L’ADIEU DE KOBE BRYANT

Mondial Basket - - Vu Sur Internet -

POUR CETTE PRE­MIÈRE PAR­TIE CONSA­CRÉE À LA CAR­RIÈRE DE KOBE BRYANT, ON RE­TROUVE LA STAR DES LA­KERS DANS UNE SÉ­RIE DE MATCHES AVEC DES ADIEUX CHAR­GÉS D’ÉMO­TION, SUR LA CÔTE EST DES ÉTATSU­NIS. SANS OU­BLIER UN « RE­VI­VAL » À SA­CRA­MEN­TO. KOBE NOUS EX­PLIQUE POUR­QUOI IL A TOU­JOURS AI­MÉ L’AM­BIANCE DES ALLS­TAR GAMES. NU­MÉ­RO 1 DANS LES VOTES DES FANS, IL AU­RA DROIT À UNE DIX-HUI­TIÈME ÉTOILE À TO­RON­TO.

Les temps sont durs pour les La­kers. Les vic­toires se font rares et les jeunes comme Ju­lius Randle et D’An­ge­lo Rus­sell ont été ren­voyés sur le banc sans mé­na­ge­ment par le coach, By­ron Scott. Pen­dant ce temps, Kobe Bryant (37 ans) en­glou­tit les mi­nutes de jeu dans un « fa­re­well tour » digne d’une rock star. Les fans se pressent par cen­taines aux abords des hô­tels des La­kers et ils sont des mil­liers à se je­ter sur les ti­ckets pour voir le der­nier match du « Black Mam­ba » aux quatre (ou cinq) coins du pays. « J’ai l’im­pres­sion d’être dans un film, ra­con­tait l’ar­rière Jor­dan Clark­son. C’est de la fo­lie au­tour de Kobe… » Une fo­lie douce pour un joueur qui ne s’at­ten­dait pas à un telle pluie d’hom­mages. « Je pen­sais que l’on me dé­tes­tait mais les temps ont chan­gé de­puis que j’ai an­non­cé que je par­tais… » Le n°24 ca­li­for­nien n’est pas dupe. Entre les stan­ding ova­tions d’au­jourd’hui et les sif­flets qui ont meu­blé une grande par­tie de sa car­rière, il n’y a qu’un pas. Les Amé­ri­cains n’ont au­cun scru­pule à re­tour­ner leur veste (comme d’autres). Ils savent qu’un géant du bas­ket amé­ri­cain va ti­rer sa ré­vé­rence et ils veulent par­ta­ger ce mo­ment d’his­toire. Kobe joue le jeu et se dé­lecte d’un miel qu’il ne sa­vait pas si su­cré. Lors d’une confé­rence de presse in­ter­na­tio­nale, il dé­cla­rait : « J’es­saie de mon­trer aux fans tout le res­pect que j’ai pour eux et ils me le rendent bien. » Cer­tains soirs, « KB »

joue en­core au chat et à la sou­ris avec des dé­fen­seurs un peu tendres. Le pu­blic se gar­ga­rise alors de jo­lis car­tons, comme ces 31 points à Wa­shing­ton et à Den­ver avec un quin­tuple cham­pion NBA shoo­tant à plus de 43% (ap­pré­ciable par les temps qui courent) dans des am­biances fes­tives. Les fans scandent le nom de Kobe après l’in­tro­duc­tion des star­ting li­neups. L’icône de Lo­wer Me­rion, Phi­la­del­phie, a droit à un trai­te­ment de fa­veur avec salle obs­cure et éclai­rage fi­gé sur elle. Par­fois, ce sont des vi­déos de ses plus grands ex­ploits qui sont dif­fu­sées au pu­blic. Cer­tains soirs, ce sont les deux qui sont mis en scène. « C’est tel­le­ment beau de pou­voir vivre ça, as­su­rait le fu­tur re­trai­té aux mé­dias in­ter­na­tio­naux dans une « confe­rence call » or­ches­trée par la NBA. On s’est fré­quen­tés pen­dant 20 ans mais je ne pou­vais pas ima­gi­ner que ce se­rait aus­si beau. » Même si toutes les fran­chises re­gorgent de sou­ve­nirs à part avec un tel phé­no­mène, Bryant a ses arènes pré­fé­rées. Il y a, ici ou là, une his­toire, un titre, un échec, un re­cord. Kobe ra­conte ses anec­dotes de « Père Cas­tor » tan­tôt avec nos­tal­gie, tou­jours avec pas­sion. Quand on lui de­mande quelles sont les équipes qui lui ont fait la mi­sère du­rant ces vingt an­nées dans la Ligue, il n’hé­site pas une seule se­conde. « Les Spurs ont tou­jours été durs à jouer. Avant, af­fron­ter les Kings en playoffs était dif­fi­cile. Il y a éga­le­ment eu Bos­ton en 2008 et De­troit en 2004. Je ci­te­rai éga­le­ment les Bulls quand je suis ar­ri­vé il y a deux dé­cen­nies. » On peut pen­ser que Chi­ca­go lui fe­ra la fête le 21 fé­vrier pour sa der­nière vi­site au Uni­ted Cen­ter. Ce se­ra la même chose dans le Texas, à San An­to­nio, le 6 du même mois. Kobe Bryant a ob­te­nu cinq bagues de cham­pion chez les La­kers, en jouant sept Fi­nales. Le res­pect est mu­tuel entre la star, ses ad­ver­saires et les sup­por­ters. Les mar­chands du temple, eux, se frottent les mains. Le prix du ti­cket pour le der­nier match du « Black Mam­ba », le mer­cre­di 13 avril contre le Jazz de Ru­dy Go­bert, a flam­bé en l’es­pace de 48 heures, entre l’an­nonce de son dé­part et son pre­mier « fa­re­well game » à Phi­la­del­phie. La fa­mille Sand­ler, ba­sée à San­ta Mo­ni­ca, avait ache­té des billets pour 925 $, avec un groupe d’amis, afin d’as­sis­ter au clap de fin contre Utah. Deux se­maines plus tard, StubHub, qui gère le site de vente de billets sur le Net, en­voyait un e-mail aux Sand­ler pour leur ex­pli­quer que les mêmes places étaient en fait ven­dues 6 000 $ ! In­for­mé de l’af­faire, « Vi­no » évo­qua cette flam­bée des prix de­vant les mé­dias après un match, obli­geant la com­pa­gnie à faire marche ar­rière. « C’est un hor­rible bu­si­ness », dit-il. L’ar­rière 18 fois All-Star et 11 fois All-NBA First team a le bras long.

KOBE N°1 DES VOTES POUR LE ALL-STAR GAME DE TO­RON­TO

Le fran­chise player des La­kers aime trop le jeu pour man­quer un All-Star Game. Quand Ra­sheed Wal­lace, La­trell Spre­well et les autres pré­fé­raient évi­ter la fu­ria des mé­dias du monde en­tier, Kobe se dé­lec­tait de­vant un par­terre de jour­na­listes - tous à ses pieds - avant

LES SPURS SONT EUX-MÊMES SUR­PRIS

Quand les Spurs ont com­men­cé à pen­ser à l’idée de prendre Leo­nard, l’ob­jec­tif était sur­tout d’ajou­ter un joueur de pé­ri­mètre plus grand. « George Hill était l’un de mes pré­fé­rés mais ça don­nait une li­neup trop pe­tite avec To­ny Par­ker et Ma­nu Gi­no­bi­li, se sou­vient Po­po­vich. Ce n’était pas as­sez puis­sant, pas as­sez grand. Ça ne fonc­tion­nait pas. Nous avions be­soin d’un poste 3 adap­té au bas­ket mo­derne. On a ob­ser­vé le corps de Kaw­hi. On a vu sa té­na­ci­té à San Die­go State. Il était plus in­té­rieur qu’ex­té­rieur mais il avait dé­jà des dé­pla­ce­ments de feu et une bonne connais­sance du bas­ket. Il suf­fi­sait de le voir prendre un re­bond ou faire une passe pour com­prendre com­ment il jouait. Avec son en­ver­gure, sa taille, la lon­gueur de ses bras et de ses mains, ses épaules, on a vu un corps qu’il était fa­cile de trans­for­mer en joueur de pé­ri­mètre. Nous étions prêts à ten­ter le pa­ri. » Gi­no, TP et Tim Dun­can furent conster­nés par le deal. « Pop », lui, ap­pré­hen­dait quelque peu. « Je men­ti­rais si je di­sais que nous sa­vions qu’il al­lait de­ve­nir le meilleur dé­fen­seur de la NBA et qu’il tour­ne­rait à presque 50% de réus­site à 3 points… Nous ne pou­vions pas sa­voir qu’il amé­lio­re­rait son tir aus­si ra­pi­de­ment et qu’il ex­ploi­te­rait aus­si vite et aus­si bien toutes les re­cettes qu’on avait à lui trans­mettre. » Après l’éli­mi­na­tion en playoffs face aux Clip­pers au prin­temps 2015 (3-4), Po­po­vich prit le temps de s’as­seoir à cô­té de son go-to-guy pour ci­bler les do­maines où il de­vait en­core mus­cler son jeu. « Pop » vou­lait que Leo­nard soit plus à l’aise au poste sa­chant que ses ad­ver­saires ef­fec­tue­raient dé­sor­mais beau­coup plus de prises à deux sur lui. Kaw­hi a dû ap­prendre à sur­mon­ter cette pres­sion sup­plé­men­taire. Ce­la im­pli­quait tout au­tant de prendre les bonnes dé­ci­sions que de dé­ve­lop­per le cô­té « ath­lé­tique » de cette tâche. Pen­dant l’été, le staff lui a mon­tré des vi­déos de Charles Bark­ley, his­toire de com­prendre com­ment faire les bons choix et en­cais­ser le choc phy­sique. « Il su­bit ré­gu­liè­re­ment des prises à deux, c’est un autre bas­ket qui se pré­sente à lui. Il ne sait pas tou­jours quoi faire. C’est vrai­ment ce sur quoi il doit tra­vailler au­jourd’hui », in­sis­tait Gregg Po­po­vich dans les co­lonnes de « USA To­day ». Kaw­hi a pris cette mis­sion à coeur. En plus d’amé­lio­rer son jeu au poste et de na­vi­guer face aux prises à deux, il a tra­vaillé ses dribbles et les si­tua­tions de catch and shoot. Dé­sor­mais, il peut at­ti­rer les dé­fenses pour trou­ver un par­te­naire idéa­le­ment pla­cé ou, in­ver­se­ment, mar­quer en « spot up ».

QU’IL NE CHANGE RIEN À SA PER­SON­NA­LI­TÉ !

Le vaste ré­per­toire que l’ai­lier des Spurs est en train de dé­voi­ler in­fluence aus­si un peu son com­por­te­ment. Le voi­ci un peu plus à l’aise à l’ex­té­rieur, un peu plus en­clin à (sou)rire et ap­pré­cier quelques traits d’humour de ses par­te­naires. Dun­can a vu cette prise de confiance ar­ri­ver. « Je crois qu’il est plus à l’aise dé­sor­mais avec son rôle dans l’équipe et sa po­si­tion. Il ose des choses sans de­man­der la per­mis­sion, par exemple. » Po­po­vich pré­fère que son pro­té­gé garde son cô­té mys­té­rieux : « On doit tous res­ter nous-mêmes. Je ne veux pas qu’il change ou qu’il se prenne pour un autre. Je veux qu’il se sente bien dans sa peau, qu’il reste qui il est. » Vi­si­ble­ment, il ne faut pas le lui ré­pé­ter deux fois… Son contrat de 5 ans et 94 mil­lions de dol­lars (si­gné en juillet der­nier) en poche, Leo­nard vou­lait « juste ga­gner un autre cham­pion­nat ». Et si vous lui par­lez d’une pre­mière étoile de All-Star, le na­tu­rel re­prend le des­sus. Il vous ré­pond briè­ve­ment de sa voix et de son ton mo­no­tones : « Tout ce que je veux, c’est jouer le plus dur pos­sible pen­dant toute ma car­rière et consta­ter que j’ai ac­com­pli de grandes choses avec mon équipe. »

Avec Mi­chael Jor­dan en 2003

à At­lan­ta

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