CLEVELAND

LES CA­VA­LIERS MISENT SUR UN AUTRE CHE­VAL

Mondial Basket - - Vu Sur Internet -

DEUX DÉ­FAITES FACE À GOL­DEN STATE ET UNE AUTRE CONTRE SAN AN­TO­NIO ONT IN­CI­TÉ LA DI­REC­TION DE CLEVELAND À CHAN­GER DE COACH. TY­RONN LUE, FOR­MÉ À L’ÉCOLE PHIL JACK­SON ET DOC RI­VERS, DOIT RE­METTRE LES CA­VA­LIERS EN SELLE POUR CHAL­LEN­GER LES MEILLEURES ÉQUIPES DE LA WES­TERN. POR­TRAIT.

Ty­ronn Lue n’avait que onze matches au comp­teur quand il a dé­bar­qué à To­ron­to, au All-Star Game, pour coa­cher la Confé­rence Est. Sur­pre­nant ? Oui et pas qu’un peu ! Da­vid Blatt avait per­mis à Cleveland de vi­rer en tête de l’Eas­tern, après avoir dis­pu­té les Fi­nales NBA au prin­temps 2015 (2-4 face à Gol­den State) mais le ge­ne­ral ma­na­ger de la fran­chise, Da­vid Grif­fin, lui a si­gni­fié son li­cen­cie­ment. C’est son as­sis­tant (38 ans), ré­pu­té proche des joueurs, qui a hé­ri­té du poste. Me­neur, Lue avait été deux fois cham­pion NBA avec les La­kers de Sha­quille O’Neal, Kobe Bryant et Phil Jack­son (per­sonne n’a ou­blié l’ac­tion où Al­len Iver­son lui marche des­sus, dans le Game 1 des Fi­nales 2001 au Staples Cen­ter)… Sa car­rière s’éta­la de 1998 à 2009. Il tran­si­ta par Los An­geles, donc, Wa­shing­ton, Or­lan­do, Hous­ton, At­lan­ta, Dal­las et Mil­wau­kee avant de re­tour­ner en Flo­ride. Comme as­sis­tant, le pe­tit Lue a ap­pris le mé­tier chez les Cel­tics et les Clip­pers. Les Cavs l’avaient em­bau­ché en 2009. Ce que nous pres­sen­tions l’été der­nier (voir «Mon­dialBas­ket»n°231) s’est pro­duit au coeur de l’hi­ver, alors que la fran­chise de l’Ohio af­fi­chait un bi­lan de 30 vic­toires pour 11 dé­faites. Vi­rer un coach alors que l’équipe est en tête de sa Confé­rence est une pre­mière en NBA. Mais - car il y a tou­jours un « mais » dans le bu­si­ness NBA - Cleveland a été bat­tu deux fois en sai­son ré­gu­lière par Gol­den State, son bour­reau des Fi­nales pas­sées. Et un échec 95-99 à San An­to­nio le 14 jan­vier a pous­sé le front of­fice à ap­puyer sur le bou­ton rouge. Il y avait ur­gence (si, si). Il fal­lait faire quelque chose. Ren­voyer Coach Blatt pour le rem­pla­cer par son pre-

mier as­sis­tant pou­vait re­mettre les idées de cer­tains en place. De­puis, les Cavs ont bat­tu les Texans 117-103 dans l’Ohio. Ce qui don­nait un bi­lan de 1-3 face aux deux meilleures équipes de la Wes­tern en 2015-16. La di­rec­tion de Cleveland es­time (ré­su­mé hâ­tif, certes, mais co­hé­rent) que l’équipe doit ri­va­li­ser avec ces deux fran­chises pour es­pé­rer ga­gner le titre cette an­née. Ce qui im­plique de consi­dé­rer le « Team LeB­ron » comme la meilleure for­ma­tion à l’Est. To­ron­to a ga­gné en cré­di­bi­li­té mais Cleveland reste au-des­sus. C’est quand on fran­chit le Mis­sis­sip­pi que les choses se com­pliquent… Il est dif­fi­cile d’ima­gi­ner cette équipe qui ex­pé­die les af­faires cou­rantes sans at­teindre une forme de plé­ni­tude col­lec­tive éli­mi­ner les deux lea­ders de l’Ouest. Et Ok­la­ho­ma Ci­ty reste un sé­rieux out­si­der, même si le Thun­der a mor­du la pous­sière chez lui, face à Cleveland, le 21 fé­vrier (92-115). Dans l’es­prit de Dan Gil­bert, le pro­prié­taire de la fran­chise, comme dans ce­lui de Da­vid Grif­fin, le GM, il n’y a au­cun doute sur le fait que ce chan­ge­ment de coach va ré­veiller le ves­tiaire. Dans la presse US, le sort ré­ser­vé à Da­vid Blatt a fait cou­ler beau­coup d’encre. Avait-il la main ? LeB­ron James a-t-il ob­te­nu sa tête ? Quelle est la marge de ma­noeuvre d’un coach écra­sé par l’au­ra d’un fran­chise player tout-puis­sant ? Jeux d’in­fluence… La vé­ri­té écla­te­ra bien as­sez tôt. Les choses sont as­sez simples : la di­rec­tion n’ai­mait pas ce qu’elle voyait sur le par­quet et ce qui se dé­ga­geait du lo­cker room. Un bi­lan flat­teur n’y chan­geait rien, ça ne res­pi­rait pas la sé­ré­ni­té et en­core moins un sen­ti­ment de puis­sance. A l’autre bout du pays, les War­riors im­po­saient leur force tran­quille en dé­rou­lant leur bas­ket lé­ché. Contraste sai­sis­sant. Contraste in­quié­tant. Cleveland veut en­tre­te­nir l’es­poir de chal­len­ger le cham­pion sor­tant. Aus­si fra­gile soit-il. Ty­ronn Lue passe donc n°1 avec un contrat de 3 ans et 9,5 M$. Il était as­sis­tant, il connaît le play­book, la tran­si­tion est cen­sée être fa­cile. On sait pour­quoi ou plu­tôt dans quel but les Ca­va­liers ont opé­ré ce chan­ge­ment. Il faut re­ve­nir sur les rai­sons qui ont me­né au li­mo­geage de Da­vid Blatt qui af­fi­chait un bi­lan de 83 vic­toires pour 40 dé­faites sur un an et de­mi. Nous sommes bien pla­cés pour en par­ler : nous avons sui­vi le re­tour de LeB­ron James dans l’Ohio tout au long de la sai­son 2014-15 à tra­vers plu­sieurs road trips. De même que les dif­fé­rentes étapes de la car­rière de ce coach for­mé (ou for­ma­té) à l’eu­ro­péenne, qui avait connu le suc­cès à la tête de la sé­lec­tion russe, à l’Eu­ro 2007, puis en Israël, avec le Mac­ca­bi Tel-Aviv. Da­vid Blatt (56 ans) avait ga­gné par­tout. Il n’ima­gi­nait pas échouer dans la grande Ligue. Plus dure est la chute ! Qu’il dit avoir vu ve­nir. Outre-At­lan­tique, Coach Blatt af­fi­chait un mé­lange d’ar­ro­gance et de suf­fi­sance. Il était res­té sur le cur­seur eu­ro­péen sans com­prendre les mé­ca­nismes d’une équipe et d’un ves­tiaire NBA. Lue était là pour lui ex­pli­quer cer­taines sub­ti­li­tés sur le ter­rain mais l’as­sis­tant ne pou­vait plus rien pour lui une fois le match ter­mi­né. Lo­cker room, confé­rences de presse, road trips : voi­là au­tant de pièges dans les­quels le head coach des Cavs a plon­gé la tête la pre­mière. Il s’est noyé dans un océan d’in­com­pré­hen­sion. Sans même s’en rendre compte. Lorsque Da­vid Blatt rem­porte sa pre­mière vic­toire dans la Ligue, à Chi­ca­go, le 1er no­vembre 2014, les joueurs l’at­tendent au ves­tiaire pour lui re­mettre le bal­lon si­gné du match. Un clas­sique ré­ser­vé à un coach roo­kie. Blatt dé­boule en confé­rence de presse en ex­pli­quant qu’il n’est plus à ce stade de­puis des lustres… « J’ai plus de 300 vic­toires en Eu­rope der­rière moi », lance-t-il sur un ton dé­dai­gneux. Cette ré­ac­tion est rap­por­tée aux joueurs. Elle est mal vé­cue par les Ca­va­liers et le front of­fice, qui com­mence dé­jà à re­gret­ter d’avoir écar­té les can­di­da­tures de John Ca­li­pa­ri, Bill Self et autres Al­vin Gen­try. Tous avaient pos­tu­lé pour le poste de head coach avant que LeB­ron James ne signe son come-back sur les bords du lac Erié. Plus on avance dans la sai­son 2014-15, plus le fos­sé se creuse entre les joueurs et leur en­traî­neur. L’humour de ce der­nier ne fran­chit ja­mais le seuil d’une salle de confé­rence de presse et en­core moins la porte du lo­cker room. Blatt est in­ca­pable de tran­cher le conflit - une guerre d’egos - entre le « King » et le jeune coq Ky­rie Ir­ving. Lors du pre­mier road trip à l’Ouest, après deux se­maines de com­pé­ti­tion, en no­vembre 2014, il ne fait rien pour al­lé­ger une at­mo­sphère très lourde. Dé­lé­tère au pos­sible. En pleine de­mi-fi­nale de Confé­rence, à Chi­ca­go, on vit le même Blatt dî­ner à l’hô­tel, ac­cou­dé au bar, avec un oeil sur la té­lé pour suivre l’autre de­mi-fi­nale, Wa­shing­ton-At­lan­ta. Dire qu’il était un homme seul chez les Ca­va­liers est un eu­phé­misme. Blatt était écra­sé par l’au­ra du n°23. Il n’a ja­mais su prendre l’as­cen­dant. Il ne te­nait pas son ves­tiaire d’une main de fer, comme l’au­rait fait un Gregg Po­po­vich. Et il n’a pas su créer un lien af­fec­tif avec ses stars, pas plus qu’avec le reste du groupe. Au ni­veau re­la­tion­nel aus­si, le coach dé­chu a failli. Dif­fi­cile de ne pas évo­quer l’épi­sode hou­leux des playoffs 2015. Ty­ronn Lue était in­ter­ve­nu

La di­rec­tion n’ai­mait pas ce qu’elle voyait sur le par­quet et ce qui se dé­ga­geait du lo­cker room. Un bi­lan flat­teur n’y chan­geait rien, ça ne res­pi­rait pas la sé­ré­ni­té. Ni un sen­ti­ment de puis­sance

lors du Match 4 de la de­mi-fi­nale de Confé­rence Est à Chi­ca­go pour em­pê­cher Da­vid Blatt de prendre un temps mort alors que Cleveland, en plein mo­ney­time, n’en avait plus. In­croyable er­reur de la part d’un en­traî­neur aus­si ex­pé­ri­men­té. A 3-1 en fa­veur de Chi­ca­go, la suite de cette sé­rie au­rait été dif­fé­rente. Heu­reu­se­ment pour lui, Lue joua les Zorro, per­met­tant à LeB­ron James de plan­ter un 3 points as­sas­sin pour re­ve­nir à 2-2. Soixante-douze heures plus tard, son équipe af­fi­chait un 4-2 plu­tôt flat­teur… On vit alors, de plus en plus sou­vent, LeB­ron James prendre les temps morts. Blatt pas­sait par Lue pour dia­lo­guer avec la su­per­star des Ca­va­liers. Nous avions de­man­dé à ren­con­trer di­rec­te­ment Ty­ronn Lue en pleine sai­son, avec l’au­to­ri­sa­tion de son su­pé­rieur hié­rar­chique. Une ma­nière comme une autre d’al­ler à l’es­sen­tiel avec un as­sis­tant plus à l’aise avec les règles NBA que le head coach lui-même. Il y avait un fos­sé de ma­na­ge­ment entre Blatt et Lue, qui lui a suc­cé­dé. Un Lue beau­coup plus « ac­cep­té » au sein du ves­tiaire. Rien ne peut être re­pro­ché à Blatt sur les Fi­nales NBA 2015 face à Gol­den State. La bles­sure de Ky­rie Ir­ving s’était ajou­tée à celle de Ke­vin Love dès le pre­mier match du 1er tour face à Bos­ton. Mais le GM Dave Grif­fin ne pou­vait plus lais­ser l’équipe flot­ter après l’hu­mi­lia­tion su­bie à la mai­son le 18 jan­vier face aux cham­pions NBA (98132). Chan­ge­ment de cap avec un coach roo­kie qui doit re­don­ner des cou­leurs aux Cavs avant d’at­ta­quer les playoffs. Ce vi­rage est abor­dé avec un ex-as­sis­tant aux idées bien ar­rê­tées. Et qui sait ce qu’il veut. Il a été for­mé par des men­tors nom­més Phil Jack­son et Doc Ri­vers. Ty­ronn Lue le jour­ney­man a joué avec Kobe Bryant, Sha­quille O’Neal et Mi­chael Jor­dan. Tout ce­la lui donne du cré­dit aux yeux de LeB­ron James qui fait tou­jours, évi­dem­ment, la pluie et le beau temps dans l’Ohio. Voi­ci quatre élé­ments qui vont faire de Lue le nou­veau boss des Cleveland Ca­va­liers.

1 IL IN­CARNE LA NOU­VELLE GÉ­NÉ­RA­TION DE COACHES

On garde tous en mé­moire le jeune Ty­ronn Lue cham­pion NBA en 2001 qui rappe avec Shaq après la pa­rade des La­kers et le back-to-back des An­ge­li­nos. Lue avait été le chien de garde d’Al­len Iver­son en Fi­nales face aux Sixers. Il par­tit à Wa­shing­ton après l’été pour re­joindre Mi­chael Jor­dan avant d’être échan­gé plu­sieurs fois tout au long de sa car­rière. Le jour­ney­man avait joué face à LeB­ron James (sa car­rière s’est ar­rê­tée en 2009) et ce der­nier l’avait af­fu­blé du sur­nom « Killa » quand il était ar­ri­vé chez les Cavs comme as­sis­tant, à l’été 2014. Ty­ronn est un homme ou­vert au dia­logue avec une bonne culture bas­ket, née et en­tre­te­nue dans le Mis­sou­ri, où il est né. Faire ses gammes en NBA avec Kobe Bryant, sous les ordres de Phil Jack­son, lui a per­mis d’em­ma­ga­si­ner du vé­cu. Il sait ce qu’est un ves­tiaire avec de fortes per­son­na­li­tés… En 2001, « Mon­dial Bas­ket » avait dres­sé un por­trait de ce jeune me­neur, in­ti­tu­lé « Lue, le rat des gym­nases ». C’était avant toute chose un très gros bos­seur dans l’ombre du maître. Kobe le trim­bal­lait à mi­nuit ou 5h du mat’ dans n’im­porte quelle salle pour un en­traî­ne­ment im­pro­vi­sé. As­sis­tant coach le mieux payé de la Ligue (6,5 M$ sur 3 ans), Lue n’a pas été trop gour­mand. Il a ob­te­nu un contrat de head coach à 9,5 mil­lions, tou­jours sur 3 ans. Ce n’est pas le plus jeune en­traî­neur de la Ligue : JB Bi­ckers­taff (Hous­ton) et Earl Wat­son, qui a rem­pla­cé Jeff Hor­na­cek à Phoe­nix, ont moins (36). Sa pre­mière me­sure a été d’ap­pe­ler un as­sis­tant li­mo­gé, Mike Lon­ga­bar­di, qui ve­nait lui aus­si d’être je­té par les Suns. Quand on lui a de­man­dé ce qu’il al­lait faire en tant que coach prin­ci­pal, Ty­ronn Lue a ré­pon­du : « Comme Da­vid Blatt mais en mieux… »

2 LES CAVS VONT JOUER UP-TEM­PO

LeB­ron James flirte avec les 25 points de moyenne et Cleveland pos­sède la 10e meilleure at­taque de la Ligue. Coach Lue veut adop­ter un autre style de jeu. Pour­quoi ? « Quand on a un me­neur comme Ky­rie Ir­ving, je pense qu’on peut pous­ser la balle bien plus vite. Notre at­taque n’avance pas », di­sait-il après la dé­faite contre Chi­ca­go le 23 jan­vier (83-96). Lue veut du rythme, des joueurs qui courent, un bal­lon qui cir­cule et de l’ap­pé­tit en at­taque. Il pense qu’il a les hommes pour dé­ve­lop­per ce type de bas­ket au­tour du trio Ir­ving-James-Love. Mais pour im­po­ser le up-tem­po, les joueurs doivent être en ex­cel­lente condi­tion phy­sique. C’était le pro­blème ma­jeur des Cavs avant le break du All-Star Game. Telles sont les li­mites d’une équipe guère épar­gnée par les bles­sures. Les dé­faites à Char­lotte et face à Bos­ton ont aus­si rap­pe­lé que Cleveland de­vait tra­vailler pour étof­fer son jeu, en créant une base plus so­lide et en y ajou­tant de la va­rié­té. Sa­cro-sainte al­chi­mie (les Cavs ba­vaient de­vant la flui­di­té du jeu des War­riors, tout en mou­ve­ment, sans par­ler de leur adresse et de leur po­ly­va­lence). En­core faut-il que tout le monde reste en bonne san­té… Ky­rie Ir­ving, qui af­fi­chait à peine plus de 25 matches avant le All-Star week-end, était à cours de forme. C’est lui qui est cen­sé don­ner le rythme en tant qu’homme de base du sys­tème vou­lu par Coach Lue. Pro­blé­ma­tique… Ky­rie doit être l’élé­ment dé­clen­cheur. Il lui faut re­ve­nir au top cou­rant mars pour mettre les Cavs sur or­bite dans la course au titre. Lue est loin d’être naïf. Après une vic­toire la­bo­rieuse contre les faibles New Or­leans Pe­li­cans (9984) le 6 fé­vrier, il avouait en ca­ti­mi­ni : « Que c’est dur of­fen­si­ve­ment ! On a du bou­lot… »

3 LEB­RON A RE­TROU­VÉ LA CONFIANCE AVEC LUE

La su­per­star des Ca­va­liers n’avait pas réus­si le moindre triple-double de­puis le dé­but de la sai­son. Le pre­mier est in­ter­ve­nu le 8 fé­vrier contre Sa­cra­men­to (21 pts, 10 rbds, 10 pds). Son 40e en car­rière. Le signe ne trompe pas, LeB­ron James a re­trou­vé de la confiance avec Ty­ronn Lue aux com­mandes. Sû­re­ment pas pour shoo­ter der­rière l’arc (27.7%) mais dans le jeu de fa­çon gé­né­rale, sur­tout avec Ir­ving de re­tour aux af­faires. Ke­vin Love est à nou­veau le meilleur re­bon­deur de l’équipe (LeB­ron s’est op­po­sé à son trans­fert), J.R. Smith et Tris­tan Thomp­son com­plètent le star­ting li­neup. Le « King » n’avait ja­mais au­tant par­lé de son coach. « Ty­ronn veut qu’on joue up-tem­po. Quand on ne le fait pas, il veut voir une deuxième op­tion ou une troi­sième. Il veut que la balle aille d’un cô­té à l’autre, qu’on uti­lise le cô­té faible quand c’est né­ces­saire… On n’a pas eu beau­coup de temps pour mettre tout ça en place. Les séances vi­déo et les re­tours sur les matches nous per­mettent d’avan­cer. On va dans la bonne di­rec­tion. » Si James est aus­si at­ten­tif au dis­cours et à la mé­thode de Lue, c’est aus­si parce qu’il n’a plus le choix. Cleveland a uti­li­sé son jo­ker. L’équipe a lor­gné le mar­ket jus­qu’au 18 fé­vrier mais il n’y avait pas 36 so­lu­tions de re­change. LeB­ron (31 ans) fait confiance à Lue qu’il dit connaître de­puis qu’il a 17 ans. Il ajou­tait : « Il n’y a rien que Ty­ronn ne connaisse pas dé­jà. Il a joué pour Phil Jack­son. Il a coa­ché avec Doc Ri­vers. Il a été par­tout, il a de l’ex­pé­rience. Les af­faires sont entre ses mains main­te­nant. » Le mes­sage est clair !

4 IL EXISTE UNE MÉ­THODE TY­RONN LUE

Ty­ronn Lue a fait ap­pel à un coach dé­fen­sif (Mike Lon­ga­bar­di) alors que les Cavs étaient dans le Top 5 des meilleures dé­fenses NBA. A pré­sent, il veut un flow of­fen­sif, nour­ri par un chef d’or­chestre nom­mé Ky­rie Ir­ving. Ses dé­si­rs n’avaient pas été sa­tis­faits avant le AllS­tar Game. Pire, la dé­fense avait pris l’eau en en­cais­sant plus de 100 points face à des équipes de se­cond plan. Pêle-mêle, Sa­cra­men­to, Bos­ton, Char­lotte et In­dia­na. L’ar­ri­vée de Lon­ga­bar­di doit y re­mé­dier. Il s’agit de trou­ver la pa­rade pour dé­fendre sur la ligne à 3 points, no­tam­ment. Lue al­lait plus loin au su­jet de sa mé­thode. « On passe des consignes. Si les gars ne les ap­pliquent pas et qu’ils se re­trouvent dans le trou, je les laisse se dém… pour en sor­tir. Ils me re­gardent sur le banc mais je ne bronche pas. Ils doivent en sor­tir puis­qu’ils s’y sont mis. » Une mé­thode qui rap­pelle ce que fai­sait Phil Jack­son aux La­kers. Ce der­nier ne de­man­dait pas sys­té­ma­ti­que­ment de temps mort quand ses joueurs pre­naient un éclat par leur propre faute. Ils de­vaient ap­prendre à ré­flé­chir par eux-mêmes. Pas s’en re­mettre sys­té­ma­ti­que­ment au coa­ching staff pour trou­ver la so­lu­tion. Ty­ronn Lue avoue qu’il n’a rien in­ven­té. Il a été in­fluen­cé par le coa­ching du « Zen Mas­ter » et de Doc Ri­vers. Im­pa­rable aux yeux de LeB­ron James. Jack­son, Ri­vers et Gregg Po­po­vich res­tent les coaches de ré­fé­rence pour l’icône des Ca­va­liers. Lue (10-3 au 22 fé­vrier après cette vic­toire 115-92 à Ok­la­ho­ma Ci­ty) joue sur du ve­lours avec cette mé­thode de ges­tion et de ma­na­ge­ment.

Tris­tan Thomp­son

Al­len Iver­son face à Ty­ronn Lue lors des Fi­nales 2001 Phi­la­del­phie Sixers-Los An­geles La­kers (1-4)

LeB­ron James

LeB­ron James et Tris­tan Thomp­son

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