas en France, même s’il a coa­ché Joa­kim Noah ?

D.B. : C’était au mi­lieu du cycle de 2e an­née. Comme on avait les mêmes pro­grammes, je lui fai­sais ses prépas d’exa­mens pour qu’il se concentre sur le basket… Fi­na­le­ment, il a pas­sé avec suc­cès ces quatre an­nées.

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