LE ROI DU SPRINT

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IL Y A QUATRE ANS, USAIN BOLT AVAIT UNE NOU­VELLE FOIS FAIT PAR­LER LA FOUDRE SUR LA PISTE DE LONDRES. TOU­JOURS PRÉ­SENT DANS LES GRANDS REN­DEZ-VOUS, IL FE­RA EN­CORE FI­GURE DE FA­VO­RI À RIO, OÙ IL AU­RA L’OC­CA­SION D’EN­TRER UN PEU PLUS DANS LA LÉ­GENDE DU SPRINT MON­DIAL. LE SPEC­TACLE SE­RA FOR­CÉ­MENT AU REN­DEZ-VOUS POUR L’ÉPREUVE REINE DES J.O. LÂCHEZ LE FAUVE !

La fi­nale du 100 m hommes est sans conteste le point d’orgue des Jeux olym­piques. Pen­dant quelques mi­nutes, le temps semble comme sus­pen­du. L’am­biance est élec­trique. Les flashes cré­pitent dans le stade et les yeux de cen­taines de mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs sont ri­vés sur ces ath­lètes qui vont ava­ler la ligne droite en moins de 10 se­condes. Fou­lées gra­cieuses ou puis­sance brute, les styles s’op­posent. Mais la concen­tra­tion de cha­cun est ex­trême, car ces quelques se­condes peuvent faire de vous le roi du monde. Cha­cun a son pe­tit ri­tuel. L’un se claque les cuisses pour se chauf­fer les muscles. Un autre tourne tel un lion en cage. Un troi­sième se mur­mure des pa­roles, comme un mantra. Au si­gnal, ils prennent leurs marques dans les star­ting-blocks avant de se fi­ger dans des pos­tures de sta­tues an­tiques. Un si­lence pe­sant se fait dans l’en­ceinte qui de­vient alors un lieu de culte, tout à la gloire de ces spor­tifs d’ex­cep­tion. C’est la grand-messe. Les Jeux olym­piques ne se ré­sument plus qu’à ce­la. Huit sprin­teurs ali­gnés, ten­dus vers un seul ob­jec­tif, la ligne d’ar­ri­vée qui dé­ter­mi­ne­ra l’homme le plus ra­pide du monde. Ce­lui qui re­join­dra dans la lé­gende les Jesse Owens, Jim Hines, Carl Le­wis, Lin­ford Ch­ris­tie ou Mau­rice Greene, pour ne par­ler que des plus em­blé­ma­tiques. Ce­lui qui s’ins­cri­ra dans la grande tra­di­tion de ces ath­lètes mê­lant tech­nique, puis­sance et es­thé­tisme. Pen­dant des mois et des mois, mee­ting après mee­ting, séance d’en­traî­ne­ment après séance d’en­traî­ne­ment, chaque sprin­teur - des Etats-Unis, qui ont do­mi­né la dis­ci­pline pen­dant des an­nées, aux pe­tites îles de Saint-Ch­ris­tophe-et-Nié­vès - ne pense qu’à ce mo­ment. Cette course. Cette fi­nale qui peut bas­cu­ler pour quelques dixièmes de se­conde, dès l’ins­tant où re­ten­tit le coup de feu. Alors, plus rien n’existe. Seule­ment ces huit hommes qui se battent contre le temps. Huit ath­lètes hors norme qui dé­fient les élé­ments pour al­ler tou­jours plus vite. Huit am­bas­sa­deurs du sport qui, mal­heu­reu­se­ment, n’ont pas tou­jours été à la hau­teur de ce qu’ils re­pré­sentent. Huit cham­pions face à leur des­tin. A Rio, le spec­tacle va re­com­men­cer. Les noms ne se­ront pas les mêmes. Les maillots ne se­ront pas de la même cou­leur. Mais tous au­ront le même ob­jec­tif, ce­lui de leurs pré­dé­ces­seurs. Fran­chir la ligne d’ar­ri­vée le pre­mier pour en­ta­mer une sé­rie de tours d’hon­neur sans fin, en­ve­lop­pé dans les cou­leurs de son pays, sous les flashes de di­zaines de pho­to­graphes es­sayant vai­ne­ment de cou­rir aus­si vite. Cette an­née, un homme va quand même bou­le­ver­ser ce ri­tuel. Usain Bolt (29 ans), que per­sonne n’a réus­si à battre dans un grand-ren­dez-vous de­puis Pé­kin, hor­mis lui-même à Dae­gu en 2011, vi­se­ra un tri­plé in­édit dans l’his­toire de sa dis­ci­pline. Un ex­ploit que même la lé­gende Carl Le­wis n’avait pas réus­si à ac­com­plir. Si l’ob­jec­tif, pour les autres, se­ra bien de fi­nir pre­mier, il s’agi­ra sur­tout de battre le Ja­maï­cain qui fait par­ler la foudre. Et à ce pe­tit jeu-là, Jus­tin Gat­lin ne veut plus te­nir le rôle de la sou­ris mais ce­lui du chat. Un duel qu’un troi­sième homme à la pos­si­bi­li­té de per­tur­ber : le Fran­çais Jim­my Vi­caut. Et si ces trois noms com­po­saient le fu­tur po­dium du 100 m ?

LA FOUDRE PEUT-ELLE FRAP­PER TROIS FOIS ?

On ne le pré­sente plus. Même votre grand­mère connaît Usain Bolt. Même votre grand­mère aime Usain Bolt. Sa co­ol attitude qui pour­rait pas­ser pour de la non­cha­lance. Son sou­rire qui illu­mine les cou­ver­tures des jour­naux et des ma­ga­zines les len­de­mains de vic­toire. Et son signe, bras ten­du vers le ciel, comme un éclair. La foudre ja­maï­caine est la star de l’ath­lé­tisme mon­dial. Bolt at­tire l’at­ten­tion, élec­trise les foules, au­tant par ses per­for­mances hors du com­mun que par sa per­son­na­li­té. Celle d’un bour­reau de tra­vail ob­sé­dé par l’en­vie de cou­rir plus vite que tout le monde. Celle, éga­le­ment, d’un grand en­fant, qui tra­verse la vie avec une in­sou­ciance in­croyable et qui passe du bon temps avec ses amis de

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