ROY HIB­BERT EN CA­DEAU

PAS DE NOMS RON­FLANTS POUR LE RE­CRU­TE­MENT DES LA­KERS CET ÉTÉ MAIS DES JOUEURS SÉ­RIEUX ET AP­PLI­QUÉS : LOU WILLIAMS, BRAN­DON BASS ET LE PI­VOT DEUX FOIS ALL-STAR ROY HIB­BERT. L’ÉGOÏSTE KOBE BRYANT A EN­CORE FAIT CA­PO­TER LES AF­FAIRES AVEC LES STARS MAIS LE GEN

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De­puis trois étés, les La­kers n’at­tirent plus les stars de la Ligue. LaMar­cus Al­dridge (San An­to­nio), DeAndre Jor­dan (L.A. Clip­pers) et Greg Mon­roe (Mil­wau­kee) ont pré­fé­ré des ho­ri­zons plus dé­ga­gés. Le « La­ker­land » de Kobe Bryant et du GM Mitch Kup­chak reste une terre si­non hos­tile, du moins peu fer­tile en l’état. En 2013, Dwight Ho­ward avait pré­fé­ré si­gner un contrat moins juteux pour fuir ce bour­bier. L’été der­nier, Car­me­lo An­tho­ny avait dé­ci­dé de res­ter chez les Knicks où les vents n’étaient pour­tant guère plus fa­vo­rables. Le lustre d’an­tan ne suf­fit pas. Les La­kers n’ont plus la cote et la si­tua­tion per­son­nelle de Kobe - payé très cher alors que ses perfs vont al­ler en dé­cli­nant - noir­cit le ta­bleau. « Je ne suis pas dé­mo­ra­li­sé pour au­tant, af­firme Mitch Kup­chak qui avait fi­ni par trou­ver une pa­rade au dé­part du Shaq en 2004 (avec la carte Pau Ga­sol abat­tue en fé­vrier 2008) mais qui peine à mettre la main sur le joueur qui ra­mè­ne­rait L.A. dans ses stan­dards his­to­riques. Il y a 30 équipes qui sont com­pé­ti­tives. Tout le monde est ar­mé pour ga­gner et les pro­prié­taires veulent le suc­cès. Il est ir­réa­liste de pen­ser que vous al­lez faire ce que vous vou­lez sur le mar­ché. La réa­li­té est bien dif­fé­rente », pour­suit Kup­chak qui a pris la réa­li­té en ques­tion en pleine poire. La fran­chise ca­li­for­nienne n’a pas l’ha­bi­tude qu’on lui dise « Non». Ke­vin Love, Jim­my But­ler, Dwyane Wade et DeMar­cus Cou­sins, via un trade en marge de la draft, fi­gurent par­mi les cibles 2015 man­quées. Le cas LaMar­cus Al­dridge est symp­to­ma­tique du ma­laise. Deux mee­tings n’ont pas suf­fi à le convaincre de si­gner à Los An­geles. On dit que l’an­cien ai­lier fort des Trail Bla­zers était par­ti­cu­liè­re­ment dé­çu par le pre­mier ren­dez-vous, trop axé sur le bling-bling et le mar­ke­ting et pas as­sez sur le bas­ket. Un deuxième a été or­ga­ni­sé en ca­tas­trophe mais une équipe qui a ter­mi­né 14e à l’Ouest avec 21 vic­toires pour 61 dé­faites avait peu d’ar­gu­ments à faire va­loir. Une seule réunion a suf­fi aux Spurs pour em­por­ter la dé­ci­sion. Mitch Kup­chak s’en tire fi­na­le­ment as­sez bien avec le pi­vot des Pa­cers Roy Hib­bert (28 ans), ob­te­nu contre rien (un 2e tour de draft), et l’ar­rière Lou Williams, meilleur 6e homme de la Ligue en 2014-15. Bran­don Bass (30 ans) vient ren­for­cer le front­court, en pro­ve­nance de Bos­ton, pour 3 mil­lions de dol­lars. Williams a si­gné pour 3 ans et 21 M$, Hib­bert doit re­ce­voir 15,5 M$ du­rant le pro­chain exer­cice. Après la pire sai­son de l’his­toire de la fran­chise en 67 ans, la sum­mer league de Las Ve­gas n’a pas été fa­meuse. L’ex-meneur d’Ohio State D’An­ge­lo Rus­sell, n°2 de la draft, n’est sans doute pas le pro­chain Ma­gic John­son et l’an­cien po­wer for­ward de Ken­tu­cky Ju­lius Randle est ap­pa­ru rouillé après huit mois à l’in­fir­me­rie. Il a dû re­voir ses gammes pour fi­na­le­ment shoo­ter à 39.4%.

By­ron Scott est dans le flou

By­ron Scott a plus de matos que la sai­son der­nière mais il est dans le flou le plus to­tal en ce qui concerne son cinq de dé­part. La lo­gique vou­drait qu’il aligne le cinq Rus­sell-BryantYoung-Bass-Hib­bert mais il pour­rait être ten­té par un com­bo D’An­ge­lo Rus­sell-Jor­dan Clark­son dans le ba­ck­court, Kobe Bryant glis­sant sur l’aile. « Je dois voir ces trois gars jouer en­semble. Je ne sais pas en­core ce que ça peut don­ner », ex­plique Coach Scott. Le roo­kie est un vrai meneur qui porte moins la balle que Clark­son. Ce der­nier avait ter­mi­né la sai­son der­nière sur les cha­peaux de roue. Si les La­kers veulent in­jec­ter du sang neuf dans leur ligne ar­rière, c’est le mo­ment. Car l’énigme Kobe Bryant (37 ans le 23 août…) de­meure. Quel est son état de forme et son ni­veau de per­for­mance après un exer­cice li­mi­té à 35 matches ? Ac­cep­te­ra-t-il de jouer sur l’aile ou de jouer moins pour être plus tran­chant et dé­ci­sif, no­tam­ment dans le mo­ney­time ? Le « Black Mam­ba » va en­ta­mer sa 20e sai­son en NBA avec la ferme in­ten­tion de ra­me­ner les La­kers en playoffs, eux qui les ont lou­pés pour la deuxième an­née de suite. Ce ren­dez-vous man­qué était le qua­trième du genre en… 38 ans ! Bryant, lui, n’a plus fait de sai­son com­plète de­puis 2010-11, même si en 2012-13, il avait li­vré 78 matches. Il au­ra au moins réus­si une chose cet été, à dé­faut de convaincre Al­dridge : se mettre Roy Hib­bert dans la poche. Cette masse dé­fen­sive va im­po­ser son ga­ba­rit (2,18 m, 132 kg) et go­ber les re­bonds (7.1 à In­dia­na). L’ex-double All-Star des Pa­cers a ou­blié qu’il était ca­pable de tour­ner à 17 points et 9.9 re­bonds en playoffs, comme en 2012-13. Il va es­sayer de pro­fi­ter de ce dé­mé­na­ge­ment sur la côte Ouest pour re­trou­ver de bonnes sen­sa­tions. « Les La­kers ont une riche tra­di­tion avec les big guys et ç’a tou­jours été une équipe de win­ners, dit-il. Ce chan­ge­ment est une vraie chance à titre per­son­nel. » Le nou­veau pi­vot des La­kers tour­nait à 12.8 points, 8.8 re­bonds et 2 blocks lors de sa meilleure sai­son dans la Ligue, en 201112. Il y a peu de chances qu’on le bas­sine avec Kareem Ab­dul-Jabbar et Sha­quille O’Neal. Aus­si, il va pou­voir s’at­te­ler à re­trou­ver son jeu, sans ex­cès de pres­sion. Ce n’est pas lui qu’on ac­ca­ble­ra si L.A. conti­nue de pé­da­ler dans la se­moule. On a par­lé des nou­veaux sans s’at­tar­der sur Nick Young et Ro­bert Sacre, tou­jours heu­reux d’être là. Le pre­mier s’at­ten­dait à bou­cler ses va­lises dans le cadre d’un échange mais il de­vrait être uti­li­sé comme back-up sur l’aile. Le se­cond se­ra là pour rendre ser­vice à l’in­té­rieur comme dou­blure de Roy Hib­bert puisque Jor­dan Hill a fi­lé à In­dia­na. Tout ira bien si on parle peu d’eux à par­tir d’oc­tobre. Ce­la vou­dra dire que les La­kers au­ront in­ver­sé la ten­dance. La Ligue a be­soin de cette fran­chise culte. Tout le monde en est convain­cu.

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