DER­NIER STOP

PHI­LA­DEL­PHIE, DE­TROIT, CHAR­LOTTE, BOS­TON… AU­TANT D’AR­RÊTS À L’EST DU PAYS AVANT UN RE­TOUR EN CA­LI­FOR­NIE POUR JOUER UNE DER­NIÈRE FOIS LES KINGS DANS LEUR ANTRE, TO­TA­LE­MENT DÉ­STRUC­TU­RÉ ET AP­PE­LÉ À DIS­PA­RAÎTRE DÉ­FI­NI­TI­VE­MENT DANS QUELQUES MOIS. TOUS CES MATC

Mondial Basket - - In Your Face -

PHI­LA­DEL­PHIE (1ER DÉ­CEMBRE 2015)

Dé­faite 91-103

Kobe a an­non­cé 48 heures plu­tôt qu’il ar­rê­tait sa car­rière à la fin de la sai­son. Phi­la­del­phie tombe à point nom­mé pour une pre­mière cé­lé­bra­tion. C’est en Penn­syl­va­nie, à Lo­wer Me­rion, en high­school, que tout a com­men­cé pour Bryant. La veille du ren­dez-vous contre les Sixers, il s’est échap­pé de l’hô­tel des La­kers. « Vi­no » a rou­lé dans la ville pour re­trou­ver le play­ground park où il jouait ga­min. Il traîne aus­si du cô­té du Wells Far­go Cen­ter pour ren­con­trer Ju­lius Er­ving. Les Sixers l’ont tou­jours sif­flé. Sur­tout de­puis le prin­temps 2001 où les La­kers avaient ex­plo­sé Phil­ly et Al­len Iver­son en Fi­nales NBA (4-1). Le schisme du All-Star Game 2002 n’a fait qu’ac- cen­tuer l’in­com­pré­hen­sion entre les fans de Phi­la­del­phie et Kobe. Mais treize ans plus tard, c’est la ré­con­ci­lia­tion. Bryant re­çoit une stan­ding ova­tion comme au­cun joueur, à part Al­len Iver­son et Ju­lius Er­ving eux-mêmes. Le Laker re­trouve Gregg Dow­ner, son head coach à Lo­wer Me­rion, et « Dr J » qu’il a tou­jours ad­mi­ré. « J’ai tou­jours com­pris les sif­flets à Phi­la­del­phie, as­sure-t-il. Il n’y a pas un quar­tier, pas un play­ground où il n’y a pas de trash-talk. C’est dans la culture de la ville. Les gens ont ça dans la peau. J’ai été for­mé ici. Je suis comme eux. Ici, tu n’as pas d’autres so­lu­tions que de ga­gner. Ce­lui qui te bat est l’en­ne­mi ju­ré. » Kobe joua plus de 30 mi­nutes et eut droit à des chants de MVP. Il sco­ra 20 points et ter­mi­na à 7/26 aux tirs dans un match vrai­ment char­gé d’émo­tion.

DE­TROIT (6 DÉ­CEMBRE 2015)

Dé­faite 91-111

Kobe quitte le Pa­lace d’Au­burn Hills avec un piètre 2/15 aux tirs pour seule­ment 5 points. Une arène qui laisse un sou­ve­nir très amer à Bryant. En 2004, pour les Fi­nales NBA, les La­kers alignent une « Dream Team » qui doit lo­gi­que­ment mou­cher les Pis­tons de Chaun­cey Billups. Mais ils sont cor­ri­gés sé­vè­re­ment en cinq matches par un col­lec­tif su­pé­rieur. Leur unique vic­toire au Staples Cen­ter, dans le Match 2, s’est ma­té­ria­li­sée à l’is­sue d’une pro­lon­ga­tion. Kobe entre au pur­ga­toire pour trois ans à par­tir de cette dé­faite. Le lo­cker room ca­li­for­nien éclate to­ta­le­ment avec les dé­parts de Sha­quille O’Neal (en 2004 à Mia­mi) et Phil Jack­son (en 2005). Le « Black Mam­ba » se sou­vient très bien de la do­mi­na­tion des hommes de Larry Brown. « Il y a dif­fé­rentes ma­nières d’avan­cer jus­qu’au titre de cham­pion NBA. L’ADN des joueurs qui sont sur votre ros­ter est gé­né­ra­le­ment votre meilleur atout. Les La­kers époque show­time et les Cel­tics de Larry Bird avaient leur propre iden­ti­té. Les Pis­tons ont joué au­tre­ment, en se di­sant « On ne va pas faire comme eux, on va es­sayer de ga­gner avec notre propre style ». Ils l’ont fait à leur fa­çon, avec un cinq très équi­li­bré. Sans rien copier et sans rien de­voir à qui que ce soit. »

CHAR­LOTTE (28 DÉ­CEMBRE 2015)

Dé­faite 98-108

Une vi­déo de 1’40 de Mi­chael Jor­dan adresse un mes­sage de fé­li­ci­ta­tions à Kobe pour l’en­semble de sa car­rière. Le pro­prio des Hor­nets a bien fait les choses. Bryant est tou­ché par les mots de « His Air­ness », son mo­dèle, par­ti en va­cances. Une as­sis­tance cha­leu­reuse voit le « Black Mam­ba » sco­rer 20 points (3/12 der­rière l’arc…) face à la fran­chise qui l’avait draf­té en 1996 (13e choix). A l’époque, les Hor­nets étaient coa­chés par une lé­gende, Dave Co­wens. Co­wens avait fait les beaux jours de Bos­ton en tant que joueur. Kobe af­firme qu’il ne vou­lait pas de lui à Char­lotte. « Il m’avait dit ça. Il n’avait pas be­soin de moi. Il avait dé­jà un duo d’ar­rières et un duo d’ai­liers qui étaient prêts », ra­con­tait Bryant à l’is­sue de son voyage en Ca­ro­line du Nord. Avait-il été bles­sé par la re­marque de Co­wens (ce­lui-ci dé­men­tait avoir te­nu de tels pro­pos) ? « J’ai gran­di en re­gar­dant des matches de bas­ket. Je sa­vais qui était Dave et j’étais plu­tôt ex­ci­té à l’idée de jouer pour lui. Après, je me suis dit : «OK,d’ac­cord…» Je suis ra­pi­de­ment pas­sé du ga­min sou­riant au killer vou­lant tout cas­ser. »

BOS­TON (30 DÉ­CEMBRE 2015)

Vic­toire 112-104

Une ving­taine de mi­nutes avant le tip-off, les C’s étaient de­bout, ac­cla­mant Kobe à l’échauf­fe­ment. La ré­cep­tion au TD Gar­den est gran­diose, comme celle chez les Sixers quelques se­maines plus tôt. Bryant joue le jeu avec son pre­mier double-double de la sai­son (15 pts à 5/18, 11 rbds). Le Laker a dis­pu­té deux Fi­nales face aux Cel­tics. Il en a ga­gné une en 2010 (4-3), il a per­du l’autre en 2008 (2-4). « C’est un lieu par­ti­cu­lier pour moi. L’his­toire est to­ta­le­ment dif­fé­rente ici. » Kobe se sou­vient même d’un wor­kout chez les Cel­tics avant la draft 1996 ! « Si j’avais joué pour eux ? J’au­rais por­té cette fran­chise comme elle le mé­rite. J’au­rais ten­té d’ho­no­rer l’hé­ri­tage. » Il pas­se­ra chez l’en­ne­mi his­to­rique de « Bean­town ». On connaît la suite. Bryant voit son rêve d’af­fron­ter Bos­ton s’exau­cer en 2008, dans une Fi­nale mons­trueuse face à Paul Pierce, Ke­vin Gar­nett et Ray Al­len. Une ba­taille in­ouïe en six manches, pal­pi­tante, âpre, dure, sai­gnante, comme les af­fron­te­ments des an­nées 80 entre Ma­gic John­son et Larry Bird. Bat­tu 4-2, Kobe au­ra une deuxième chance deux ans plus tard face à ces mêmes Cel­tics. L’is­sue est dif­fé­rente (4-3). « Après avoir per­du en 2008, j’ai chan­gé de com­por­te­ment. Je de­vais ap­por­ter plus de lea­der­ship. C’est ce qui nous a per­mis de re­ve­nir deux fois de suite en Fi­nales et de prendre notre re­vanche face à Bos­ton. » Ce 30 dé­cembre 2015, Kobe a le res­pect des fans lo­caux. Pour lui, ils chantent l’hymne bos­to­nien « I’m Ship­ping Up To Bos­ton » des Drop­kick Mur­phys, ré­ser­vé aux C’s pour cé­lé­brer les grandes vic­toires. « Pen­dant les Fi­nales, ils le jouait dès le dé­but du match. Ça me fai­sait dis­jonc­ter… Bon, là, c’était dif­fé­rent. C’était un hon­neur. J’ai ap­pré­cié. » « Vi­no » est ve­nu à Bos­ton en fa­mille, avec sa femme Va­nes­sa et leurs deux filles. Son nom est re­pris par des mil­liers de fans au TD Gar­den. Des « Let’s go, La­kers ! » sont même scan­dés par la foule… Bryant n’en croit pas ses oreilles. « Non ! Si on m’avait dit ça avant le match, je n’y au­rais pas cru. » Un hom­mage en forme de re­mer­cie­ments. Les Cel­tics aiment les duels de lé­gende en playoffs. Il n’y avait que des Ma­gic John­son et des Kobe Bryant pour leur rendre la vie aus­si dure. Res­pect.

SA­CRA­MEN­TO (7 JAN­VIER 2016)

Dé­faite 115-118

Sa­cra­men­to est ma­na­gé par Vlade Di­vac. Le Serbe était pas­sé des La­kers aux Hor­nets pour per­mettre à Kobe de re­joindre les An­ge­li­nos après la draft 1996. Il fut aus­si son ad­ver­saire, chez les Kings, à la fin des an­nées 90 et au dé­but de la dé­cen­nie sui­vante. Di­vac of­frit un jer­sey des Hor­nets flo­qué du n°8 à Kobe. Ce der­nier lui avait de­man­dé de ne pas lui pré­pa­rer un dî­ner avec un Ba­con Chee­se­bur­ger et un chee­se­cake : c’est le re­pas qui l’avait ren­du ma­lade avant le Match 2 de la fa­meuse fi­nale de Confé­rence Ouest 2002. Une sé­rie qui se joua sur un Game Se­ven à Sa­cra­men­to. Si les La­kers sau­vèrent leur peau ce soir-là, ce fut au for­ceps, après 16 éga­li­tés et 19 chan­ge­ments d’avan­tage ! « J’ai du mal à croire que l’an pro­chain, il n’y au­ra plus rien ici…, confiait Kobe. Je suis triste que tout ce­la dis­pa­raisse car c’était très fort de jouer en ces lieux. Tu sen­tais l’at­mo­sphère élec­trique dans le buil­ding. C’était ter­ri­fiant. C’est fran­che­ment triste de voir tout ça dis­pa­raître. » Bryant of­frit un der­nier show à des sup­por­ters to­ta­le­ment hys­té­riques avec 28 points à 10/19. « Cette sé­rie en 2002 était hal­lu­ci­nante. Ex­tra­or­di­naire. C’était une fi­nale de Confé­rence, elle s’est dé­ci­dée en sept matches mais toutes les sé­ries que j’ai pu jouer ici étaient fa­bu­leuses. D’un seul coup, la salle était plon­gée dans le noir ab­so­lu. Les star­ting five étaient an­non­cés et tu avais l’im­pres­sion d’être en­cer­clé par la foule. On bat­tait des re­cords de dé­ci­bels. Tu te sen­tais op­pres­sé. Mais c’était tel­le­ment bon… »

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