RE­PLAY

L’AR­BI­TRAGE EN QUES­TION

Mondial Basket - - News -

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Au­cun d’entre nous n’a une boule de cris­tal », confiait ré­cem­ment le juge Ke­vin Eide, char­gé du dif­fi­cile dos­sier de la suc­ces­sion de l’icône du funk Prince, par­tie sans lais­ser la moindre trace d’un tes­tament. La NBA n’a pas de boule de cris­tal, elle non plus. Mais elle a mieux avec le Re­play Cen­ter qui lui per­met de re­voir les ac­tions, lors des deux der­nières mi­nutes, sous tous les angles, grâce à une tren­taine d’écrans. Ce centre né­vral­gique de l’ar­bi­trage NBA ba­sé dans le New Jer­sey, nous l’avions vi­si­té en fé­vrier 2015. Il avait fait l’ob­jet d’un re­por­tage dans « Mon­dial Bas­ket » (voirn°229). Le pro­blème, au­jourd’hui, c’est que le Re­play Cen­ter, sorte de back-up vi­déo des ar­bitres, n’est plus consul­té sur des faits de jeu mais uni­que­ment sur des ac­tions qui ont conduit à des actes de vio­lence, des pa­niers li­ti­gieux (hor­loge des 24 se­condes, pied sur la ligne…) ou des tirs réus­sis au buz­zer qui prêtent à contes­ta­tion. LeB­ron James a re­mis en ques­tion l’uti­li­sa­tion du Re­play Cen­ter et plus glo­ba­le­ment l’ar­bi­trage pen­dant ces playoffs. La faute sur la der­nière ac­tion de Dwyane Wade à Mia­mi, dans le Match 5 de la sé­rie entre le Heat et les Hornets (4-3), au 1er tour, l’a fait ré­agir. Elle mon­trait les li­mites du « 2 mi­nutes re­port » se­lon l’ai­lier de Cle­ve­land. La superstar des Ca­va­liers ne croyait pas si bien dire car quatre jours plus tard, la po­lé­mique s’in­ten­si­fia à l’is­sue du Game Se­ven entre To­ron­to et In­dia­na (4-3). La rai­son ? Une faute évi­dente de DeMar DeRo­zan sur Ian Mahinmi, par­ti pour un al­ley-oop sur une passe de Paul George. No call… Pacers, go home ! Le Heat de « D-Wade » n’a pas connu le même af­front. Il s’est re­le­vé de ce Match 5 per­du chez lui en al­lant éga­li­ser à Char­lotte avant d’en­le­ver sans la moindre am­bi­guï­té le Match 7 en Flo­ride. Le sou­ci, au­jourd’hui, c’est que les ar­bitres ne sifflent plus sur l’ul­time pos­ses­sion. Comme si le fait d’être in­ter­ve­nu pen­dant 48 mi­nutes les ren­dait sourds et aveugles pour la der­nière ac­tion… Lais­ser les joueurs jouer et dé­ci­der de l’is­sue de la ren­contre ? Oui, à condi­tion que ce­la se fasse dans les règles ! Ma­gic John­son a ré­agi sur Twit­ter après le scan­dale de San An­to­nio (98-97 pour Ok­la­ho­ma Ci­ty dans le Game 2 de la de­mi-fi­nale de Conférence Ouest). « La faute de Dion Wai­ters sur Manu Gi­no­bi­li est la pire non sif­flée dans l’his­toire des playoffs ! », a car­ré­ment lâ­ché l’an­cien La­ker. Le pro­prié­taire des Ma­ve­ricks Mark Cuban, à la pêche de­puis le 1er tour (1-4 contre « OKC »), ne pou­vait évi­dem­ment pas gar­der le si­lence : « Si une telle chose était ar­ri­vée à notre équipe, j’au­rais en­voyé une lettre de pro­tes­ta­tion. » A qui ? A la Ligue, of course ! Le pro­blème, ici, c’est qu’en tant que pro­prio, Cuban a un siège au board de la NBA et que les règles, c’est lui qui les en­té­rine avec ses confrères mil­liar­daires. Le Re­play Cen­ter est une marque de trans­pa­rence et un ou­til d’une va­leur in­es­ti­mable, à condi­tion que les ar­bitres eux-mêmes sachent s’en ser­vir. Ce doit être une aide pour une amé­lio­ra­tion de leur ar­bi­trage et non un « gen­darme » qui ré­pare leur ab­sence mo­men­ta­née de l’image. Manu Gi­no­bi­li, vic­time de la fa­meuse faute com­mise par Dion Wai­ters, avait lui-même un pied sur la ligne. Il ne com­pre­nait pas pour­quoi il n’avait pas ob­te­nu gain de cause et LaMar­cus Aldridge, au pre­mier rang des spec­ta­teurs de la scène, était tout aus­si éton­né. Gregg Po­po­vich, re­mon­té comme un cou­cou, se dé­fou­la sur les ar­bitres (Ken Mauer, Sean Cor­bin

et Marc Da­vis) avant de se cal­mer - ce qui nous sur­prit - en conférence de presse d’après-match. « It’s over ! », se conten­ta-t-il de dé­cla­rer, fai­sant ain­si l’éco­no­mie de 25 000 $ d’amende - car la Ligue a tou­jours la main lourde pour les com­men­taires si­gnés de joueurs ou de coaches mé­con­tents. Au centre de toutes les dis­cus­sions pour son coup de coude sur l’Ar­gen­tin, Dion Wai­ters osa un « J’étais trop dans le match, je n’ai rien vu »… Les ar­bitres, qui ont vi­sion­né les images de cette faute of­fen­sive en puis­sance dans leur ves­tiaire, ont fi­ni par ap­pe­ler un pool de re­por­ters plus d’une heure après les faits alors que sur TNT, le dé­bat s’en­flam­mait avec Charles Bark­ley, Sha­quille O’Neal et Ken­ny Smith. Ken Mauer re­con­nut au­près de Mike Mon­roe, l’un de nos confrères amé­ri­cains, qu’il y avait bien faute de Dion Wai­ters sur la re­mise en jeu. Le trans­cript nous fut re­mis deux heures après le match (voir­ci-des­sus). Mauer dé­cla­ra exac­te­ment : « Faute of­fen­sive. Pos­ses­sion Spurs. » Cet ar­rêt sur image rap­pelle une chose qui se vé­ri­fie de­puis la nuit des temps : l’er­reur est hu­maine. C’est pour cette rai­son que la tech­no­lo­gie vient en aide au corps ar­bi­tral. San An­to­nio était pas­sé à autre chose. Croi­sant les doigts pour que la bé­vue des re­fe­rees n’ait pas de consé­quences dra­ma­tiques. On sait main­te­nant qu’elle a pe­sé lourd. Le Thun­der n’avait pas for­cé­ment be­soin de ça pour se qua­li­fier mais il a bé­né­fi­cié d’un pe­tit coup de pouce. De même, un mar­cher de Rus­sell Westbrook non sif­flé a scel­lé la vic­toire des hommes de Billy Do­no­van dans le Match 1 de la fi­nale de Conférence Ouest contre Gol­den State. Steve Kerr, le coach des War­riors, s’en est plaint. Crai­gnai­til de voir le pire scé­na­rio se ré­pé­ter ?

« LA FAUTE DE DION WAI­TERS SUR MANU GI­NO­BI­LI DANS LE GAME 2 DE LA DE­MI­FI­NALE SAN ANTONIOOKLAHOMA CI­TY EST LA PIRE NON SIF­FLÉE DANS L’HIS­TOIRE DES PLAYOFFS » Ma­gic JOHN­SON

La NBA a re­con­nu 5 fautes (!) non sif­flées lors des 13 der­nières se­condes du Game 2 entre les Spurs et le Thun­der, en de­mi­fi­nales de Conférence Ouest. Manu Gi­no­bi­li a un pied sur la ligne, Dion Wai­ters fait faute sur Gi­no­bi­li, Pat Mills fait faute sur Ste­ven Adams, Kaw­hi Leo­nard fait faute sur Rus­sell Westbrook et Serge Iba­ka fait faute sur LaMar­cus Aldridge après un re­bond. A la date du 2 mai, on dé­nom­brait, dans les playoffs 2016, 24 dé­ci­sions cor­rectes et 8 dé­ci­sions in­cor­rectes dans les deux der­nières mi­nutes…

Autre exemple d’er­reur d’ar­bi­trage : la faute évi­dente de DeMar DeRo­zan sur Ian Mahinmi, par­ti au al­ley-oop dans la sé­rie du 1er tour To­ron­toIn­dia­na (Match 7). Re­con­nue par la NBA après coup. Ken Mauer (ci-des­sus) a fait son mea culpa au su­jet de la faute de Dion Wai­ters sur Manu Gi­no­bi­li dans la de­mi-fi­nale de Conférence Ouest San AntonioOklahoma Ci­ty (Match 2). Er­reur re­con­nue après coup par la NBA, là aus­si…

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