PAU GA­SOL VU PAR LES BLEUS

MEILLEUR SCO­REUR DE L’EU­RO 2015, PAU GA­SOL A POR­TÉ L’ES­PAGNE À BOUT DE BRAS. L’IN­TÉ­RIEUR DE CHI­CA­GO A SI­GNÉ DES PER­FOR­MANCES STRA­TO­SPHÉ­RIQUES DANS SON SIXIÈME ET DER­NIER EU­RO, AVANT DE RE­JOINDRE LES BULLS POUR UNE 15E SAI­SON OUTRE-AT­LAN­TIQUE. LES BLEUS SO

Mondial Basket - - Plein Les Yeux -

Che­mins iden­tiques ou des­tins croisés, les joueurs d’ex­cep­tion ont un point com­mun : ce­lui de se re­trou­ver dans la plus grande Ligue du monde, la NBA, et de par­ta­ger l’amour du maillot na­tio­nal l’été ve­nu. Pau Ga­sol et To­ny Par­ker fer­raillent chaque an­née pour rem­por­ter le titre su­prême outre-At­lan­tique. Et quand l’été ar­rive, ils sont au ta­quet pour ga­gner un titre conti­nen­tal avec leur sé­lec­tion. Pau s’est ad­ju­gé deux bagues de cham­pion NBA chez les La­kers avec Kobe Bryant (2009 et 2010), To­ny en a gla­né quatre chez les Spurs entre 2003 et 2014. Ga­sol a été cou­ron­né roi d’Eu­rope en 2009 en Pologne, en 2011 en Li­tua­nie et en 2015 en France. Par­ker a at­ten­du pa­tiem­ment 2013 et l’Eu­ro en Slo­vé­nie pour mon­ter à son tour sur le trône. Au-de­là des « cla­si­cos » France-Es­pagne qui ont tou­jours oc­ca­sion­né coups dé­fen­dus et autres ama­bi­li­tés entre les deux pays, un homme, un joueur a tou­jours fait l’una­ni­mi­té cô­té Ro­ja : Pau Ga­sol. L’Eu­ro qui vient de s’ache­ver n’a pas dé­ro­gé à la règle, même si l’Es­pa­gnol fut le tor­tion­naire des Bleus en pré­ci­pi­tant leur éli­mi­na­tion en de­mi-fi­nales, à Lille, avec 40 points (12/21 et 16/18 aux lan­cers francs), 11 re­bonds et 3 contres. En me­nant une for­ma­tion pri­vée de plu­sieurs ta­lents NBA ou ex-NBA (son frère Marc, Ri­cky Ru­bio, Jo­sé Cal­de­ron et Juan Carlos Na­var­ro) à la mé­daille d’or, l’in­té­rieur de Chi­ca­go a qua­li­fié l’Es­pagne pour les Jeux Olym­piques de Rio en 2016. Ce se­ront ses qua­trièmes J.O. Il a dé­jà dis­pu­té et per­du deux fi­nales face aux Etats-Unis, il y a 7 ans à Pé­kin et il y a 3 ans à Londres. Son his­toire, son pal­ma­rès, sa classe et son jeu ins­pirent le plus grand res­pect dans le camp tri­co­lore. To­ny Par­ker éprouve un sen­ti­ment par­ti­cu­lier quand il évoque l’im­mense Pau. « Par­ler de l’Es­pagne, c’est as­sez spé­cial pour moi. Je m’en­tends tel­le­ment bien avec Pau qu’il m’est dif­fi­cile de dé­crier son équipe, ex­pli­quait le me­neur de San An­to­nio avant d’af­fron­ter Ga­sol à Villeneuve-d’Ascq. Je n’ai pas de rage, entre guillemets, contre l’Es­pagne. On va man­ger en­semble avec nos com­pagnes. Je le vois en de­hors d’un contexte basket quand on joue en NBA. Je l’in­vite aus­si à la mai­son. »

Ga­sol 4, Par­ker 0

TP n’a tou­jours pas bat­tu Ga­sol dans un match FIBA. L’an­née der­nière, le pre­mier n’avait pas pris part à la vic­toire his­to­rique des Bleus sur l’Es­pagne à Ma­drid, en quarts de fi­nale de la Coupe du monde (65-52). Pour le sacre des Bleus à l’Eu­ro 2013, en Slo­vé­nie, c’est le frère de Marc Ga­sol qui était ab­sent (vic­toire 75-72 des joueurs de Vincent Col­let en de­mi-fi­nales après pro­lon­ga­tion). Dans son face-à-face en sé­lec­tion avec le me­neur des Spurs, l’ai­lier fort des Bulls mène dé­sor­mais 4-0 (23.7 pts, 10.2 rbds, 2.2 pds et 58.6% aux tirs contre 14.2 pts, 4 rbds, 3.7 pds et 27.7% de réus­site). Les tra­jec­toires ont été in­ver­sées. Vé­ri­table ma­chine à ga­gner à San An­to­nio, Par­ker a sur­fé sur le suc­cès en NBA dès 2003. En équipe na­tio­nale, il se re­fu­sait à lui. Aus­si, il dut se conten­ter d’ar­gent (Eu­ro 2011) et de bronze (Eu­ro 2005). Ga­sol a dû at­tendre 2009 pour sou­le­ver le Lar­ry O’Brien Tro­phy dans la Ligue amé­ri­caine. Avec la Ro­ja, il avait triom­phé dès 2006, lors du cham­pion­nat du monde au Ja­pon, trois ans après une mé­daille d’ar­gent à l’Eu­ro en Suède (ajou­tez l’ar­gent aux J.O. de 2008 et 2012, l’or à l’Eu­ro 2009, 2011 et 2015, l’ar­gent à l’Eu­ro 2007, sur ses terres, et le bronze lors de l’Eu­ro 2001 en Tur­quie). TP reste réa­liste au su­jet de ce face-à-face. Ga­sol était le plus fort. « S’il n’y avait pas eu Pau et une gé­né­ra­tion do­rée au­tour de lui, la France au­rait en­core plus de mé­dailles. » Cette de­mi-fi­nale per­due 75-80 à Lille s’ajoute à une longue liste de dés­illu­sions pour la bande à To­ny face à son en­ne­mi ju­ré. Après 2009, 2011 et 2012, l’été 2015 a tour­né lui aus­si au cau­che­mar pour les Par­ker Boys, ren­voyés à leurs chères études par la faute du meilleur sco­reur de la com­pé­ti­tion (25.6 pts de moyenne). Bo­ris Diaw,

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