PAU GASOL À SAN AN­TO­NIO

Les Spurs ouvrent un nou­veau cha­pitre

Mondial Basket - - Édito - — Par Léo An­sel­met­ti — MB

LA PRIO­RI­TÉ DES SPURS, QUI ONT ES­SAYÉ EN VAIN DE RE­CRU­TER KE­VIN DU­RANT, ÉTAIT DE REN­FOR­CER LEUR RA­QUETTE. EN CONTACT DE­PUIS PLU­SIEURS MOIS - POUR NE PAS DIRE PLU­SIEURS AN­NÉES - AVEC LA FRAN­CHISE TEXANE, L’ES­PA­GNOL PAU GASOL A AC­CEP­TÉ UN CONTRAT DE 2 ANS ET 30 MIL­LIONS DE DOL­LARS. L’AN­CIEN BULL PREND LA SUITE DU NÉO-RE­TRAI­TÉ TIM DUN­CAN. C’EST UNE PAGE QUI SE TOURNE À SAN AN­TO­NIO.

Trem­blez, War­riors ! Ou pas… Pau Gasol quitte Chi­ca­go et la Confé­rence Est pour re­ve­nir dans la Wes­tern. L’in­té­rieur es­pa­gnol (36 ans) a ac­cep­té le contrat de 2 ans et 30 M$ (avec une « player op­tion ») pro­po­sé par une équipe de San An­to­nio qui a tour­né une page avec le dé­part à la re­traite de l’em­blé­ma­tique Tim Dun­can (19 sai­sons). Le GM des Spurs, R.C. Bu­ford, s’est dit « vrai­ment très heu­reux » d’ac­cueillir le sep­tuple All-Star dans le Texas. Gasol se­ra donc le nou­veau co­équi­pier d’un To­ny Par­ker avec le­quel il s’en­tend très bien, en dé­pit de leur ri­va­li­té par­fois san­guine dans les com­pé­ti­tions in­ter­na­tio­nales.

Double cham­pion NBA avec les Lakers, le frère aî­né de Marc était une re­crue évi­dente pour Gregg Po­po­vich, contraint de ren­for­cer son équipe sous les pan­neaux. Gasol a la dis­ci­pline, l’in­tel­li­gence de jeu et le ta­lent pour ap­por­ter un vrai bo­nus à ce groupe lan­cé dans l’après-Dun­can. Lui aus­si de­vrait pro­ba­ble­ment fi­nir sa car­rière chez les Sil­ver and Black. Ce choix est tout à fait lo­gique. Son frère Marc ex­pli­quait en fin de sai­son que San An­to­nio était, se­lon lui, la des­ti­na­tion idéale pour Pau. Ce der­nier l’a écou­té et après avoir pleu­ré le dé­part du plus grand joueur de leur his­toire, les Spurs peuvent abor­der la suite un peu plus se­rei­ne­ment.

Dans un mes­sage pu­blié sur le site « e Players’ Tri­bune », le pi­vot ibé­rique a évo­qué ce dé­mé­na­ge­ment dans le Texas, où il avait dé­jà failli si­gner il y a deux ans. « Je suis heu­reux et fier de dé­mar­rer une nou­velle étape de ma car­rière avec les Spurs. Je suis ra­vi de re­joindre une fran­chise mer­veilleuse, avec un coach et un staff in­croyables et des joueurs pleins de ta­lent, de du­re­té et d’es­prit de com­pé­ti­tion. Je vais faire par­tie d’une équipe qui est de­ve­nue un mo­dèle pour sa ré­gu­la­ri­té, sa loyau­té en­vers ses joueurs, son style de jeu, sa phi­lo­so­phie et son ex­cel­lence en règle gé­né­rale. Ce sont quelques-unes des rai­sons qui ex­pliquent pour­quoi les Spurs sont au som­met de la Ligue an­née après an­née, de­puis qu’ils ont rem­por­té leur pre­mier titre de cham­pion en 1999. » Si l’in­té­rieur es­pa­gnol a presque tout ga­gné, sa faim reste in­tacte. « Je suis plus mo­ti­vé que ja­mais. J’ai en­core be­soin de dé­fis. A 36 ans, le four de mon es­prit de com­pé­ti­tion brûle au­tant que lorsque j’étais roo­kie à Mem­phis ! »

Gasol ne cache pas que la dé­ci­sion d’al­ler à San An­to­nio a été dic­tée par la vo­lon­té de rem­por­ter une troi­sième bague de cham­pion. « Du­rant ma car­rière NBA, j’ai tou­jours dé­si­ré jouer un rôle im­por­tant dans une équipe avec une chance de rem­por­ter le titre. C’était hy­per im­por­tant pour moi. Ga­gner sur le ter­rain prend le des­sus sur tout le reste et évi­dem­ment, ça conti­nue d’être le cas. Je suis in­croya­ble­ment re­con­nais­sant pour cette for­mi­dable op­por­tu­ni­té et je vais faire de mon mieux, ap­por­ter mon ex­pé­rience et mon éthique de tra­vail pour ai­der cette ex­tra­or­di­naire fran­chise à at­teindre ses ob­jec­tifs. »

Fu­tur roo­kie de l’an­née 2002, Gasol avait été draf­té en 3e po­si­tion par les Hawks avant d’être en­voyé à Mem­phis dans la fou­lée. Il avait pas­sé 6 ans dans le Ten­nes­see, tour­nant à 18.8 points, 8.6 re­bonds et 3.1 passes sur 576 matches. Il reste le meilleur sco­reur de l’his­toire des Grizz­lies. Ac­quis par les Lakers dé­but 2008, il dis­pute six sai­sons et de­mie en Ca­li­for­nie, où il rem­porte deux titres (2009, 2010). En 492 matches à « La­ker­land », l’Es­pa­gnol s’est af­fi­ché à 17.7 points, 9.9 re­bonds et 3.5 passes de moyenne. Le 19 juillet 2014, il s’en­gage li­bre­ment à Chi­ca­go. San An­to­nio se­ra sa qua­trième équipe NBA. Gasol est l’un des six joueurs de l’his­toire à avoir mar­qué 19 000 points, cap­té 10 000 re­bonds, dis­tri­bué 3 000 passes et contré 1 500 tirs. Ce cercle très fer­mé est com­plé­té par Ka­reem Ab­dul-Jab­bar, Ha­keem Ola­ju­won, Shaquille O’Neal, Ke­vin Gar­nett et Tim Dun­can qu’il ne fait donc que croi­ser dans le Texas.

Beau­coup d’équipes étaient in­té­res­sées par le grand Pau. La sai­son der­nière et après 15 an­nées en NBA, il rap­por­tait en­core 16.5 points, 11 re­bonds, 4.1 passes et 2 contres en 32 mi­nutes. Port­land, To­ron­to et Min­ne­so­ta étaient en pre­mière ligne. Les Tim­ber­wolves lui pro­po­saient un contrat de 36 mil­lions sur 2 ans mais Gasol sou­hai­tait évo­luer chez un pré­ten­dant au titre. Même s’il a per­du en mo­bi­li­té et que sa dé­fense est très cri­ti­quée, il reste un point d’an­crage très utile dans la ra­quette. Sa seule pré­sence per­met­tra à LaMar­cus Al­dridge d’avoir plus de shoots ou­verts. Ceux qu’il aime tant, à 4-5 mètres du pa­nier. Reste à voir si cette dou­blette se­ra ca­pable de dé­fendre cor­rec­te­ment…

Les Spurs ont été contraints de dé­ga­ger de la marge fi­nan­cière afin de faire si­gner le pi­vot es­pa­gnol. Bo­ris Diaw a pris la di­rec­tion d’Utah où il re­trou­ve­ra son pote de sé­lec­tion Ru­dy Go­bert. Da­vid West a re­joint l’im­pres­sion­nante ar­ma­da des War­riors et le Serbe Bo­ban Mar­ja­no­vic, chou­chou du pu­blic, est par­ti à De­troit. Pau Gasol est le joueur de col­lec­tif par ex­cel­lence. Il se fon­dra à mer­veille dans le jeu très ré­flé­chi de l’équipe de Gregg Po­po­vich. La fran­chise texane sait gé­rer ses tren­te­naires en leur don­nant du re­pos en vue des playoffs. Autre pers­pec­tive très at­trayante pour lui. Avec Tim Dun­can, San An­to­nio au­rait en­core été his­sé au rang de fa­vo­ri pour le titre. Sans lui, ces Spurs 2017 ap­pa­raissent comme des out­si­ders der­rière l’épou­van­tail Gol­den State.|

JE SUIS PLUS MO­TI­VÉ QUE JA­MAIS. J’AI EN­CORE BE­SOIN DE DÉ­FIS. À 36 ANS, LE FOUR DE MON ES­PRIT DE COM­PÉ­TI­TION BRÛLE AU­TANT QUE LORSQUE J’ÉTAIS ROO­KIE À MEM­PHIS !

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