BIG BANG EN NBA

FLAM­BÉE DES SA­LAIRES TRANS­FERTS SPEC­TA­CU­LAIRES JACK­POT POUR TOUS

Mondial Basket - - La Une - — — Par Fred Les­mayoux

Week-end de « l’In­de­pen­dence Day ». La veille de prendre une dé­ci­sion sur la suite à don­ner à sa car­rière, Ke­vin Du­rant et son garde du corps s’en vont pour un ride en vé­lo le long des plages en­so­leillées des Hamp­tons, sur Long Is­land, à en­vi­ron 150 ki­lo­mètres à l’est de New York Ci­ty. Vê­tu d’une che­mise à l’ef­fi­gie de Kurt Co­bain, « KD » écoute « 44 Bars » de Lo­gic. His­toire de se vi­der la tête et de se mettre les idées au clair.

Pour les vi­sites pro­gram­mées avec six fran­chises, dont dé­pend le choix le plus im­por­tant de sa car­rière et sans doute de sa vie, l’ai­lier du Thun­der a loué un ma­noir. La jour­née est char­gée : un mee­ting avec Mia­mi puis un der­nier mot avec Ok­la­ho­ma Ci­ty. En sor­tant de la luxueuse vil­la, le GM du Thun­der, Sam Pres­ti, est im­per­tur­bable. Pour lui, ce ne sont pas deux heures de ren­dez-vous sup­plé­men­taires qui fe­ront le poids face à neuf an­nées pas­sées à « OKC ». Les War­riors sont le der­nier dan­ger iden­ti­fié avec des ar­gu­ments so­lides : quatre All-Stars réunis, un titre NBA sui­vi d’une Fi­nale (3-4 contre Cle­ve­land), une an­née de rêve (73 vic­toires), la pos­si­bi­li­té de créer une vraie dy­nas­tie.

Trois jours au­pa­ra­vant, le Thun­der a fait son speech à Du­rant dans les bu­reaux de la Che­sa­peake Ener­gy Are­na, dont la de­van­ture a été dé­co­rée d’une image géante du « dieu » lo­cal. Cinq heures de mee­ting. Op­ti­misme de ri­gueur. Com­pa­gnons de com­bat, Rus­sell West­brook et Nick Col­li­son ont ren­con­tré Ke­vin et dî­né avec lui. Ils ont es­sayé de sou­li­gner l’im­por­tance de res­ter en­semble : après avoir me­né 3-1 contre Gol­den State en fi­nale de Confé­rence Ouest (éli­mi­na­tion 3-4), ils sont sur le point de conqué­rir le Graal. West­brook a lar­ge­ment me­né la charge. Comme d’ha­bi­tude, au­rions-nous ten­dance à dire !

Jus­qu’au der­nier mo­ment, avant que Du­rant ne com­mence à in­for­mer les équipes de sa dé­ci­sion, le Thun­der es­père qu’il lui res­te­ra fi­dèle, comme l’ai­lier de 27 ans l’a presque tou­jours lais­sé en­tendre. Son

im­pli­ca­tion to­tale dans la fran­chise, dans la ville, pour la com­mu­nau­té, ses opi­nions, lui qui cri­ti­quait à une époque le choix du Heat de réunir trois mé­gas­tars au sein d’une même fran­chise, font souf­fler un vent de confiance. « KD » re­prend un jet pri­vé pour New York. Dis­crè­te­ment.

En ce di­manche, donc, huit membres du per­son­nel du Thun­der ain­si que le pro­prié­taire Clay Ben­nett se rendent aux Hamp­tons pour ren­con­trer à nou­veau le na­tif de Wa­shing­ton. Il est 15h. La pe­tite dé­lé­ga­tion ne réunit pas seule­ment des cadres du front of­fice. Des gens avec les­quels Du­rant a tra­vaillé tous les jours - des for­ma­teurs, des res­pon­sables de l’équi­pe­ment, des re­pré­sen­tants du per­son­nel de sou­tien, des re­la­tions pu­bliques, etc. - sont pré­sents. L’in­fo qui fait le buzz in­dique que « KD » au­rait choi­si les War­riors. Ru­meur…

Ok­la­ho­ma Ci­ty ne veut pas y croire et abat, corde sen­sible, sa der­nière carte. Celle de l’hu­mi­li­té si chère à Ke­vin. Le jour de « l’In­de­pen­dence Day », la pe­tite bande va pa­tien­ter, coin­cée deux par deux, dans les chambres d’un mo­deste Ho­li­day Inn Ex­press. Ima­gi­nez la tronche du pro­prio, Clay Ben­nett, mul­ti­mil­lion­naire, at­ten­dant dans une chambre d’un stan­ding bas de gamme…

Du­rant a fait son choix. Les War­riors ont cru com­prendre que Ke­vin ai­mait bien leur fran­chise de­puis long­temps. Il est sé­duit par leur style de jeu et es­time que Steve Kerr, le coach, a trou­vé le moyen de rendre tout beau­coup plus fa­cile. Les choses pa­raissent bien plus simples, en tout cas, qu’à « OKC », avec la pres­sion et la frus­tra­tion conju­guées. Ok­la­ho­ma Ci­ty où la co­ha­bi­ta­tion avec Rus­sell West­brook se ré­vèle tou­jours dé­li­cate.

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