TRADES NBA

LA CON­FÉ­RENCE EST AVAIT DES AR­GU­MENTS POUR PIO­CHER SUR LE MAR­CHÉ DES FREE-AGENTS MAIS ELLE N’A PAS RÉUS­SI À RÉ­ÉQUI­LI­BRER LES FORCES AVEC L’OUEST. NEW YORK, BOS­TON ET À UN DE­GRÉ MOINDRE MIA­MI RES­TENT FACE À UN VASTE CHAN­TIER. CHI­CA­GO AVAIT BE­SOIN DE SANG N

Mondial Basket - - Édito -

L’EST TOU­JOURS EN DÉS­ÉQUI­LIBRE

Il y avait trois gros pois­sons à pê­cher cet été sur le mar­ché : LaMar­cus Al­dridge, Marc Ga­sol et DeAndre Jor­dan. Pre­mier constat : les trois vont en­core bai­gner dans la Wes­tern Conference. Deuxième constat : deux d’entre eux ont dé­ci­dé de re­si­gner dans leur fran­chise. C’est le cas de Marc Ga­sol, qui a pa­ra­phé un contrat de 5 ans à Mem­phis pour 110 mil­lions de dol­lars. DeAndre Jor­dan, un temps ten­té par un nou­veau dé­part à Dal­las, s’est ré­trac­té pour re­si­gner chez les Clip­pers (voir­pages62-67). Le seul poids lourd à chan­ger d’ho­ri­zon est donc LaMar­cus Al­dridge, qui passe de Port­land à San An­to­nio (voir­pages

56-61). For­mé au col­lege de Texas, le na­tif de Dal­las se rap­proche de la fa­mille. Sur­tout, le tren­te­naire a choi­si une « win­ning team » ca­pable de ga­gner im­mé­dia­te­ment après avoir dis­pu­té deux Fi­nales NBA en 2013 et 2014 et rem­por­té un cin­quième titre il y a un an. Cô­té fi­nances, on est pas­sé à un sa­la­ry cap de 70 mil­lions de dol­lars, soit une aug­men­ta­tion de 11% par rap­port à la sai­son der­nière. La barre pour la luxu­ry tax est pla­cée à 84,74 mil­lions de dol­lars, soit une hausse de 10,3% com­pa­ré à 2014-15. Les deals com­mer­ciaux si­gnés par la NBA - avec la té­lé et Nike - vont en­core éle­ver ces pla­fon­ne­ments, sa­chant que le contrat té­lé qui en­tre­ra en vi­gueur en 2016 porte sur 24 mil­liards de dol­lars (sur 9 ans) et que ce­lui conclu avec l’équi­pe­men­tier drai­ne­ra un mil­liard dès 2017 (contrat de 8 ans). La po­li­tique que dé­fend San An­to­nio est une ex­cep­tion dans un mar­ché de plus en plus ten­du, où les grosses fran­chises ont plus que ja­mais l’avan­tage. At­ti­rer LaMar­cus Al­dridge et Da­vid West dans un tel contexte re­lève de l’ex­ploit. Et sou­ligne aus­si le désa­mour pro­fond des joueurs vis-à-vis d’une équipe my­thique comme New York qui n’a, en l’état, au­cune ligne di­rec­trice et au­cune cré­di­bi­li­té. Car­me­lo An­tho­ny n’a rien ga­gné en de­hors des deux titres olym­piques dé­cro­chés avec un Team USA boos­té par LeB­ron James, Dwyane Wade et Kobe Bryant et seul Phil Jack­son semble croire que l’at­taque en triangle peut don­ner de bons ré­sul­tats chez les Knicks.

200 mil­lions pour LeB­ron ?

On le sait, la NBA est un bu­si­ness. Les joueurs cherchent d’abord un bon contrat. A un cer­tain stade de leur car­rière, ils étu­dient aus­si les pers­pec­tives spor­tives. Al­dridge se sa­vait dans une im­passe à Port­land (West a fait une croix sur une pe­tite for­tune pour ob­te­nir lui aus­si une bague de cham­pion). Il ne reste plus rien du cinq des Trail Bla­zers 2014-15 sur les postes 2 à 5. Ni­co­las Ba­tum est un Hor­net, Ro­bin Lo­pez est un Knick. Wes­ley Mat­thews, lâ­ché par la fran­chise de l’Ore­gon, a trou­vé re­fuge à Dal­las (4 ans, 70 M$). Il n’y avait que lui pour croire que Paul Al­len, le pro­prié­taire de Port­land, lui of­fri­rait un bo­nus de 7 mil­lions, en plus des 8 qu’il per­ce­vait la sai­son der­nière. Mettre 15 pa­tates sur la tête d’un shoo­ting guard qui sor­tait de l’in­fir­me­rie (ten­don d’Achille) était une hé­ré­sie. Paul Al­len, aus­si riche soit-il, n’a pas vou­lu cou­rir ce risque à par­tir du mo­ment où « LMA » bou­clait ses va­lises. Le pro­prio avait per­du 100 mil­lions de dol­lars en mi­sant sur Bran­don Roy et Greg Oden dans un pas­sé ré­cent, il n’al­lait pas re­faire la même er­reur. Les comptes ont été vite faits à « Rose Ci­ty ». On re­cons­trui­ra der­rière la « pleu- reuse » Da­mian Lillard (120 M$ sur 5 ans) et on ré­éva­lue­ra la si­tua­tion d’ici deux ou trois ans. En 2017, il fau­dra re­né­go­cier la con­ven­tion col­lec­tive, en se ba­sant sur les nou­velles re­cettes gé­né­rées par la té­lé et l’équi­pe­men­tier par­te­naire de la Ligue. LeB­ron James est, avec son ami Ch­ris Paul, à la tête du syn­di­cat des joueurs et leur voix fait au­to­ri­té. En re­nou­ve­lant son contrat dans l’Ohio pour 2 ans et 47 M$, avec la deuxième an­née en op­tion, le « King » s’est lais­sé une marge de ma­noeuvre. Ce­la lui per­met d’ob­te­nir du très lourd dans douze mois. Un contrat qui pour­rait flir­ter avec les 200 mil­lions ! Ce­ci ex­plique pour­quoi les joueurs ont été si pru­dents cet été. Plu­sieurs d’entre eux ont si­gné des contrats de courte du­rée, comme James, dans l’es­poir d’ob­te­nir un deal plus juteux avec la nou­velle con­ven­tion col­lec­tive. C’est le cas de Ra­jon Ron­do (ex-Dal­las), en­ga­gé pour une sai­son et 9,5 mil­lions par Sacramento. Nous pré­sen­tons en page 81 les bonnes pioches de l’été. Des joueurs d’im­pact ou pré­sen­tés comme tels. Il y a ceux qui ont dé­ci­dé de ne pas bou­ger pour dif­fé­rentes rai­sons. Entre un Marc Ga­sol in­tou­chable dans une fran­chise où il se sent très bien et un Da­mian Lillard, seul joueur sur le­quel pou­vaient re­bâ­tir les Trail Bla­zers, les rai­sons de re­si­gner étaient bien dif­fé­rentes. Une seule chose les réunit dans le choix de pri­vi­lé­gier l’équipe où ils évo­luaient : un gros chèque !

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