J. WEST RA­CONTE GOL­DEN STATE

Ren­contre avec « l’homme lo­go »

Mondial Basket - - Édito -

Dif­fi­cile d’échap­per à la sil­houette du lé­gen­daire Jer­ry West, tou­jours aus­si classe à 78 ans ! Le « lo­go man » est en quelque sorte le sym­bole de la NBA. Il ins­pire le res­pect et son avis fait au­to­ri­té du fait de son vé­cu, comme joueur, di­ri­geant et conseiller. Conseiller, c’est le poste qu’il oc­cupe de­puis mai 2011 chez les War­riors, qui étaient tout près de réa­li­ser le pre­mier back-to-back de­puis ce­lui des Lakers - une mai­son que Jer­ry connaît bien - au dé­but des an­nées 2000. Nous avions de­man­dé à le ren­con­trer du­rant la Fi­nale 2016 (3-4 contre Cle­ve­land). Nous ne de­vions pas être les seuls car c’est une nuée de re­por­ters qui a en­tou­ré West à l’is­sue d’un en­traî­ne­ment de Gol­den State. Nous étions quelques se­maines avant que le grand Jer­ry n’use de son sa­voir-faire pour convaincre, par té­lé­phone, Ke­vin Du­rant de re­joindre la « Dub Na­tion ». Le boxeur Mo­ha­med Ali s’était éteint la veille, à 74 ans. Comme tous les jeunes joueurs des War­riors, Jer­ry West a été in­ter­ro­gé sur le plus grand boxeur de tous les temps. Deux jours plus tôt, le Hall of Fa­mer du bas­ket avait ter­mi­né un livre sur Ali et Mal­colm X. Jer­ry West nous a dit tout le bien qu’il pen­sait du « Grea­test », dont l’his­toire a lar­ge­ment dé­pas­sé le cadre du sport. Le cham­pion NBA 1972, MVP des Fi­nales 1969 qu’il avait per­dues (c’est le seul joueur de l’his­toire dans ce cas), a tou­jours ai­mé la boxe. « Mes deux pre­mières idoles ont été Joe Louis et Su­gar Ray Ro­bin­son. » Jer­ry West dit avoir été très vite sen­sible à la beau­té du noble art grâce à des ath­lètes ex­cep­tion­nels comme Ali, qui oc­cupe une place tout à fait à part dans son coeur. « Il y avait le boxeur mais aus­si l’homme en­ga­gé pour les droits ci­viques. Il était dans le com­bat per­ma­nent, sur le ring mais aus­si et sur­tout en de­hors. C’est ce que j’ai pro­fon­dé­ment ai­mé chez Mo­ha­med. Sa car­rière ne se ré­sume pas au sport. »

Ar­rière de 1,93 m pour 84 kg, West fit une longue car­rière chez les Lakers, de 1960 à 74 (14 fois All-Star, 10 fois All-NBA First team, 4 fois All-De­fen­sive First team). Il fut le « par­te­naire » d’Ali, sous la ban­nière étoi­lée, lors des J.O. de Rome il y a 56 ans. « Il avait été sa­cré cham­pion olym­pique, bien en­ten­du. Par la suite, je suis al­lé voir plu­sieurs de ses com­bats. C’était un im­mense com­bat­tant et ath­lète, évi­dem­ment, mais sa forte per­son­na­li­té m’a tout au­tant in­té­res­sé. »

Comme Ali, Jer­ry West a été cham­pion olym­pique en 1960 avec l’équipe amé­ri­caine. Les deux icônes ont ré­joui l’Amé­rique opu­lente des se­ven­ties. West a coa­ché les Lakers pen­dant trois sai­sons. Comme di­ri­geant, il a éga­le­ment mar­qué les es­prits (voir en­ca­dré), dé­cro­chant deux fois le titre de « Exe­cu­tive of the year » (1995, 2004). A 78 ans, il a tou­jours bon pied, bon oeil, même si ces trois der­niers mois, il était moins pré­sent dans l’en­tou­rage des War­riors. On le dit dis­cret, ce sont les cir­cons­tances qui le placent ou non sur le de­vant de la scène.

Pour le re­cord his­to­rique de 73 vic­toires, il n’était pas à l’Oracle Are­na. West a pré­fé­ré s’éclip­ser et lais­ser le mé­rite de l’ex­ploit aux joueurs. Il ju­gea sans doute bon de ré­ap­pa­raître au mo­ment des Fi­nales NBA, pour sou­te­nir l’équipe. Il es­pé­rait la voir ter­mi­ner en beau­té une nou­velle sai­son vic­to­rieuse. Jer­ry West vit tou­jours à Los An­geles de­puis sa no­mi­na­tion dans la Bay Area au prin­temps 2011, après un sé­jour à Mem­phis où il oc­cu­pait les fonc­tions de GM.

Ste­phen Cur­ry fai­sait dé­jà par­tie de la « Dub Na­tion » lorsque le « Lo­go man » dé­bar­qua il y a cinq ans. Ce n’est pas

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