PHEN

Mondial Basket - - Finales Nba -

Nous sommes dé­but mai, dans un hô­tel cos­su d’Oak­land où toute l’or­ga­ni­sa­tion de Gol­den State s’est réu­nie. Ste­phen Cur­ry ne lâche pas le mi­cro. Près d’une heure de dis­cours. Des re­mer­cie­ments, des­ti­nés à sa fa­mille, au staff des War­riors, à ses co­équi­piers, sans ou­blier celles et ceux qui l’ont ac­com­pa­gné dans une autre vie, avant le grand saut en NBA en 2009 (7e choix de la draft à sa sor­tie du col­lege de Da­vid­son). A 27 ans, le me­neur de Gol­den State vient de re­ce­voir le titre de meilleur joueur de la sai­son ré­gu­lière 2014-15. Cur­ry n’est pas un ora­teur mais un bas­ket­teur. C’est la rai­son pour la­quelle il n’y eut au­cune cri­tique. Lors­qu’on lui a re­mis cet award de MVP, la superstar des War­riors sa­vait que le plus dur res­tait à faire pour al­ler cher­cher une bague de cham­pion NBA. La ba­taille ne fai­sait que com­men­cer. Alors que la série contre Mem­phis en de­mi-fi­nales de Confé­rence Ouest (4-2) bat­tait son plein, le fils de Dell conti­nua d’élec­tri­ser les foules. Il sur­fait sur une moyenne hal­lu­ci­nante avec des ra­fales de « th­ree poin­ters » à vous écoeu­rer tout l’été. Soixante-quatre tirs ten­tés der­rière l’arc face aux Grizz­lies, pour 26 réus­sites (40.6%). Qua­rante-huit contre La Nou­velle-Or­léans au 1er tour (20 pa­niers pri­més, 41.7%). Face à Hous­ton, en fi­nale de Confé­rence Ouest, le sni­per fou ap­puya fré­né­ti­que­ment sur la gâ­chette (49.1% der­rière l’arc, 27/55) et il n’y eut pas de ré­pit en Fi­nales NBA, face à Cle­ve­land (25/65, 38.5%). Sur l’en­semble des playoffs 2015, il a réus­si 98 tirs à 3 points (sur 232 ten­ta­tives, 42.2%), ce qui consti­tue une nou­velle marque de ré­fé­rence. Les pour­sui­vants sont lar­gués : Reg­gie Miller, 2e au clas­se­ment, en avait réus­si 58 en 2000 à In­dia­na (sur 147 ten­ta­tives) et Ray Al­len, 3e, 57 en 2001 à Mil­wau­kee (sur 119). Klay Thomp­son (57/146) s’est his­sé sur cette troi­sième marche. Cur­ry est un bou­li­mique du shoot. Même mé­ca­nique, même sanc­tion en Fi­nales. Tou­jours à plus de 40% de réus­site. Ste­phen ne doute ja­mais. Il écrit sa propre lé­gende et a ajou­té un cha­pitre à l’his­toire de Gol­den State, qui at­ten­dait un titre NBA de­puis 40 ans. En 1975, l’ai­lier Rick Bar­ry fai­sait lui aus­si feu de tout bois. C’est ce que le n°30 ca­li­for­nien vou­lait, ce qu’il re­cher­chait de­puis son award de MVP. Comme si cette récompense in­di­vi­duelle n’était pas lé­gi­ti­mée par une sai­son à 67 vic­toires. Comme si ce tro­phée de MVP, contes­té par James Har­den, Rus­sell West­brook et des valeurs sûres bles­sées (Ke­vin Du­rant), avait été un poids trop lourd à por­ter sans une conclu­sion heu­reuse. Mais Ste­phen, qui avait dé­bu­té sa car­rière du cô­té de Char­lotte, alors qu’il n’était en­core qu’un adolescent, a tout fait en ac­cé­lé­ré. Il n’est pas le meilleur joueur de la Ligue. Mais cette sai­son 2014-15 de rêve a lo­gi­que­ment cou­ron­né un « nice guy » et une mer­veille de bas­ket­teur. Au ha­sard des en­tre­tiens, le na­tif d’Akron, Ohio (il a vu le jour dans la même ma­ter­ni­té que LeB­ron James, ça ne s’in­vente pas), a mul­ti­plié les confi­dences. Il évo­quait sou­vent les pas­sages dif­fi­ciles, pour ne pas dire dou­lou­reux, tra­ver­sés dans sa jeune car­rière. Un par­cours chao­tique. Il n’était même pas clas­sé au ly­cée, en Ca­ro­line du Nord. Tout ce­la l’a mar­qué car ga­min, il avait des co­pains à la fois brillants dans les études et très forts au ba­se­ball, au foot US et au basket. Le ba­se­ball l’in­té­res­sait mais le ba­se­ball ne l’ai­mait pas. Aus­si, c’est une balle orange qui al­lait l’ac­com­pa­gner tout au long de sa vie. « J’ai été à bonne école avec Pops. » Il le sut à l’âge de 13 ans.

La fa­mille, un clan très im­por­tant pour Ste­phen

Ste­phen ne re­mer­cie­ra ja­mais as­sez ce­lui qu’il sur­nomme af­fec­tueu­se­ment « Pops ». Son père Dell, meilleur 6e homme de la Ligue en 1994 alors qu’il évo­luait chez les Char­lotte Hor­nets pre­mière mou­ture. Un père avec le­quel il a par­ta­gé cette pas­sion du basket. Ils jouaient en­semble, en fa­mille. Ste­phen ar­bore le n°30 que por­tait « Dad­dy » chez les pros. « Ma fa­mille est im­por­tante pour moi, confie le kid d’Akron (pa­pa jouait à Cle­ve­land l’an­née de sa nais­sance ; il re­joi­gnit Char­lotte l’été sui­vant). La plu­part de mes co­équi­piers sont cé­li­ba­taires et pro­fitent

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.