CLE­VE­LAND

LEB­RON JAMES EST EXI­GEANT APRÈS SES DEUX DER­NIERS ÉCHECS EN FI­NALES NBA. L’AVEN­TURE CLE­VE­LAND CONTI­NUE­RA AVEC KE­VIN LOVE ET IMAN SHUMPERT QUI ONT DÉ­CRO­CHÉ LE JACK­POT CET ÉTÉ. MO WILLIAMS RE­VIENT À LA MAI­SON, TRIS­TAN THOMP­SON S’EST MON­TRÉ GOUR­MAND POUR RES

Mondial Basket - - Édito -

74 LE PRO­PRIO PASSE À LA CAISSE

Da­vid Grif­fin, le GM des Ca­va­liers, avait des prio­ri­tés au sor­tir de la dé­faite en Fi­nales NBA (4-2 pour Gol­den State) et il ne les a pas man­quées. Re­si­gner LeB­ron James était une for­ma­li­té. Of­frir un contrat maxi­mum à Ke­vin Love en était une autre. Le « King » a re­si­gné pour 2 ans et 47 mil­lions de dol­lars et le Ca­li­for­nien n’a pas hé­si­té lors­qu’on lui a sou­mis un contrat lui of­frant 110 mil­lions de dol­lars sur 5 ans. On a très vite com­pris que Iman Shumpert était lui aus­si une prio­ri­té puis­qu’il a ob­te­nu 40 mil­lions de dol­lars sur 4 ans. La confiance ac­cor­dée à l’an­cien NewYor­kais s’ins­crit dans une cer­taine conti­nui­té. Shumpert était le Fac­teur X du coach des Cavs, Da­vid Blatt, en sor­tie de banc en playoffs et s’il doit pas­ser star­ter cette sai­son, on sau­ra qu’il au­ra un im­pact des deux cô­tés du par­quet. Da­vid Grif­fin a dû sor­tir sa cal­cu­lette pour pour­suivre son mar­ché. Avec les sa­laires pha­rao­niques of­ferts à James, Love et Ky­rie Ir­ving (90 M$ sur 5 ans l’été der­nier), il res­tait peu de billets verts à of­frir. La preuve avec le dos­sier Tris­tan Thomp­son qui a traî­né en lon­gueur. James avait af­fir­mé qu’il re­si­gne­rait si et seule­ment si le Ca­na­dien, très ac­tif en post­sea­son du­rant l’ab­sence de Ke­vin Love, ob­te­nait une pro­lon­ga­tion. On ne par­le­ra pas de bluff, plu­tôt de coup de pres­sion dé­gui­sé. Tou­jours est-il que le qua­druple MVP de la Ligue te­nait au main­tien du n°4 de la draft 2011 dans le ros­ter des Cavs. De­vant l’im­bro­glio de la si­tua­tion, il a lâ­ché l’af­faire, dé­cla­rant sim­ple­ment que la pro­lon­ga­tion de « TT » n’était qu’une af­faire de jours ou de se­maines. Après avoir le­vé l’op­tion lui per­met­tant de se dé­ga­ger de sa deuxième an­née de contrat, « LBJ » a donc re­si­gné pour 2 ans (la deuxième en op­tion, à nou­veau). Puis il est par­ti en va­cances avec ses amis Ch­ris Paul, Dwyane Wade et Car­me­lo An­tho­ny. Ques­tion : pour­quoi le dos­sier Thomp­son était-il aus­si dif­fi­cile à trai­ter ? Ré­ponse : tout sim­ple­ment parce que le joueur a fait mon­ter les en­chères avec son agent, Rich Paul. Le Ca­na­dien est tout sauf bête. On lui a bien fait com­prendre qu’il avait joué un rôle clé en rem­pla­çant Ke­vin Love (bles­sé au 1er tour contre Bos­ton) pen­dant les deux mois de playoffs. Fort de ses 9.6 points et 10.8 re­bonds de moyenne, il ne vou­lait pas né­go­cier en des­sous de 85 mil­lions. Ce­la fait cher pour un ai­lier fort back-up mais Cle­ve­land n’a pas vrai­ment le choix. James veut ab­so­lu­ment Thomp­son, la ma­chine à go­ber des re­bonds of­fen­sifs, dans le groupe. Des chiffres pour me­su­rer son im­pact ? Dix­sept re­bonds contre Chi­ca­go en de­mi-fi­nale de Con­fé­rence Est le 14 mai. Sept re­bonds of­fen­sifs sur la tête des War­riors en Fi­nales le 7 juin. Dans la sé­rie contre Gol­den State, il s’af­fi­chait à 13 re­bonds par match, plus 10 points et 1 contre. Da­vid Grif­fin a com­pris l’ur­gence. Il a dû dé­grais­ser en ex­pé­diant Bren­dan Hay­wood et Mike Miller à Port­land contre des fu­turs tours de draft (le pre­mier a été cou­pé par les Trail Bla­zers). La tran­sac­tion a per­mis de créer deux trades ex­cep­tions pour un to­tal de 13,45 mil­lions de dol­lars. Des comptes d’apo­thi­caire quand on est sur un « big mar­ket » comme New York, Los An­geles ou Chi­ca­go. Mais à Cle­ve­land, la donne change. Dan Gil­bert, le pro­prié­taire, est obli­gé de comp­ter ses sous.

De gros contrats et des back-ups for­cé­ment cheap

Le front of­fice a réus­si à faire re­ve­nir Mo Williams (32 ans et 12 sai­sons de NBA) avec un contrat de 2 ans. Mat­thew Del­la­ve­do­va ayant af­fi­ché ses li­mites contre Gol­den State, il fal­lait un vrai back-up sco­reur pour Ky­rie Ir­ving. Williams, dé­jà vu dans l’Ohio de 2008 à 2011, a de beaux restes. Le 13 jan­vier der­nier, il a plan­té 52 points sur la tête des Pa­cers avec Min­ne­so­ta, avant d’être tradé à Char­lotte. Du­rant son pre­mier sé­jour chez les Cavs, il avait par­ti­ci­pé à deux cam­pagnes

de playoffs aux cô­tés de LeB­ron. « Il a prou­vé qu’il était un play­ma­ker de grand ca­libre, dit Da­vid Grif­fin. Il peut jouer sur les deux po­si­tions à l’ar­rière, ce qui est es­sen­tiel pour nous. » Plus sur­pre­nante est la si­gna­ture de Ri­chard Jef­fer­son (35 ans), deux fois fi­na­liste NBA avec les Nets à une autre époque. Mark Cu­ban, le pa­tron des Mavs, n’a dé­ci­dé­ment pas de chance, les gi­rouettes se mul­ti­pliant à Dal­las. Comme DeAndre Jor­dan, Jef­fer­son avait don­né son ac­cord pour une re­con­duc­tion de contrat avant de re­ve­nir sur sa dé­ci­sion. Tout ce­la est un peu ca­va­lier… Cle­ve­land ré­cu­père un ai­lier qui sco­rait 5.8 points à 44.4% dans sa 14e sai­son NBA. Jef­fer­son se­ra au chaud sur le banc avec James Jones (34 ans), lui aus­si re­si­gné (1 an), et Joe Har­ris en back-up de Shumpert. On n’ou­blie pas le re­tour d’An­der­son Va­re­jao (32 ans), ou­blié de­puis une di­zaine de mois. Le pi­vot bré­si­lien re­ce­vra 9,6 mil­lions de dol­lars en 2015-16. Avec le Russe Ti­mo­fey Moz­gov, Va­re­jao, Love et Thomp­son, le front­court des Cavs va ga­gner en den­si­té. Mais il fau­dra bien dis­tri­buer les mi­nutes et re­dé­fi­nir les rôles et les consignes, tout ce beau monde n’ayant ja­mais joué en­semble la sai­son der­nière. Dé­but août, le cas J.R. Smith (29 ans) n’était pas ré­glé. L’ar­rière aus­tra­lien Mat­thew Del­la­ve­do­va (24 ans) a re­si­gné pour une an­née avec lé­gè­re­ment plus que le mi­ni­mum syn­di­cal, soit 1,2 mil­lion. Pas de quoi flam­ber dans l’Ohio mais Da­vid Grif­fin sait que « Del­ly » a pré­ser­vé le sus­pense de la Fi­nale en sor­tant deux matches de fou. Le GM a écou­té sa bonne conscience et fait un ef­fort avec une pe­tite ral­longe. J.R. Smith n’a pas ob­te­nu la même consi­dé­ra­tion. Grif­fin lui of­frait 6,4 mil­lions la sai­son. Le re­belle voit plus grand pour son compte en banque. Ré­sul­tat : au coeur de l’été, rien n’était fait entre le fa­vo­ri à l’Est et le sni­per sans cer­velle. Avec ou sans J.R., Cle­ve­land gar­de­ra la même cote dans la Ligue. Et en­core une fois, on dit « Mer­ci, LeB­ron », même à 47 mil­lions sur 2 ans.

« Mo Williams a prou­vé qu’il était un play­ma­ker de grand ca­libre. Il peut jouer sur les deux po­si­tions à l’ar­rière. C’est es­sen­tiel pour nous » Da­vid Grif­fin (GM Cle­ve­land)

Mo Williams, dé­jà vu dans l’Ohio de 2008 à 2011, a de beaux restes. Le 13 jan­vier der­nier, il a plan­té 52 points sur la tête des Pa­cers avec Min­ne­so­ta.

Ke­vin Love n’a pas hé­si­té lors­qu’on lui a sou­mis un contrat lui of­frant 110 mil­lions de dol­lars sur 5 ans.

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