LE FILM DES TITRES

Mondial Basket - - Focus -

UNE COL­LEC­TION. CINQ TITRES NBA, DES AWARDS COMME S’IL EN PLEU­VAIT. KOBE BRYANT A TRA­VER­SÉ ROYA­LE­MENT VINGT ANS DE BAS­KET US SOUS UN SEUL MAILLOT, CE­LUI DES LA­KERS. IL A FAIT TROIS PIGES AVEC LE TEAM USA. À TOUS CEUX QUI L’AIMENT, IL DÉ­DIE CETTE DER­NIÈRE SAI­SON. À TOUS CEUX QUI LE DÉ­TESTENT, IL DIT : « SI TU M’AS HUÉ PEN­DANT 19 SAI­SONS, HUE-MOI PEN­DANT LA 20E. » SES AD­VER­SAIRES ÉTAIENT SES PRE­MIERS DÉ­TRAC­TEURS. ON SAIT POUR­QUOI…

1999-00

Kobe Bryant dis­pute sa qua­trième sai­son. Il est dé­jà All-Star. En­tou­ré de Glen Rice, Ron Har­per, Rick Fox, A.C. Green, Brian Shaw et Shaq, il rem­porte son pre­mier titre NBA face à In­dia­na (4-2). Vic­time d’une lé­gère en­torse, il ne joue pas le Game 3. Il re­vient dans le ren­dez­vous clé de la sé­rie, à In­dia­na­po­lis. Shaq sor­ti pour six fautes, Kobe (21 ans) prend le match à son compte en over­time pour don­ner la vic­toire aux La­kers. A 3-1, la sé­rie n’échap- pera pas aux Ca­li­for­niens. Ils concluent au Staples Cen­ter.

2000-01

Bryant, 4e meilleur sco­reur de la Ligue, af­fronte Al­len Iver­son, le MVP, en Fi­nales. Cré­di­té du plus gros temps de jeu des La­kers avec près de 47 mi­nutes par match, Kobe ter­mine à 24.6 points de moyenne, as­sor­tis de 7.8 re­bonds, 5.8 passes et 1.4 steal. Il a shoo­té à 41.5 %. Il rem­porte une deuxième bague de cham­pion aux cô­tés du Shaq, à nou­veau MVP des Fi­nales.

2001-02

Les La­kers en ont ba­vé en fi­nale de Confé­rence contre Sa­cra­men­to (4-3). Sé­rie beau­coup plus fa­cile en Fi­nales face aux Nets de Ja­son Kidd et Ke­nyon Martin. Un sweep où Kobe Bryant tourne à 26.8 points, 5.8 re­bonds et 5.3 as­sists. Il se « contente » de 44 mi­nutes de temps de jeu par match. Shaq reste le boss avec l’award de MVP. Kobe au­ra shoo­té à plus de 51% et même 54.5% der­rière l’arc ! « Three­peat » par­fait pour les La­kers avec De­rek Fi­sher, Rick Fox et Ro­bert Hor­ry au­tour du duo in­fer­nal.

2008-09

Les La­kers sont dé­sor­mais l’équipe de Kobe Bryant. Plus de 79% de vic­toires cette sai­son-là avec seule­ment 17 dé­faites. Si les Pourpre et Or ont coin­cé en de­mi-fi­nales de Confé­rence Ouest face à Hous­ton (4-3), ni Den­ver, ni Or­lan­do, en Fi­nales NBA, ne peuvent ar­rê­ter cette ma­chine in­fer­nale. Kobe joue un bas­ket de rêve avec De­rek Fi­sher, Pau Ga­sol, La­mar Odom et Tre­vor Ari­za. Le Ma­gic de Dwight Ho­ward évite le sweep (4-1) mais Bryant est stra­to­sphé­rique avec une moyenne de 32.4 points, 5.6 re­bonds, 7.4 as­sists et 1.4 steal.

2009-10

La plus belle cou­ronne du 13e choix de draft 1996. L’apo­théose d’une car­rière face à Bos­ton, l’en­ne­mi ju­ré. Les La­kers sont me­nés 2-3 dans la sé­rie et les C’s ont la vic­toire en main. Mais le « Black Mam­ba » ren­verse la va­peur au Staples Cen­ter dans deux matches au cou­teau. Il score 26 points dans le Game 6 et 23 dans le Game 7. « Un de plus que le Shaq ! » La star des La­kers n’ou­blie rien.

81 pts vs To­ron­to

Brian Shaw était l’as­sis­tant de Phil Jack­son lors de la sai­son 2005-06, re­lais du head coach pour pas­ser les consignes aux joueurs. L’es­sen­tiel des mes­sages tom­bait dans l’oreille de Bryant. Si ses 81 points face aux Rap­tors, le 22 jan­vier 2006 au Staples Cen­ter, consti­tuent le sum­mum de sa car­rière en termes de sco­ring, il faut rap­pe­ler qu’il y eut une mise en condi­tion pour ce car­ton quelques se­maines plus tôt, face à Dal­las (le 20 dé­cembre 2005). Shaw nous ra­conte. « Après le troi­sième quart-temps, nous dis­cu­tions - les as­sis­tants - avec Phil Jack­son sur le ter­rain. Phil me dit de de­man­der à Kobe s’il veut res­ter en jeu pour at­teindre les 70 points. Il en était à 62 à la fin du 3e quart­temps. Je vais voir Kobe et je lui trans­mets le mes­sage. Et là, à ma grande sur­prise, Kobe me ré­pond : « Nan ! Je fe­rai ça une autre fois. »

Sur­pris, je le re­garde et je lui dis : « Tu dé­connes, Kobe ! Tu peux sco­rer 70 points… Com­bien de mecs peuvent dire qu’ils ont mar­qué 70 points en NBA ? Reste quelques mi­nutes de plus, tu scores 8 points et tu réus­sis un car­ton à 70 points avant d’al­ler t’as­seoir sur le banc. » Il me ré­pond : « Je fe­rai ça quand on en au­ra be­soin. Quand ce se­ra plus im­por­tant. » Kobe avait ad­mi­nis­tré la pu­ni­tion qu’il vou­lait à Del Har­ris, as­sis­tant coach d’Ave­ry John­son et an­cien head coach des La­kers. Pour lui, 62 points en 33 mi­nutes et trois quart­temps étaient bien suf­fi­sants. Bryant n’avait rien ou­blié de ses an­nées roo­kie et so­pho­more chez les La­kers, sous les ordres d’Har­ris. « Je le dé­tes­tais. Il me ren­dait fou… Je m’étais tou­jours dit que si j’avais l’oc­ca­sion de prendre ma re­vanche sur lui, je ne le lou­pe­rais pas. » Roo­kie, Kobe joua 15 mi­nutes en moyenne. Puis 26 la sai­son sui­vante, ce qui lui pa­rais­sait tou­jours peu par rap­port au tra­vail four­ni et à ses qua­li­tés. Il avait la ran­cune te­nace. Ses 62 points furent un ex­cellent en­traî­ne­ment avant de sai­gner les Rap­tors (81 pts). « Entre ces 81 points et les 62 contre Dal­las en trois quart-temps, il y a une grande dif­fé­rence car j’avais un ge­nou qui me fai­sait ter­ri­ble­ment mal. Le match à 62 points était fan­tas­tique ! »

l’or aux Jeux olym­piques 2008 et 2012

Kobe Bryant a mis dix ans avant de re­joindre le Team USA. Il fal­lut en ef­fet at­tendre le Tour­noi des Amé­riques 2007 pour voir la star des La­kers dans le ros­ter. A Las Ve­gas, les Amé­ri­cains cher­chaient la qua­li­fi­ca­tion pour les Jeux olym­piques de Pé­kin. Kobe dit « Oui » à Jer­ry Co­lan­ge­lo et Mike Kr­zy­zews­ki pour un ga­lop d’en­traî­ne­ment avec la jeune équipe amé­ri­caine. Ce­la lui per­mit d’avoir une place dans le ros­ter en 2008 pour les J.O. Jor­dan, Ma­gic, Bird, Shaq : tous sont pas­sés par la sé­lec­tion US, ajou­tant une mé­daille ou deux à leur pal­ma­rès. Kobe ne fe­ra pas ex­cep­tion à la règle. En 2008, il score 20 points en fi­nale face à l’Es­pagne (118-107) pour dé­cro­cher sa pre­mière mé­daille d’or. Quatre ans plus tard, il boucle l’aven­ture olym­pique à Londres en jouant 18 mi­nutes par match pour 12.1 pts de moyenne. Kobe n’ira pas à Rio. Le ros­ter US est suf­fi­sam­ment bien gar­ni avec une pré­liste de 30 joueurs. It’s over.

Troi­sième meilleur sco­reur « all-time »

Mi­chael Jor­dan avait mis une quin­zaine d’an­nées pour ar­ri­ver à 32 292 points, Kobe Bryant a joué une 19e sai­son pour dé­pas­ser « His Air­ness ». Le match pour l’his­toire eut lieu le 14 dé­cembre 2014 face à Min­ne­so­ta. « KB » en­quille des lancers. Un bref sa­lut en di­rec­tion des fans. Il de­vient le 3e meilleur mar- queur de tous les temps en NBA der­rière les in­tou­chables Ka­reem Ab­dul-Jab­bar et Karl Malone. Cette marque n’est « que » sym­bo­lique dans la car­rière du joueur. Elle a plus d’im­por­tance pour l’ins­ti­tu­tion NBA que pour ce der­nier. La dé­cla­ra­tion de Kobe au su­jet de cet ex­ploit ne trompe per­sonne. Il au­rait ai­mé être n°1. Une 3e place ne peut être un mo­tif de sa­tis­fac­tion pour un compétiteur comme lui. « Ça si­gni­fie beau­coup pour moi, af­fir­ma-t-il tou­te­fois. Je ne sou­li­gne­rai ja­mais as­sez com­bien il a fal­lu de tra­vail pour at­teindre ce rang. Dix-neuf ans de car­rière, c’est beau­coup de bou­lot. Mais c’est ce qui m’ap­porte de la joie. C’est vrai­ment co­ol d’avoir pu réa­li­ser ce­la. »

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