D. LILLARD

IN­VI­TÉ À PA­RIS PAR ADI­DAS POUR LAN­CER SA SHOES ET INAU­GU­RER SON « ACA­DE­MY », DA­MIAN LILLARD NOUS A OF­FERT UNE IN­TER­VIEW EX­CLU­SIVE. LE MENEUR DES TRAIL BLA­ZERS SE RE­TROUVE SEUL, SES POTES DU STAR­TING FIVE ÉTANT TOUS PAR­TIS. MAIS « DAME » NE DOUTE JA­MAIS. I

Mondial Basket - - Édito -

« J’AIME LES DÉ­FIS ! »

Son rôle

« Nous sommes en­trés dans l’ère des me­neurs en NBA. Il y a eu l’époque des pi­vots dans les an­nées 80 puis celle des ai­liers dans les an­nées 90-2000. Main­te­nant, ce sont les me­neurs, les lea­ders. On doit or­ga­ni­ser le jeu, rendre nos par­te­naires meilleurs, les pla­cer dans les meilleures condi­tions, leur fa­ci­li­ter le jeu, être le re­lais du coach mais aus­si créer et mar­quer. Etre ré­gu­liers tous les soirs. »

Son arme ab­so­lue

« Je pense que le 3-points est de­ve­nu l’arme ab­so­lue du bas­ket mo­derne. Bon, il faut sco­rer mais aus­si em­pê­cher l’ad­ver­saire de le faire… »

Son Top me­neurs

« Je me si­tue dans le Top 5. Di­sons que si je de­vais ef­fec­tuer un clas­se­ment, je met­trais Ste­phen Cur­ry, Rus­sell West­brook, Ch­ris Paul, moi-même, Ky­rie Ir­ving et John Wall. C’est mon Top 6 ! »

Son en­traî­ne­ment

« L’été, je m’en­traîne tous les ma­tins. Je tra­vaille sur les fon­da­men­taux de mon jeu. Le ma­nie­ment du bal­lon, les moves, des shoots dif­fé­rents… Je bosse dans les do­maines où je ne suis pas en­core à l’aise et j’es­saie de m’amé­lio­rer. Quand tu ar­rives à un cer­tain stade d’un match, tu manques des tirs que tu pen­sais ren­trer. J’es­saie juste d’ar­ri­ver au point où le tir que j’ai à prendre est réus­si. J’es­saie de per­fec­tion­ner cer­tains shoots que je vais de­voir prendre, ce que je sais par avance. J’ai ap­pris à tra­vailler plus in­tel­li­gem­ment. Il faut s’en­traî­ner dur mais aus­si s’en­traî­ner in­tel­li­gem­ment pour réa­li­ser les pro­grès vi­sés. »

Son nou­veau contrat

« Tout a joué en ma fa­veur. Ce­la si­gni­fie beau­coup pour moi d’ob­te­nir ce type de contrat (ndlr:

plus de 120 mil­lions de dol­lars sur 5 ans), comme ça l’est pour les Trail Bla­zers vis-à-vis de moi. Il n’y a pas de clause dans ce contrat, ce qui prouve que nous vou­lons tra­vailler en­semble sur le long terme. J’aime ce club, j’aime cette ville. Je ne vois au­cune rai­son de quit­ter Port­land. Je me suis plei­ne­ment en­ga­gé avec Port­land et vis-à-vis de mes co­équi­piers. Ce n’est pas une ques­tion d’ar­gent. Et puis ailleurs, je n’ob­tien­drais sû­re­ment pas au­tant que ce qu’on m’offre au­jourd’hui. »

Les cri­tiques

« Tout le monde dit que notre équipe ne se­ra pas ter­rible après les dé­parts de LaMar­cus (Al­dridge), Ni­co­las (Ba­tum), Wes­ley (Mat­thews) et Ro­bin (Lo­pez)… J’ai en­core plus en­vie de re­vê­tir mon cos­tume de guer­rier - me battre, c’est dans ma na­ture ! - pour prou­ver aux gens qu’ils ont tort. Nous pour­rons ac­com­plir plus que ce qu’ils peuvent pen­ser. »

Le dé­part de LaMar­cus Al­dridge

« On a échan­gé des SMS. Ils di­saient l’ad­mi-

ra­tion ré­ci­proque que nous avons l’un pour l’autre. Je lui ai que j’avais en­vie qu’il reste mais que je res­pec­tais sa dé­ci­sion. Elle n’a rien à voir avec moi. Je res­pecte to­ta­le­ment ce qu’il m’a dit et j’ap­pré­cie le fait qu’il m’ait an­non­cé son choix avant que son dé­part soit of­fi­cia­li­sé dans la presse. Il n’y avait pas grand-chose à faire pour le re­te­nir. Il avait be­soin de chan­ge­ment et vou­lait jouer dans la fran­chise qui au­rait le plus de chances de rem­por­ter le titre NBA. »

L’échange im­pli­quant Ni­co­las Ba­tum

« Per­son­nel­le­ment, j’étais triste de ce dé­part car Ni­co était l’un de mes co­équi­piers pré­fé­rés. Il était dans mon équipe de­puis le dé­but. Après, on sait tous que la NBA est un bu­si­ness… On était très liés et sur la même lon­gueur d’ondes, no­tam­ment dans l’ap­proche du jeu. C’était lui qui s’oc­cu­pait de la balle quand je ne l’avais pas. Il m’en­le­vait beau­coup de pres­sion. Elle re­pose na­tu­rel­le­ment sur les me­neurs. Sa pré­sence me met­tait à l’aise. Il faut que l’on trouve quel­qu’un d’autre pour faire ça. Parce que Ni­co me ren­dait la vie plus fa­cile. »

La re­cons­truc­tion

« Je n’ai plus LaMar­cus, Wes­ley, Ni­co­las et Ro­bin. Je vois ce­la comme un dé­fi et j’aime les dé­fis ! Je me sens prêt à re­le­ver ce­lui-là. Quand je suis ar­ri­vé en tant que meneur, je vou­lais fa­ci­li­ter la tâche de cha­cun. Faire jouer Wes et Nic, être le par­fait com­plé­ment de LaMar­cus, m’as­su­rer que Ro­bin au­rait des bal­lons propres… En fai­sant tout ce­la, je suis de­ve­nu All-Star. »

Sa nou­velle équipe

« Nous avons une jeune équipe. Il va y avoir des hauts et des bas mais je ne vais pas re­non­cer. Je ne doute pas que nous soyons com­pé­ti­tifs. Nous avons de jeunes ath­lètes. Je les sens ca­pables de pro­gres­ser et de faire plus que ce qu’ils ont fait par le pas­sé. Je ne sais pas com­bien de temps le pro­ces­sus de re­cons­truc­tion va prendre. Je me suis en­ga­gé sur les six pro­chaines an­nées pour es­sayer de bâ­tir quelque chose. Je suis deux fois All-Star, il est lo­gique que les gens se tournent vers moi et me de­mandent d’être le lea­der. On a per­du notre star­ting five, on est obli­gés de don­ner en­core plus. Il va fal­loir que l’on se dote d’une iden­ti­té et d’une culture. »

Son lea­der­ship

« Il m’est ar­ri­vé de me­ner l’équipe dans cer­taines si­tua­tions mais quand vous avez au­tour de vous des joueurs plus âgés et plus ex­pé­ri­men­tés, vous ne pou­vez vous per­mettre de vous sub­sti­tuer à eux. Ce n’est pas parce que tu com­mences à bien jouer, à avoir du suc­cès et à ga­gner de l’ar­gent que tu dois te croire plus fort que les autres. Au­jourd’hui, je me sens ef­fec­ti­ve­ment lea­der, je peux lé­gi­ti­me­ment m’ex­pri­mer, tout sim­ple­ment parce que je suis de­ve­nu l’élé­ment le plus ex­pé­ri­men­té du groupe. J’ai été deux fois All-Star. Ce se­ra plus fa­cile de m’im­po­ser. Ma po­si­tion de meneur me per­met de voir ce qui est le mieux pour l’équipe. Je ne suis pas là pour hur­ler sur les autres. Je vais res­ter moi-même mais je dois aus­si m’af­fir­mer. Faire va­loir ma fa­çon de pen­ser. Je vais écou­ter et ai­der les coaches. Je cor­ri­ge­rai les joueurs quand l’en­traî­ne­ment ne se­ra pas bon, par exemple. Je par­le­rai car on au­ra une équipe jeune. Tout le monde a be­soin de tra­vailler dur. Mon lea­der­ship pas­se­ra avant tout par la res­pon­sa­bi­li­sa­tion de cha­cun. »

Oak­land cham­pion NBA

« Oak­land, c’est ma ville. Les War­riors cham­pions NBA, ça de­vrait me com­bler mais en tant que com­pé­ti­teur, tu veux ga­gner le titre toi­même… J’éprouve un sen­ti­ment mi­ti­gé. Après, voir la fa­çon dont les gens d’Oak­land et ma ville ont ré­agi et fê­té ça, sa­voir qu’ils vi­vaient quelque chose de po­si­tif, ça m’a fait du bien. »

Son di­plôme

« J’avais be­soin de trois cours pour com­plé­ter mon cur­sus cette an­née. Je n’aime pas lais­ser les choses in­ache­vées, donc je suis al­lé au bout du truc. C’est énorme pour moi d’avoir quelque chose qu’on ne pour­ra pas m’en­le­ver. C’est un ac­com­plis­se­ment en de­hors du sport, en de­hors de tout. Une chose pour la­quelle j’ai in­ves­ti du temps et que j’ai mé­ri­tée. C’est quelque chose qui a de­man­dé beau­coup de tra­vail. Je suis content d’avoir réus­si à fi­nir ça. Heu­reux pour ma mère, aus­si. »

Le Team USA

« Je n’irai pro­ba­ble­ment pas au ras­sem­ble­ment. Je l’ai fait ces der­nières an­nées et je n’ai pas été re­te­nu. Je n’y étais pas l’an­née der­nière pour la Coupe du monde, donc ça m’éton­ne­rait que je fasse par­tie du ros­ter cette an­née. Pour­tant, j’ai­me­rais bien par­ti­ci­per aux Jeux Olym­piques, af­fron­ter Ni­co­las Ba­tum… »

Ses shoes

« La Lillard 1 est ma pre­mière chaus­sure. On a tra­vaillé long­temps des­sus avec adi­das. Je vou­lais une chaus­sure confor­table, basse, qui puisse se por­ter sur et en de­hors du ter­rain. J’aime bien l’as­pect sur le haut de la chaus­sure, tu as l’im­pres­sion qu’il n’y a pas de la­cets. Tu peux jouer avec ces chaus­sures neuves tout de suite, sans être obli­gé de les « faire » avant. J’ai tou­jours joué avec des adi­das. J’aime faire par­tie de cette aven­ture, de cette évo­lu­tion. »

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