Epar­gné par les cri­tiques

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3 à 6. Mais « LMA »n’a pas te­nu la dis­tance. Il a som­bré len­te­ment, inexo­ra­ble­ment, comme tous les autres. Son double-double dans le Game 6 (18 pts à 9/18) est trom­peur, il n’a eu au­cun im­pact. Le tren­te­naire a dé­çu, in­évi­ta­ble­ment. L’an­cien Trail Blazer s’est pro­gres­si­ve­ment éteint dans cette de­mi-fi­nale de Conférence. Il n’a plus pe­sé en at­taque, no­tam­ment dans le ren­dez-vous cru­cial que consti­tuait le Match 5 dans le Texas. Une ren­contre qu’il ter­mi­na à 28.6% aux shoots (6/21). Dans les 40 der­nières se­condes, Aldridge re­fu­sa deux bal­lons, lais­sant To­ny Par­ker prendre des tirs ou­verts, certes, mais fan­ny pour le coup. La dé­cep­tion est d’au­tant plus vive que l’ai­lier fort avait mon­tré tout autre chose lors des deux pre­miers rounds. Il avait plan­té 79 points sur les deux pre­mières ren­contres à San An­to­nio en s’af­fi­chant à 75% aux tirs. Too good to be true ? Ce­la ne pou­vait pas du­rer, évi­dem­ment… Ok­la­ho­ma Ci­ty trou­va la so­lu­tion pour ra­len­tir ou stop­per « LMA », no­tam­ment avec des prises à deux. Face aux ajus­te­ments, Aldridge fi­nit par faire du Port­land, plus que du San An­to­nio. Aus­si, il n’était pas très éton­nant de le voir cou­ler avec son équipe dans le der­nier ren­dez-vous de la sé­rie (pe­tit sur­saut d’or­gueil en deuxième mi-temps, sans in­ci­dence sur l’is­sue). Pour­tant, c’est bien au­tour de l’an­cien Trail Blazer que la fran­chise cinq fois cham­pionne NBA est cen­sée re­cons­truire dès la sai­son pro­chaine, a for­tio­ri si Tim Dun­can (40 ans de­puis le 25 avril) tire sa ré­vé­rence. « LMA », Kaw­hi Leo­nard et Dan­ny Green consti­tuent le socle pour le fu­tur. C’est peut-être la rai­son pour la­quelle per­sonne n’a al­lu­mé LaMar­cus Aldridge au sortir de ce 2e tour. Bien au contraire. Le joueur avait été en­cen­sé après ses deux belles soi­rées dans le Texas. C’est plu­tôt l’ex-« Big Th­ree » Dun­can (5.6 pts sur la sé­rie, 19 dans le der­nier match)Gi­no­bi­li (6.6 pts)-Par­ker (12.6 pts) qui a es­suyé le feu des cri­tiques. Le Fran­çais a été un peu épar­gné grâce à un Match 3 brillant (22 pts). Les deux autres ont eu du mal à faire taire leurs dé­trac­teurs, tant leur pro­duc­tion fut faible. Aldridge avait lé­gi­ti­mé le choix de son coach, Gregg Po­po­vich, comme celle de son ge­ne­ral ma­na­ger, R.C. Bu­ford, élu une nou­velle fois Di­ri­geant de l’an­née grâce à son re­cru­te­ment de l’été 2015 (l’an­cien Trail Blazer et Da­vid West). « Pop » n’a ja­mais mon­tré le moindre signe d’im­pa­tience car il sa­vait que le temps jouait en sa fa­veur et en celle des Spurs. « N’im­porte quel joueur in­té­gré dans un nou­veau pro­gramme doit pro­gres­ser, nous rap­pe­lait « Pop ». Ça prend un peu de temps pour l’in­té­grer aux sys­tèmes. LaMar­cus de­vait sa­voir avec qui il jouait. Quand. Où. Comment. » Au­tant d’in­ter­ro­ga­tions qui ont pu mi­ner le mo­ral de l’ai­lier fort de San An­to­nio mais qui n’ont ja­mais po­sé le moindre pro­blème au coa­ching staff ou à ses nou­veaux co­équi­piers. On écoute Tim Dun­can, qui par­ta­geait le front­court avec lui : « LaMar­cus a été très bon en fin de sai­son et il a conti­nué sur sa lan­cée en playoffs. Il est plus à l’aise dans les sys­tèmes car il les a bien as­si­mi­lés et il a trou­vé sa zone de confort pour être le plus ef­fi­cace pos­sible. »

Dé­mons­tra­tion du­rant les deux pre­miers matches de la de­mi-fi­nale de Conférence Ouest face au Thun­der : LaMar­cus est de­ve­nu le pre­mier Spur de­puis George Ger­vin à sco­rer au moins 38 points dans deux ren­contres de playoffs consé­cu­tives (38 et 41). Une per­for­mance de pre­mier plan dans cette mai­son qui sort peu à peu de l’ère Tim Dun­can, par­ti­cu­liè­re­ment pro­li­fique avec cinq titres NBA (pour la fran­chise) et deux titres de MVP de la Ligue (pour le fran­chise player). Cette de­mi-fi­nale face au Thun­der avait des al­lures de Fi­nales NBA avec une in­ten­si­té folle. Et Aldridge se mon­tra ir­ré­sis­tible face au duo de « big men » Serge Iba­ka-Ste­ven Adams. L’ai­lier fort tren­te­naire ren­voya à la pé­riode gla­cière George « Ice­man » Ger­vin et sa perf de 1979 face aux Bul­lets, fu­turs Wi­zards (voi­ren­ca­dré). Il était temps de dé­con­ge­ler le livre des re­cords des Spurs. Mal­heu­reu­se­ment pour eux, on l’a dit, il fi­nit aus­si par ge­ler leurs af­faires en étant in­ca­pable d’im­pac­ter l’at­taque au mo­ment le plus cru­cial. Les di­ri­geants texans sont élo­gieux en­vers leurs joueurs lors­qu’ils réus­sissent des per­for­mances in­di­vi­duelles. Le nau­frage, lui, est sou­vent col­lec­tif et ils évitent, le cas échéant, de stig­ma­ti­ser l’un ou l’autre. Aldridge évi­ta ain­si toute cri­tique di­recte de Coach Po­po­vich après la deuxième dé­faite à San An­to­nio en playoffs, le 10 mai (9195), alors qu’à lui seul, il illus­trait le ma­laise d’une for­ma­tion dé­pas­sée par la fougue et la jeu­nesse d’Ok­la­ho­ma Ci­ty (un pi­toyable 6/21 aux tirs, on l’a sou­li­gné aus­si). TP avait fait suf­fi­sam­ment d’éloges à LaMar­cus du­rant cette de­mi-fi­nale de Conférence pour ne pas l’al­lu­mer une fois l’équipe en va­cances. Il avait même osé la com­pa­rai­son avec le grand Tim Dun­can de 2001, qui était à un an de do­mi­ner la Ligue avec deux titres de MVP coup sur coup. « Mes deux ou trois pre­mières sai­sons, j’étais dans le coin et il m’ar­ri­vait de re­gar­der jouer Tim­my, rap­por­tait TP. C’est un peu la même chose avec LaMar­cus quand il évo­lue au ni­veau qui a été le sien face à « OKC ». Là, il est in­croyable ! » Oui, sauf que Dun­can était une ma­chine qui ne s’ar­rê­tait ja­mais. Le grand Tim­my était une « Twin To­wer » (avec Da­vid Ro­bin­son) iné-

« N’IM­PORTE QUEL JOUEUR IN­TÉ­GRÉ DANS UN NOU­VEAU PRO­GRAMME DOIT PRO­GRES­SER. ÇA PREND UN PEU DE TEMPS POUR L’IN­TÉ­GRER AUX SYS­TÈMES. Gregg Po­po­vich (coach San An­to­nio)

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